Edinoverie (Единоверие, prononcé à peu près, ‘yedinəverié’) est le nom de la communauté de Vieux-Croyants de Russie qui sont parvenus à un accord avec le Patriarcat de Moscou, et sous la juridiction duquel ils se sont placés, tout en conservant leurs particularités. On recourt parfois aussi au terme ‘coreligionnaires’ pour les nommer. L’expression ‘Vieux-Croyants Unis’ est la traduction reprise dans le «Dictionnaire russe-français des termes en usage dans l’Église Russe», de l’Institut des Études slaves. Taras Sidash, traducteur du grec ancien, écrivain, philosophe russe vivant à Saint-Pétersbourg, dont nous avons publié la traduction de quelques textes, fait partie de cette communauté de Vieux-Croyants Unis. En 2011, Taras Sidash a accordé un entretien au magazine russe ‘Valeurs Familiales’, au cours duquel il présente sa communauté, la manière dont les Vieux-Croyants comprennent le schisme, et son analyse, acide, des événements de l’histoire de l’Église. Voici la seconde partie de l’entretien, les deux premières parties se trouvent ici.
L’Hellénisme russe
Les Editions Oleg Abyshko publient votre livre consacré à Ivan Neronov. Pourquoi l’avoir intitulé «Hellénisme russe»?
Il ne s’agit pas d’un petit livre consacré à… C’est, pour la première fois dans l’histoire de Russie, l’édition sous forme de livre des œuvres du grand ascète et des documents concernant les jugements prononcés à son encontre. L’article que j’ai rédigé à propos de ce livre s’intitule «Hellénisme russe». Je
lui ai donné ce titre dans la mesure où j’y montre comment, à travers les œuvres de Saint Jean Chrysostome, les idées de la tradition philosophique hellénistique, surtout stoïque et cynique, atteignirent la Russie. Je montre comment ces idées prirent corps dans les discours et prises de position du bienheureux archiprêtre Ivan. Cette analyse rend possible un regard un peu différent sur cette époque de façon générale et une observation (comme on aurait déjà dû le faire depuis longtemps) du lien entre les traditions philosophiques russes et celles de l’Antiquité, qui s’est tissé à travers ce pan de la théologie byzantine, qui elle-même s’inscrit dans le courant de l’antique philosophie hellénistique.
Effectivement, dans la Rus’, on a eu du mal avec ce genre de choses: «Nous n’avons pas appris les finesses helléniques…» [Expression issue d’un texte manuscrit du XVe siècle. N.d.T.]
Souvent, c’est précisément cela qui induit les chercheurs en erreur. L’hellénisme russe s’est concrétisé dans la vie pratique, de sorte qu’en effet il n’y eut rien de comparable à l’engouement théorique et aux études de la Renaissance. Toutefois, la sphère du discours scientifique est loin de constituer la seule dimension susceptible de relier les époques entre elles. Le Cercle des Pieux Zélotes était composé de gens qui avait grandi dans les mêmes idéaux que les intellectuels chrétiens des premiers siècles du Christianisme impérial, de sorte que les mentions désapprobatrices «hellénique» et «sagesse mondaine»qui parsèment tous leurs écrits ne sont pas du tout «non-hellénistes» ; il s’agit d’un trait incontournable de l’hellénisme, trait qui se fixa dès le début des premiers cyniques. Curieusement, ce point de vue hellénistique se heurta, à travers les ‘savants de Kiev‘, à la vision du monde latine de la Renaissance dans le cadre de laquelle il fut souvent de bon ton d’exalter les Hellènes et en faire des modèles. Il se fit que ceux qui décrièrent les Hellènes furent plus hellénistes que ceux qui les exaltaient. Cet élément échappe régulièrement aux historiens évidemment peu informés des mouvements philosophiques de l’Antiquité et de la patristique à ses débuts, qui y est liée.
Qui considérez-vous comme vos prédécesseurs ?
