Le texte ci-dessous est la première partie de la traduction en deux parties d’un original russe préparé par Madame Olga Orlova et mis en ligne le 25 septembre 2018 sur le site Pravoslavie.ru sous le titre Будем как дети у Пресвятой Шесть рассказов о том, как подвижники чтили Божию Матерь (Devant la Très Sainte Mère de Dieu, soyons comme des enfants. Six récits de la vénération de héros de l’ascèse envers la Très Sainte Mère de Dieu). Six serviteurs de Dieu racontent leur vénération de la Très Sainte Mère de Dieu, leur relation avec Elle de fils et de fille, qui fit d’eux Ses enfants, Ses proches, Ses disciples. .
«Priez la très Sainte Mère de Dieu, demandez-Lui en toute simplicité»
L’Higoumène Ekaterina (Tchaïkova) est la Supérieure du monastère stavropégique pour femmes de l’Exaltation de la Croix à Jérusalem. Elle parle de l’Higoumène du grand schème Savva (Ostapenko).

Mon père spirituel, l’Higoumène du grand schème Savva (Ostapenko), mena son podvig au Monastère de Pskov-Petchory. Il commandait toujours à ses enfants spirituels de lire chaque jour la règle de la Très Sainte Mère de Dieu, obligatoirement avec les tropaires. «Celui qui lit la Très Sainte Mère de Dieu bénéficiera de son intercession au Jugement Dernier», m’a-t-il dit. Lui-même était animé, comme Saint Seraphim de Sarov, d’un ardent amour pour la Très Sainte Mère de Dieu. Ils nous bénissait toujours pour communier lors de toutes les fêtes de la Très Sainte Mère de Dieu et de Ses principales icônes. «Kazan, est puissante! Contemplez ! Communiez ! Et ne chagrinez en rien la Très Sainte Mère de Dieu!». Cela faisait partie de ses instructions. Et le Père Savva appréciait beaucoup les acathistes. Cette attirance pour les acathiste a été héritée par un fils spirituel du Père Savva, l’Archimandrite Antippe (Mikhaïlov), au sujet duquel Vladika Tikhon (Chevoukhounov) a écrit avec talent dans son livre «Les saints de tous les jours». Le Père Savva aimait beaucoup aussi les hymnes de louange et d’action de grâce au Seigneur et à la Très =sainte Mère de Dieu. Nous tous ses enfants spirituel avons hérité de son intense vénération de la Très Sainte Mère de Dieu. Moi-même, je dis souvent à mes soeurs : «Sœurs! Chantons chaque fois que c’est possible une hymne de vénération à la Mère de Dieu, sortons en procession avec les icônes de la Toute Sainte, récitons «Mère de Dieu et Vierge, réjouis-Toi…». Alors la Très Sainte Mère de Dieu Elle-même nous protégera». Une sorte de relation très simple, proche, avec la Mère de Dieu s’est installée en moi. Il m’arrive de m’approcher d’une de Ses icônes et de dire : «Toute Sainte Mère de Dieu, Tu es si belle !… Je T’aime. S’il-Te-plaît, aide-nous!». Ou encore : «Mère de Dieu, je T’aime tant! C’est Toi qui intercède pour nous, notre Avocate! Aide-nous!». Ou je viens tout simplement comme auprès de ma maman et j’explique : il y a ça et ça qui ne marche pas pour moi, que faire ?… «Très Sainte Mère de Dieu, je me suis fâchée sur telle ou telle soeur, comme vais-je m’en sortir maintenant?». Ou alors, je demande conseil : «Toute Sainte Mère de Dieu, je voudrais ceci, ou cela. Je ne sais pas si c’est la volonté de Dieu?» Et rapidement, d’une manière ou d’une autre, je reçois la réponse. C’est quelque chose d’humain, n’est-ce-pas, une relation sans formalisme. Un dialogue ininterrompu. Ainsi, j’ai encore une maman, et je m’adresse au Seigneur et à la Très Sainte Mère de Dieu. Ils sont vraiment ici et maintenant dans notre maison. Parfois, je vais auprès de l’icône du Sauveur et je dis : «Père!Un homme est venu me trouver pour me demander de l’aide.Comment donc puis-je l’aider? Aide-le Toi-même, s’il-Te-plaît!» Voilà un genre de relation très simple, et la Très Sainte Mère de Dieu accorde Son aide. Le Seigneur est proche. Il nous entend.
