L’original du texte ci-dessous a été écrit par l’Higoumène Arsène (Galdavadzé), fils spirituel du récemment défunt Archimandrite et Starets Lazare (Abachidzé), qui était également, comme le montrent les icônes ci-dessous, un iconographe formidable. Le texte original en russe a été publié sur le site Pravoslavie.ru le 04 septembre 2018, sous le titre: «Un intrépide défenseur de l’Orthodoxie et de la morale traditionnelle». Le texte «Les startsy s’en vont les uns après les autres. A la mémoire de l’Archimandrite Lazare» a été traduit du russe en publié en septembre 2018 ici.
Notre guide et Père Spirituel de bienheureuse mémoire, l’Archimandrite Lazare (Dans le monde Mikhaïl Petrovitch Abachidzé-Desimon), naquit le 23 juillet 1959 dans un des plus beau coin de Géorgie, l’Abkhazie, dans la ville de Garga. Read more
Le Saint Tsar Nicolas II a tenu un journal depuis sa jeunesse jusqu'à la veille de son assassinat. Il s'agit d'un rapport très factuel et toujours bref des événements du jour, sans commentaire ni digression, sans considérations spirituelles, philosophiques ou politique, mais émaillé tout de même d'une série «d'états d'âmes». Ceux-ci sont particulièrement présents dans les extraits ci-dessous car ils couvrent la veille, le lendemain et le jour-même du mariage du Saint Tsar avec la Sainte Tsarine Alexandra. Une semaine auparavant, le 7 novembre, avait eu lieu l'inhumation d'Alexandre III, père de Nicolas II, décédé le 20 octobre à la résidence impériale de Livadia en Crimée, à l'âge de 49 ans. Les dates sont celles du calendrier julien. A la traduction du 'journal' est ajoutée, à titre de contrepoint, la traduction de l'extrait d'une lettre du Saint Tsar Nicolas II à son frère le Grand Duc Georges1 .
13 Novembre. Dimanche. Pour moi, jour de repos – ni rapport à étudier, ni personne à recevoir. A 11 heures, je suis allé à la Liturgie, pour la première fois, dans notre douce petite église. Quelle tristesse, quelle peine de me tenir en cet ancien lieu, sachant qu’une place y demeurera vide à jamais. Les mots ne sont pas à même d’exprimer comme cela est dur et pénible pour ma chère Maman! Nous avons déjeuné comme toujours; moi, seul dans le cabinet de travail de Papa, les autres, à la salle à manger. Nous nous sommes baladés dans le parc et avons fait une promenade avec les vélos; le soleil s’est montré et le temps a refroidi. J’ai vu ma douce Alix lors du thé; je l’ai raccompagnée et nous nous sommes séparés vers 8 heures. Nous ne pouvons plus nous voir! Jusqu’au mariage. Il me semble que ce mariage est celui de quelqu’un d’autre. Il est étrange de penser à mes noces en pareilles circonstances! J’ai dîné et passé la soirée calmement, auprès de Maman.
14 novembre. Lundi. Jour de mon mariage! Après avoir pris le café avec les autres, je suis allé me changer; j’ai revêtu l’uniforme des Hussards. A 11.30 h, je suis allé avec Micha2 au Palais d’Hiver. Tout le long de la perspective Nevski, les soldats montaient la garde pour le passage de Maman en compagnie d’Alix. Pendant qu’elle terminait sa toilette dans la Salle Malachite, nous attendîmes tous dans la Chambre Arabe. Dix minutes plus tard, les premiers entraient dans la grande église, dont je sortis en tant qu’homme marié! Mes témoins étaient Micha, Georgie, Cyrille et Serge. Dans la Salle Malachite, on nous amena un énorme cygne d’argent, cadeau de la famille. Lorsqu’elle fût prête, Alix prit place à mes côtés sur le char harnaché à la russe et mené par un postillon et nous avançâmes en direction de la Cathédrale de Kazan. Il fallut fendre la foule dans les rues; c’était à peine si on pouvait avancer! Quand nous somme arrivés au Palais Anitchkov, nous reçûmes les honneurs du Régiment des Uhlans de la Garde Impériale de l’Impératrice. Maman nous attendait dans nos chambres avec l’offrande de pain et de sel. Nous avons passé la soirée assis à répondre aux télégrammes et nous avons dîné vers 8h. On est allé se bâcher tôt, elle souffrait d’une très forte migraine.