Je suis un helléniste convaincu et non un byzantiniste. Cet empire bureaucratique me fut toujours profondément étranger. Les gens qui me sont les plus proches sont bien sûr ceux de l’ère de la patristique, ceux, une fois encore, dans la conscience desquels revit et se reflète l’Antiquité : Grégoire le Théologien, Jean Chrysostome, Synésios de Cyrène,… Pour ce qui concerne mes racines russes, je
ne ferai pas preuve d’originalité en pensant que les premier Vieux-Croyants Unis furent les croyants du vieux rite qui décidèrent de lutter contre la réforme, sans pour autant quitter l’Église. Des gens pareils, il y en eut toujours beaucoup. Dans la première génération, nous avons déjà mentionné le plus connu, Ivan Neronov (le moine Grégoire) et l’évêque Alexandre de Viatka. A une époque plus proche de nous, j’estime surtout l’ascèse du saint martyr André Oukhtomski, évêque vieux-croyant uni de Satka (Oufa). J’ai de l’estime pour la manière dont il confessa sa foi, tant face au pouvoir athée que devant l’épiscopat siliconé du Patriarche Serge. J’accepte pleinement son républicanisme, tant politique qu’ecclésiologique.
Le Vieux Rite.
Qu’est-ce qui est si beau dans le vieux rite?
Tout d’abord son naturel. Ensuite vraisemblablement sa conformation, c’est-à-dire des proportions parfaitement réglées dans la corrélation des différentes parties. Il est difficile de le qualifier de gracieux, du fait de l’inadéquation de toutes les traductions slavonnes prosaïques de l’original grec poétique. Et de même, la lourde poétique rhétorique byzantine ne me captive pas toujours. De toutes façons, le plus intéressant dans le rite ancien, ce n’est pas sa dimension grecque, mais ce que le fondement grec a fait naître chez nous. Cela concerne le genre mélodique, le rite, la littérature. Le pratiquant de l’ancien rite s’investit en permanence dans les différents niveau de profondeur et d’intensité de ces «réminiscences», car il s’agit de son propre rite et il lui est cher. Manifestement, il n’existe pas pour lui de chemin direct vers le spirituel, c’est-à-dire ce qui d’un côté se situe au-delà des frontières nationales et culturelles, et d’un autre côté s’avère être à leur source.
Les serviteurs du culte «pratiquent» effectivement le rite, mais les laïcs demeurent plantés comme des colonnes pendant tout l’office…
C’est la même chose dans le nouveau rite. Pour tout Vieux-Croyant, l’office divin est littéralement une liturgie, c’est-à-dire une démarche commune. Les laïcs se répartissent dans les chœurs et y contribuent à l’office.Si l’on s’en tient à la tradition liturgique laïque (celle des Pomores), on n’a besoin du prêtre que dans des cas exceptionnels; ce sont les laïcs eux-mêmes qui peuvent et doivent accomplir l’écrasante majorité des offices.
Et il est possible de communier sans prêtre ?
Si les Saints Dons ont été présanctifiés, pourquoi pas? La communion des laïcs sans prêtre était un lieu commun dans l’Église antique, de même dans le monachisme oriental et dans la Rus’ du Moyen-Age. Dans le Grand Potrebnik (Euchologion), il y a même un rituel de la communion avec l’eau de la Théophanie. Le fait que rares sont aujourd’hui ceux qui y recourent, c’est une autre question à laquelle s’ajoute le fait que rares sont ceux qui le savent.
