Saint Luc de Crimée. Homélie pour la fête de la Nativité du Christ

«... en 38 années de sacerdoce presbytéral et épiscopal, j'ai prononcé environ 1250 homélies, dont 750 furent mises par écrit et constituent douze épais volumes dactylographiés...»
(Le Saint Archevêque Confesseur et chirurgien Luc de Crimée)
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Homélie prononcée par Saint Luc de Crimée, le jour de la fête de la Nativité du Christ en l’année 1957. Le texte original russe est la première homélie du Tome 2 des Homélies de Saint Luc de Crimée, publiées par l’Éparchie de Simféropol en 2004.

Je vois un Mystère étonnant qui dépasse l’entendement:une grotte est devenue le Ciel et la Vierge remplace le trône des Chérubins;la crèche est la demeure où repose celui que l’univers entier ne pouvait contenir, le Christ notre Dieu infini que nous chantons et magnifions (Irmos de la Nativité, neuvième ode)
En ce grand jour, la Sainte Église se souvient d’un grand événement profondément mystérieux et incompréhensible, devant lequel tous les autres événements de l’histoire du monde sont complètement insignifiants : la Nativité du Fils Coéternel de Dieu dans la chair humaine par la Toute Sainte Vierge Marie, pour le salut du genre humain tombé dans les péchés. La crèche dans laquelle ce profond mystère a eu lieu est devenue vraiment le ciel, car Dieu y est apparu. La petite crèche, à partir de laquelle les animaux se nourrissaient, abrita le Dieu de l’univers entier. Du prophète Isaïe, du Psalmiste David, dans les Livres des Rois, nous lisons que Dieu est assis sur les chérubins, comme sur Son trône, et maintenant nous voyons le Fils Coéternel de Dieu reposer sur une humble couchette et sur les bras de sa Très Pure Mère terrestre, Qui est maintenant en vérité nommée Trône des Chérubins.
Prosternons-nous devant la crèche de Bethléem, dans laquelle le Roi des cieux, en Son Image d’Homme-Dieu, s’est manifesté au Monde dans les conditions les plus misérables.
Insondable pour nous est cette immense humilité, insondable, ce mépris du Seigneur Jésus né maintenant, envers toute gloire de ce monde. Mais rappelez-vous les paroles de Dieu annoncées par le prophète Isaïe: «Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, – oracle de Yahweh. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies et mes pensées au-dessus de vos pensées» (Is.55, 8-9).
Et non pas à notre manière, mais à Sa manière, le Seigneur notre Dieu, Jésus-Christ, a souligné la grandeur de Sa Nativité dans la crèche de Bethléem.
Quel miracle, cette faculté propre à Dieu seulement, d’annoncer Sa naissance terrestre aux proches et à ceux qui étaient loin, au simple et à l’analphabète comme au sage et au savant. Les simples étaient proches de lui. C’est de leur milieu que plus tard, Il élit Ses Apôtres. Ils appartenaient au peuple qu’Il avait choisi, ils croyaient en le Vrai Dieu, ils comprenaient la langue des de la Sainte Écriture. A eux, Il envoya au milieu de la nuit profonde, Son ange, qui leur dit: «Ne craignez point, car je vous annonce une nouvelle qui sera pour tout le peuple une grande joie. Il vous est né aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur, qui est le Christ Seigneur. Et voici ce qui vous servira de signe : vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une crèche.»(Lc.2,10-12). Et soudain, le ciel s’ouvrit devant les yeux des bergers, et une foule d’anges apparut devant eux, confirmant ce qui venait de leur être annoncé par un chant céleste étonnant: «Gloire à Dieu au plus haut des cieux, paix sur la terre et aux hommes, bienveillance»(Lc.2,14).
Tout à fait différente, mais tout aussi miraculeuse, est la révélation par le Seigneur Dieu du grand secret de la descente sur la terre de Son fils Coéternel à d’autres gens, très éloignés, les mages de l’Orient, savants sages, gens nobles qui ne connaissaient pas encore Le vrai Dieu. Par l’apparition miraculeuse de l’étoile, il les convainquit de parcourir un long chemin et aller adorer le Fils de Dieu Qui venait de S’incarner, le Sauveur du monde.
