Le site internet du Saint Monastère d’Optina propose une bibliothèque en ligne fournie. On y trouve de nombreux ouvrages des startsy d’Optina et des recueils de leurs lettres et homélies. Parmi ces ouvrages on compte le recueil des lettres écrites par le Saint Starets et Confesseur de la foi Nikon d’Optina, dont le journal fait l’objet d’une traduction depuis des mois sur le présent blogue. Nous proposons ici la traduction du recueil de ces lettres de Saint Nikon. Il ne s’agit plus du Novice Nicolas, auteur du journal précité, mais déjà du Hiéromoine Nikon, qui a intégré et mis en pratique dans son podvig les enseignements de son starets Saint Barsanuphe d’Optina, héritier de la tradition du Désert d’Optina.

Annexes à la lettre [A Lydia Mejekova]
Annexe № 1: Lettre de l’Évêque Ignace (Briantchaninov) № 211.
«… Quand on balaye la pièce, on n’hésite pas à regarder les saletés, mais on pousse tout en tas et puis, dehors. Fais pareil. Confesse tes péché à ton confesseur, mais ne commence pas à les examiner. Les Saints Pères interdisent cela à ceux qui sont incapable de porter un juste regard sur eux-mêmes :
Ceux-là sont déstabilisés en les examinant, ce qui conduit à l’affaiblissement et au trouble. Méfie-toi des péchés, repens-toi de ceux qui sont commis par faiblesse et infatuation, ne te permets pas de tomber dans le doute et le découragement en les examinant, et n’attends pas de toi-même l’absence de péché.».
12 mars 1864
Annexe № 2 : Œuvres de l’Évêque Ignace (Briantchaninov). Т. 1. La Coupe du Christ.
«… Prie Dieu pour qu’Il détourne de toi toute attaque, toute tentation. Il ne faut pas se jeter hardiment dans l’abîme des afflictions, et le manque de nourriture est aussi une affliction. C’est de l’arrogance orgueilleuse. Mais quand les afflictions viennent d’elles-mêmes, ne les crains pas…».
Annexe № 3 : Œuvres de l’Évêque Ignace (Briantchaninov). Т. 5. Ch. 12. De la vie dans l’obéissance au starets..
«… L’obéissance monastique, dans la forme et le caractère sous lesquels elle était pratiquée dans le contexte du monachisme ancien, est un noble mystère spirituel. Sa compréhension et son imitation complète sont devenues impossibles pour nous : il ne nous est possible que de l’examiner avec révérence et prudence, il est possible d’assimiler son esprit. Nous entrerons sur le chemin du jugement correct et de la prudente sagesse qui sauve de l’âme, lorsque, en lisant les expériences et les règles des Pères anciens, leur obéissance, aussi merveilleuse chez les supérieurs que chez ceux qu’ils dirigent, nous verrons à l’époque contemporaine le déclin général du christianisme, nous avouerons que nous sommes incapables d’hériter de l’œuvre des Pères dans toute sa plénitude et toute son abondance. Et c’est une grande miséricorde de Dieu envers nous, un grand bonheur pour nous, que nous soyons autorisés à manger les miettes qui tombent de la table spirituelle de nos pères. Ces miettes ne constituent pas la nourriture la plus satisfaisante, mais elles peuvent, bien que non sans besoin et faim, protéger de la mort spirituelle. »
Annexe № 4 : Œuvres de l’Évêque Ignace (Briantchaninov). Т. 5. Ch. 30. Les affliction sont par excellence le destin des moines des derniers temps.
«… Les Saints Pères, les moines des premiers temps du christianisme, chrétiens parfaits, remplis du Saint-Esprit, ont eu une révélation venue d’en haut sur le monachisme dans les derniers temps et ont prononcé une prophétie à ce sujet, qui se réalise sous nos yeux. Toutes les prophéties des Pères concordent et proclament que le moine, dans les derniers temps, mènera une vie très faible, qu’il ne recevra ni la force spirituelle et physique, ni l’abondance de dons remplis de grâce accordés aux premiers moines, que le salut lui-même lui sera très difficile…
… Aux yeux de Dieu, la méchanceté du malin et la lourdeur des abus qu’il inflige au monachisme des derniers temps sont évidentes. Dieu couronnera les lutteurs contemporains non moins que les anciens, bien que le podvig des premiers soit moins évident que celui des seconds. Nous ne devons pas nous adonner à la faiblesse, au désespoir et à l’inaction ; au contraire, consacrons toute notre attention et tous nos efforts à l’accomplissement des commandements de l’Évangile.»
«… Il est nécessaire de comprendre l’esprit de l’époque et de ne pas se laisser emporter par des concepts et impressions du passé, impossibles à réaliser à l’heure actuelle. Ce qui est important, c’est le christianisme, pas le monachisme ; le monachisme est important dans la mesure où il conduit à un christianisme parfait. »
Annexe № 6 : J’ai béni ces chotkis d’eau sanctifiée, et ils ont reposé chez moi sur l’Évangile de la cellule de Batiouchka Barsanuphe, accompagnés de la croix sanctifiée sur le sépulcre du Seigneur (chotki brun).
Annexe № 7 : Lettres de Diveevo.
Le 26 août
Vénérable Père Nikon !
