Geronda Ephrem, Cathigoumène de Vatopedi. Internet et Parole de Dieu

Geronda Ephrem, le Cathigoumène du Saint et Grand Monastère de Vatopedi, est intervenu au cours la session initiale de la Conférence «Medias électroniques et Pastorale Orthodoxe», tenue à Athènes en mai 2015. Geronda Ephrem a notamment souligné l’importance de pouvoir maintenant diffuser la Parole de Dieu au moyen de l’internet car il se peut que vienne le moment où ce sera devenu impossible. Voici le texte officiel de son intervention, traduit de la version russe publiée sur le site Pravmir.
Le développement rapide des technologies de l’information au cours des deux décennies écoulées a débouché sur des résultats inattendus, dont on n’aurait pu rêver pendant les années ’70 et ’80 du siècle dernier. L’internet, le courrier électronique, les ressources du web et les réseaux sociaux sont intégrés à  notre existence, à notre travail, à la science, à l’éducation, à l’art et aux loisirs. L’internet a rendu possible la réduction et même l’abolition de la distance. Ainsi, en quelques secondes, une nouveauté peut être transmise d’un bout à l’autre de la terre. Tous, nous avons pu le constater personnellement. Les conversations, parfois même accompagnées du contact visuel, se déroulent sans encombre, indépendamment de la distance. La seule condition est de disposer d’une connexion à l’internet. Et en réalité, l’usage de cet internet est simple au point qu’un petit enfant et une personne âgée peuvent s’en servir avec facilité. Read more

Geronda Joseph l’Hésychaste : la Loi de la Vie spirituelle

Le texte ci-dessous est traduit des pages 422 à 424 du livre «My Elder Joseph the Hesychast», de Geronda Ephrem de Philotheou et d’Arizona, publié par les Éditions du Monastère Saint Antoine, en Arizona. Il rappelle une loi spirituelle fondamentale et donne à comprendre que Geronda Joseph avait atteint le niveau spirituel propre aux saints de notre Église.
Nonobstant le fascinant don de narration dont jouissait Geronda, lorsqu’il essayait de parler de l’illumination divine, des états de grâce et des contemplations célestes, l’inadéquation du vocabulaire humain ne lui permettait pas d’exprimer ses expériences ineffables. Il aurait eu besoin d’un autre vocabulaire, un vocabulaire céleste, celui qu’on apprend dans l’autre monde seulement.
Malgré cela, Geronda s’efforça de nous enseigner beaucoup de choses. Il participait constamment à la lumière incréée, et il nous en parlait, mais ses paroles nous dépassaient, suite à notre immaturité spirituelle. Nous parvenons à percevoir la grâce seulement à la mesure de notre niveau spirituel. Souvent, à l’issue de ses vigiles, il sortit de sa kaliva et nous disait : «Aujourd’hui, il y a eu un entretien avec la Sainte Trinité!» Il soupirait alors et ajoutait en chantonnant d’un ton jovial «Mais maintenant, qu’est-ce qui m’attend!»
Papa-Ephrem de Katounakia l’interrogea un jour : «Geronda, que veux-tu dire?»
«Il est une loi dans la vie spirituelle, selon laquelle si tu vis soudainement l’expérience d’une effusion de grâce divine, alors que tu te trouves dans des conditions spirituelles normales, c’est-à-dire ni très élevées, ni très basses, cela signifie qu’une tentation arrive, dont l’intensité sera proportionnelle à la quantité de grâce reçue. Dieu ne distribue pas Ses loukoums gratuitement ; nous devons les payer chèrement. Et comme elle n’a pas été précédée par un combat spirituel, cette caresse divine ne constituait pas la récompense de mes efforts, mais l’annonce d’une tentation toute proche».
«Mais Geronda, tu as atteint la theosis. Comment peux-tu encore avoir à affronter des choses mauvaises?»
«Tu verras», répliqua Geronda.
Deux jours plus tard, Papa-Ephrem revint, pour célébrer la divine liturgie, et Geronda semblait être d’une humeur si belle, au point qu’il racontait des blagues. Mais intérieurement, il vivait un enfer. Le voyant tellement heureux, Papa-Ephrem lui demanda:
«Alors, qu’est-ce qui t’attendait? La joie et les bénédictions!»
Geronda Joseph lui dit:
«Viens ici!»
Il l’emmena à part afin que les autres ne l’entendent pas, et lui dit: «Maintenant je comprends la douleur que ressentent les âmes possédées par les démons. Je vois l’ennemi de nos âmes nous surveiller pour voir si ses flèches empoisonnées atteignent leurs cibles. Mais je ne vais pas donner à ce monstre cornu le plaisir de me voir dans l’affliction et les douleurs ».

