Actualité du Byzantisme

palaiologos_dynasty_emblemLe site multilingue Katehon a proposé cet article dans ses pages en langue russe le 19 janvier 2016. La citation du début de l’article, extraite du livre Byzantisme et Monde slave («Византизм и Славянство») de K.N. Leontiev est reprise de l’excellent livre «Konstantin N. Leontiev. Écrits essentiels» publié par les Éditions L’Age d’Homme. Alors que les traducteurs de ce livre ont utilisé la traduction, normalement reçue, de Byzantinisme (que nous avons respectée) pour rendre le russe Византизм , nous préféré recourir à un néologisme, celui de Byzantisme, très peu usité , afin de nous distancier de toute connotation négative portée en Occident par l’adjectif «byzantin» duquel dérive la traduction courante «byzantinisme».

Qu’est-ce que le Byzantisme? Appartient-il au seul passé ou est-ce une préfiguration du futur? Et surtout, la Russie est-elle un pays dont le destin serait indéfectiblement lié au Byzantisme? Le grand penseur russe Konstantin Leontiev, dans son ouvrage «Byzantisme et Monde Slave», définit le Byzantisme de la façon suivante : Lire la Suite

Sommes-nous Ennemis des Grecs ? (2/2)

Ce texte de Konstantin N. Leontiev fut publié pour la première fois en 1878 dans le n°9 du magazine 4421-1-bigPétersbourgeois «Le Monde Russe» («Русский мир»). Il a ensuite été intégré dans le recueil d’articles paru sous le titre «L’Orient, la Russie et le Monde Slave» à Moscou en 1885-1886, et réédité en langue russe pour la dernière fois en 1996. Jusqu’à présent, il n’avait pas fait l’objet d’une traduction en Français, du moins à notre connaissance. En voici la deuxième partie. La première est ici.

Entre le soulèvement crétois et l’affaire d’Herzégovine se produisit une chose, très grave aux yeux du public russe, ainsi que triste et importante pour les Grecs : la rupture entre Grecs et Bulgares.
Le schisme bulgare a séparé les Bulgares de l’Église Œcuménique, les plaçant en Thrace et en Macédoine immédiatement sous la direction de leur exarque, de leurs évêques choisis directement par le peuple, et offrant aux dirigeants de la nation bulgare la possibilité de tenter pour la première fois de détacher «des Grecs», pourrait-on dire, toute la population bulgare, jusqu’au dernier des villages macédoniens. L’hellénisation des Bulgares jusqu’aux Balkans, et la Grande Idée des Grecs devinrent dès lors impossibles. Lire la Suite

Sommes-nous Ennemis des Grecs ? (1/2)

Ce texte de Konstantin N. Leontiev fut publié pour la première fois en 1878 dans le n°9 du magazine 4421-1-bigPétersbourgeois «Le Monde Russe» («Русский мир»). Il a ensuite été intégré dans le recueil d’articles paru sous le titre «L’Orient, la Russie et le Monde Slave» à Moscou en 1885-1886, et réédité en langue russe pour la dernière fois en 1996. Jusqu’à présent, il n’avait pas fait l’objet d’une traduction en Français, du moins à notre connaissance. En voici la première partie
Voilà que dure maintenant depuis quasi deux années déjà le combat en Orient…
Toute les nations qui confessent la foi orthodoxe y ont été aspirées l’une après l’autre. Le soulèvement en toute apparence anodin de quelques villages d’Herzégovine fut l’étincelle jugée cette fois responsable du départ du gigantesque incendie qui s’est propagé des rives du Danube aux sources de l’Euphrate, du Nil aux Dardanelles. Bosniaques sans terre, Monténégrins pourchassés par les beys, Serbes, paisibles Bulgares soumis par les Turcs, et même Moldo-valaques, qui n’avaient plus pris les armes depuis des siècles, tous les uns après les autres se sont intégrés au mouvement devant, selon toute vraisemblance, mettre un terme à la domination musulmane de ce côté du Bosphore. Lire la Suite

Konstantin N. Leontiev. L’église et l’Église. 2/2

Ce texte de Konstantin Leontiev fut initialement publié dans le  numéro  10-12 du journal «Le4421-1-big Citoyen» («Гражданин»), à Saint-Pétersbourg en 1878. Il fut ensuite intégré à l’édition de «Byzantisme, Russie et Monde Slave» publié à Saint-Pétersbourg en 1885-1886. A notre connaissance, il n’avait à ce jour pas encore été traduit en français. Ceci constitue la seconde partie du texte original. La première partie se trouve ici.

