Vladimir Karpets : La vie est une grande seconde.

karpec-00Vladimir Igorievitch Karpets s’en est allé auprès du Père le 27 janvier 2017, emporté par l’aggravation soudaine d’une maladie. La traduction de plusieurs de ses textes a été proposée sur ce site, ici. En guise d’hommage à Vladimir Igorievitch, Orthodoxe du Vieux Rite (edinoverie), le texte ci-dessous est composé d’extraits de plusieurs articles publiés dans la presse russe suite à son décès, et principalement de l’entretien accordé à la chaîne russe «Tsargrad TV» (qui n’a aucun lien avec le présent site, sinon celui du nom et de quelques idées partagées).

Avant de quitter Leningrad, Vladimir Igorievitch pratiqua à titre professionnel la cueillette des champignons, ensuite, il obtint son diplôme de droit à l’Université d’État de Moscou, enseigna le droit à l’École Supérieure d’Économie et à la Faculté de Sociologie de l’Université de l’État de Moscou. Il écrivit des romans, des poèmes, des scénarios de films qu’il réalisa ensuite, des ouvrages tels qu’une biographie de Fiodor Glinka, et aussi «La Rus’ Mérovéenne», «Windsors contre Riourikides», «Le Social-Monarchisme», «Lignée Impériale », et de nombreux travaux dans le domaine de la jurisprudence. Read more

Père Jean Romanides. Le ‘noûs’ .

Le livre «Patristic Theology : The University Lectures of Fr. John Romanides», publié par les éditions Uncut Mountain Press, est composé de la transcription de cours et conférences données par le Père Jean Romanidès à l’École de Théologie de l’Université de Thessalonique durant le premier semestre de 1983. L’extrait ci-dessous est le début du  premier chapitre de la première partie du livre, intitulée «Éléments d’anthropologie et de théologie orthodoxes».

La guérison de l’âme de l’homme est l’objet principal de l’Église Orthodoxe. L’Église s’est toujours concentrée sur la guérison du règne du cœur. Sur base de la tradition juive, et du Christ Lui-même, ainsi que de Ses apôtres, elle est parvenue à déterminer que dans l’espace du cœur biologique opère quelque chose que les Pères avaient nommé ‘noûs’. En d’autres termes, elle prit le ‘noûs’ traditionnel, qui généralement signifiait ‘intellect’ et ‘raison’, et y a introduit une forme de différentiation. Elle appela ‘noûs’ l’énergie mentale qui opère à l’intérieur du cœur de l’homme spirituellement sain. Nous ne savons pas exactement quand cette différentiation fut introduite dans la mesure où certains Pères recourent au terme ‘noûs’ pour désigner la logique, mais aussi lorsqu’ils font référence à l’énergie mentale qui descend et fonctionne à l’intérieur de l’espace du cœur. Read more

P. Georges Florovsky. Saint Jean Chrysostome, Prophète de la Charité.

Le site Pravmir  (Monde Orthodoxe) a publié le 26 novembre 2012, dans ses pages anglaises, le texte ci-dessous, paru en anglais pour la première fois en 1955, et rédigé par le grand théologien russe, le Protopresbytre Georges Florovsky (Odessa 1893 – Princeton 1979). Ce texte s’inspire abondamment de la seconde partie  (‘Chrysostome comme maître enseignant‘) du chapitre consacré à Saint Jean Chrysostome dans l’ouvrage du Père Florovsky :  “ВОСТОЧНЫЕ ОТЦЫ IV ВЕКА“, “Les Pères d’Orient du IVe siècle” (premier livre d’une série de trois, élaborée elle-même à partir du cours de Patrologie donné à l’Institut Saint Serge à Paris par le Père Florovsky dans les années ’30 du siècle dernier).

