L’Apport de K. Leontiev dans la Création d’une Théorie de la Civilisation. 3/3

Le 15 avril 2015, le site Ruskaia Narodnaia Linia a publié un texte du Professeur Valentin YourievitchKAtasonovKatasonov sur la contribution de Konstantin N. Leontiev à la création d’une théorie russe de la civilisation. Voici la troisième et dernière partie de la traduction de ce texte. Les deux premières se trouvent ici.

La Russie et le Panslavisme.

Le Panslavisme est une idéologie qui s’est constituée dans les pays peuplés par les peuples slaves, et dans laquelle repose l’idée de la nécessité d’un rassemblement national, politique, des slaves, sur base de leur communauté ethnique, culturelle et linguistique. Il prit forme parmi les peuples slaves à la fin du XVIIIe et au cours de la première moitié du XIXe siècle. Le mouvement panslave recourt souvent à certains symboles, comme les couleurs du panslavisme (bleu, blanc et rouge) et l’hymne panslave. Le premier panslave fut Youri Krijanitch, un missionnaire catholique croate, qui en appela à l’unité des peuples slaves et tenta de créer une langue unique pour l’ensemble des peuples slaves. Il est connu pour avoir rédigé, alors qu’il se trouvait emprisonné à Tobolsk, un traité : «Politika», dans lequel il prédisait la libération de tous les peuples slaves du joug étranger et l’apparition d’un État slave unique. A l’époque de Leontiev, l’activité intellectuelle et politique en faveur du Panslavisme battait son plein. Certains idéologues du Panslavisme proposaient que les peuples slaves puissent former leur propre civilisation. Par tous les moyens, Konstantin Nikolaevitch mettait en évidence l’aspect utopique d’une «civilisation slave», et même sa dimension «aventurière». Elle était susceptible de porter un préjudice sérieux à la Russie. Read more

Les Béatitudes de Saint Païssios 2/2

Alors que Saint Païssios menait son ascèse dans la kalyva de la Précieuse-Croix, le 2 décembre 1972, il paisios (1)rédigea une longue missive à l’attention de la Gérondissa Philotée du Monastère Saint Jean le Théologien, qu’il avait fondé à Souroti, là où reposent aujourd’hui ses saintes reliques, auprès de celles de Saint Arsène de Cappadoce. Dans cette lettre, tel un joyau dans son écrin, se trouvent enchâssées vingt béatitudes. En voici la seconde partie. La première se trouve ici.

11. Bienheureux les parents qui n’utilisent jamais l’expression « ne fais pas » à l’adresse de leurs enfants, mais qui les retiennent de faire le mal par une vie sainte qu’imitent les enfants, suivant ainsi tout joyeux et avec courage spirituel le Christ.
12. Bienheureux les enfants qui sont nés saints dès «les entrailles maternelles» Mt 19, 12 et Lc 1, 15, mais plus encore ceux qui sont nés avec toutes les passions du monde en héritage, ont lutté contre elles dans la sueur, les ont déracinées, et ont hérité du Royaume de Dieu «à la sueur de leur front» Gn 3, 19. Read more

Les Béatitudes de Saint Païssios 1/2

Alors que Saint Païssios menait son ascèse dans la kalyva de la Précieuse-Croix, le 2 décembre 1972, il paisios (1)rédigea une longue missive à l’attention de la Gérondissa Philotée du Monastère Saint Jean le Théologien, qu’il avait fondé à Souroti, là où reposent aujourd’hui ses saintes reliques, auprès de celles de Saint Arsène de Cappadoce. Dans cette lettre, tel un joyau dans son écrin, se trouvent enchâssées vingt béatitudes.

1. Bienheureux ceux qui ont aimé le Christ plus que toute chose au monde et qui vivent loin du monde, près de Dieu dans la joie paradisiaque dès cette terre.
2. Bienheureux ceux qui ont réussi à vivre dans l’obscurité, et ont acquis de hautes vertus sans même acquérir le moindre renom.
3. Bienheureux ceux qui sont parvenus à faire le fou et ont préservé ainsi leur trésor spirituel.
4. Bienheureux ceux qui annoncent l’Évangile non par des mots, mais qui le vivent et l’annoncent par leur silence avec la Grâce de Dieu, laquelle seule le trahit. Read more