Notre âme guérit dans la prière
Youri Vladimirovitch Goumenny, Directeur d’une usine de matériel électrique parle du Starets Élie (Nozdrine).
Je me souviens qu’un jour, Boris Kortchevnikov a demandé quelque chose à Batiouchka Élie pour sa fille. On lui avait diagnostiqué un cancer. Elle se faisait soigner en Allemagne. Elle avait été opérée, on avait prélevé des cellules souches et la chimiothérapie avait commencé… Mais on ne constatait pas d’évolution favorable. Les médecins allemands décidèrent d’entreprendre une nouvelle tentative, à l’aide de cellules-souches du père, et ils se concertèrent avec des collègues des États-Unis, qui leur répondirent que cela ne servirait à rien, seul un pourcent des patients survit…». Et voilà que les parents de cette jeune fille téléphonèrent. Rencontrer le Père Élie, c’était leur dernier espoir… Mais à l’époque, Batiouchka voyageait et ce n’était pas facile de le trouver. Toutefois, je sentais que leur prière était tellement instante… «De toutes façons, on prend l’avion et on arrive!». J’étais mis devant le fait accompli. Ils arrivaient d’Allemagne avec leur fille. «Comme le Seigneur voudra». Ce fut tout ce que je pus dire. Mais que dire d’autre? Les voici donc qui arrivent et soudain, Batiouchka débarque de Dieu seul sait où! Je me souviens, nous étions dans une pièce, l’Archimandrite Élie, la maman, la jeune fille et moi. La maman expliqua brièvement la situation à Batiouchka et demanda s’il fallait faire une nouvelle opération. Le Starets était jusque là resté silencieux, la tête inclinée. Visiblement, il priait. Soudain, il dit : «Vous savez quoi ?!! Ne faites rien. Priez la Très Sainte Mère de Dieu. Elle est ici, vraiment tout juste ici!». Et il se tourna comme s’il tournait tout son être vers la Très Sainte Mère de Dieu qui Se trouvait entre la jeune fille et sa maman d’un côté et moi-même de l’autre… En moi, mon âme fut renversée! De façon très claire, je ressentis la présence de la Très sainte Mère de Dieu. Il est impossible d’expliquer le tremblement de crainte et de joie qui saisit l’âme en pareil moment. «Priez-La!», entendis-je répéter Batiouchka…
Ils obéirent au Starets. Une amélioration se produisit. Récemment, j’ai reçu un appel téléphonique. La jeune fille n’est pas guérie complètement, mais c’était un meilleur résultat que celui qu’aurait donné les traitements onéreux. Et l’essentiel, c’est l’expérience de la prière. Batiouchka a développé l’aspiration de leurs coeurs, ce « dernier espoir», le détournant des princes de ce monde et des fils des hommes vers la Souveraine des Cieux et de la terre Elle-même. Et dans cette expérience de la prière, notre âme guérit, c’est essentiel.
Les Servantes de la Reine des Cieux
L’Higoumène Sergia (Konkova), Supérieure du Monastère Saint Seraphim de Diveevo parle de Saint Seraphim de Sarov.
