En 1881, Ivan Tourgueniev a écrit le texte ci-dessous, avec la collaboration de Guy de Maupassant, à l’occasion de l’avènement de l’Empereur Alexandre III. Celui-ci fut appelé en Russie le Царь-Миротворец, le ‘Tsar Pacificateur‘; son règne étant caractérisé par l’absence de guerre. Ce texte fut publié dans la Revue Politique et Littéraire le 26 mars 1881 et réimprimé dans le n°20 / 1997 des Cahiers Ivan Tourgueniev. Non seulement en Russie, mais dans l’Europe entière on attend anxieusement les premiers actes du nouveau souverain, pour tâcher de préjuger quelles seront par la suite son attitude, ses tendances, toute sa manière de gouverner.
On espère beaucoup. On craint beaucoup. On commente tout ce qu’on sait de sa vie et on en tire des conclusions; puis on se dit: «L’horrible mort de son père ne changera-t-elle pas absolument ses opinions acquises et connues dès maintenant?»
Nous allons essayer de tracer aussi judicieusement que possible le caractère vrai de ce prince, de pénétrer en lui, de voir son cœur, qui n’est point double ou rusé; et, de cette connaissance de l’homme, nous tâcherons de déduire la conduite qu’il tiendra sur le trône, à moins que des événements imprévus ne le forcent à suivre une route contraire à sa nature. Read more
Taras Sidash : Aphorismes sur la Résurrection du Christ.
Taras Sidash, naquit en 1972; il vit à Saint-Pétersbourg. Diplômé de l’Institut de Philosophie et de Théologie de Saint-Pétersbourg, il est traducteur du grec ancien, écrivain, poète et philosophe. Une partie de ses écrits viennent récemment d’être publiés, en deux fascinants volumes de plus de mille pages chacun. Orthodoxe, il fait partie depuis 2009 des Vieux-croyants (единоверие) au sein de l’Église Orthodoxe Russe. Il a publié le texte ci-dessous sur sa page VKontakte le 29 avril et 02 mai
La Descente aux enfers
La mort est la séparation de l’âme et du corps. Dans la mesure où les âmes humaines sont faibles et peu évoluées, n’ayant pas appris à vivre des formes désincarnées de vie, pour la plupart d’entre elles, la mort, apparemment, signifie un repos dépourvu de songes. Mais pour Dieu, la mort signifiait le passage à l’existence «normale» et c’est pourquoi Son activité ne fit qu’augmenter, après l’abandon du corps: la Descente aux Enfers, quoi que cela puisse signifier, fut exactement ce que vécut l’Homme-Dieu, pendant que Ses disciples voyaient un cadavre. Notons que la Descente aux Enfers, n’a rien à voir avec la problématique du corps. Autour de cette image, je construirais plutôt une théologie de la mort du Sauveur.
La Résurrection
La Résurrection du Christ est incomparablement plus qu’un fait historique. Si vous réduisez cela à une sorte de bagatelle selon laquelle voici deux mille ans, un défunt s’est levé du tombeau et, tout en bavardant avec une douzaine d’autres personnes, s’est volatilisé dans le ciel de Jérusalem, et si c’était bien le cas, alors cela ne me serait pas plus profitable que l’envol d’Élie sur un chariot de feu vers le sein d’Abraham. Si la Résurrection n’est pas un fait cosmique, s’accomplissant maintenant, en tout temps, et en chaque chose, s’il ne se déroule pas en moi de telle sorte que je puisse le ressentir et le comprendre, alors, «Christ est ressuscité!», c’est juste une anecdote, et merci, j’en suis au courant.
Traduit du russe.
Père J. Romanidès. L’Orthodoxie n’est pas une religion. 3
Le texte ci-dessous est un extrait du livre Orthodoxie et Hellénisme: Voyage vers le troisième Millénaire, publié par le Saint Monastère de Koutloumousiou, au Mont Athos. Ce texte du Père Jean Romanidès est intégré à un ensemble intitulé : La Maladie de la Religion et sa Guérison par l’Orthodoxie. L’approche théologique du Père Romanidès a inspiré de nombreux membres et serviteurs de l’Église, dont le Métropolite Hiérotheos de Naupacte, dont les écrits nourrissent les âmes de dizaines de milliers de fidèles de par le monde et particulièrement en Grèce. La traduction française des deux premières partie du texte se trouve ici.
La Religion est une maladie neuro-biologique. L’Orthodoxie en est le Traitement.
