«... en 38 années de sacerdoce presbytéral et épiscopal, j'ai prononcé environ 1250 homélies, dont 750 furent mises par écrit et constituent douze épais volumes dactylographiés...» (Le Saint Archevêque Confesseur et chirurgien Luc de Crimée) 1
L’homélie ci-dessous, prononcée le 24 juin 1945, est intégrée dans le recueil intitulé «La Pâque du Seigneur» (Господня Пасха).
Une grande fête est arrivée, une fête d’une joie inhabituelle pour les Chrétiens : l’Esprit-Saint est descendu sur les Apôtres (voir Actes,2,1-11). Et pas seulement sur les Apôtres : l’Esprit-Saint est venu dans le monde afin d’accomplir la promesse de notre Seigneur Jésus Christ : Je ne vous laisserai point orphelins ; je vous enverrai l’Esprit-Saint, le Consolateur (J.14;18 & 15;26). Et Il a sanctifié la terre, et Il conduira tous les chrétiens sur le chemin du salut jusqu’à la fin des temps.
Le Saint-Esprit descendit de façon visible sur les Apôtres sous la forme de langues de feu. Cela ne s’est plus jamais produit. Cela s’est produit parce que, par l’intermédiaire des Apôtres, le saint Évangile devait être établi dans le monde entier. Ils furent ses premiers prédicateurs, les premiers à porter la lumière du Christ dans le monde. Et le Saint-Esprit façonna de Son feu leurs cœurs et leurs esprits, les sanctifia et les éclaira, leur rappela tout ce qu’ils avaient entendu du Seigneur Jésus-Christ, et leur donna la force de conduire le monde entier vers le Christ. Mais était-ce la fin de l’histoire? L’Esprit Saint ne descend-il pas maintenant sur tous ceux qui sont dignes de Le recevoir? Saint Seraphim de Sarov n’était-il pas rempli de Lui? Il brillait de tout son corps de la grâce du Saint-Esprit, qui descendit sur lui non pas sous la forme d’une langue de feu, mais de telle sorte qu’elle s’empara de toutes ses pensées, désirs, sentiments et aspirations, et le tint captif. Ainsi descendit l’Esprit-Saint sur de nombreux saints. Et à nous tous, chrétiens indignes d’aujourd’hui, la grâce de l’Esprit-Saint nous est donnée dans les sacrements du Baptême et de la Chrismation. Tout le monde l’a reçue, mais tout le monde ne l’a pas préservée. Beaucoup ont perdu ce trésor. Car tout comme la fumée chasse les abeilles, la puanteur du cœur humain chasse l’Esprit-Saint. L’Esprit-Saint ne vit que dans les cœurs des purs, ne donnant Ses dons saints qu’à eux, car Il est le Trésor des bonnes choses, le Trésor de toutes les vraies et plus grandes bénédictions que le cœur humain puisse posséder. Un cœur impur peut-il les recevoir? Un cœur pécheur, dépourvu de miséricorde et d’amour, peut-il recevoir la grâce de l’Esprit-Saint?
Comment pouvons-nous acquérir un cœur pur? Comment s’abstenir de péchés honteux? Comment pouvons-nous nous protéger des tentations des ennemis de notre salut? Nous devons sans relâche, tous les jours de notre vie, nous souvenir chaque heure que l’Esprit-Saint ne demeure pas dans un cœur impur. Il faut résister à la tentation. Et lorsque l’esprit impur, ennemi de notre salut, nous murmure des aspirations au bien-être terrestre, peint des images d’une vie glorieuse et prospère, éveille en nous l’orgueil, le désir d’honneur et de gloire, nous ne devons pas accepter cela dans nos cœurs. Lorsque de telles pensées surgissent, nous devons immédiatement comprendre que c’est une tentation, et commencer immédiatement à les chasser avec toute la force de notre esprit et de notre cœur, et ne pas regarder les images séduisantes que l’esprit impur nous dessine. Mais si nous ne faisons pas cela, si nous contemplons ces images de gloire et de prospérité terrestres, si nous y pensons davantage, alors malheur à nous, car la tentation prendra possession de nos cœurs.
Les grands héros de l’ascèse, capables d’observer les mouvements de leur cœur, disaient qu’un homme, s’abandonnant à la représentation d’images séduisantes, se connecte à elles : il lie son âme à elles, s’unit à elles. Les Saints Pères exigent que nous ayons peur de nous associer à des images impures. Si nous suivons cette instruction, alors nous éviterons la lourde et terrible affliction de l’abandon par l’Esprit-Saint. Nous ne devons ni admirer, ni nous réjouir des tentations du malin, ni nous y associer, mais nous nous armer contre elles de sainte colère. L’Apôtre Paul a des mots que nous devons tous fermement retenir : «Quand tu es en colère, ne pèche pas» (Éphésiens 4:26). Il y a une sainte colère dont le cœur de Jésus brûla lorsqu’Il chassa les marchands du temple avec un fouet (cf. Matthieu 21:12-13), lorsqu’Il dit à l’apôtre Pierre : «Passe derrière moi,…! (Matthieu 16:23). Le Seigneur ne put s’empêcher d’être en colère contre Pierre lorsqu’il essaya de le persuader de ne pas mourir sur la croix. Le cœur des chrétiens devrait être rempli d’une telle sainte colère lorsqu’ils sentent murmurer des paroles de résistance au chemin du Christ. Alors que le Seigneur nous sauve de la tiédeur! Et qu’Il nous donne la sainte colère pour chasser le tentateur.
Il faut consacrer toute sa vie au Seigneur Jésus-Christ. Avec toute la force de nos âmes, efforçons-nous de ne pas Le mettre en colère, d’aucune manière, et prions ardemment pour qu’Il nous aide, nous les faibles d’esprit. Et le Seigneur nous aidera. Et l’Esprit-Saint viendra dans notre cœur, le sanctifiera et nous donnera la force de suivre le chemin du salut. Que l’Esprit-Saint descende dans nos cœurs, qu’Il nous aide sur ce chemin difficile du salut, qu’Il nous console, ainsi que tous ceux qui pleurent. Amen.
Traduit du russe
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