Traduit du Russe
Edinoverie (Единоверие, prononcé à peu près, ‘yedinəverié’) est le nom de la communauté de Vieux-Croyants de Russie qui sont parvenus à un accord avec le Patriarcat de Moscou, et sous la juridiction duquel ils se sont placés, tout en conservant leurs particularités. On recourt parfois aussi au terme ‘coreligionnaires’ pour les nommer. L’expression ‘Vieux-Croyants Unis’ est la traduction reprise dans le «Dictionnaire russe-français des termes en usage dans l’Église Russe», de l’Institut des Études slaves. Taras Sidash, traducteur du grec ancien, écrivain, philosophe russe vivant à Saint-Pétersbourg, dont nous avons publié la traduction de quelques textes, fait partie de cette communauté de Vieux-Croyants Unis. En 2011, Taras Sidash a accordé un entretien au magazine russe ‘Valeurs Familiales’, au cours duquel il présente sa communauté, la manière dont les Vieux-Croyants comprennent le schisme, et son analyse, acide, des événements de l’histoire de l’Église. Voici la seconde partie de l’entretien, la première partie se trouve
Jean, ce n’est pas un sentiment, ce n’est pas quelque chose d’humain, ce n’est pas quelque chose qui pourrait être ou ne pas être. C’est une exigence (un ‘commandement nouveau‘), un acte et un mode d’action, visible et reconnaissable par tous en tant que signe et bannière d’une autre connaissance du monde, de l’homme et de Dieu. Concrètement? Au temps des événements décrits par Jean, naquit la communauté apostolique. Ensuite, toutes les autres ont mis en place les formes au sein desquelles elles souhaitaient pouvoir accomplir ce ‘commandement nouveau‘. Bien entendu, depuis lors, des fonctionnaires ont fait leur apparition dans l’Église aussi. A travers leurs rapports sur «l’état d’avancement de l’incarnation des béatitudes évangéliques dans la vie», ils ont éloigné infiniment la plus grande partie de l’Église de la compréhension de l’Évangile et de la nécessité d’agir. Toutefois, la conscience de l’Église du Grand et Saint Jeudi, la conscience apostolique, cette conscience que le Sauveur Lui-même appela à la vie, ne cessa jamais d’exister; elle ne mourut pas.
lors, s’ils le veulent, qu’ils s’occupent de liturgie et de prêche, mais alors qu’ils ne se mêlent pas de gestion ou de jugement et d’arbitrage. Et s’ils le veulent, qu’ils gèrent et qu’ils dirigent, mais qu’ils ne prêchent pas en enseignant et en servant l’office. Ceci relève de l’Évangile et du bon sens. Qu’est-ce que le Seigneur a dit à ses apôtres d’emmener avec eux pour aller annoncer la parole : leur compte en banque, une protection contre les bandits? Je le répète, que ceux qui ne sont pas capables de prêcher comme les apôtres ne prêchent pas. Et il y a encore autre chose. Enseigner autrement que comme les apôtres, c’est un grand péché, pour lequel Dieu punit l’Église et le peuple, même jusqu’à la mort. Tout l’idéalisme prophétique de nos Panurges portant le rason ne suscite qu’une indifférence profonde. Mais eux, de leur côté, sont indifférents à tous, sauf bien entendu aux rangs de ceux qu’ils oppressent. Voilà une face de la pièce. Pour ce qui est de l’autre face, en quoi les évêques seraient-ils pires que des pères-noël municipaux? Il faut permettre à toutes les fleurs de fleurir. Les Anglais entretiennent leur reine, et ses gaillards. C’est bien ainsi. Pourquoi de notre côté n’entretiendrions-nous pas un patriarche? Pour vivre dignement, il faut vivre généreusement. La communauté est incomparablement plus ancienne que l’Église, pas seulement au nombre des années, mais dans son sens. Ainsi, l’épiscopat et beaucoup d’autres «choses ecclésiastiques» ne sont qu’une sorte d’ornement face à la moindre et la plus misérable communauté, pour autant que celle-ci vive selon la parole du Seigneur. Tous ceux qui ne considèrent pas (ou qui ne sont pas obligés de considérer) qu’il s’agit là d’une icône, sont autorisés à en profiter tel qu’il est. Pour ma part, disons que je vois non sans satisfaction un épiscopat bien tempéré. Il ne faut pas augmenter, mais plutôt diminuer le nombre des évêques ; mieux vaut qu’ils soient moins nombreux et meilleurs. Chacun bénéficiera d’un avion de service et dînera chez Lucullus, afin d’assurer le standing ; qu’ils s’achètent donc de luxueux palais, ceux que les excursions peuvent visiter, et qu’ils n’aillent pas se réfugier dans les baraques diocésaines à l’intérieur d’auberge soviétique. Ce sont les princes de l’Église. Et non sa tête. Seulement sa face, son poing, sa bedaine. C’est une affaire d’honneur, que d’engraisser les bons vieux princes de l’Église pur jus.
