Traduction d’un texte préparé par Madame Olga Orlova et publié le 30 octobre 2018 sur le site Pravoslavie.ru. Il propose un portrait vivant de l’ancien higoumène du saint Monastère de Dochiariou, sur le Mont Athos. Geronda Grigorios est parti rejoindre la foule des saints moines qui chantent éternellement les louanges du Seigneur au pieds de Son trône, le 2019. Voici la seconde partie du texte. La première est ici.
Que répondit Geronda au Patriarche Bartholomeos au sujet des Russes ? (par le moine du grand schème Valentin (Gourievitch), père spirituel du Monastère Donskoï à Moscou). (Suite)
Geronda protégeait le monachisme féminin, mais adoptait une attitude très sévère envers la présence de femmes dans les monastères masculins. Un exemple illustre cette attitude très sévère. Je me souviens que lors de notre entretien dans l’arkhondarikon, il s’adressa soudain à moi :
-Chez vous, au monastère, il y a des femmes ?
-Il y en a. Confirmai-je.
-Mais que font-elles chez vous? S’emporta-t-il?
Je répondis :
-Elles nettoient l’église, à la cuisine, elles lavent les pommes de terres, elles préparent la nourriture, elles font la lessive. Elles travaillent au potager, sèment les légumes dans les serres, les plantent et les entretiennent dans les plates-bandes. Elles arrosent les fleurs…
-Et vous pourriez m’inviter dans votre monastère? Demanda-t-il à brûle pourpoint.
-Evidemment, je ne suis pas le supérieur, mais venez! Lui répondis-je. Nous vous accueillerons avec plaisir. Read more
Le texte ci-dessous est issu de la traduction de deux articles, publiés le 08 février 2019 et le 23 mars 2018 sur le portail russe de l’Union des Journalistes Orthodoxes.
Le Métropolite Nikolaos (Hadjinikolaou) de Mésogée et de Lauréotique est l’une des personnalités contemporaines marquantes de l’Église de Grèce. Diplômé de la faculté de physique de l’Université de Thessalonique, d’astrophysique à Harvard et d’ingénierie mécanique à l’Institut de technologie du Massachusetts, il a étudié ensuite la théologie au Collège de la Sainte-Croix à Boston et à la faculté de théologie de Thessalonique. Tonsuré moine en 2003, il servit au metochion du monastère de Simonos Petras pendant quinze ans. Devenu métropolite du diocèse de Mésogée, il est membre du comité de bioéthique auprès du Saint-Synode de l’Église de Grèce. Despotis Nikolaos, a écrit de nombreux ouvrages, dont un, intitulé «La Sainte Montagne, Point le plus élevé de la terre» (traduit et publié en 2016 en russe – «Святая Гора – высочайшая точка Земли» – par les Éditions du Monastère de la Sainte Rencontre à Moscou. Ce livre est le journal des visites que rendit l’auteur au Mont Athos depuis les années ’70 du siècle dernier jusqu’à nos jours). Le texte ci-dessous n’en est toutefois pas extrait, même s’il présente des événements qui y sont liés; il s’agit de la traduction d’un long texte mis en ligne dans les pages russe du site “Pemptousia”, sans date. Voici la dernière partie du texte.
… L’ennemi, mes frères, est par définition l’assassin de l’homme. Son travail est incessant et il recourt à tous les moyens afin de gêner et entraver notre salut. Ce n’est donc pas étonnant qu’il nous combatte car, suprême abomination, il osa combattre notre Seigneur Jésus Christ. Mais, par son exemple, notre Seigneur nous a enseigné le moyen de s’opposer au tentateur. Il nous combat à l’aide des passions, nous le combattons en demeurant attentifs à ses artifices maléfiques et par nos vertus. Il nous combat par la gloutonnerie et la luxure, nous luttons contre lui avec le jeûne, les veilles et la prière. Il nous combat avec l’amour du monde, et nous, avec le renoncement au monde et la vie hésychaste. Il nous combat avec l’avarice, nous répondons avec l’impassibilité et le détachement. Lui, avec la négligence, nous avec l’étude. Lui, avec la colère, nous avec la patience et la douceur. Lui avec le blasphème, nous avec la louange et la prière. Lui, avec l’orgueil, son arme première, la plus puissante, et nous, avec l’humilité, son plus terrible ennemi. Dès lors, quand il suscite en toi des pensées inconvenantes et hostiles, ou la négligence dans le travail spirituel, et toutes ces choses ennemies du salut de ton âme et de l’amour du Christ, et de l’espérance en Dieu, suite à tout ce qu’il t’arrive d’entendre ou de voir puisque tu vis dans le monde, dans ce cas, alors attaque-le en réplique à l’aide de la prière intérieure: «Seigneur Jésus Christ, aie pitié de moi», «Très Sainte Mère de Dieu, aide-moi».
En 1924, le nouveau calendrier est introduit en Grèce, et lors de la fête de l’Annonciation, le Père Jérôme célèbre au Metochion de l’Ascension, dans ce nouveau calendrier. Cela provoqua une tempête de protestations au monastère, et lorsque Geronda y revient, un groupe de moines lui interdisent l’accès à l’église pendant six mois. Mais il supporte tout cela avec calme, sans que ne soit ébranlée sa conviction que toute cette histoire était enflée artificiellement par ceux «qui étaient plongés dans la vaine gloire et s’obstinaient à édicter sans discrimination ce qui pouvait et ce ne pouvait pas être fait, considérant qu’ils avaient le droit de juger, et qui jugeaient…».
Geronda Jérôme, originaire du berceau des saints d’Asie Mineure, était un homme qui concentrait en lui maintes rares vertus et des facultés et dons uniques. Le monde, enfoncé dans le péché et assoiffé de recherche spirituelle trouva en lui un père. Il sut écouter et comprendre le monde, l’étreindre avec douceur, lui indiquer le chemin, lui montrer une issue, l’inspirer, lui donner espoir, lumière, amour et grâce divine. Le monde trouva en lui celui qui témoigna par ses sages paroles, ses actes bons sa paix intérieure secrète.