Signification de Saint Serge pour la Nation russe et l’Autorité de l’État.1/2

Vassili Ossipovitch Klioutchevski (1841-1911), est l’auteur de ce texte, ainsi que d’un magistral «Cours d’Histoire de la Russie».
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Lorsqu’on franchit, en compagnie d’une foule bigarrée de gens se signant pieusement, l’entrée de la Laure Saint Serge, parfois on pense : pourquoi n’y aurait-il pas dans ce monastère, un observateur particulier, comme dans les annales de la vieille ‘Rus, qui observerait d’un regard paisible et égal, et dont la main au mouvement régulier et sans passion inscrirait : «… en la terre russe». Et il ferait cela immuablement, d’année en année, de siècle en siècle, comme s’il s’agissait d’une seule et même personne ne mourant pas pendant des centaines d’années? Cet observateur immuable, et que la mort n’atteindrait pas, raconterait qui sont ceux qui sont entrés au cours de cinq cent ans, pour s’incliner devant le tombeau de Saint Serge, et avec quelles réflexions et quels sentiments ils s’en seraient retournées vers tous les horizons de la terre russe. Il nous dirait, entre autres, comment il se peut que demeure invariable la composition sociale de cette vague déferlant pendant cinq siècles vers le tombeau de Saint Serge. Du vivant de celui-ci, comme le racontent ceux de ses biographes qui lui furent contemporains, des multitudes vinrent à lui, de toutes les contrées et de toutes les villes. Et parmi ces foules, on comptait des moines, des princes, des dignitaires, des gens simples et des villageois. Et de nos jours, de gens de toutes les classes sociales viennent au tombeau du saint, avec leurs pensées, leurs prières et leurs espérances. Arrivent des hommes d’État, lors des moments de crises de la vie du peuple, des gens simples aussi, lors des moments tristes ou joyeux de leurs existences individuelles. Et cette affluence ne change pas, avec le cours des siècles, nonobstant les transformations profondes et répétées de l’organisation et des humeurs de la société russe ; les anciennes notions s’épuisent, de nouvelles émergent et les recouvrent. Mais les sentiments et les croyances qui attirent ici des gens de tous les coins de la terre russe continuent à sourdre jusqu’aujourd’hui, comme une source nouvelle, comme au XIVe siècle. S’il était possible de reproduire par écrit tout ce qui s’est uni à la mémoire du saint, tout ce qui pendant ces cinq cent années fut pensé et ressenti dans le silence devant son tombeau par des millions d’esprits et de cœurs, alors, cet écrit serait profondément imprégné de l’histoire politique et morale de la vie de notre nation. Read more

Signification de Saint Serge pour la Nation russe et l’Autorité de l’État.2/2

Deuxième partie du texte de Vladimir Klioutchevski dont vous pouvez trouver le début ici.sergij-radonezhskij_b-676x460

(…) Pour renverser le joug barbare, construire un État indépendant stable et introduire les étrangers dans l’enceinte de l’Église chrétienne, la société russe devait s’élever à un niveau lui permettant de faire face à un si grand défi. Elle devait relever et renforcer ses forces morales humiliées par un asservissement séculaire et par l’abattement. A cette troisième œuvre, celle de l’éducation morale de la nation, Saint Serge dédiera sa vie. Il s’agissait d’une mission intérieure devant servir à préparer et à garantir le succès d’une mission extérieure, entreprise par l’illuminateur de Perm. Saint Serge se mit à son ouvrage beaucoup plus tôt que Saint Étienne. Pour ce faire, il pu bien sûr recourir aux ressources de la discipline morale qui lui étaient accessibles et connues en ce siècle, mais parmi ces moyens, le plus puissant fut son exemple de vie, évident accomplissement des règles morales. Il commença par lui-même, s’isolant longuement en une vie de labeurs et de privations, au plus profond de l’épaisse forêt, se préparant à diriger d’autres ermites. L’hagiographe, lui-même membre de la fraternité, instruit par Saint Serge, dépeint cette éducation en des traits vivants, combien elle était progressive et empreinte d’amour d’autrui, de patience et de connaissance de l’âme humaine. Read more

Le Nom de l’Empire. Konstantinopolis 1/6

“La Ville est Tombée”, mais elle demeure en vie. Voilà le titre de la conférence donnée à Patras enIEROTHEOS_MHT_NAYPAKTOY 2002 par Son Éminence le Métropolite Hiérotheos de Naupacte, à propos de la chute de Constantinople. Voici le premier texte d’une série traduisant cette conférence.

Avant d’exposer mon propos, je souligne que le 29 Mai 1453 ne correspond pas à la chute de Byzance, mais à la chute de Constantinople, la Nouvelle Rome. Ceci revêt de l’importance, car, d’État Byzantin il n’y en eut pas. Cette dénomination naquit environ en 1562, de la plume de Jérôme Wolff. Il s’agissait d’un État Romain. Read more