15 novembre. Mardi. Ainsi donc, je suis un homme marié! Personne, heureusement, ne nous a dérangés pendant la journée, passée à répondre tranquillement aux télégrammes! Après le café, Maman nous a rendu visite. L’aménagement des nouvelles chambres lui plaît. Ce que nous préférons, c’est de nous installer dans le coin. Nous avons déjeuné à une heure. Youri également (Il est officier de garde). Nous sommes allés à la forteresse3 , prier sur la tombe de mon cher et inoubliable Papa; le peuple y était présent en masse! J’ai fait du vélo dans les jardins. A 5h, la famille est arrivée chez nous, chargée de cadeaux pour mon Alix et ils sont restés pour le thé. Avec Ernie4 , nous avons dîné à trois. Ensuite je l’ai raccompagné, ainsi qu’Irène et Henri, à la gare. Ils partirent à 8h45. Le soir, nous nous assîmes à l’étage pour lire, jusqu’à 11 h, le courrier arrivé de l’étranger.
Lettre de l’Empereur Nicolas II à son frère puiné, le Grand Duc Georges Alexandrovitch :
Alexandre III
«Le jour de la noce fut un martyr affreux tant pour elle que pour moi. La pensée que notre cher, inoubliable et bien-aimé Papa n’était pas parmi nous, et que toi, tu étais seul et loin de la famille, ne m’a pas quitté de toute la cérémonie. J’ai dû faire appel à toutes mes forces pour ne pas éclater en sanglots devant tout le monde dans l’église. Maintenant, j’ai retrouvé un peu de calme. Une vie complètement nouvelle a commencé pour moi… Je ne puis suffisamment rendre grâce à Dieu pour le trésor qu’il m’a envoyé en la personne de mon épouse. Je connais un bonheur sans mesure avec Alix et je sens que nous vivrons dans ce bonheur partagé jusqu’à la fin de notre vie.»
Le texte ci-dessous est composé de la traduction de deux originaux russes. La première partie est la traduction d’un Paterikon de la Laure des Grottes de Kiev, dont les pages 280, 281 et 282 sont consacrées à Saint Spyridon. Il s’agit de «Жития и подвиги святых Киево-Печерской Лавры», publié par les Éditions du Monastère Sainte Élisabeth de Minsk en 2003 (l’édition utilisée est celle de 2011). La seconde partie est la traduction d’un texte publié sur le réseau social VK du groupe ‘Rus’ Pravoslavnaya’ le 18 août 2018, et intitulé «Miracle à la Laure des Grottes de Kiev». L’unique obédience de Saint Spyridon étant de préparer les prosphores pour la communauté, il était qualifié en russe de «prosfornik», rendu ici par le néologisme ‘prosphoriste’. Il est commémoré le 31 octobre/13 novembre).
Toute âme remplie de la grâce de Dieu, simple et au cœur pur, étrangère au mal et à la flatterie, encline à parfaire la pureté et la simplicité, est telle la demeure de Dieu Lui-Même. Ainsi, le Saint Apôtre dit: «Dieu a choisi ce qui est fou dans le monde pour confondre les sages; Dieu a choisi ce qui est faible dans le monde pour confondre les forts» (1Cor.1,27). Notre Saint Père Spyridon faisait partie du nombre de ces élus de Dieu. Read more
Le long texte «En mémoire du Dernier Tsar» fut publié en 1943 à Kharbine, dans le magazine «Pain céleste» ("Хлебе Небесном"). Il constitua par la suite un chapitre, aux pages 264-302, du livre Чудо русской истории. (Le Miracle de l'Histoire russe), écrit par l'Archimandrite Konstantin (Zaïtsev) (1887-1975) qui en 1949 rejoignit la communauté de Jordanville où il enseigna au Séminaire. Il dirigea les revues ««Православная Русь» (La Rus' Orthodoxe), «Православная жизнь» (La Vie Orthodoxe), «The Orthodox Life» , et Православный путь» (La Voie Orthodoxe). Il exerça une activité pastorale d'envergure et participa amplement à la contribution majeure de l’Église Russe hors Frontières en matière de théologie, d'histoire de la Russie et d'histoire de la culture russe. A notre connaissance, ce long texte de grande valeur, parfois ardu, n'a pas été traduit et publié en français à ce jour. Il est proposé ici en entier, mais fractionné. Voici la treizième et dernière partie de ce long article. Les précédentes se trouvent ici.
