La «Vie des Saints» (Жития святых ) a été rédigée au cours de la deuxième moitié du XVIIe siècle par Saint Dimitri, Métropolite de Rostov. L’ouvrage est réédité actuellement par les Éditions Kovtcheg à Moscou, en douze volumes (2010). On y trouve, accompagnant certaines vies de saints, des acathistes et prières. Aux pages 435 436 et 437 du volume consacré au mois de juillet, on lit, parmi d’autres prières au Saint Prophète Élie, une prière qui lui est adressée pour lui demander d’intercéder en cas de sécheresse. L’Ancien Testament indique qu’il ramena la pluie par la grâce de Dieu, après une période de trois ans de sécheresse.
Le texte ci-dessous est la traduction en français de cette prière. Les erreurs qui s’y trouveraient nous incombent entièrement. Que Dieu nous pardonne.
Ô grand et très glorieux prophète de Dieu Élie, par ton zèle et pour la gloire du Seigneur Dieu Tout-Puissant, tu ne supportas pas de voir l’idolâtrie et la méchanceté des fils d’Israël, et tu dénonças les infractions à la loi du roi Achab, et comme punition tu demandas au Seigneur trois ans de famines sur la Terre d’Israël, et tu renversas les hideuses idoles, afin qu’ils s’éloignent de l’iniquité et de l’injustice, et se tournent vers le Dieu unique et saint et accomplissent Ses saints commandements. Tu as nourri miraculeusement pendant la famine la veuve de Sarepta, et tu ressuscitas son fils par ta prière. Après la fin de la durée prophétisée de la famine, tu rassemblas le peuple d’Israël sur le mont Carmel, le réprimandant pour s’être détourné de Dieu et pour son déshonneur. Par ta prière, tu imploras du Ciel le feu sur ton offrande, et par ce miracle tu tournas Israël vers le Seigneur, infligeant la honte aux prophètes de Baal, les tuant. Par ta prière le ciel s’ouvrit, et une abondante pluie arrosa la terre à ta demande, réjouissant ainsi le Peuple d’Israël!
Vers Toi, divin prophète qui plut à Dieu, nous nous tournons de tout notre cœur, pécheurs et humbles, tourmentés par l’absence de pluie et par la chaleur : nous confessons que nous ne sommes pas dignes de la miséricorde et des bénédictions de Dieu, mais dignes des féroces réprimandes de Sa colère, de tout mal et de toute maladie.
Car nous ne marchons pas dans la crainte de Dieu et selon les voies de Ses commandements, mais dans les convoitises de nos cœurs pervers, et nous avons commis sans cesse toute forme de péché. Notre iniquité dépasse notre tête, et nous ne sommes pas dignes de nous présenter devant la face de Dieu, ni de contempler le ciel.
Nous confessons aussi que, comme Israël jadis, nous nous sommes détournés du Seigneur notre Dieu, et si nous ne croyons pas en Baal, alors c’est par nos iniquités, et si nous n’adorons pas Baal et les autres idoles hideuses, alors c’est par notre esclavage aux passions et par notre luxure, que nous servons l’idole de la gourmandise et de la sensualité, l’idole de la cupidité et de la vanité, l’idole de l’orgueil et de la fierté, et nous marchons contre Dieu par des habitudes étrangères et dans l’esprit pernicieux de notre époque.
Nous confessons que c’est à cause de cela que le ciel s’est fermé, et qu’il s’est fait brûlant comme le cuivre fondu, car notre cœur s’est fermé à la miséricorde et au véritable amour pour notre prochain. C’est à cause de cela que la terre s’est durcie et est dépourvue de fruits, car nous n’offrons pas à notre Seigneur les fruits de bonnes œuvres. Il n’y a ni pluie ni rosée, car il n’y a ni les larmes de tendresse ni la rosée vivifiante de la pensée de Dieu.
C’est pour cela que toute graine et toute herbe a perdu son énergie vitale; tout bon sentiment s’est fané en nous. Nos esprits sont enténébrés par des pensées froides, et nos cœurs sont souillés par des désirs sans retenue. Nous confessons aussi que nous te demandons, prophète de Dieu, de nous pardonner. Car tu étais un homme comme nous, mais tu es devenu pareil à un Ange par ta vie, et, comme incorporel, tu fus enlevé au ciel. Nous, par nos pensées honteuses et nos actes insensés, nous nous sommes fait pareils aux bêtes muettes, et notre âme est devenue charnelle.
Par le jeûne et les veilles, tu as étonné les Anges et les hommes, mais nous, qui nous abandonnons à l’intempérance et aux voluptés, nous nous faisons pareils aux bêtes privées de raison. Par ton zèle, tu as brûlé intérieurement de la gloire de Dieu, mais nous négligeons la gloire de notre Créateur et Seigneur, et nous avons honte de confesser Son Nom digne d’adoration.
Tu as éradiqué la méchanceté et les coutumes mauvaises, mais nous servons l’esprit de ce siècle, plaçant les usages contraires à Dieu plus haut que les commandements de Dieu et les fondements de la Sainte Église.
Et quel péché, quelle injustice n’avons-nous pas commis, nous les maudits? Par notre iniquité, nous avons épuisé la longanimité de Dieu. Et le Seigneur juste juge s’est mis en colère contre nous, et dans Sa colère, Il nous a punis.
Connaissant ta grande audace devant le Seigneur, et confiants en ton amour pour le genre humain, nous osons te prier, ô très glorieux prophète : Sois miséricordieux envers nous, indignes et inutiles. Prie le Dieu Riche-en-Dons et Tout-Miséricordieux, afin qu’Il ne soit pas en colère contre nous jusqu’à la fin, et qu’Il ne nous laisse pas nous perdre à cause de nos iniquités, mais qu’Il envoie paisiblement et en abondance la pluie sur la terre assoiffée et asséchée, et qu’Il lui accorde aussi la fécondité et la bénédiction de l’air.
Incline par ton intercession la miséricorde du Roi des Cieux, si pas pour nous, pécheurs et méchants, alors pour Ses serviteurs élus, qui n’ont pas incliné le genou devant le Baal de ce monde, et aussi, pour la joie des enfants doux et innocents, pour le bétail placide et les oiseaux du ciel, qui souffrent de nos iniquités et sont épuisés par la sécheresse, la chaleur et la soif.
Demande pour nous, par tes gracieuses prières au Seigneur, l’esprit de repentir et de tendresse sincère, l’esprit d’humilité et de tempérance, l’esprit d’amour et de patience, l’esprit de la crainte de Dieu et de la piété, afin que, ayant quitté les chemins de la méchanceté nous marchions sur le droit chemin de la vertu, avançant à la lumière des commandements de Dieu et obtenant les biens qui nous ont été promis, par la volonté généreuse de Dieu le Père, sans commencement, par Son Fils unique et Ami de l’homme, et par la grâce du Très-Saint-Esprit, maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
Traduit du russe.
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