Je vous suis très reconnaissante de votre lettre recommandée du 13 août, bien que son contenu soit très triste. Lorsque j’ai reçu votre lettre recommandée l’automne dernier, je vous ai immédiatement répondu, comme d’habitude, par l’intermédiaire de Ch., mais ma réponse ne vous est pas parvenue. Récemment, je vous ai de nouveau écrit avec un dossier, je ne sais pas si vous l’avez reçu? Il est absolument vrai qu’à Sarov et nous avons de nouveaux postulants.
À Sarov, les frères reçoivent seulement une livre de pain par jour, le reste est entièrement à leur charge, pour payer la taxe sur les cellules, certains effectuent des services pour des laïcs. Nos sœurs capables de travailler sont inscrites dans un artel (dans une coopérative d’artisanat, et elles ont du charbon et une livre de pain les jours ouvrables). Le reste est entièrement à charge de chacun.
Les nouvelles sœurs sont rarement acceptées chez nous, et seulement par recommandation et patronage, pas autrement. Quant à la nourriture spirituelle, nous avons la bienheureuse servante de Dieu Maria Ivanovna, qui a remplacé la Bienheureuse Praskovia Ivanovna par la bénédiction de celle-ci. Je vais la voir depuis de nombreuses années, lui demandant sa bénédiction pour chaque chose, et je reçois d’elle un grand bénéfice spirituel. Et beaucoup des frères de  Sarov et de nos sœurs se tournent vers elle. Il n’y a personne d’autre dans notre région. Mais la nourriture spirituelle des bienheureux n’est pas du tout la même que la nourriture des startsy.
À Sarov, il y a des frères de haute vie, mais ils ne deviennent pas startsy, et ils ont même besoin d’un starets expérimenté. À votre question : avons-nous eu des écarts par rapport à l’orthodoxie? C’est avec une grande tristesse que je peux vous répondre brièvement : oui, nous en avons. De manière générale, nous vivons actuellement une situation extrêmement difficile, tant externe qu’interne, qui doit être rapidement résolue.
Les pèlerins en visite, bien sûr, ne le voient pas, mais nous savons très bien que nous sommes suspendus à un fil, ce qui est unanimement confirmé par les serviteurs de Dieu et les bienheureux qui nous rendent visite. Alors, moi, en tant que pécheresse, je ne conseillerais pas du tout de venir chez nous, mais d’attendre une année. À Sarov, la situation est moins extrême, et il n’y eut aucune déviation par rapport à l’orthodoxie.
Lorsque vous donnez ces informations, ne mentionnez pas mon nom. Je comprends bien à quel point c’est difficile pour vous, mais ce n’est pas beaucoup plus facile pour nous que pour vous, donc, toujours en nous souvenant de vous et des pères… je vous supplie aussi de nous accorder vos saintes prières. Avec le temps, je vous écrirai plus en détail, mais pour l’instant je ne peux vous dire que ceci. Que le Seigneur aide votre saint monastère à renaître au plus vite, priez aussi pour le nôtre. Parfois, écrivez, je suis toujours heureuse de recevoir vos lettres.
30/VII 1924
Vénérables Batiouchka … et Père … !
Je ne vous ai pas écrit depuis longtemps, bien que je ne vous aie jamais oubliés, vous et votre saint monastère, dans ma prière. Nous vivons toujours chez nous, mais tout le monde pense que ce n’est plus que temporaire. Le Saint a beaucoup parlé, disant que la colère de Dieu viendrait sur nous si nous violions Ses commandements, et ils n’ont pas seulement été violés par nous il y a longtemps, mais ils sont de plus en plus violés chaque jour, malgré le fait que le Seigneur nous rende visite par de nombreuses afflictions, mais nous ne nous corrigeons pas. Les serviteurs de Dieu nous ont dit et répété que la Très Sainte Mère de Dieu et le Saint sont en colère contre nous, que le monastère est encore couvert grâce à quelques élus. Notre situation morale est des plus pitoyables. Priez pour nous. Sarov aussi vit dans une grande oppression et dans la souffrance. Le nombre de frères y a fortement diminué, mais ceux qui sont restés, semble-t-il, se sont beaucoup améliorés, et ceux qui étaient meilleurs le sont devenus encore plus. J’y étais le jour de la Saint-Pierre et j’ai été indescriptiblement réconfortée. Vraiment, il y a là toute une mer de grâce. La mémoire du Saint, le 19 juillet fut célébrée avec une solennité inhabituelle, il y avait foule, disent-ils, comme lors de l’invention des reliques. Inutile de dire que les autorités sont en colère à ce sujet. Voici un bref résumé de notre vie, et j’aimerais aussi avoir des nouvelles de vous. Ce n’est que récemment que j’ai réussi à lire l’«Épître des Startsys d’Optina» au sujet de nos hérésies. Batiouchka Nectaire est-il vivant et en bonne santé? Si possible, faites-lui une grande métanie de ma part avec une demande de bénédiction et de prières saintes pour moi, pécheresse, et pour notre monastère. Célèbre-t-on les offices dans votre monastère? Y a-t-il d’autres frères qui y vivent? Je prie toujours que le Seigneur vous aide et qu’Il puisse ramener à la vie la Sainte Skite d’Optina. N’oubliez pas dans vos prières les nombreux pécheurs…
(A suivre)
Traduit du russe
Source

Saint Père Nikon, prie Dieu pour nous.