Archimandrite Raphaël (Kareline) : le saint, rencontre de deux personnes (2/3)

L’Archimandrite Raphaël est un défenseur ardent de la Tradition de l’Église. Il a consacré une grande partie de sa vie longue de 90 ans ainsi que la majeure part de sa production littéraire foisonnante à la défense des dogmes et à la façon de les mettre en œuvre dans la vie de l’Église et du chrétien. Le texte ci-dessous est la traduction de la deuxième partie d’un original dû au Père Archimandrite Raphaël (Kareline), et extrait de son livre »Le Souffle de Vie» (Дыхание жизни), publié en 2007 par les Éditions de l’Éparchie de Saratov et repris par la suite sur le site Pravoslavie.ru. Il s’agit, comme son titre l’indique, d’un examen approfondi de la notion de sainteté. Cette deuxième partie du texte propose en outre des phrases merveilleuses sur la nature de la prière. La première partie du texte se trouve ici. Des éléments de biographie de l’Archimandrite Raphaël sont accessibles ici.

L’homme est un être social. C’est avec joie que nous nous retrouvons au sein d’un cercle de gens honorables. Nous sommes heureux de parler avec un starets ou un ascète, et même d’être simplement un peu près d’eux, car leur présence réchauffe notre cœur; il semble se décongeler de la mortelle froidure des péchés. Par conséquent, la possibilité même de communiquer avec les saints par la prière est un don, plus que ce que nous leur demandons habituellement dans cette prière. La prière, liturgique et domestique, est l’image de cet amour céleste qui unit les anges et les saints dans la vie éternelle. L’amour est personnel. Un objet peut plaire, on peut y être attaché, mais l’objet ne peut être aimé, car il ne peut être question de réciprocité. Nous utilisons souvent à tort le mot «amour» en référence à quelque chose: ce n’est pas de l’amour, mais un désir d’en être propriétaire et détenteur. Lire la Suite

Les larmes de la Très Sainte Mère de Dieu

Le Hiéromoine Kyrill Popov

Le texte ci-dessous est la traduction d’une homélie du Hiéromoine Kyrill (Popov), professeur à l’Académie de Théologie Sretenski de Moscou, prononcée le 8 septembre 2020, jour de la rencontre de l’icône de la Très Sainte Mère de Dieu de Vladimir, et publiée sur le site du monastère Sretenski à Moscou.

Un jour, on a demandé à un ermite quel exploit chrétien était supérieur aux autres. Il répondit: l’exploit de la prière. Il y a un dicton bien connu: «prier pour les gens, C’est verser du sang...» Prier pour un homme, c’est le laisser entrer dans notre vie, devenir responsable et se porter garant de lui. Prier pour le prochain n’est pas seulement un ensemble vide de mots, mais une acceptation de la douleur et du chagrin de l’autre. Et s’il est si difficile de prier pour l’homme, combien est-il plus difficile de prier pour le monde. C’est pourquoi tous nous n’avons n’a pas un tel pouvoir de prière, mais seulement les élus. Et plus précisément notre Très Sainte Mère de Dieu et Toujours Vierge Marie accomplit en permanence cette intercession pour le monde. Son chemin de vie fut pénible et difficile, mais son obédience posthume de prière incessante pour le genre humain est tout aussi difficile. Lire la Suite

Saint Luc de Crimée. «Prions toujours et partout»

«... en 38 années de sacerdoce presbytéral et épiscopal, j'ai prononcé environ 1250 homélies, dont 750 furent mises par écrit et constituent douze épais volumes dactylographiés...»
(Le Saint Archevêque Confesseur et chirurgien Luc de Crimée)
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La version russe de l’homélie ci-dessous fut mise en ligne le 16 avril 2021, sur le site internet de la paroisse du Saint Archevêque et Confesseur Luc de Crimée, à Ekaterinbourg. Le site n’indique malheureusement pas la date à laquelle elle fut prononcée.
Les saints évangélistes Marc et Luc racontent le récit du paralytique avec des détails très importants. Ils écrivent que ceux qui ont amené le malade au Seigneur ne pouvaient entrer dans la maison où se trouvait Jésus-Christ à cause de la foule. Alors ils montèrent le paralytique sur le toit et, après avoir démonté celui-ci, ils descendirent le malade sur sa couche devant le Seigneur. Ils s’imposèrent littéralement, avec audace, devant le Christ, leurs cœurs brûlant de la foi que le grand Thaumaturge leur donnerait selon leur foi. Et il en fut ainsi. Quel incroyable événement inouï! Après tout, quand ils démontèrent le toit, de l’argile et de la poussière tombaient sur la tête de ceux qui étaient dans la maison et sur la tête de Jésus-Christ. A Sa place, toute autre personne se serait indignée et aurait réagi vertement envers les audacieux qui L’avaient couvert de déchets du toit. Mais Notre Seigneur ne prononça aucune parole de reproche. Au lieu de cela, Il leur accorda en échange le plus grand des bienfaits: Il guérit le malade qu’ils avaient apporté en disant que, par leur foi, ses péchés lui étaient pardonnés, et Il lui ordonna de prendre son grabat sur ses épaules et de rentrer chez lui (Mc.2:3-12 & Lc.5:18–25). Lire la Suite

Saint Ignace (Briantchaninov). L’attention dans la prière.