Qui étaient ces mages de l’Orient? Des scientifiques très éminents du monde antique, des observateurs profonds et incessants du ciel étoilé, du mouvement et du courant des étoiles.
Les moyens dont disposait leur science étaient très primitifs. Ils n’avaient pas de télescopes et d’autres instruments optiques puissants dont disposent les astronomes actuels, mais ils connaissaient profondément les mathématiques, cette science très importante, car sans elle, il est impossible de comprendre le mouvement des étoiles et des planètes. Leur science, l’astrologie, est maintenant considérée comme une fausse science, car ils croyaient que, par le mouvement des étoiles et surtout par l’apparition de nouvelles étoiles, il était possible de reconnaître et de prédire les événements historiques, la naissance et le destin des grands hommes.
Il plut à Dieu d’attirer l’esprit et le cœur de ces anciens savants vers la Nativité de notre Seigneur Jésus-Christ, de la Deuxième Personne de la Sainte Trinité, qui prit chair à leur époque, le Sauveur du monde.
Comme je voudrais que de tout cela, des anciens savants, les mages, de la miraculeuse étoile qui les amena à Bethléem, se souviennent aussi les savants actuels, qui, pour la plupart, ont remplacé la foi en Dieu par la foi en la science; afin qu’ils se souviennent qu’il y a deux sphères d’existence: l’existence matérielle et l’existence spirituelle. La puissance de la science est extrêmement grande, pénétrant de plus en plus profondément dans les mystères de l’être matériel, et on ne voit pas la fin de ses grandes réalisations. Mais que les savants ne tirent pas fierté de leur sagesse! Et je rappellerai à ceux qui ne vivent que par la foi scientifique la parole étonnante du Seigneur Jésus-Christ: «Je contemplais satan tombant du ciel comme la foudre»(Lc.10,18). On ne tombe que de haut en bas, et la chute de satan du ciel sur terre montre que les cieux, cette sphère de l’être spirituel, sont bien au-dessus de l’existence matérielle. Cela nous est également confirmé lors de la tentation de notre Seigneur Jésus-Christ par le diable après son jeûne de 40 jours dans le désert. Le diable a emmené le Seigneur Jésus sur une haute montagne, et Lui a montré en un instant tous les royaumes de la terre et leur gloire, il a dit: «Je Te donnerai toute cette puissance et toute la gloire de ces royaumes; car elle m’a été livrée, et je la donne à qui je veux. Si donc Tu Te prosternes devant moi, elle sera toute à Toi» (Lc.14,6-7).
Il est fort possible que la science si puissante révèle un jour tous les mystères de l’existence matériel. Mais comme le diable, rejeté du ciel pour son orgueil, fut privé de sa participation aux grands mystères de la sphère spirituelle, aux orgueilleux savants qui ont perdu la foi en Dieu, sera inaccessible tout ce qui se rapporte à la sphère supérieure de l’être spirituel, dans laquelle existent et agissent ses lois propres, inaccessibles à l’esprit humain. Ces lois ne sont accessibles qu’aux saints qui sont devenus des temples de l’Esprit de Dieu, des amis et même des frères du Seigneur et Dieu Jésus-Christ, descendu maintenant du ciel sur la terre pour sauver le genre humain par Sa divine prédication, et non seulement par elle, mais même, et il est terrible de le dire, par Sa Chair et Son Sang. Vous et moi, marchons à Sa suite, vous tous, frères et sœurs.
Amen.

Traduit du russe.

Saint Jean de Kronstadt: le prêtre est un ange.

Le texte ci-dessous est la traduction d’extraits tirés du journal de Saint Jean de Kronstadt, et consacrés à la prêtrise. Il s’agit toutefois en même temps de la traduction des pages 583 à 585 du livre «Le Père Jean de Kronstadt» («Отец Иоанн Кронштадский»), du Métropolite Benjamin Fedtchenkov, au Chapitre 8 de la partie de ce livre intitulée Journal «Ma vie en Christ», extraits, dans laquelle le Métropolite Benjamin a repris les extraits qu’il avait sélectionnés, en leur ajoutant des intertitres. L’édition utilisée est celle publiée en 2000 à Moscou par Palomnik. En ce jour, 20 décembre / 02 janvier, nous célébrons la fête de la natalice du Saint et Juste Père Jean de Kronstadt.