A Diveevo, nous sommes toutes des servantes de la Reine des Cieux. Et notre Abba, ici, c’est Batiouchka Seraphim. Il ne fait rien de sa propre volonté, même pas, selon ses propres paroles, bouger un petit caillou. De la même manière, nous devons vérifier si tout ce que nous entreprenons correspond à la volonté de l’Higoumène d’en-Haut. Rien qu’il soit ne peut être accompli par notre propre volonté dans l’Apanage de la Très Sainte Mère de Dieu. La règle de vie intérieure au monastère exige de chaque membre de la communauté, de la novice à l’higoumène, le respect de ce principe. C’est en cela, jusque dans notre prière, que se reflète avant tout notre amour et notre vénération pour la Toute Sainte.
Depuis 1991, nous avons réintroduit au monastère la procession annuelle sur la Kanavka, en priant la règle de la Très Sainte Mère de Dieu. En 1992, lorsque fut consacrée l’église de la Nativité de la Très sainte Mère de Dieu, on alluma une veilleuse permanente devant l’icône de la Nativité de Marie la Très Sainte Mère de Dieu et c’est là que furent célébrées les premières tonsures monastiques. Tout comme la Mère de Dieu fut consacrée à Dieu dès Sa naissance, dans la tonsure naissent les moniales servantes du Seigneur et de la Toute Sainte. En soi, le christianisme est renoncement à soi-même, et le monachisme d’autant plus. Jusqu’au bout de nos forces, nous respectons la règle et nous prenons ainsi conscience de notre infirmité. Respectant l’oustav du monastère, nous renonçons à notre volonté, et pour cela, le Seigneur donne de la joie et de la force, la Mère de Dieu nous favorise et Batiouchka Seraphim nous aide en toutes choses. (A suivre)
Traduit du russe
Source
Le texte ci-dessous est la traduction d’un court extrait du premier chapitre du livre «Петушки обетованные», intitulé «Рассказы старой монахини Монахиня Людмила (Золотова)» , titre qu’on peut traduire, approximativement, par Pétouchki, Terre Promise. Récit de la moniale Ludmila (Zolotova). Cette moniale se souvient d’un épisode qu’elle a vécut dans sa jeunesse, sans doute vers le début des années 1960′ du siècle dernier, dans la région de Vladimir. L’auteur du livre, qui a donc recueilli ce récit, est le hiéromoine Seraphim (Katychev). Le livre a été publié en 2018 par les éditions du Monastère Sretenski à Moscou.
Le texte ci-dessous est la traduction d’un original russe publié sur le site Pravoslavie.ru le 14 janvier 2022. Il s’agit de l’homélie prononcée ce jour-là par l’Archiprêtre Alexandre Chargounov.
Le huitième jour après Sa naissance, le Sauveur fut circoncis selon le commandement donné à Abraham, lorsque Dieu promit d’établir une alliance éternelle avec lui et sa postérité. Le Seigneur pur et sans péché accepta le signe de réconciliation qu’il avait établi lui-même, en tant que Dieu et créateur de la loi. Dès les premiers jours de Sa venue sur terre, Il obéit humblement aux prescriptions de la loi, montrant que tous les modèles de l’Ancien Testament sont accomplis en Lui. La circoncision du Second Adam met fin à la circoncision charnelle de l’Ancien Testament et ouvre la Nouvelle et vraie Alliance, scellée par la circoncision spirituelle, au prix de son Sang. Le Baptême chrétien est une véritable circoncision spirituelle, un signe d’appartenance à un nouveau peuple qui s’associe à la mort vivifiante et à la Résurrection du Seigneur. Tous les baptisés au nom du Christ doivent apprendre ce mystère de l’obéissance.
