Le site internet du Saint Monastère d’Optina propose une bibliothèque en ligne fournie. On y trouve de nombreux ouvrages des startsy d’Optina et des recueils de leurs lettres et homélies. Parmi ces ouvrages on compte le recueil des lettres écrites par le Saint Starets et Confesseur de la foi Nikon d’Optina, dont le journal fait l’objet d’une traduction depuis des mois sur le présent blogue. Nous proposons ici la traduction du recueil de ces lettres de Saint Nikon. Il ne s’agit plus du Novice Nicolas, auteur du journal précité, mais déjà du Hiéromoine Nikon, qui a intégré et mis en pratique dans son podvig les enseignements de son starets Saint Barsanuphe d’Optina, héritier de la tradition du Désert d’Optina.
A Lydia Mejekova
Mademoiselle Lydia, bien-aimée de Dieu !
Que la bénédiction de Dieu soit sur toi pour les siècles.
J’ai reçu ta lettre et je me hâte de répondre à ta question relative à l’école. Je conseille de rester là où tu es et de t’en remettre à la volonté de Dieu. Je prie avec ardeur Saints Nicolas et Spyridon d’organiser tout pour le bien de ton âme, par leurs saintes prières. Je compatis de tout cœur avec toi, mon enfant, que le Seigneur Lui-même te console. Vraiment, «le salut qui vient de l’homme est vanité» (Ps. 59,13). Bien que nous devions nous tourner vers les gens pour obtenir de l’aide spirituelle et physique, nous devons nous attendre à ce que ces appels soient un succès par la main du Seigneur. Je prie pour toi et te souhaite la miséricorde de Dieu.
Dis-moi ce que je dois faire de la lettre que tu m’as adressée «pour lecture». Te la renvoyer ou la détruire ? Je ne me sens pas trop bien : ma jambe est meurtrie plus que d’habitude, c’est pourquoi j’écris au crayon, assis sur mon lit. Je me dépêche de remettre la lettre à ta sœur, et je m’interromps donc ici.
Que la Reine des Cieux te protège. Paix à toi et salut de ton âme.
Le pécheur Hiéromoine Nikon
24 août / 6 septembre 1925
Kozelsk
A Lydia Mejekova
Mademoiselle Lydia, bien-aimée de Dieu !
Paix à toi, et bénédictions de Dieu. Je n’ai pas le temps de répondre maintenant en détails à ta lettre. Je me hâte d’écrire fût-ce quelques mots.
Au sujet de la petite table, j’ai tout dit à ta sœur. Concernant la lettre, je conseille de ne répondre à rien pour l’instant. Que le Seigneur t’aide en toutes choses. Et je prie pour toi selon ma force. Que le Seigneur Dieu te garde.
Le pécheur Hiéromoine Nikon
Kozelsk
31 août / 13 septembre 1925
A Lydia Mejekova (Carte postale)
Mademoiselle Lydia, bien-aimée de Dieu !
Que la bénédiction de Dieu soit sur toi dans les siècles.
Comme promis, je t’envoie le chotki avec lequel j’ai célébré plusieurs fois. Je compatis avec toi, mon enfant, et je prie pour toi. Je te remercie de tout cœur pour le colis et les félicitations pour mon jour de l’Ange. Que le Seigneur te sauve. Que le Seigneur Tout-Puissant te garde.
Le pécheur Hiéromoine Nikon
Kozelsk
12 / 25 octobre 1925
A Lydia Mejekova
Mademoiselle Lydia, bien-aimée de Dieu !
Que la bénédiction de Dieu soit sur toi dans les siècles.