Le Christ est le vrai Pasteur
«Maître! Ma prière avec larmes pour mes enfants spirituels et pour tous les chrétiens orthodoxes qui te plaisent, accueille-la, à cause des soins que je leur donne pour leur salut, à cause de mes soins pastoraux! Sois, à cause de ma prière, Toi-même pour eux… Sois pour eux tous, l’amour maternel, dont moi je suis pauvre, dévoué tendrement à leur vrai bien, «afin de les sauver tous»(1Cor.9,22). Tu es le seul vrai Pasteur, qui pait invisiblement et secrètement les âmes humaines, Tu es le seul vrai et sage Maître, Qui au cœur même de ceux qui sont à Toi; Tu es le Seul à aimer vraiment Tes créatures, Tes enfants par la grâce; en Toi est la sagesse, l’abîme de toute-puissance.
Sois donc, Vladika, à ma place, Pasteur et Maître de Tes brebis qui me sont confiées par Toi. A ma place sois pour eux la lumière, l’œil, les lèvres, la main, et la sagesse, et plus que tout l’amour, dont je suis pauvre, moi le grand pécheur.»

La grâce de la prêtrise

«Moi, prêtre et pasteur, je suis pécheur et impur plus que tout homme, mais ne regarde pas mes péchés, Seigneur, méprise-les par Ta grande miséricorde et à cause de ma prière, à cause de la grâce de la prêtrise qui repose sur moi et qui demeure en moi, écoute-moi en cette heure, que la grâce de la prêtrise ne soit pas vaine en moi, Seigneur, mais qu’elle brûle en moi toujours par la foi, l’espérance, l’amour et l’audace filiale de la prière pour Ton peuple.»

LA Grâce de la prêtrise et la médiation

«La grâce a magnifié et élevé le prêtre au niveau de l’ange terrestre qui accomplit les Mystères vivifiants et terribles de Dieu, du réconciliateur des créatures avec le Créateur, de celui qui éclaire les âmes raisonnables par ses conseil, le médiateur entre Dieu et l’homme déchu, le divinificateur qui divinifie les fidèles par les Mystères. Cela, il doit le comprendre, le ressentir et en rendre grâces. Cependant, il y a peu de prêtres qui sont conscients de toute la hauteur de leur ministère, et qui s’efforcent de répondre aux intentions de Dieu à leur sujet et à celui de leurs ouailles. Comme les laïcs, ils sont séduits par la vie terrestre, les richesses terrestres et les plaisirs, ils luttent peu pour leurs intérêts spirituels et ceux de leurs brebis; ils sont fascinés par les pensées terrestres, par les passions charnelles et tombent très bas de la hauteur de leur rang. Et ainsi, le diable, l’antique ennemi de Dieu et des hommes, se moque de nous à l’extrême et nous oppose le mal aux œuvres de Dieu et détruit beaucoup de gens. Comme il est nécessaire de mépriser le monde, et tous ses charmes, hostile à Dieu, de mépriser notre chair corrompue et toutes ses passions, et de voir toute l’affliction qui y et liée. Que celui qui a des oreilles entende!»

Du rang de prêtre

«Comme la lumière et la chaleur sont inséparables du soleil, de même, de la personne du prêtre doivent être inséparables la Sainteté, la capacité d’enseigner, l’amour, la miséricorde envers tous, car quel rang porte-t-il? Le rang Christique. A Qui communie-t-il si souvent? Au Christ Dieu Lui-même, son Corps et son Sang. C’est pourquoi le prêtre doit être dans le monde spirituel, au milieu de son troupeau, tout que le soleil est au milieu de la nature: il doit être la lumière pour tous, la chaleur vivifiante, l’âme de tous.»

