Le site internet du Saint Monastère d’Optina propose une bibliothèque en ligne fournie. On y trouve de nombreux ouvrages des startsy d’Optina et des recueils de leurs lettres et homélies. Parmi ces ouvrages on compte le recueil des lettres écrites par le Saint Starets et Confesseur de la foi Nikon d’Optina, dont le journal fait l’objet d’une traduction depuis des mois sur le présent blogue. Nous proposons ici la traduction du recueil de ces lettres de Saint Nikon. Il ne s’agit plus du Novice Nicolas, auteur du journal précité, mais déjà du Hiéromoine Nikon, qui a intégré et mis en pratique dans son podvig les enseignements de son starets Saint Barsanuphe d’Optina, héritier de la tradition du Désert d’Optina.
Suite de la lettre à Lydia Mejekova
(…) Dieu bénit que tu communies après les deux semaines de ce jeûne. Mais tu n’écris pas auprès de qui tu vas te confesser : si les interrogatoires continuent, tu t’inquiéteras à nouveau. Il est nécessaire de demander doucement et brièvement la fin de ces interrogatoires et tortures, car la question de la confession est une question de conscience et de liberté, et non de coercition et de violence. Dis que tu viens à la confession non pas pour noircir ta conscience, mais pour la purifier, et que tu dis donc la vérité telle qu’elle est devant Dieu. Et avec ça, termine toute discussion sur ce thème. Tout cela pour le cas où il se mettrait à en parler. Sinon, ne dis rien.
A la question des prières, je peux seulement répondre que j’ai prié et prie à la mesure de mes forces. Que le Seigneur te garde sous la Protection de Sa bonté! Quand j’étais chez Batiouchka Nectaire, je lui ai demandé ses saintes prières et sa bénédiction pour toi, conformément à ta demande.
Maintenant, je te dis encore une chose. Tout ce que tu m’annonces dans ta lettre, ce n’est pas une nouveauté pour moi et cela ne m’a pas attristé. Mais il est douloureux pour moi de lire ce que tu as écrit, bien que tu fus dans l’affliction, comme introduction, «À propos de toute l’amertume, de toutes les choses difficiles que tu as vécues et que tu dois vivre à cause de moi». Moi qui n’aime pas prouver ce qui est une évidence, je t’ai prouvé mon amour pour toi, souhaitant que tu te calmes mais, comme cela ressort de tes mots, je n’ai pas réussi, et cela m’attriste. Oh, Seigneur! Jusques à quand l’ennemi jouera-t-il avec l’esprit et le cœur des gens ? Seigneur, Tu vois tout! C’est ta même humeur triste qui empreint la question du mariage de Nina. Selon ma force, je prierai pour le serviteur de Dieu Nicolas, afin que le Seigneur le mette sur le chemin de la vérité et qu’Il sauve son âme.
Mon enfant, ne place jamais ton espoir en l’homme. C’est une erreur grave et fatale. S’il n’est déterminé à ce sujet, Dieu ne protégera ni ne consolera l’homme. Celui-ci est impuissant sans l’aide de Dieu. Je t’ai écrit au sujet de l’action de grâce envers Dieu pour Ses grandes miséricordes et à propos de l’importance d’éviter le murmure. Maintenant, je te rappelle la même chose. Rends grâces à Dieu, tu verras ou tu comprendras mon attitude envers toi à ce sujet. Ne persiste pas dans ta compréhension erronée, mais souhaite t’en débarrasser ; repens-toi de ta faiblesse, et le repentir, comme l’enseigne l’Évêque Ignace (Briantchaninov) ouvrira progressivement tes yeux sur tes péchés, et tu verras enfin que tu es coupable, et pas les autres. Je suis vraiment désolé que tu ne veuilles pas corriger cela. En général, tu obéis, et tu as le désir d’être sauvée et d’obéir, mais je ne peux pas t’en convaincre.
Une fois encore, je te demande d’accorder de l’attention à mes paroles et de ne pas laisser libre cours à tes pensées et sentiments, cela ne t’est pas bénéfique. Ne sois pas fâchée sur moi, de ce que je te morigène au lieu de te consoler. Si je ne te voulais pas du bien, je ne dirais pas tout cela. Celui qu’on aime, on le châtie.
Je te souhaite de tout cœur toutes les miséricordes de Dieu et toutes Ses bénédictions. Quand tu en auras la possibilité, viens prier avec moi.
Encore et toujours, j’appelle sur toi les bénédictions de Dieu et je te souhaite paix et joie dans le notre Doux Seigneur Jésus. Paix à toi et salut de ton âme.
Le pécheur Hiéromoine Nikon
En route à Kozelsk. Viouga.
3 / 16 décembre 1925
A Lydia Mejekova
Mademoiselle Lydia, bien-aimée de Dieu !
Paix à toi et salut de ton âme. Je te salue, mon enfant, à l’occasion de la fête du nouvel an civil. Que le Seigneur te garde sous la protection de Sa bonté. Je prie pour toi à la mesure de mes forces.
Le pécheur Hiéromoine Nikon
3 / 16 janvier 1926
Kozelsk
(A suivre)
Traduit du russe
Source 
Saint Père Nikon, prie Dieu pour nous.