Chrysostome était un prédicateur puissant. Il aimait prêcher et considérait que la prédication était un devoir pour le ministre du culte chrétien. Prêtrise signifie autorité, mais il s’agit d’une autorité du verbe et de la conviction. Là est le signe distinctif du pouvoir chrétien. Les rois imposent, les pasteurs convainquent. Les pasteurs en appellent à la liberté humaine, à la volonté humaine et à la prise de décision. Comme Saint Jean Chrysostome le disait lui-même : «Nous devons accomplir le salut de l’homme par le verbe, la douceur et l’exhortation». Read more

Les Justes des Derniers Jours

Vladimir I. Scherbinine est l’auteur du livre «Le Coeur Brisé» (Сердце сокрушенно), un livre qu’il a dédié à la mémoire de son fils décédé. Cet ouvrage a été publié aux éditions du Monastère de la Sainte Rencontre à Moscou. Vladimir Scherbinine a créé en 1994 un atelier d’iconographie au  sein de ce monastère. Les iconographes qui y travaillent ont orné plus de dix-huit églises en Russie, Pologne, Serbie et Ukraine. La version russe du texte ci-dessous a été publiée sur le site Pravoslavie.ru le 10 décembre 2016.

On raconte que de nos jours, il ne peut  plus y avoir de justes, particulièrement dans les grandes mégalopoles imbibées de tentations, comme Moscou. Et au temps de ma jeunesse, on disait à ce propos : que pourrait-il donc pousser de bon sur la terre soviétique athée ? Mais des justes, il y en avait, de ce temps-là, et il en est encore, j’en suis convaincu. Read more

Métropolite Hiérotheos : Le Charisme du Pontificat

Le texte ci-dessous a été mis en ligne le 12 janvier 2017 sur le site russe “Pravoslavnyi Apologet”. La rédaction de ce site y a ajouté une longue introduction extrêmement intéressante, expliquant les raisons qui l’ont amenée à la traduction et la publication en 2017 du texte du Métropolite de Naupacte, qui fut publié en grec en 2015. Dans la version française, le terme grec  χ α ρ ι σ μ α, -α τ ο ς, «faveur, grâce accordée par Dieu», a été rendu autant que possible par ‘charisme’, mais parfois aussi, par ‘don lorsque cela semblait s’avérer plus opportun.

Introduction par la Rédaction de «Pravoslavnyi Apologet».
En publiant la traduction [du grec vers le russe. N.d.T.] de cet article du Métropolite Hiérotheos, nous poursuivons plusieurs objectifs. Le premier d’entre eux consiste en un rappel aux Chrétiens orthodoxes contemporains de la grandeur du service rendu par les évêques, de la grandeur correspondante de leur responsabilité devant Dieu, ainsi que de la grande grâce dont ils ont été jugés dignes. Ceci est important car de nos jours les murmures et les jugements à l’égard de l’épiscopat prennent de l’ampleur. Read more

Katekhon, mission de Constantinople, mission de la Russie.

Le texte ci-dessous, de Youliana Biezouglova été publié le 25 juin 2016 dans les pages russes du site Katehon.ru. Il s’agit d’un éclairage projeté sur le lien qui unit l’Empire Romain d’Orient, Constantinople-Nouvelle Rome, et la Russie, dans laquelle les éléments de l’histoire se conjuguent à la philosophie, la géopolitique et la spiritualité.

Parler de Byzance sans respect
Signifie signer à l’encre de l’ignorance.
A.S. Khomiakov

 

Écrire à propos de Byzance est chose malaisée. Voilà plus de cinq siècles que disparut de la carte du monde politique cet empire brillant et à la longévité la plus importante de toute l’histoire de l’humanité. Il semble qu’il fut dès l’origine impossible de débattre à son sujet sinon de façon objective, du moins sans que la passion ne s’en mêlât. Mais Byzance signifie souffrance, sang versé, et tant nous-mêmes, qui nous disons ses héritiers, que l’Occident, portons une lourde part de responsabilité dans sa chute. Read more