Karpets. Ontologie de la Monarchie en Russie 3/3

karpec-00Vladimir Igorievitch Karpets, juriste, historien, publiciste, réalisateur, traducteur, poète, Orthodoxe du Vieux Rite (edinoverets) à la foi très robuste,  père d’une famille de quatre enfants, a écrit entre autres un ouvrage intitulé Социал-Монархизм (Le Social-Monarchisme), publié en 2014 et dont certains extraits ont été traduits et proposés sur ce site. Vladimir Igorevitch, homme juste et bon, emporté par une subite aggravation de la maladie qui l’accablait, s’en est allé auprès du Père,  le 27 janvier 2017. Le site Katehon.ru a publié le 13 janvier 2016 un chapitre de ce qui fut alors annoncé comme un nouveau livre  de V. Karpets, «La Monarchie Sociale», en russe, dont nous ne savons s’il sera finalement publié par les Éditions ‘Projet Académique’ (Академический проект). Voici la traduction française de la  troisième et dernière partie de ce chapitre.
Le Problème posé par la Restauration de la Monarchie
Je pars du point de vue selon lequel il ne peut être aujourd’hui question d’une restauration mécanique de tout ce qui exista jusqu’en 1917. Sur base de l’organisation d’État, nous devons extraire un modèle, une matrice contenant l’autocratie et la représentation du Zemski Sobor. Par représentation du Zemski Sobor, nous voulons signifier une représentation territoriale et professionnelle. La Rus’ Moscovite adopta une forme qui semble être idéale pour notre pays : le pouvoir illimité du Souverain, le pouvoir législatif confié à la Douma, qui serait l’Assemblée de tous les ‘Zemski Sobor’, plus une autonomie locale. Read more

Hiéromoine Arsène l’Athonite. La Prière 5 (La Maison de Dieu et le Signe de Croix)

ieromonah-arseniiLe hiéromoine russe Arsène (Minine) l’Athonite est l’auteur du texte ci-dessous et de ceux qui seront mis en ligne ultérieurement dans cette série. Les textes originaux en langue russe sont accessibles sur le site «Русский Афон». Il s’agit d’extraits d’un livre intitulé «Philocalie Athonite sur le Silence et la Prière» (Афонское Добротолюбие о безмолвии и молитве), publié en 2015 par les éditions du Saint Monastère Athonite Saint Panteleïmon, et que l’on peut lire en ligne ici. Les premiers extraits se trouvent ici).

La Maison de Dieu
L’observance d’une règle de prière personnelle, à la maison, ne dispense pas pour autant de la prière commune, celle qui se dit dans la maison de Dieu, car là, le fidèle reçoit une grâce particulière, là, est célébré le Sacrifice Non-sanglant pour la rémission des péchés du monde, là, s’unissent la prière de celui qui sert à l’autel et la prière de l’assemblée ; ensemble elles montent vers le trône de Dieu, comme l’encens de bonne odeur. S’il est dit que le Christ est présent là où deux ou trois se rassemblent en Son nom, que dire alors quand un grand nombre de croyants se rassemblent et s’unissent dans la prière ? Read more

