Le texte ci-dessous est la traduction du livre consacré par la Laure de la Trinité Saint Serge, et plus particulièrement, la Skite de Gethsémani-Tchernigov qui lui est rattachée, au Saint Starets Barnabé de la Skite de Gethsémani : «Преподобный Варнава, старец Гефсиманского скита. Житие, письма, духовные поучения».(Saint Barnabé, Starets de la Skite de Gethsémani. Vie, lettres, enseignements spirituels). Cet ouvrage a fait l’objet de maintes éditions et rééditions.
Le Saint Starets Barnabé (1831 – 1906) fut le père spirituel non-seulement de celui qui allait devenir Saint Seraphim de Vyritsa, mais aussi d’une foule immense de fidèles qui venaient de très loin recevoir ses conseils spirituels, et parmi lesquels on compte des membres de la famille du Tsar. Le Saint Tsar Martyr Nicolas II lui-même se confessa auprès du Saint Starets Barnabé.
Le livre se divise en trois parties. Nous nous attachons, pour commencer, à l’histoire de sa vie.
(…) À l’invitation particulière de la Supérieure, qui rendait souvent visite à Vladyka Macaire à Nijni-Novgorod, le 28 juin 1881, celui-ci se présenta lui-même, soi-disant pour calmer la situation. Mais pour une raison inconnue, il n’interféra pas avec l’intention de la Supérieure d’expulser à nouveau celles qui ne lui plaisaient pas. À la fin de l’office, Vladyka sortit de l’autel et nomma, selon la liste préparée, les moniales sélectionnées pour être expulsées et il ordonna strictement à l’officier civil d’éloigner immédiatement tous celles qui avaient été nommées. Avant de rentrer chez elles, les victimes décidèrent de demander la bénédiction du Starets Barnabé. Batiouchka lui-même, calomnié aussi à cette époque, sali par de fausses accusations portées contre lui, subissait également l’oppression de ses supérieurs. Mais, inébranlable dans la foi et l’espérance en la miséricorde et la justice de Dieu, il trouva en lui la force non seulement de supporter les peines et le déshonneur sans le moindre murmure, mais aux sœurs exilées, qui se plaignaient amèrement de l’injustice de l’évêque, il interdit sévèrement même de se révolter mentalement contre le saint évêque de Dieu. Leur enseignant avec humilité, d’endurer patiemment les afflictions infligées par les gens; il leur ordonna de les accepter comme si elles venaient de la main de Dieu Lui-même. Il les bénit toutes pour qu’elles rentrent chez elles et attendent que la Reine du Ciel daigne les rassembler à nouveau sous Sa protection. Par la volonté de Dieu, il en fut bientôt ainsi. Le bon défenseur, qui assuma la part la plus active pour alléger le sort de celles qui étaient persécutées pour la vérité, fut l’administrateur de la Chancellerie synodale, Vladimir Karlovitch Sabler, qui devint plus tard Ober-Procureur du Saint-Synode. Ayant fait sa connaissance par hasard, le Père Barnabé évoqua dans une conversation l’état lamentable du monastère qu’il avait fondé. Le Starets demanda de l’aide. Sabler promit de s’en occuper et d’intervenir auprès de qui il s’indiquait pour rectifier la situation. La personnalité même du Hiéromoine Barnabé suscitait en Sabler une fort chaleureuse sympathie. L’esprit brillant, l’humilité profonde et la simplicité des manières, la douceur et la bénignité authentiques de Batiouchka, ainsi que la grandeur de son esprit, voilà les traits qui rendirent Sabler bienveillant et éveillèrent en lui une profonde confiance dans le Starets.
Bientôt, un décret particulier du Saint-Synode ordonna aux autorités diocésaines de Nijni-Novgorod de s’occuper de la nomination d’une moniale fiable issue d’un des monastères locaux au rang de supérieure de la communauté de l’icône de la Très Sainte Mère de Dieu des Ibères. La nouvelle supérieure était chargée d’accueillir à nouveau dans la communauté celles parmi les sœurs expulsées, qu’elle jugerait possible de faire revenir. Dès le début de 1882, Maria Pivovarova fut éloignée de la direction du monastère, et toutes les affaires furent transférées à la trésorière, jusqu’à l’élection d’une nouvelle supérieure. Le doux Père Barnabé ordonna strictement de ne pas embarrasser l’ancienne dirigeante de quelque manière que ce soit et de ne pas l’inquiéter. Mais elle continua à créer des dommages.
Elle tenta de toutes ses forces de conserver une partie des terres dont la propriété n’avait pas encore été confirmée au monastère, mais elle ne put y parvenir. Ses conseillères proches continuaient à troubler son esprit instable et la menèrent au point où Maria sombra dans une folie violente. Elle fut placée à l’infirmerie, où une infirmière et plusieurs sœurs furent affectées à ses soins. Ses auxiliaires de cellule n’avaient plus le droit de la voir. Grâce à de bons soins, elle commença peu à peu à reprendre ses esprits et se calma complètement. Elle fut retirée de l’infirmerie par des parents, et bientôt, le 7 mai 1883, elle mourut. Elle fut enterrée au cimetière du monastère.