Cela revient au même que de demander à un soldat: comment se fait-il que vous, un Russe, ayez prêté serment? Y avait-il un risque de vous voir servir un autre État l’arme à la main? Vos parents vous ont-ils mal élevés? Et le soldat répondrait: non, mais voilà, sans serment, on ne me donnerait pas de fusil, et je ne pourrais pas combattre. Vous lui diriez alors: non, en fait cela signifie que tu pensais que c’était nécessaire parce que tu étais convaincu qu’à la maison, on ne t’avait pas élevé normalement… Il m’apparaît que certaines tautologies rituelles sont admissibles et ont un sens. Le baptême par la triple immersion est une exigence de l’Église chrétienne pour tout qui souhaite y entrer. On admet qu’au cours du temps, il soit estropié d’une façon ou d’une autre. Et si la possibilité existe de rectifier la situation, il faut la rectifier. Ou, disons-le plus gentiment, il n’y a aucune raison de se priver du plaisir de la rectifier. Le malheur consiste en ce que nos contemporains ignorants n’ont en général pas la moindre notion de la rigueur requise de tout temps, dans tout le monde orthodoxe en matière de rite baptismal. Ils ne savent pas que notre actuel libéralisme n’est pas une forme de spirituelle hauteur, mais la conséquence du pragmatisme du pouvoir impérial, qui commença par accueillir dans l’Orthodoxie des hérétiques occidentaux sans les baptiser, et ensuite adopta certaines formes de rite occidental. Tous ceux que n’excuse pas cette ignorance éveillent en moi une profonde incompréhension soit dans la mesure où ils pervertissent consciemment et sans y être forcés une tradition remontant à Jésus, soit dans la mesure où ils ne veulent pas réparer une erreur qui n’a pas été commise de leur faute. (A suivre)



Lorsqu’ils arrivèrent, ils le trouvèrent assis et pleurant. Terrifiés face à cette résurrection, ils lui demandèrent : «Mais comment as-tu pu revenir à la vie? As-tu vu ou entendu quelque chose?» Ne répondant à aucune question, il répétait sans cesse : «Sauvez-vos âmes!» Les frères l’implorèrent : «Raconte-nous, afin que cela nous soit utile à nous aussi!» Il leur dit alors : «Si je vous le dit, vous ne me croirez pas et vous ne m’écouterez pas». Ils lui promirent alors tout ce qu’il voulait. «Respecterez-vous ce que je vais vous dire?» Les frères répondirent «Nous observerons tout ce que tu nous diras». Athanasios dit alors «Obéissez à votre higoumène, vivez en permanence dans le repentir et, en respectant notre typikon, priez Notre Seigneur Jésus Christ, Sa Très Sainte Mère et nos Saints Pères, Antoine et Théodose, afin qu’il vous soit donné de finir votre vie ici et d’être inhumé dans les grottes près de nos Saints Pères Antoine et Théodose. Voilà les trois choses les plus importantes pour vous. Observez-les scrupuleusement et ne vous en vantez pas. Et maintenant, ne m’interrogez plus, et pardonnez-moi».