Les patriarches et les prophètes de l’Ancien Testament, les apôtres et les prophètes du Nouveau Testament, ainsi que leurs successeurs, connaissaient parfaitement la maladie de la religion, et le Médecin qui la guérit, le Seigneur (Yahvé) de Gloire. C’est Lui le médecin de nos âmes et de nos corps. Cette maladie, Il l’a guérie chez Ses amis et Ses fidèles, avant Son incarnation, et, Il continue, en tant que Dieu-Homme à la guérir. Read more
Père J. Romanidès. L’Orthodoxie n’est pas une religion. 2
Le texte ci-dessous parut sous le titre : La maladie de la religion et sa guérison par l’Orthodoxie. Il fut composé d’extraits du livre du Père J. Romanidès Théologie Patristique, lui même rédigé à partir de cours et conférences universitaires qu’il donna en 1983. L’approche théologique du Père Romanidès a inspiré de nombreux membres et serviteurs de l’Église, dont le Métropolite Hiérotheos de Naupacte, dont les écrits nourrissent les âmes de dizaines de milliers de fidèles de par le monde et particulièrement en Grèce. La première partie du texte se trouve ici.
La conception métaphysique de la religion.
L’Orthodoxie s’occupe avant tout de cette vie, ici. Les Pères insistent sur le fait qu’il «n’y a pas de repentir après la mort». Toutefois, les théologiens grecs modernes ont, à la suite de leur maître, Adamantios Koraes, une conception métaphysique du sujet, copiant la méthodologie des catholiques romains et des protestants en matière de religion. Quand ces gens sont partis étudier la théologie en Europe et en Russie, mais aussi en Amérique, après la guerre, le grand conflit avait commencé depuis des années entre les empiristes, d’une part, héritiers des Lumières de la révolution française, et les métaphysiciens d’autre part. La différence fondamentale entre empiristes et métaphysiciens consiste en ce que l’essence de l’approche empirique est l’observation, et celle de la métaphysique, la spéculation philosophique. Read more
Père J. Romanidès. L’Orthodoxie n’est pas une religion. 1
Puissant texte paru sous le titre : La maladie de la religion et sa guérison par l’Orthodoxie, rédigé par le P. Jean Romanidès, et précédé d’une introduction par le Père Georges Metallinos . Ce texte fut composé d’extraits du livre du P. Romanidès Théologie Patristique, lui même rédigé à partir de cours et conférences universitaires donnés en 1983.
«Dernièrement, certains se sont mis à écrire des articles concernant la relation entre Orthodoxie et religion. Il est un fait qu’après les premiers siècles du Christianisme, notre Foi a été qualifiée de religion. Mais dans quelle mesure est-elle une religion?
Plutarque assimile la religion au culte. L’Orthodoxie inclut certainement un culte, ais elle ne se réduit pas à une «communauté cultuelle». Elle est Église et Corps du Christ.
Nulle part dans le Nouveau Testament l’Église n’est qualifiée de religion, mais bien de «chemin» (Actes 9:2), un chemin et mode de vie conduisant à l’union avec le Christ, à la déification. La «voie» ultime est le Christ Lui-même (St Jean 14:62).
Le Christianisme (l’Orthodoxie) ne peut alors être qualifié de religion? Si, mais pas dans le sens dans lequel les diverses autres confessions, fussent-elles monothéistes, comprennent la religion.
Dès lors, plutôt que nous enfermer dans d’inacceptables disputes à propos d’un sujet inexistant du point de vue patristique, tournons-nous vers les enseignements pertinents d’un dogmaticien dont l’importance ne peut être mise en cause, le Père Jean Romanidis. Ce texte est reproduit en qualité de pieux tribut à sa mémoire.» (1 novembre 2001). Read more
Actualité du Byzantisme
Le site multilingue Katehon a proposé cet article dans ses pages en langue russe le 19 janvier 2016. La citation du début de l’article, extraite du livre Byzantisme et Monde slave («Византизм и Славянство») de K.N. Leontiev est reprise de l’excellent livre «Konstantin N. Leontiev. Écrits essentiels» publié par les Éditions L’Age d’Homme. Alors que les traducteurs de ce livre ont utilisé la traduction, normalement reçue, de Byzantinisme (que nous avons respectée) pour rendre le russe Византизм , nous préféré recourir à un néologisme, celui de Byzantisme, très peu usité , afin de nous distancier de toute connotation négative portée en Occident par l’adjectif «byzantin» duquel dérive la traduction courante «byzantinisme».
Qu’est-ce que le Byzantisme? Appartient-il au seul passé ou est-ce une préfiguration du futur? Et surtout, la Russie est-elle un pays dont le destin serait indéfectiblement lié au Byzantisme? Le grand penseur russe Konstantin Leontiev, dans son ouvrage «Byzantisme et Monde Slave», définit le Byzantisme de la façon suivante : Read more