Les sœurs apaisées
En 1882, avec la bénédiction du Saint-Synode, la moniale Mitrophania, du Monastère Sainte Sophie de Rybinsk, fut élue et son élection confirmée par l’Évêque Macaire de Nijni-Novgorod. Dans l’éparchie locale, on ne trouva aucune moniale disposée à diriger le Monastère de l’icône de la Très Sainte Mère de Dieu des Ibères.
La moniale Mitrophania, dans le monde Maria Mikhailovna Krioukova, était née dans une famille de paysans du Gouvernorat de Tver, dans le district de Novotorjski. Elle commença sa vie monastique au monastère Sainte-Sophie, où elle remplit pendant vingt et un ans diverses obédiences, la dernière étant celle de trésorière. Mère Mitrophania prit la fonction de Supérieure de la communauté de l’icône de la Très Sainte Mère de Dieu des Ibères à l’âge de soixante ans.
Le saint monastère accueillit joyeusement cette vénérable vieille femme expérimentée dans la vie spirituelle, plaçant en elle de grands espoirs. Tout le monde s’attendait à ce qu’elle soit une vraie mère chaleureusement aimante pour les sœurs. Et les sœurs ne se trompèrent pas : leurs attentes furent satisfaites. Les moniales expulsées et les sœurs qui avaient quitté volontairement la communauté furent de nouveau accueillies avec amour par la nouvelle Supérieure pour poursuivre leur vie monastique de façon paisible et stricte.
Les dons qui avaient cessé affluèrent à nouveau dans le monastère très appauvri. Grâce au Père Barnabé, de nouveaux philanthropes généreux apparurent, parmi lesquels le négociant de Saint-Pétersbourg G.F.Choustrov et l’aristocrate moscovite M.A.Jouravlev méritent d’être mentionnés en premier lieu.
Ce fut à cette époque, que la grande église principale du monastère fut décorée de fresques, et son iconostase magnifiquement dorée. En 1886, la chapelle de la nef gauche de l’église fut consacrée, une église en pierre fut construite avec en annexes une infirmerie de deux étages et un asile pour les pauvres. Des bâtiments en pierre avec étage furent érigés, le réfectoire et la résidence de l’higoumène, sans parler d’autres bâtiments relativement plus petits. En 1887, par décret du Saint-Synode, la communauté des moniales fut élevée au rang de monastère de troisième classe. À cette époque, la construction de l’église de la Dormition, dans la nouvelle infirmerie, était achevée. S’ensuivit une bénédiction du Synode pour élever Mère Mitrophania au rang d’higoumène et lui décerner la croix pectorale en or. L’Évêque de l’Éparchie, Son Éminence Modeste (Strelbitski), fut invité au monastère pour célébrer officiellement ces joyeux événements.
V.K.Sabler accompagna Vladyka. De nombreux philanthropes se joignirent également. À l’arrivée des invités aux Saintes Portes du clocher, Son Éminence daigna lire l’Acathiste à la Mère de Dieu devant Son icône des Ibères. Tout le peuple pria avec ferveur et chaleur. (A suivre)
Traduit du russe.
Source : 

Celui qui commence la prière de Jésus est comme l’élève du gymnase entrant en première année et ayant endossé l’uniforme. On peut penser qu’il obtiendra plus tard son diplôme au gymnase, et qu’il ira peut-être même à l’université. Mais alors viennent les tentations de la toute première leçon : par exemple, l’élève ne comprend pas l’arithmétique, et sa pensée lui dit : «Tu n’as pas compris la première leçon, tu comprendras encore moins la seconde, alors, tu vas être convoqué. Tu ferais mieux de te dire malade et de rester à la maison.» Si l’étudiant a des compagnons plus éveillés, il y aura encore plus de tentations, la même voix séduisante dira : «Ta tante et ton oncle sont riches, pourquoi devrais-tu étudier, ils accueillent les hôtes.» Un élève écoute ces discours, arrête d’étudier et perd son temps. Et quelques années passent, un dadais a grandi, un bon à rien. Le temps a filé, quel genre d’étude était-ce ?… Et il est expulsé du gymnase.
– Calme-toi, matouchka. Nous allons faire chanter le coucou et toutes vous serez consolées et apaisées. Il faudra seulement endurer avec soumission la volonté de Dieu qui nous est envoyée sous forme d’afflictions. Je crois fermement que par les prières des startsy, mes pères spirituels, la Très Sainte Mère de Dieu ne nous abandonnera pas tous sans défense et ne laissera pas la communauté s’effondrer. Nous ne devons pas nous attrister, mais nous réjouir en esprit lorsque nous sommes calomniés et méprisés, car le Seigneur bénit ceux qui supportent cela, en disant : «Heureux êtes-vous quand on vous persécutera».