Il me semble que tout un chacun doive comprendre que précisément au Bosphore s’avère nécessaire l’intervention d’une dextre puissante et d’un esprit impartial qui se place au-dessus des passions locales et étroitement patriotiques. L’influence russe ou le pouvoir russe exercé sur ce grand foyer crucial ne doit revêtir aucune couleur exclusive, ni slave du Sud, ni grecque. Le pouvoir russe ou l’influence russe doit dans ces pays adopter un caractère tout à fait œcuménique… Dans ce contexte, le Patriarcat de Tsargrad doit constituer  pour l’influence réconciliatrice de la Russie le point d’appui moral le plus puissant et le plus stable. Il n’est pas ici fait allusion aux personnes qui ont occupé ces derniers temps ce trône grand et significatif de par la nature des lieux, ni à la nationalité de ces personnes, ni à leur comportement, mais bien à la nature du trône lui-même. La question ne porte pas sur les évêques, sur les personnes vivant dans «la crainte séculaire des Agaréniens». Les personnes changent ; la question porte sur l’antique institution sous l’emprise de laquelle se plaça et grandit notre Rus’ Moscovite, encore bien vivante de nos jours. Lire la Suite

Konstantin N. Leontiev. L’église et l’Église. 1/2

Ce texte de Konstantin Leontiev fut initialement publié dans le  numéro  10-12 du journal «Le4421-1-big Citoyen» («Гражданин»), à Saint-Pétersbourg en 1878, sous le titre «Храм и Церковь». Il fut ensuite intégré à l’édition de «Byzantisme, Russie et Monde Slave» publié à Saint-Pétersbourg en 1885-1886. A notre connaissance, il n’avait à ce jour pas encore été traduit en français. Écrit à la fin de la dixième guerre russo-turque, il offre une remarquable perspective historique aux événements qui se déroulent actuellement au Sud-est de l’Europe et au Proche-Orient, et particulièrement aux rôles respectifs qu’y jouent la Russie, la Grèce, la Turquie et l’Union européenne. Le texte fut divisé en deux par son auteur. en voici la première partie.

 

Pour de nombreux Russes, il est désagréable de se défaire de leur conception favorite d’un monde glorieux enclos dans les murs d’enceinte de Tsargrad, même lorsque les conditions générales de la politique européenne nous poussent à un accord avec la Turquie. Et dans pareil cas, il est naturel de compter sur une combinaison quelconque qui placerait Constantinople et les deux détroits sous notre dépendance, fût-elle indirecte, mais néanmoins solide, par la force même des circonstances.
Comme toujours lors des grands événements historiques et chargés du sens du destin, les élans du cœur et des rêves d’un patriotisme animé correspondent, dans leurs tendances inconscientes, avec les calculs politiques les plus fiables, froids et perspicaces. Combien consolant serait-il de lire et d’écouter le récit de l’entrée victorieuse de nos détachements sous les airs de musique et les étendards déployés dans les rues bigarrées d’Istanbul, grandiose même dans sa saleté. Lire la Suite

Un Espace gris et uniforme dénommé «Europe unie».

Extrait du livre du Professeur de l’Université MGIMO, Valentin Katasonov  Une Conception KAtasonovorthodoxe de la Société. La Sociologie de Leontiev et l’historiosophie de Tikhomirov (Православное понимание общества), (pages 188 à 192) publié à Moscou en 2015 par les Éditions de l’Institut de la Civilisation Russe.

A la lumière (faut-il dire à la ténèbre ?) d’une part, des récentes décisions délétères imposées par les institutions de l’Union européenne à la Grèce, et d’autre part, du rôle de ces institutions dans le scénario ukrainien, les considérations émises par l’écrivain et diplomate russe Konstantin Leontiev voici plus d’un siècle prennent un relief surprenant. Lire la Suite