Le texte ci-dessous est la traduction du livre consacré par la Laure de la Trinité Saint Serge, et plus particulièrement, la Skite de Gethsémani-Tchernigov qui lui est rattachée, au Saint Starets Barnabé de la Skite de Gethsémani : «Преподобный Варнава, старец Гефсиманского скита. Житие, письма, духовные поучения».(Saint Barnabé, Starets de la Skite de Gethsémani. Vie, lettres, enseignements spirituels). Cet ouvrage a fait l’objet de maintes éditions et rééditions.
Le Saint Starets Barnabé (1831 – 1906) fut le père spirituel non-seulement de celui qui allait devenir Saint Seraphim de Vyritsa, mais aussi d’une foule immense de fidèles qui venaient de très loin recevoir ses conseils spirituels, et parmi lesquels on compte des membres de la famille du Tsar. Le Saint Tsar Martyr Nicolas II lui-même se confessa auprès du Saint Starets Barnabé.
Le livre se divise en trois parties. Nous nous attachons, pour commencer, à l’histoire de sa vie.

La splendeur du monastère
Parmi toutes les églises du monastère, la principale, construite en 1877 et consacrée en l’honneur de l’icône de la Très Sainte Mère de Dieu des Ibères, se distinguait par sa beauté particulière. Elle comptait deux chapelles latérales, celle de droite, dédicacée à Saint Basile le Grand et à Sainte Ksénia et celle de gauche, à Saint Nicolas le Thaumaturge et à Saint Serge de Radonège. Dans le maître-autel, un ornement liturgique couleur bronze se trouvait dans une vitrine en verre, élégamment travaillé, doré au feu et décoré d’émaux de différentes couleurs avec des icônes mates en relief; offrande du négociant moscovite F.A.Ovtchinnikov. L’iconostase était en bois, sculptée dans le style byzantin. Dans ce même style, on trouvait des kiots dorés et sculptés protégeant les icônes des saints. Des fresques couvraient toute l’église, sur un fond doré ciselé. Toutes les icônes furent peintes dans un esprit orthodoxe strict, très habilement, par les maîtres de l’école de Palekh de Safonov. Sur les têtes des saints brillaient des couronnes dorées ; offrande du négociant moscovite P.F.Mikliaev. Parmi les objets sacrés de l’église principale, il convient de mentionner une petite tombe contenant des parcelles du Saint Sépulcre et de la Croix du Seigneur, avec les reliques de saints dont le nombre atteignait la centaine. Comme il est dit dans la brochure, elles «arrivèrent au monastère en qualité d’offrandes de divers vénérables amoureux de Dieu». Dans la sacristie monastique, trois Évangéliaires étaient conservés dans des cadres ornés d’argent, des croix d’autel, des calices et des diskos. Par leur élégance et leur beauté, la finesse de leur exécution deux tabernacles offerts par N.A. Jourav et I.D.Bokastov, retiennent l’attention, de même qu’un linceul portant une représentation de la Toute Sainte Mère de Dieu reposant dans un cercueil, brodée sur un velours d’or. Les vêtements de la Très Sainte Mère de Dieu étaient tous brodés d’or. Autour de l’icône de la Très Sainte Mère de Dieu était brodé un tropaire en onciales. Tout le travail de broderie et de décoration du linceul fut réalisé par les sœurs du monastère, brodeuses d’or par obédience.
Le monastère avait également sa bibliothèque. Comme ce monastère était d’origine récente, on n’y trouvait pas de précieux manuscrits ni de livres anciens, mais bien de nombreux ouvrages publiés par diverses association d’études ainsi que par des érudits, presque tout ce qui était publié à cette époque.
Sous l’église principale, une crypte de dimensions relativement importantes avait été aménagée. En 1891, grâce à la générosité des bienfaiteurs, elle fut transformée en une église à trois autels. En 1892, le 12 juillet, avec la bénédiction de Son Éminence Vladimir, Évêque de Nijni-Novgorod et d’Arzamas, son maître-autel fut consacré en l’honneur de la Synaxe des Puissances Incorporelles.
L’autel de la chapelle latérale droite fut consacré le 13 juillet en l’honneur de l’Apôtre Pierre et de la martyre Agrippine ; la chapelle latérale de gauche fut dédicacée le 14 juillet en l’honneur de saint Gérasime du Jourdain et de Sainte Anastasia la Romaine.
L’église principale fut construite grâce aux fonds et à la générosité de plusieurs bienfaiteurs : le marchand de Sergiev Posad V.T.Rybakov, le négociant de Saint-Pétersbourg G.F.Choustrov, les marchands de la ville de Bogorodsk I.S.Koulaev et G.D.Koupriyanov, ainsi que quelques autres donateurs.
Parmi ceux qui vénéraient le Starets-fondateur du monastère, certains offrirent en cadeau une parcelle des reliques du Saint Apôtre Barnabé, le protecteur céleste de Batiouchka. Le 20 juin 1901, le prêtre Georges Raevski écrivit dans une lettre au hiéromoine Barnabé que les reliques du Saint Apôtre Barnabé, dans un reliquaire cruciforme en argent, reçues de Maria Sergeevna Kocheleva, veuve d’un aristocrate, avaient été transférées au monastère pour femmes de Vyksa, «où les sœurs, qui bénéficient de votre bienveillance, se rappelleront ainsi plus aisément de prier pour vous, digne porteur de votre saint nom, devant votre protecteur céleste, le Saint Apôtre Barnabé.»
Alors que l’église cathédrale était terminée, une nouvelle église domestique fut construite dans l’hospice, dans le style russe, de 1884 à 1887, dédicacée à la Dormition. Avant la construction de cette église, une partie du terrain était occupée par le cimetière du monastère, et plusieurs tombes demeurèrent à l’ombre de l’église.
Et près de ses portes sud, sous une dalle de marbre, reposaient les reliques de la mère du Père Barnabé, la moniale Daria. Peu avant sa mort, la conversation qui suit eut lieu entre eux.
– Matouchka, quel monument dois-je ériger à ta mémoire quand le Seigneur t’appellera à Lui?
L’humble et timide vieille femme répondit :
– Mon nourricier, mon doux enfant, pourquoi te préoccupes-tu de moi? Quand je mourrai, jetez-moi seulement quelque part, cela m’est égal. Et voici ce que je vais te demander. Mes journées touchent à leur fin, et j’ai pleinement vécu les infirmités de la vieillesse, donc je comprends à quel point la vie des autres moniales âgées est difficile et le genre de soins dont elles ont besoin. J’ai toujours été laissée en paix et soignée avec amour, suite à leur gratitude envers toi, tu es mon nourricier. Et tu devrais voir à quel point c’est dur pour les autres moniales dont personne ne s’occupe. Un monument pour moi, c’est bien, mais alors, construisez un hospice pour les vieilles moniales et une infirmerie pour les malades.
Pareil saint désir de sa mère mourante fit loi pour son fils aimant.
– D’accord, Matouchka, bénis-moi et prie pour moi. Avec l’aide de Dieu j’espère réaliser ton souhait. J’espère en la miséricorde de la Reine des Cieux, Elle m’aidera non seulement à apaiser les anciennes et les malades, mais aussi à construire pour l’infirmerie une église domestique dédicacée à Son nom lumineux. Et là, protégées par l’église de Dieu, reposeront tes reliques. (A suivre)
Traduit du russe.
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