Oui, voici un an, nous les Russes, espérions célébrer aujourd’hui le Triomphe de l’Orthodoxie avec eux, non pas comme l’antique Rus’ portant le joug, mais comme une Rus’ Orthodoxe libre et unie. Et nos souhaits ne s’arrêtaient pas seulement là. On avait déjà dessiné la croix qu’il allait falloir élever en haut de la coupole de Sainte Sophie à Constantinople. On était proche de l’accomplissement de la promesse faite par le Tsar de Moscou, Alexis Mikhaïlovitch, au nom de sa postérité et de tout le peuple russe, au Patriarcat d’Orient, la promesse de libérer les peuples orthodoxes du joug des infidèles mahométans et de rendre aux Chrétiens toutes les anciennes églises transformées en mosquées musulmanes. Read more
Le 29 octobre 1888 eut lieu l’accident de train de Borki dont fut victime la famille impériale, qui, par la grâce de Dieu en sortit indemne alors que les wagons furent fracassés et que l’accident causa plusieurs dizaines de victimes.
La première partie du texte ci-dessous est la traduction du chapitre 23 du tome premier du livre Le Père Jean de Kronstadt (Отец Иоанн Кронштадский), paru à Belgrade en 1938, et dû à la plume de Iakov Valerianovitch Iliachevitch, conseiller d’État russe dès 1909, membre de l’émigration russe et fils spirituel de Saint Jean, qu’il côtoya pendant plus de dix huit ans. L’auteur choisit le pseudonyme d’I.K. Soursky (И.К.Сурский) pour la rédaction de son ouvrage en deux tomes (le second a été publié à Paris en 1941), reconnu encore aujourd’hui, tant par l’Église que par les historiens, comme une des sources les plus fiables et précises au sujet de la vie et des œuvres de Saint Jean de Kronstadt. La seconde partie du présent article est la traduction du texte écrit le 8 novembre 1894 par Saint Jean lui-même, à l’occasion du décès de l’Empereur Alexandre III.
Alexandre III
Le Père Jean était vénéré non seulement par les évêques, les prêtres et le peuple russe, mais le Souverain, le Tsar Pacificateur et Gardien de la Paix, l’Empereur Alexandre III, vénérait profondément le Père Jean, à qui il dit un jour: «Je sais qui vous êtes et ce que vous êtes».
Alors qu’il souffrait de la maladie qui le conduisait à la mort, l’Empereur Alexandre III fit venir le Père Jean auprès de lui. Pendant l’entretien, Saint Jean posa les mains sur la tête du Tsar qui allait mourir et l’Empereur lui dit alors: «Quand vous tenez vos mains sur ma tête, je ressens un grand apaisement, et quand vous les enlevez, je souffre beaucoup, ne les retirez plus». Le Père Jean dit au Tsar que cela était dû au fait qu’il venait de célébrer le Mystère de l’Eucharistie. Et le Père Jean garda ses mains bénies sur la tête du Tsar mourant jusqu’à ce que ce que celui-ci ait rendu son âme de juste à Dieu. Read more
L’original russe du texte ci-dessous est paru le 15 juin 2010 sur le site «ruskline.ru», sous le titre: «Nous avons été témoins de la création d’une nouvelle fête», rédigé par l’Archiprêtre Père Guennadi (Belovolov), au sujet des jours de l’année où l’on commémore le Saint et Juste Jean de Kronstadt. L’auteur a déjà été présenté à plusieurs reprises sur ce blog.
Hier, notre Église toute entière célébra une fête nouvelle: un jour où est commémoré notre Saint et Juste Père Jean de Kronstadt. Bien que les fidèles aient toujours marqué ce jour d’une pierre blanche du souvenir, l’an dernier il fut décidé de le fêter officiellement à Kronstadt, mais c’est cette année seulement qu’il fut intégré au calendrier. Célébré seulement dans les paroisses dédiées à Saint Jean de Kronstadt, le Monastère Saint Jean, le Podvorié de Leouchino, et à Kronstadt même, ce jour est devenu maintenant l’objet d’une célébration sur tout le territoire de la Russie, un jour commémoré par l’Église russe toute entière. Je pense qu’hier, dans de nombreuses églises liées au nom de Saint Jean de Kronstadt, et dans celles où est vénérée la mémoire du bon Batiouchka, une Liturgie fut célébrée. De cette façon, hier, nous sommes devenus témoins d’une nouvelle fête du calendrier ecclésiastique. Read more