Le site internet du Saint Monastère d’Optina propose une bibliothèque en ligne fournie. On y trouve de nombreux ouvrages des startsy d’Optina et des recueils de leurs lettres et homélies. Parmi ces ouvrages on compte le recueil des lettres écrites par le Saint Starets et Confesseur de la foi Nikon d’Optina, dont le journal fait l’objet d’une traduction depuis des mois sur le présent blogue. Nous proposons ici la traduction du recueil de ces lettres de Saint Nikon. Il ne s’agit plus du Novice Nicolas, auteur du journal précité, mais déjà du Hiéromoine Nikon, qui a intégré et mis en pratique dans son podvig les enseignements de son starets Saint Barsanuphe d’Optina, héritier de la tradition du Désert d’Optina.
A Lydia Mejekova
Mademoiselle Lydia, bien-aimée de Dieu!
Que les bénédictions de Dieu soient sur toi pour les siècles.
J’ai lu ta lettre et j’en suis devenu triste. Ta lettre est nourrie de désespoir et qu’est-ce qui peut être plus terrible que le désespoir ? Quel pansement puis-je t’appliquer pour te guérir ? Oh Seigneur, Seigneur, ce n’est pas possible que l’ennemi veuille à nouveau ravir ta petite brebis ? Qu’il n’en soit pas ainsi ! Seigneur, «Élève ta force et viens nous sauver» (Ps. 79,3) ! Quand l’ennemi veut offenser l’un ou l’autre de mes enfants spirituels ou de mes proches, voyant mon aide impuissante, j’accours alors vers le Seigneur «Je déverse devant Lui ma prière, j’élève ma tristesse devant Lui» (Ps. 141,3). Par Sa force, le Seigneur guide notre vie vers le salut. Je prie pour toi et je te remets à la volonté de Dieu.
Je ne puis écrire beaucoup maintenant, je te dis brièvement que tu énumères des monastères qui n’en sont déjà plus ; on y a installé des artels, des communes, etc. Les uns en partie, les autres complètement, mais quoi qu’il en soit, ils ont quitté la vie monastique stricte, la vie monacale. Il est possible d’arriver plus facilement au salut en vivant dans l’un d’eux, mais tous ceux qui souhaitent y entrer doivent savoir qu’il ne trouvera pas là ce qui est nécessaire, ce qu’ils auraient rencontré dans un authentique monastère, quand il en existait encore. Une ancienne moniale a vu tout cela de ses yeux, toi faute d’expérience, tu ne pourras immédiatement comprendre cela et compenser.
Par conséquent, je ne te conseille pas de chercher aide, orientation ou assistance afin de t’installer dans un des monastères que tu as envisagé. Sois patiente pour l’instant ; même avant ta lettre, j’ai décidé d’écrire à quelqu’un pour l’interroger à ton sujet, bien que je n’aie pas indiqué ton nom, mais maintenant je vais accélérer cette affaire, et si je reçois quoi que ce soit, je t’en informerai immédiatement, si Dieu le veut.
Que Dieu te sauve pour le colis. Très reconnaissant. Transmets mes salutations et la bénédiction de Dieu à ta sœur V[alentine]. Je prie pour elle et pour toi. Aujourd’hui, j’ai célébré et prié pour vous tous. Que la Reine du Ciel accorde Son aide rapide à tous ceux qui souffrent et sont accablés par les péchés, qu’il y ait joie et consolation pour eux.
Que l’esprit de désespoir s’éloigne de toi, mon enfant ! Crois-moi, tout le passé t’a été pardonné depuis longtemps par le Seigneur. Méfie-toi du présent maintenant, protège-toi et ne perds pas courage. Tous les péchés sont lavés par le sang du Sauveur, et dans l’abîme de Sa miséricorde, toutes nos infirmités et péchés sont noyés, si seulement nous nous repentons.
Je te souhaite de tout cœur toutes les miséricordes de Dieu. Paix à toi et salut de ton âme.
Le pécheur Hiéromoine Nikon
Kozelsk
24 octobre / 6 novembre 1924
A Lydia Mejekova
Mademoiselle Lydia, bien-aimée de Dieu!
Que les bénédictions de Dieu soient sur toi pour les siècles.
Je t’informe que j’ai envoyé ta lettre à Batiouchka Nectaire ; je n’ai pas encore reçu de réponse. Je compatis sincèrement avec toi, mon enfant, et je prie du mieux que je peux pour ta santé et ton salut. Je t’en supplie : pour l’amour de Dieu, ne cédé pas au désespoir. Je crois fermement que le Seigneur ne t’abandonnera pas, par Sa miséricorde, si seulement toi-même tu ne refuses pas cette miséricorde. «Si même une mère oubliait la progéniture de son sein, je ne t’oublierais pas» (Ésaïe 49:15), dit le Seigneur Tout-Puissant. Ne perds pas courage, mais fais confiance à Dieu.
Concernant le voyage à Moscou, tu n’écris rien : où et pourquoi, et il m’est donc difficile d’en dire plus avec certitude. Cependant, j’ai l’idée qu’il est possible de réussir. Que Dieu te bénisse ; mais ne pas prendre de mesures irréfléchies ; avant de faire quoi que ce soit, prie et réfléchis si cela est raisonnable et sera agréable à Dieu. Que le Seigneur te protège dans ce voyage.
Concernant la confession : je ne peux pas te conseiller de cacher un péché qui continue ou s’est produit après la précédente confession ; mais il ne faut pas parler d’un ancien péché, car il a déjà été confessé comme il se doit, et il n’est donc pas nécessaire de le répéter ; Je ne te conseille même pas de parler du passé. Dans la confession du présent, tu peux ne pas mentionner du tout le passé, en disant qu’il n’y a rien de caché dans le passé, que tout a été confessé, et ainsi tu seras libérée des questions inutiles. Mais avec un péché non confessé, on ne devrait pas s’approcher de la Sainte Coupe ; et la confession elle-même perd son sens lorsque le principal péché est dissimulé. Que le Seigneur t’aide ! Souviens-toi, mon enfant, que le Seigneur ne permet pas des tentations démesurées, et au-delà de nos forces, donc nous ne devons pas abandonner ; il est nécessaire de se tenir courageusement contre le péché, et avec l’aide de Dieu, il sera vaincu. Crois-moi, dans ma courte expérience, j’ai de nombreux exemples de redressement hors de la boue du péché. Tu ne dois pas périr non plus, ce n’est pas la volonté de Dieu. Le Seigneur veut ton salut.
À ta sœur V[alentine] mes salutations et la bénédiction de Dieu. Que Dieu la bénisse ! Pour ton frère N. Je prierai du mieux que je peux. Que le Seigneur Tout-Miséricordieux guérisse ses infirmités, tant spirituelles que physiques. A Mademoiselle N., la bénédiction de Dieu.
Ma santé, jusqu’à présent, Dieu merci, va bien, et pour le futur, ce sera ce que Dieu donnera. Je te souhaite ardemment toute la miséricorde de Dieu. Je te salue pour les jours saints à venir, dans le jeûne et puis la fête.
Le pécheur Hiéromoine Nikon
Kozelsk
15/28 décembre 1924
(A suivre)
Traduit du russe
Source 
Saint Père Nikon, prie Dieu pour nous.