J’ai reçu ta lettre. Prie Saint Nicolas le Thaumaturge et Saint Spyridon de Trimithonte. Ils sont nos aides empressés et prient pour nous. Une grâce spéciale leur a été donnée, celle d’aider ceux qui sont dans le malheur, même dans des situations sans issue. Ils t’aideront. Bien-sûr, de ton côté, fais tout ce qui est nécessaire. Que le Seigneur Dieu te garde sous la protection de Sa bonté. Rends grâces à Dieu pour tout. Dans l’enseignement que nous lisons au cours de l’office des «Louanges à la Très Sainte Mère de Dieu» pendant le Grand Carême, il est dit qu’il est nécessaire de rendre grâces au Seigneur pour tout ce qui nous arrive par Sa miséricorde, car lorsque nous rendons grâces pour tout ce qui nous arrive par Sa miséricorde et Ses bienfaits, alors, comme on dit, nous préparons notre âme à accepter de nouveaux bienfaits et de nouvelles miséricordes. Il ressort clairement de cela que ceux qui murmurent et sont ingrats seront privés des nouveaux bienfaits de Dieu. Crains cela et rends grâces à Dieu pour tout, car «auprès du Seigneur est la miséricorde et auprès de Lui, une abondante rédemption» (Ps.129,7). Personne ne peut consoler si le Seigneur ne console. Ainsi, si tu t’es sentie consolée à Kozelsk, rends grâces à Dieu ; les gens n’y sont pour rien : ils se limitent pour la plupart à accomplir consciemment ou inconsciemment les commandements divins.
Je te souhaite la paix et la joie en le Seigneur et tous bienfaits. Fais ton salut en le Seigneur, mon cher enfant !
Le pécheur Hiéromoine Nikon
Kozelsk
8 /21 novembre 1925
A Lydia Mejekova
Mademoiselle Lydia, bien-aimée de Dieu !
Que la bénédiction de Dieu soit sur toi dans les siècles.
J’ai reçu ta lettre quand j’étais auprès de Batiouchka Nectaire.
Maintenant, à cause d’une tempête de neige, je me suis retrouvé coincé chemin faisant, et profitant d’être en captivité à cause du mauvais temps, je t’écris cette réponse. Je n’ai pas ta lettre précédente avec moi, et je ne réponds donc qu’à la dernière lettre.
Mon cher enfant ! Pourquoi t’affliges-tu et te troubles-tu ? Ne t’inquiète pas, remets-toi à la volonté de Dieu, et calme-toi. As-tu déjà prêté attention au fait qu’à chaque office, l’invitation suivante est clamée à plusieurs reprises : «A notre Très Sainte, Toute Bénie et Glorieuse Souveraine la Mère de Dieu et Toujours Vierge Marie et à tous les saints, remettons-nous nous-mêmes et les uns les autres, et remettons toute notre vie au Christ notre Dieu». Sois attentive à cette invite de l’Église Orthodoxe du Christ et remets tout à la volonté de Dieu. Bien que je sois un pécheur, je reste moine, et je suis de Dieu, je suis entièrement entre les mains de Dieu. De même, tu es à Dieu. Ta lettre ne m’inquiète pas, excuse-moi mais elle m’a même consolé. Souviens-toi de ce qui est dit dans l’Évangile : «Malheur à vous, quand tous les hommes diront du bien de vous » (Lc. 6,26). Cela signifie que ce malheur ne me touche pas, quand des gens élèvent des calomnies envers moi et m’offensent. Même au sujet du Christ, les uns disaient qu’Il était bon, les autres, non, qu’Il trompait le peuple. Je suis parfaitement conscient de ce phénomène. Je suis sûr que si le Seigneur le permettait, je pourrais être submergé par toutes sortes de méfaits, d’humiliations, d’afflictions ; et je suis aussi sûr que si le Seigneur ne le permet pas, personne ne me touchera. «Le Seigneur est mon secours, je ne craindrai pas ce qu’un homme peut me faire. Le Seigneur est mon secours et je mépriserai mes ennemis » (Ps. 117, 6–7). Que la volonté du Seigneur soit faite!
Je ne te conseille pas d’interroger plus avant le Père N. Fais-toi humble. La vérité n’a pas besoin d’être prouvée. Elle sera révélée quand cela sera nécessaire : soit maintenant encore sur terre, soit lorsque chacun, selon ses actes, recevra récompense du Juge Impartial. Tous les mots : «non-mérité», «injustement», «je veux prouver» ne sont absolument pas monastiques, encore moins chrétiens. «Bienheureux serez-vous lorsqu’on vous persécutera» (Mat. 5, 11), «Mon jugement est juste» (Jn. 5, 30). Par conséquent, il faut se faire humble et nous soumettre, et prier pour les coupables, que le Seigneur nous fasse à nous et à eux selon Sa miséricorde. (…) (A suivre)
Traduit du russe
Source 
Saint Père Nikon, prie Dieu pour nous.