Le texte ci-dessous est la traduction du livre consacré par la Laure de la Trinité Saint Serge, et plus particulièrement, la Skite de Gethsémani-Tchernigov qui lui est rattachée, au Saint Starets Barnabé de la Skite de Gethsémani : «Преподобный Варнава, старец Гефсиманского скита. Житие, письма, духовные поучения».(Saint Barnabé, Starets de la Skite de Gethsémani. Vie, lettres, enseignements sprituels). Cet ouvrage a fait l’objet de maintes éditions et rééditions.
Le Saint Starets Barnabé (1831 – 1906) fut le père spirituel non-seulement de celui qui allait devenir Saint Seraphim de Vyritsa, mais aussi d’une foule immense de fidèles qui venaient de très loin recevoir ses conseils spirituels, et parmi lesquels on compte des membres de la famille du Tsar. Le Saint Tsar Martyr Nicolas II lui-même se confessa auprès du Saint Starets Barnabé.
Le livre se divise en trois parties. Nous nous attachons, pour commencer (?) à l’histoire de sa vie.
Années d’enfance et de jeunesse.
Le hiéromoine Barnabé naquit le 24 janvier 1831 dans le village de Proudichi, dans la Province de Toula. Lors de son baptême, le 30 janvier, fête des trois saints hiérarques, il reçut le nom de Basile, en l’honneur du Saint Évêque Basile le Grand.
Ses parents, gens bons et craignant Dieu, se réjouirent particulièrement de la naissance de leur fils. Dans la famille ne demeurait qu’une fille, Matrona, après la mort en bas âge des aînés, les garçons Lazare, Georges et Abraham, et les filles Xenia et Alexandra. En guise de consolation pour les parents, le Seigneur permit à Basile et sa sœur de croître et d’alléger leur lourd fardeau de paysans. Malgré leur grande pauvreté, ils essayaient de partager jusqu’à leur dernière croûte de pain avec les nécessiteux, ils fréquentaient souvent, et avec ferveur, les églises du Seigneur et aimaient à se rendre en pèlerinage dans les saints lieux. Les églises et les choses sacrées représentaient quasiment leur unique consolation.
Prédestiné dès le sein de sa mère par la droite du Très Haut à marcher à la suite du Christ, Basile assimila de toute son âme et dès sa prime jeunesse les dispositions requises aux hautes vertus. Il devint par la suite un glorieux ascète de la foi et de la piété, portant en vérité et accomplissant avec fidélité les commandements de l’amour du Christ. Ses jeunes années s’écoulèrent sans trouble, dans le paisible nid familial, mais dès cette époque, pour ceux qui l’entouraient, une particulière bienveillance divine apparaissait avec évidence en cet élu de Dieu. En témoignent les souvenirs mêmes et les récits du hiéromoine Barnabé.
L’exemple de la vertueuse vie de ses parents, leur tendance à se souvenir de Dieu en permanence, de se tenir devant Sa face, ne pouvait ne pas influencer favorablement l’esprit impressionnable et l’âme pure du jeune enfant. Grâce à ses parents il découvrit dès l’enfance l’inclinaison à une vie spirituelle: il aimait assister aux offices à l’église, il essayait d’en apprendre de mémoire les prières, et quand il eut appris la grammaire ce fut avec grande assiduité et attention qu’il commença à lire la parole de Dieu.
Sa maman exerça l’influence prédominante sur les bonnes qualités du petit garçon. On s’en rend compte quand lors des conversations concernant son passé, le Père Barnabé se souvenait le plus souvent de sa mère. Il confirma cela à maintes reprises en lui exprimant par la suite, en présence de personnes étrangères, sa reconnaissance pour la bonne éducation reçue. Par ailleurs, l’exemple du père, travailleur et aimant les pauvres, ne fut pas vain. Le fils développa en grandissant l’amour du labeur, la compassion envers le prochain, tout spécialement envers les nécessiteux. Mais dans la mesure où la position de chef de famille et unique travailleur obligeait le père à confier la maisonnée à la surveillance de la mère, le fardeau de l’éducation des enfants reposait sur les épaules de celle-ci. Elle vivait manifestement une vie agréable à Dieu, accomplissant son devoir simplement et humblement, éduquant son fils en véritable chrétien. A cette époque déjà, le monde sacré s’ouvrit au futur starets. Par moments, de par sa disposition à la piété, l’enfant renonçait littéralement à tout ce qui est terrestre et par la pensée s’élevait jusqu’aux cimes accessibles à son âme d’enfant.
Le Seigneur avait élu l’adolescent Basile pour le servir et lui avait prescrit un chemin de vie à la gloire de Son saint nom. Invisiblement, Il le dirigeait, le préservant de tout danger. Sa pieuse mère, qui devint par la suite moniale du grand schème Daria, au monastère de l’icône de la Mère de Dieu d’Iviron à Vuiksa, narra plusieurs épisodes témoignant de ce que la divine Providence protégeait effectivement Son élu. «Un jour, se souvint-elle, alors qu’il avait dans les quatre ans et jouait sur la rue avec des enfants de son âge, Basile fut heurté par un cheval attelé à un puissant équipage. Le gamin tomba sous une de ses roues. Remplis d’effroi, tous accoururent vers lui, le soulevèrent et constatèrent à leur plus grand étonnement, qu’il était complètement sain et sauf».
Un autre fois, alors qu’il allait descendre du poêle, Basile, âgé de six ans déjà, trébucha malencontreusement, et il tomba lourdement de tout en haut et heurta violemment le sol. Déconcertée et effrayée, sa mère accourut et souleva son fils qui perdait du sang. Ne sachant comment l’aider, elle adressa une brûlante prière à Dieu, l’implorant de préserver la vie de son petit enfant. Le lendemain, à son indicible joie, le gamin était tout à fait en bonne santé. Seule une légère cicatrice rougeâtre à la joue rappelait ce qui lui était survenu la veille. (A suivre)
Traduit du Russe
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