De nombreux miracles eurent lieu devant ses reliques. Depuis des années, un des moines souffrait beaucoup des jambes. Les frères l’emmenèrent auprès des reliques de Saint Athanase, et lorsque le moine les vénéra, les serrant contre lui, il fut instantanément guéri et plus jamais il ne souffrit. Son nom était Babylas. Après sa guérison, il expliqua : «J’étais allongé et gémissais sur mon lit de souffrance. Et soudain, ce bienheureux arriva et me dit «Viens à moi, je te guérirai». J’ai voulu lui demander comment et quand je devais aller à lui, mais il avait disparu. Je vous ai donc demandé de me conduire auprès de ses reliques».


Le futur saint naquit dans une famille de paysans pauvres, dans le Gouvernorat de Perm, un 16 mai selon le nouveau calendrier, en l’an 1800, d’autres disent en 1841. Les parents, Fiodor et Ekaterina Kachine, appelèrent leur fils Fiodor. La tradition dit que la sage-femme prédit au nouveau-né un destin de prêtre d’importance, le voyant coiffé du klobouk monastique. Et effectivement, dès son enfance, Fiodia aima la prière. Tout jeune encore, il s’enfonçait dans la solitude au cœur de la forêt, et, agenouillé sur une grande pierre, il priait Dieu. Il entendit une voix lui dire «La pierre sur laquelle tu pries s’appelle Paradis». Un autre événement indique que l’enfant était élu par Dieu. Un jour, du coin d’icônes s’envola une colombe qui vint se poser sur sa main. Après, elle s’éleva, décrivit un cercle autour de lui et alla se placer derrière les icônes.
Le Père Théodose lava les pieds et nourrit ceux qui étaient venus l’arrêter, un jour de mars 1927, deux semaines avant Pâques. Il fut emmené à Novorossiisk et mis en prison. Bientôt Liouba y fut envoyée aussi. Les autres novices, dont Tavifa et Natalia déménagèrent à ‘Minvody’ où elles acquirent une petite maison. C’est là que le starets Théodose les retrouva lorsqu’il sortit de prison, en 1932. Et c’est là qu’il demeura jusqu’à la fin de ses jours, recevant tous ceux qui venaient à lui. Il donnait la Communion, confessait, conseillait, et à certains, il conférait la tonsure monastique. Les visiteurs amenaient des présents, mais le saint homme ne les acceptait pas toujours : «Est-ce vers Dieu que tu es venu?» leur demandait-il.
Durant la guerre, Saint Théodose sauva des enfants ; il s’agit d’événements connus. Un jour il accourut au jardin d’enfants et attirant les enfants à lui par ses facéties, ils les emmena soudain de force. Quelques instants plus tard, une bombe pulvérisait la petite école. Une autre fois, un train stationnait sur les voies. Le saint homme se mit à le pousser en priant «Seigneur bénis!». Une patrouille s’approcha. Les soldats demandèrent : «Mais que fais-tu grand-père?» «Ce que le Bon Dieu qui m’a ordonné!» Le Père Théodose s’en alla, et quelques instants après, une bombe tomba sur les voies là où se trouvait auparavant le train. Celui-ci transportait des obus. Si la bombe était tombée dessus, la ville entière aurait été transformée en un champ de ruines. Le starets prédit également à Antonina Porphyrievna l’approche de la grande famine. Et à ceux dont certains des membres de leur famille étaient partis à la guerre, il leur disait s’ils étaient encore vivants ou non.
Il mourut à l’été 1948. On l’enterra sans musique, car on savait que le ‘grand-père’ n’aimait pas cela. De sa tombe irradiait une lumière telle qu’il était quasiment impossible de prendre des photos. Quand il s’est agi de transporter le cercueil jusqu’au cimetière situé aux confins de la ville, quatre jeunes gens se présentèrent. Ils étaient beaux et portaient de longs cheveux jusqu’aux épaules et portaient chacun une chemise blanche à longs pans, des pantalons noirs et des sabots légers. Ils portèrent le cercueil, sans changement, sans être relayés, jusqu’au cimetière. Quand on convia les participants au repas commémoratif, les quatre jeunes gens avaient disparu.