Saint Agapit de la Laure des Grottes de Kiev

Saint Agapit l’humble guérisseur anargyre de la Laure des Grottes de Kiev est fêté ce jour, 1/14 juin. Il vécut au XIe siècle. Guérisseur, il le fut pour ses frères moines, pour les innombrables laïcs qui venaient faire appel à lui, pour Vladimir Monomaque, futur Grand Prince de Kiev. Il l’est encore aujourd’hui pour les fidèles qui se tournent vers lui ou qui vont vénérer ses reliques incorrompues. Puissent les prières de Saint Agapit guérir nos âmes et nos corps. L’office en son honneur n’a à ce jour pas été traduit en français. Voici ci-dessous une traduction «libre» du tropaire et du kondakion, à partir du slavon.

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Tropaire Ton 5

Imitant avec humilité Antoine le Théophore,
Pour remède prenant quelque plante comestible,
Tu guérissais les malades, O Saint Père Agapit.
Convainquant de la sorte un médecin incroyant,
Tu le menas sur la voie du salut.
Guéris nos maladies,
Et prie le Seigneur
pour ceux qui chantent tes louanges.

Kondakion Ton 6

Étant un médecin hors pair, O Thaumaturge,
Tu manifestas ta foi pure de tout doute.
Tu dénonças la fausse foi de l’Arménien,
Et amenas celui-ci à la piété,
Quand étant toi-même au seuil de la mort,
Tu imploras du Seigneur une prolongation de ta vie,
Tu le convainquis par ce miracle,
Et l’amenas au Christ.
Maintenant que tu te tiens devant Lui,
Prie pour nous, Saint Père.

Saint Agapit Reliques

Métropolite Hiérotheos: Les Documents du Saint et Grand Concile doivent être dogmatiquement purs.

IEROTHEOS_MHT_NAYPAKTOYAu début du mois de juin 2016 s’est tenue une assemblée du Saint Synode de l’Église de Grèce, préparatoire au Saint et Grand Concile qui a été annoncé. Le Métropolite Hiérotheos de Naupacte y a prononcé un discours dense, dont voici un court extrait.
Dans le cadre de notre communication courante, et de façon occasionnelle dans nos documents, il est possible que nous recourions à certains termes susceptibles de soulever quelque préoccupation. Il pourrait nous arriver, par exemple, d’écrire ou de parler d’une «Église Catholique Romaine» ou d’une «Église Protestante», etc. Mais lorsqu’il s’agit d’élaborer des documents dans lesquels nous confessons notre foi, documents qui perdureront en qualité de décisions du Saint et Grand Concile, nous devons faire preuve de prudence. Au cours de sa lutte théologique en faveur de l’hésychasme, Saint Grégoire Palamas a établi un principe Saint Grégoire Palamasfondamental :«ἕτερον ἐστιν ἡ ὑπέρ τῆς εὐσεβείας ἀντιλογία καί ἕτερον ἡ τῆς πίστεως ὁµολογία» («La controverse pieuse est une chose, la confession de foi en est une autre»). Cela signifie qu’en matière «d’ ἀντιλογία», de controverse, de dispute, on peut utiliser toutes sortes d’arguments, mais lorsque nous rédigeons des documents par lesquels nous confessons notre foi, notre verbe doit être concis et dogmatiquement précis, comme les Saints Pères dogmatisèrent «une grande sagesse en peu de mots». Ainsi, il faut que les documents qui sont devant nous et qui doivent être signés par notre Église, soient purs du point de vue dogmatique, et ne se singularisent pas par le manque de clarté et la confusion car autrement, ce ne seront pas des documents orthodoxes.
Source
Traduit du grec.

Regard orthodoxe sur l’Histoire de Russie et du Monde.2/3

МультатулиPravoslavie.ru a publié le 29 mars 2016 un long entretien avec Pëtr Multatuli, historien, directeur du département d’analyse et d’évaluation de l’Institut des Études Stratégiques de Russie (Российского института стратегических исследований), à propos du lien entre histoire et Providence divine. Le texte ci-dessous propose la traduction de la deuxième partie de l’entretien. La première se trouve ici.

En ce qui concerne ses relations avec la Russie, pourquoi l’occident n’apprend-il pas des erreurs du passé?
Nous devons préciser de quel Occident nous parlons. L’Occident de Charles Martel, des saints Denis et Rustique de Paris, de Sainte Geneviève, Jeanne d’Arc, Shakespeare, Molière, Racine, Schiller, Dürer, Bach, du Roi Louis XVI et de la Reine Marie-Antoinette tué par les Jacobins, et du grand Pasteur, c’est une chose, mais l’Occident des Templiers, de Cromwell, Robespierre, Marat, Bonaparte, Karl Marx, Nietzsche, Freud, Alister Crowley, Hitler et les actuels néocons de Brzezinski et de Norman Podgoretz, c’en est une autre. Aujourd’hui, quand on évoque l’Occident, c’est tout d’abord à ce deuxième Occident, celui de l’apostasie, que nous faisons référence. Mais ceci est correct, car cela fait au moins trois siècles que nous avons affaire précisément à lui. Toutefois, nous n’avons pas le droit d’oublier qu’il existe un autre Occident, un Occident chrétien, d’autant plus qu’il demeure en Occident de nombreux croyants qui n’admettent pas les accomplissements des nouveaux nazis libéraux en Europe. C’est justement en Europe qu’a démarré l’offensive des forces mondialistes antichrétiennes. Read more

Geronda Ephrem de Katounakia: L’œcuménisme est dominé par des esprits impurs.