De l’Autorité du prêtre

«Ceux qui rejettent la prêtrise ne peuvent avoir de sainteté et ne peuvent plaire à Dieu. Les prêtres sont revêtus du pouvoir de la grâce de la prêtrise, du pouvoir du Saint-Esprit. L’autorité des prêtres est extrêmement grande et importante. Ce sont en quelque sorte des dieux terrestres par don de Dieu et divinisant autrui par les Mystères. Ce sont des bergers spirituels qui paissent le troupeau du Christ. Ils ont été rachetés par le Sang et les souffrances du Grand-Prêtre Éternel Jésus-Christ Lui-même. Sans le prêtre, il n’y a personne pour remettre les péchés, personne pour baptiser, appliquer l’onction de l’huile, et pour accomplir les Mystères du Corps et du Sang du Christ. Quelle puissance d’intercession le Seigneur a donné aux prêtres, en les autorisant à prier pour le monde entier, pour tous les hommes, pour toute l’Église, pour toutes et tous, sur terre et aux enfers! Chéris, prêtre, cette grâce! Elle vient en vertu du Christ Omnipotent, «seul médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus fait homme, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous»(1Tim.2,5-6) et S’est adjoint des prêtres des hommes et pour les hommes. Et j’ai l’audace d’espérer en le Seigneur, en ce qu’Il me sauvera, moi l’indigne, à cause de Sa bonté».

Qui est cet Ange qui se tient devant le Seigneur?

Car il est propre aux anges de sans cesse servir et se tenir devant Son Trône. C’est un homme qui intercède pour les hommes, qui porte l’image de l’Intercesseur, l’Homme-Dieu Jésus-Christ, c’est l’un des hommes établis au service de Dieu (Héb.5,1), comme le dit l’Apôtre Paul, mais son ministère est angélique. Il est un intermédiaire entre Dieu et les hommes, un ami proche de Lui. Selon la parole du Seigneur «Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande»(Jn.15:14). C’est comme s’il était dieu pour les hommes, avec le pouvoir de lier et de délier les péchés des hommes, et d’agir sacerdotalement pour eux par les Mystères vivifiants et terribles, d’être divinisé par ceux-ci et de diviniser autrui à travers eux. C’est un deuxième Moïse, dans le Nouveau Testament, qui guide la multitude du peuple de Dieu dans le désert de ce monde jusqu’à la terre promise, c’est l’Élie du Nouveau Testament, qui nourrit ses frères avec le pain du ciel, dans les temps de famine spirituelle. C’est un Prêtre. Élevé est le rang de Prêtre!»

Prêtre-médiateur

«Dans quelle Grandeur radieuse et divine baigne le prêtre devant le Trône de Dieu pendant la liturgie, en particulier lors de l’accomplissement du sacrifice non-sanglant, le plus saint, très céleste et terrible sacrifice transformant pain et vin en le Corps et le Sang du Christ! Les anges le regardent avec révérence et une certaine jalousie, contemplant cette condescendance de Dieu envers nous, une telle intime union du Seigneur Dieu avec notre nature mortelle. Le prêtre ici est le médiateur le plus proche entre Dieu et l’humanité coupable, qui plaide pour toute l’Église, pour le monde entier. Non seulement le prêtre est ici serviteur, mais aussi ami de Dieu, auquel Dieu confie le plus grand secret caché à toutes les générations en Dieu. Et pour qui, pour quoi, en sa prière ardente, ne prie-t-il pas le Seigneur, alors que c’est par sa prière, qu’un telle mystère s’accomplit, lorsque le Seigneur Lui-même Se donne en nourriture et boisson de vie éternelle? Celui qui n’a pas épargné Son Fils pour nous, ne nous donnera-t-Il pas tout ce que nous Lui demanderons avec foi selon Sa volonté?»

Prêtre représentant du Christ

«Tu es le représentant de la foi et de l’Église, ô prêtre, tu es le représentant du Christ-Seigneur.
Tu fais l’œuvre de Dieu, et devant personne tu ne dois perdre courage, personne tu ne dois flatter, ni être servile et considérer ton œuvre au-dessus de toutes les œuvres des hommes.»