Hiéromoine Arsène l’Athonite. La Prière 4 (La Prière Permanente)

ieromonah-arseniiLe hiéromoine russe Arsène (Minine) l’Athonite est l’auteur du texte ci-dessous et de ceux qui seront mis en ligne ultérieurement dans cette série. Les textes originaux en langue russe sont accessibles sur le site «Русский Афон». Il s’agit d’extraits d’un livre intitulé «Philocalie Athonite sur le Silence et la Prière» (Афонское Добротолюбие о безмолвии и молитве), publié en 2015 par les éditions du Saint Monastère Athonite Saint Panteleïmon, et que l’on peut lire en ligne ici. Les premiers extraits se trouvent ici.
Prier sans cesse, cela signifie, quelle que soit l’entreprise qui nous occupe ou l’activité de notre esprit, élever notre cœur et notre respiration vers Dieu, implorer Sa miséricorde, Son pardon, Son intervention. Quoique nous fassions, nous devons prononcer sans relâche le nom de Dieu, rendre grâce au Seigneur pour tout, pour les joies et les afflictions, car tout cela nous est envoyé pour notre bien. Alors, notre vie s’illumine et devient prière permanente. Read more

Karpets. Ontologie de la Monarchie en Russie 2/3

karpec-00Vladimir Igorievitch Karpets, juriste, historien, publiciste, réalisateur, traducteur, poète, Orthodoxe du Vieux Rite (edinoverets) à la foi très robuste,  père d’une famille de quatre enfants, a écrit entre autres un ouvrage intitulé Социал-Монархизм (Le Social-Monarchisme), publié en 2014 et dont certains extraits ont été traduits et proposés sur ce site. Vladimir Igorevitch, homme juste et bon, emporté par une subite aggravation de la maladie qui l’accablait, s’en est allé auprès du Père,  le 27 janvier 2017.  Le site Katehon.ru a publié le 13 janvier 2016 un chapitre de ce qui fut alors annoncé comme un nouveau livre  de V. Karpets, «La Monarchie Sociale», en russe, dont nous ne savons s’il sera finalement publié par les Éditions ‘Projet Académique’ (Академический проект). Voici la traduction française de la deuxième des trois parties de ce chapitre. La première partie se trouve ici.

Le Schisme et le sacrifice propitiatoire impérial

M. V. Skopine-Chouïski
M. V. Skopine-Chouïski

Peu de temps avant la tenue du Zemski Sobor, dans d’étranges circonstances, Mikhaïl Vassilievitch Skopine-Chouïski fut empoisonné. Il n’était pas seulement de la lignée de Riourik, il était aussi un héros national, libérateur du pays. Il s’agit là d’une page étrange et sombre de notre histoire. Il est très possible que si la dynastie des Skopine-Chouïski avait accédé au trône, le schisme n’eût pas existé. Ce n’est sans doute pas un hasard si le Souverain Nicolas Alexandrovitch écrivit cette note énigmatique dans son journal : «Une victime propitiatoire est sans doute nécessaire. Pourquoi pas moi?» Propitiatoire à l’égard de quoi, peut-on se demander… Je pense que la culpabilité remonte précisément au XVIIe siècle. Dans les années qui suivirent le schisme, le raskol, on élimina quasi deux fois plus de gens qu’au temps de la répression communiste. C’était l’époque de Sophie. Le camp des Solovki était prédestiné à se trouver à l’endroit du monastère où les moines moururent courageusement pendant les années du raskol. Les deux sont certainement liés. Ainsi, le Tsar Nicolas Alexandrovitch prit sur lui non seulement la culpabilité du peuple russe, coupable uniquement de ce qu’il ne l’a pas soutenu, mais aussi celle de la dynastie même, et de la hiérarchie ecclésiastique qui contribua à l’élimination de la meilleure partie du peuple russe. Ceci atteste d’autant plus en faveur de sa sainteté, et même d’une sainteté tout à fait particulière. Read more