TseleggidisLes saints gerondas de notre Église nous ont offert leurs enseignements, toujours au prix de leur vertigineuse ascèse. Il nous appartient, ainsi qu’aux hiérarques de l’Église, de les entendre et d’en tirer les conclusions. Le texte ci-dessous rapporte un témoignage de Geronda Ephrem de Katounakia auprès du Professeur de théologie Dimitrios Tselengidis, publié dans le numéro de Mars-Avril 2016 (page 42) de la revue «Περιοδικό Παρακαταθήκη». Ce texte est extrait du livre (en grec) «Le Grand et Saint Concile de l’Église Orthodoxe . Un  Concile en déficit de conciliarité et de conscience orthodoxe» Trikala, Mars 2016. Ce livre est lui-même la transcription de trois heures de conversation entre le directeur de la station de radio ecclésiastique du Pirée,  M. Lykourgos Markoudi et le professeur Dimitrios Tselengidis.
Dans ce qui suit, je vais évoquer ce qui constitue un témoignage personnel. Pendant plusieurs décennies, j’ai fréquenté Geronda Ephrem de Katounakia, dont l’ethos et la conscience sont ST Ephremrenommés. Ce qui est bien connu également, c’est qu’il possédait une «télévision spirituelle». Pour ma part, je suis allé le voir à de nombreuses reprises, habité par l’intention de lui poser certaines questions, dans un ordre précis, avec mon propre vocabulaire. Quand je me retrouvais face à lui, avant que je lui demande quoi que ce soit, il répondait aux questions que j’avais l’intention de lui poser, dans l’ordre que j’avais imaginé, en recourant à mon vocabulaire. Il s’agit donc d’une expérience personnelle, mais pas d’un phénomène unique ; bien d’autres en ont également fait l’expérience. Read more

Taras Sidash : Comment Prier pour le Monde?

Taras SidashTaras Sidash, naquit en 1972, il vit à Saint Saint-Pétersbourg. Diplômé de l’Institut de Philosophie et de Théologie de Saint-Pétersbourg, il est traducteur du grec ancien, écrivain, poète et philosophe. Une partie de ses écrits viennent récemment d’être publiés, en deux fascinants volumes de plus de mille pages chacun. Orthodoxe, il fait partie depuis 2009 des Vieux-Croyants Unis (единоверие) au sein de l’Église Orthodoxe Russe. Il a publié le texte ci-dessous sur sa page VK le 20 février 2015.
Jusqu’à ce que je fasse connaissance avec les pratiques des Vieux-Croyants, souvent je me demandais comment je pouvais prier pour le monde. Alors, habituellement, je m’imaginais un endroit retiré, un père spirituel sévère, une vie au recueillement intense… Mais comme je n’avais rien de tout cela, rien ne se passait (bien que je vivais alors dans un endroit relativement sauvage, et qu’il m’arrivait de rencontrer des gens très, très sévères), et je repoussais encore et encore la prière pour le monde entier.
Avec le temps, j’en vins à considérer ce projet comme une sorte de rêve romantique, dont la caractéristique inhérente est, comme on le sait, la fugacité. Et puis voilà, au cours des dernières années, j’ai intégré les pratiques qui furent jadis communes à nos ancêtres (donc, pas seulement les moines) et j’ai constaté avec stupéfaction que, sans même m’en rendre compte, j’avais commencé à réaliser cet idéal déjà à moitié oublié au milieu des choses de la vie. Read more

Regard orthodoxe sur l’Histoire de Russie et du Monde.1/3

МультатулиPravoslavie.ru a publié le 29 mars 2016 un long entretien avec Pëtr Multatuli, historien, directeur du département d’analyse et d’évaluation de l’Institut des Études Stratégiques de Russie (Российского института стратегических исследований), à propos du lien entre histoire et Providence divine. Le texte ci-dessous propose la traduction de la première partie de l’entretien.
Le savant italien Giambattista Vico formula une hypothèse intéressante : selon lui, l’histoire se meut dans un mouvement en spirale. Les événements historiques se répètent, mais chaque fois ils se répètent en s’étant approprié les éléments les plus utiles du cycle précédant. Pëtr Valentinovitch, les propos de ce savant sont-ils porteurs de graines de bon sens? Tout ce qui se passe aujourd’hui dans le monde, n’est-ce pas l’expérience du passé ?
L’hypothèse de Vico me paraît douteuse. En réalité, l’histoire n’est pas régie par les tsars, les rois, les empereurs, les présidents, les dictateurs ou les secrétaires généraux. L’histoire n’est ni un cercle ni une spirale, ni encore une quelconque autre figure géométrique. L’histoire est la Providence divine à l’œuvre dans chaque pays et chaque peuple. Read more