Le site internet du Saint Monastère d’Optina propose une bibliothèque en ligne fournie. On y trouve de nombreux ouvrages des startsy d’Optina et des recueils de leurs lettres et homélies. Parmi ces ouvrages on compte le recueil des lettres écrites par le Saint Starets et Confesseur de la foi Nikon d’Optina, dont le journal fait l’objet d’une traduction depuis des mois sur le présent blogue. Nous proposons ici la traduction du recueil de ces lettres de Saint Nikon. Il ne s’agit plus du Novice Nicolas, auteur du journal précité, mais déjà du Hiéromoine Nikon, qui a intégré et mis en pratique dans son podvig les enseignements de son starets Saint Barsanuphe d’Optina, héritier de la tradition du Désert d’Optina.

A la Servante de Dieu N.
Je t’adresse mon bonjour, la paix et la bénédiction de Dieu, mon enfant N., et à ta sœur et toi je souhaite toutes les miséricordes de Dieu. Cela fait longtemps que je pense t’écrire. Je me souviens de vous deux et prie pour vous à la mesure de mes forces. Que le Seigneur te console et te garde sous la protection de Sa bonté. Quand les afflictions envahissent notre âme, lorsque notre cœur vacille et les pensées nous troublent, le seul refuge, c’est le Seigneur. Je te l’ai déjà dit et je te le répète maintenant. La compassion de tout mon cœur demeure avec toi, mais même si elle est inébranlable, que signifie-t-elle, pécheur et insignifiant que je suis ? C’est pourquoi je te confie aux mains du Seigneur, le Tout-Puissant. Qu’Il guide vos vies vers votre salut. Remets mon bonjour à ta sœur et à Matouchka Evdokia et ceux de sa maison, et aussi la bénédiction de Dieu. J’ai reçu la lettre de Matouchka Evdokia. Je la remercie, et si Dieu le veut, je répondrai. Gloire à Dieu pour tout. Ne te décourage pas. Je suis en bonne santé. Comment va ta santé ? Paix et salut.
Ville de Kem
25 septembre / 8octobre 1928.
A la Servante de Dieu N.
Vénérable Servante de Dieu N. !
que les bénédictions de Dieu soient sur toi dans les siècles des siècles. Je ne t’ai pas écrit depuis longtemps, mais ce n’est pas parce que je t’aurais oubliée. Je me souviens toujours de toi dans ma prière, je demande au Seigneur la santé pour toi, le salut et tous les bienfaits utiles à la vie de ton corps et au salut de ton âme.
A tes lettres, qui ne furent pas nombreuses, deux ou trois sur toute cette période, je n’ai pas pu répondre de façon plus extensive que je ne l’ai fait. Pour l’instant, je n’ai pas tes lettres sous la main car de façon générale, je ne conserve pas les lettres, c’est pourquoi je ne peux répondre à tout très précisément. Mais tes sentiments et tes tribulations affligées restent en ma mémoire et touchent mon cœur de pécheur. Évidemment, compte tenu de ma situation, je suis complètement incapable de t’aider et seule ma pauvre prière et l’offrande de tout à la Volonté de Dieu me consolent et m’apaisent. Par Sa Divine Providence, le Seigneur montre toute l’impuissance de la force de l’homme et de l’espoir placé en cette force, que ce soit pour moi-même ou pour tous ceux qui me connaissent. Mais sache, mon enfant, que si tu garde ta foi dans le Christ, «l’agitation des flots ne te submergera pas et l’abîme ne t’engloutira pas» (Ps.68,15). Sache que «aussi nombreuses que les douleurs de ton cœur, les consolations du Seigneur rempliront ton âme de joie» (Ps.93,19). Sache qu’«au Seigneur appartient le salut» (Ps.3,9) et que «le salut qui vient de l’homme est vanité» (Ps.59,13, 107,13). Cours vers l’aide des gens selon les besoins de ton âme et de ton corps, mais attends du Seigneur le succès de cette aide. Je t’écris tout cela parce que tu m’as écrit ta déception au sujet des gens; dans tes relations avec eux, ton espoir a été écrasé. Ce qui ne fut pas correct de ta part, c’est que tu as insuffisamment fait la distinction dans ton cœur entre ce que tu reçois de Dieu et ce que tu reçois des gens, et tu juges les gens sur base de tes espoirs déçus, trompée par leurs infirmités. Fuis tout jugement, comme un feu, qui peut brûler le foyer de ton cœur. N’attache aucune importance aux infirmités des gens, n’attends rien d’eux, sois attentive à toi-même. Et pour ton humilité, que viennent à toi l’aide toute puissante et la grâce de Dieu. Tu as écrit que tu as accompli un pas incorrigible. Ne parle pas ainsi… La patience dans les afflictions et la conscience de ton indignité dans l’accomplissement de ce qui est la mesure de ton pouvoir et de tes forces, compenseront les manquements, ce que tu aurais dû faire si tes conditions de vie avaient été autres. Le Seigneur voit dans notre cœur. Je te remets au Seigneur. Qu’Il soit ton Aide et ton Protecteur. Ne te décourage pas, «Attends le Seigneur, prends courage, que ton cœur demeure ferme» (Ps.26,14) Je n’ajoute rien à mon sujet, supposant que tu sais déjà tout. Paix et salut.
Ladino
10/23 juillet 1930.

A Marie
Le Christ est ressuscité !
Que ton âme elle aussi ressuscite, Servante du Christ, Marie !
Par ta sœur, Mademoiselle Klavdia, j’ai appris l’histoire affligeante de ta vie. Je compatis de tout cœur avec toi et prie pour toi à la mesure de mes forces. Que le Seigneur te fasse miséricorde. Mon enfant ! Seulement auprès du Seigneur et dans le Seigneur, tu trouveras la paix de ton âme; ton âme tourmentée ne pourra trouver de la joie que dans le Seigneur, dans le repentir et la correction de ta vie. Le péché tue l’âme de l’homme, par son venin, l’âme ressuscite par l’action vivifiante du repentir. Lorsque tu te repentiras, tu verras en ta propre expérience la vérité de mes paroles. Que tout découragement s’en aille loin de toi. Le Seigneur étend Ses mains toutes saintes, prêtes à te recevoir, comme tout pécheur repentant, dans l’étreinte du Père. Si le Seigneur ne rejette pas les pécheurs repentants, comme le publicain, comme la prostituée, comme l’Apôtre Paul , Sainte Marie l’Egyptienne et beaucoup d’autres, le prêtre orthodoxe ne te rejettera pas non plus, seulement repens-toi, seulement dis de tout cœur: «J’ai péché, pardonne!». Le Seigneur, les Anges et les hommes de Dieu se réjouiront de ton repentir. Les péchés les attristent.
Ainsi, avance vers le Seigneur dans l’humilité et le repentir, et détourne-toi de l’attraction du péché, goûte à la coupe du repentir, et tu verras la bonté de Dieu. Car il est dit : «Goûtez et voyer comme est bon le Seigneur» (Ps.33,9)
Que le Seigneur éclaire ta réflexion. J’appelle la bénédiction de Dieu sur toi.
12/25 mai 1926
Le pécheur Hiéromoine Nikon
[N.d.E. On suppose que «la servante de Dieu N. » et Marie sont une seule et même personne.]
Traduit du russe
Source

Saint Père Nikon, prie Dieu pour nous.

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