La traduction ci-dessous est celle d’un texte publié le mai 2020 sur le site russe «Chronique vivante» ( Живая Летопись), lié spirituellement au Monastère d’Optina Poustin’. Il s’agit de quatre extraits des oeuvres de Saint Ignace Briantchaninov. Le titre russe de l’article est : L’attention dans la prière est un don de Dieu. Le Saint Évêque Ignace, lié au Saint Starets Léonide d’Optina, fut pendant vingt-quatre ans higoumène du Désert Saint Serge, à une trentaine de kilomètres à l’Ouest de Saint-Pétersbourg, avant de devenir Évêque du Caucase et de la Mère Noire. Saint Ignace nous a laissé une somme phénoménale d’instructions spirituelles. La rare profondeur théologique et la dimension pratique de ce legs en font une véritable source spirituelle à laquelle on peut sans crainte aller puiser dans notre traversée des difficultés du monde contemporain.

La prière requiert une présence et une attention indissociables. Lorsqu’elle est attentive, la prière est la propriété inhérente de celui qui prie; si elle n’est pas attentive, elle est étrangère à celui qui prie. Avec attention, elle porte un fruit abondant: sans attention, elle apporte épines et chardons. Lire la Suite

Paroles de Batiouchka (44)

Né en avril 1937, Valerian Kretchetov, prêtre de village, est le prédicateur le plus âgé de l’Éparchie de Moscou. Fils d’un prêtre, frère d’un prêtre, l’Archimandrite Valerian est père de sept enfants, dont un prêtre, et grand-père de trente quatre petits enfants. Il fut ordonné diacre en novembre 1968, et prêtre en janvier 1969. En 1974, il succéda au Père Sergueï Orlov, comme recteur de l’église du Pokrov, au village d’Akoulovo, dans la région de Moscou. Il fréquenta les plus grands starets pendant des dizaines d’années et accomplit dix-huit séjours sur l’Athos. Une quinzaine de livres ont été édités, reprenant prédications, entretiens multiples et interventions devant des groupes très divers. Celles et ceux qui apprécient les «Paroles de Batiouchka» pourront également se tourner vers le livre paru aux éditions Sofia en 2015 : «Le plus important. Toutes les façons de croire se valent-elles ?». Madame Laurence Guillon y a traduit en français une série d’entretiens et d’enseignements, toujours remarquables, du Père Valerian.

«Réflexions avant la Confession», page 41.

Le livre dont a été tiré l’extrait.

«… sans relâche, il faut prier et demander l’aide de Dieu! Comme le dit le Prophète David : mon âme est devant Toi comme une terre sans eau (Ps. 142;7). Cela signifie que seule la grâce de Dieu peut désaltérer notre âme, l’apaiser. Et l’âme, elle est comme une pierre. C’est pourquoi l’Apôtre dit «Priez sans cesse!» (1Thes.5;17) ».

Traduit du russe

Paroles de Batiouchka (42)

Né en avril 1937, Valerian Kretchetov, prêtre de village, est le prédicateur le plus âgé de l’Éparchie de Moscou. Fils d’un prêtre, frère d’un prêtre, l’Archimandrite Valerian est père de sept enfants, dont un prêtre, et grand-père de trente quatre petits enfants. Il fut ordonné diacre en novembre 1968, et prêtre en janvier 1969. En 1974, il succéda au Père Sergueï Orlov, comme recteur de l’église du Pokrov, au village d’Akoulovo, dans la région de Moscou. Il fréquenta les plus grands starets pendant des dizaines d’années et accomplit dix-huit séjours sur l’Athos. Une quinzaine de livres ont été édités, reprenant prédications, entretiens multiples et interventions devant des groupes très divers. Celles et ceux qui apprécient les «Paroles de Batiouchka» pourront également se tourner vers le livre paru aux éditions Sofia en 2015 : «Le plus important. Toutes les façons de croire se valent-elles ?». Madame Laurence Guillon y a traduit en français une série d’entretiens et d’enseignements, toujours remarquables, du Père Valerian. 

«Entretiens au Pokrov d’Akoulovo», page 207.

Le livre dont l’extrait est tiré

Saint Seraphim a dit qu’on pouvait prier les yeux fermés. Mais si des images commencent à apparaître intérieurement, il faut ouvrir les yeux et regarder les icônes afin de s’arracher aux pensées. Une question pratique peut, par exemple surgir : «J’aimerais avoir un logement à cet endroit». On commence à réfléchir à ce sujet, et soudain, on pense «Oh, j’ai abandonné la prière!». Et cela fait souffrir, l’âme est en peine, et on veut se détacher de ces pensées. Alors, le péché a été commis. La pensée qu’on a été assailli, qu’on en est désolé, qu’on a perdu le bénéfice de la prière, voilà le péché. Car on accepte ces pensées, on les écoute. Lire la Suite