Les trois traductions proposées depuis le 24 avril sur ce site à propos du Saint Archimandrite Sophrony l’Athonite n’ont pas tant pour objet d’exposer sa vie ou ses enseignements que de tenter de faire percevoir la sainteté qui émanait de lui, la vie en Dieu dont il était un splendide luminaire. Ses œuvres et celles de ses enfants spirituels sont accessibles en maintes langues, entre autres sur le site de la librairie du monastère qu’il a fondé en Angleterre, le Monastère Saint Jean le Précurseur, dans l’Essex. La qualité du service d’expédition est exceptionnelle.

Le texte ci-dessous est la première partie d’un article publié en 2022 sur le site Pravoslavie.ru et dans lequel le Métropolite Athanassios de Limassol, en abordant des sujets spirituels, partage ses souvenirs de sa rencontre avec le Saint Starets Sophrony (Sakharov) .
Comment enseigner la simplicité ?
Bonne question, mais la réponse est difficile à mettre en pratique. Ce n’est pas que ce soit difficile, mais malheureusement, nous sommes des gens compliqués, surtout les plus jeunes. La complexité est un tourment, être un homme compliqué est un tourment. La complexité est le résultat à la fois de l’environnement dans lequel nous avons grandi et de notre façon de penser.
Et aussi notre vie est loin de la grâce divine. Quelqu’un de simple, c’est une vraie douceur ! Il est rempli de grâce, on le voit, on se réjouit de lui, et la seule chose que l’on veut, c’est être avec lui. Un homme pareil est de bonne nature, libre, on se sent à l’aise et calme avec lui. Celui qui est compliqué est malheureux, épuisé, il se fatigue, et toi-même tu te lasses toujours de lui.
Comment acquérir de la simplicité? La façon la plus élémentaire est de vivre à côté de gens ordinaires. Les gens ordinaires enseignent la simplicité. S’il y a de telles gens dans notre environnement, nos grands-mères, grands-pères ou d’autres personnes simples, vivons avec elles et observons comment elles pensent et se comportent. Essayons de suivre leur exemple, et apprenons ainsi à être simples.
Mais la simplicité s’acquiert aussi spirituellement. Par la purification des passions. Si nous évitons les passions et les péchés, que nous nous en repentons et que nous pleurons amèrement, alors ce pleur de notre part, le respect des saints commandements, le rejet de la connaissance pécheresse mondaine, le refus de penser de manière pécheresse et de devenir de mauvaises personnes, ainsi que la lecture et l’étude des Saintes Écritures et la vie des saints, nous aideront à acquérir une simplicité bénie. La simplicité bénie, ce don du Saint-Esprit, est donné à celui qui cultive la prière, vit dans les Saints Mystères et ne se pollue pas l’esprit avec des modes de pensée mondains.
Le Saint Starets Sophrony : un homme parfait en Christ
C’était en 1970. Avant la Nativité dans le calendrier julien. C’était l’hiver. Je lisais alors le livre de Saint Sophrony d’Essex : «Voir Dieu tel qu’Il est». Ce livre provenait de Geronda Dionysos, du Monastère de Dionysiou, un homme saint et spirituel, qui avait vécu aux côtés du Saint Starets Sophrony. J’avais pris ce livre chez lui et l’avais remis à notre Géronda Joseph, et nous le lisions ensemble. Quand nous eûmes fini de le lire jusqu’au bout, Géronda Joseph prononça ces paroles : «C’est un grand Saint!». Il était stupéfait par la profondeur des pensées théologiques, spirituelles (pas académiques!), et par l’incroyable expérience de Saint Sophrony. Profitant de cette situation « d’enthousiasme spirituel », je dis : «Géronda, n’irions-nous pas, ne demanderions nous-pas la bénédiction du Starets Sophrony tant qu’il vit encore?». Géronda Joseph répondit : «Mais comment irions-nous en Angleterre?! Tu penses, mon petit enfant, que c’est si simple que ça?». Je proposai alors : «Bénissez, etj’organiserai tout». Il accepta. J’étais alors plus jeune et plus vif qu’aujourd’hui, et j’organisai notre voyage en Angleterre. Accompagnant Géronda Joseph, plusieurs d’entre nous partîmes en Angleterre et par l’intermédiaire d’une de nos connaissance, une rencontre avec le Starets Sophrony fut convenue.
De l’aéroport, nous nous rendîmes directement au monastère. Nous arrivâmes le soir, vers onze heures. Il faisait un froid effroyable. Saint Sophrony nous attendait à l’entrée de l’enceinte du Monastère, près du portail. Il nous attendais avec quelques frères, dans ce froid glacial. A peine Géronda Joseph fut-il sorti du taxi que le Starets Sophrony se mit à faire des grandes métanies ; il bénissait et faisait des grandes métanies. Il s’inclinait aussi bas que ses forces le lui permettaient. C’était déjà un vieillard. Nous devenions mal à l’aise. Il nous étreignit, nous embrassa et dit : «Bienvenue en Angleterre! Allons prier à l’église!». Nous entrâmes à l’église et priâmes. Le Starets nous commémora de façon très touchante.
Nous sommes restés au monastère deux jours et deux nuits. Pendant tout ce temps, nous avons rencontré le Starets Sophrony et conversé avec lui. Il partagea ses souvenirs de la Sainte Montagne, de Saint Joseph l’Hésychaste, de Saint Silouane et de la concélébration avec lui de la Divine Liturgie. Nous abordâmes divers thèmes spirituels. Ce qui produisit sur nous la plus forte impression, c’était la présence même du Starets Sophrony. Il était un homme parfait en Christ. Géronda Joseph dit ceci de lui : «Si vous voulez voir un homme parfait, regardez ce starets. Si vous souhaitez apprendre comment l’Évangile change l’homme, observez-le : c’est réellement un homme parfait en Christ». Telle fut notre impression. Après cela, le Starets Sophrony nous bénit avec toute sa noblesse, spirituelle et humaine, il nous parla avec tout le sérieux et l’élévation, il nous accueillit avec toute humilité et amour. Nous aurons toujours l’image de sa Sainteté devant nous! (…)
Traduit du russe.
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