Et Saint Basile le Grand nous révèle avec une force exceptionnelle ce que signifie être baptisé, ce que signifie le mystère de l’obéissance. Depuis son enfance, avant même le baptême, il obéit humblement à tout ce qui lui fut enseigné dans sa famille (Il est impossible de ne pas remarquer que cette famille est tout à fait extraordinaire, littéralement une icône de la famille, en particulier à notre époque: elle compte dix enfants, dont cinq seront déclarés saints, et son éducation est principalement assumée par la grand-mère, Macrine, élève de Saint Grégoire le Thaumaturge de Néocésarée). Il fut formé à la rhétorique, c’est-à-dire à l’art d’exprimer ses pensées avec précision et clarté, sous la direction de son père, puis s’engagea dans d’autres études laïques, comme on dirait maintenant, à Césarée de Cappadoce, à Constantinople et enfin à Athènes. Il enseigna modestement la rhétorique, sans penser à aucune gloire. Et après avoir reçu le baptême, il étudia avec diligence les fondements de la vie spirituelle.
«Ne saviez-vous pas qu’il faut que Je sois aux choses de mon Père?» Comme ils sont étonnants, ces mots, absolument incomparables! Nous devons chanter la gloire de Dieu, sachant que cet adolescent de douze ans, Jésus–Christ, a déjà un esprit supérieur à toute intelligence humaine, qu’Il est avec son Père et qu’Il fait toujours ce que Celui-ci veut. Il est tout amour pour Son Père Céleste, et en même temps toute obéissance envers sa Mère et le Juste Joseph. Tout est accompli dans l’Église suite à Sa venue dans le monde, car le Christ est avec le Père afin de révéler aux gens qui est Son Père.



Discrètement, l’hiver s’installa au monastère. Et l’hiver y était des plus réels, pas comme l’hiver en ville. Il n’y avait pas de publicité au néon et de vitrines brillantes, il n’y avait pas d’agitation urbaine et de neige sale fondue sous les pieds.
Le soir, le Père Savva appela Micha et Piotr dans sa cellule. Ce fut un moment tellement précieux! Dans la cellule de Batiouchka, le parfum était si merveilleux, celui de l’encens de l’Athos, des icônes tout autour des murs, des livres. Et quand le Père Savva commença à parler de l’Athos, des sentiers de montagne, des monastères de la Sainte Montagne…
La Nativité approchait. Ils attendaient les gelées, et après le repas, toute la petite communauté transporta sur des luges et un grand traîneau du bois de chauffage depuis la remise à bois jusque dans les cellules et au réfectoire, afin de pouvoir célébrer la fête de la Nativité et se reposer, sans devoir se soucier du bois de chauffage. Tout le monde en bottes de feutre, épais blouson et bonnet de feutre. Du travail efficace. De retour avec une luge chargée de bûches, Piotr et Micha se figèrent soudain sans plus avancer vers leur cellule : les parents de Micha se précipitaient à leur rencontre. Ils avaient l’air inquiets. Ils passèrent devant eux, hochant tout juste la tête pour les saluer. Micha n’en croyait pas ses yeux: ses parents ne lui avaient accordé aucune attention. Ils approchèrent de la remise à bois, firent le tour de tous les moines qui travaillaient et se hâtèrent de revenir. Ils revinrent auprès de Micha et Piotr figés toujours pétrifiés et s’arrêtèrent à quelque distance. La maman demanda :
Le Père Théodore, vieux moine du grand schème, était petit, mince, mais très actif. Malgré son âge, souvent, il donnait des sueurs aux frères de la communauté:

Le texte ci-dessous est la traduction d’extraits tirés du journal de Saint Jean de Kronstadt, et consacrés à la prêtrise. Il s’agit toutefois en même temps de la traduction des pages 583 à 585 du livre «Le Père Jean de Kronstadt» («Отец Иоанн Кронштадский»), du Métropolite Benjamin Fedtchenkov, au Chapitre 8 de la partie de ce livre intitulée Journal «Ma vie en Christ», extraits, dans laquelle le Métropolite Benjamin a repris les extraits qu’il avait sélectionnés, en leur ajoutant des intertitres. L’édition utilisée est celle publiée en 2000 à Moscou par Palomnik. En ce jour, 20 décembre / 02 janvier, nous célébrons la fête de la natalice du Saint et Juste Père Jean de Kronstadt.