Prêtre, ange du Seigneur

«Le prêtre, comme ange du Seigneur Tout-Puissant, doit être au-dessus de toutes les passions et de toutes les indignations de l’esprit, de toutes les dépendances du monde ou de toutes les peurs infâmes causées par les démons; il doit être tout en Dieu, l’aimer Lui seul et Le craindre. La peur de l’homme signifie qu’il n’est pas tout entier attaché à Dieu.»

Serviteur De Dieu

«Le prêtre est le serviteur de Dieu, revêtu de Son pouvoir et de Sa puissance (dans le repentir); la force de la Croix est une bénédiction sacerdotale.»

Prêtre apôtre

«Chaque prêtre est un apôtre dans son village ou dans sa paroisse (ou dans l’église de sa ville) et doit aller dans les maisons, évangélisant le Royaume de Dieu, instruisant les ignorants, appelant à la vie chrétienne les négligents, les insouciants, ceux qui vivent dans les passions et les convoitises, encourageant et affermissant les pieux et les sobres par les récompenses futures, soutenant et réconfortant (…) les belliqueux.»

Traduit du russe

Source

Saint Porphyrios le kavsokalivite et la Bienheureuse Maria de Somino

Bien souvent au cours de l’année liturgique, il arrive que notre Église célèbre le même jour la mémoire de saints et bienheureux auxquels la Divine Providence assigna des destinées terrestres bien différentes, célébrité pour les uns et humble vie cachée pour les autres.

Mais tous sont unis dans le chœur de l’Église triomphante et adressent leurs prières incessantes en notre faveur à la Sainte Trinité.

Aujourd’hui, nous nous souvenons avec joie et action de grâce de Saint Porphyrios le Kavsokalivite et de la Bienheureuse Maria de Somino. Si on ne présente plus le premier, on peut rappeler que la seconde fut auxiliaire d’autel à l’église de Somino, petit village niché dans le coin Sud-Est de la Métropole de Saint-Pétersbourg et Ladoga. (Plus de détails à son sujet sont disponibles ici).

 

 

 

 

 

 

 

Saint Père Porphyrios, Bienheureuse Maria, priez pour nous !

Les traces de Saint Seraphim dans la neige

Le texte ci-dessous est la traduction d’un original russe de Madame Olga Rojniova, publié le 22 janvier 2015 sur le site Pravoslavie.ru. Il s’agit du récit d’un pèlerinage effectué par un groupe de jeunes moniales accompagnées de leur père spirituel auprès des reliques de Saint Seraphim de Sarov en 1991. Un pèlerinage sur lequel Saint Seraphim veilla lui-même tout particulièrement.

Photo : Pravoslavie.ru

Le voyage ne put se faire qu’à la fin de l’automne, pas le bon moment pour voyager. Le gel fixait la raspoutitsa, la cimentant pendant la nuit. Le matin, les talons battaient le sol durci, mais à midi, ils enfonçaient de nouveau dans les ornières ramollies du chemin de campagne. Prélude à l’hiver: un ciel nuageux, la noirceur des arbres, le silence maussade des oiseaux, les jacassements stridents d’une pie solitaire. Prélude à l’hiver, pressentiment, avant-goût, attente de l’hiver. Un matin, la première jeune neige tomba, cachant le vieux feuillage fané. Elle remplit l’air d’un souffle froid, glacial.
On se tenait sur un terrain vague. Celui-ci était complètement désert, justifiant son nom. Pas de piste, pas de chemin, rien. Là, on ne savait vers où aller. Lire la Suite

Le Saint Hiéromartyr Hilarion (Troïtski): Le Nouveau Testament au IIe siècle. Conclusion.(10)

L’article ci-dessous est la suite de l’étude de l’histoire de la formation du Canon de l’écriture du Nouveau Testament entamée avec le texte (traduit ici en cinq parties) «Le Nouveau Testament aux temps apostoliques». Le Saint Hiéromartyr, alors Archimandrite Hilarion, y examine la place des livres et la constitution progressive du Nouveau Testament dans l’Église chrétienne dans la période historique qui suivit celle des Apôtres, le temps des apologistes et des auteurs de polémiques anti-gnostiques. Le texte original compte 99 notes de bas-de pages; toutes sont des références (Épiphane de Chypre, Saint Eusèbe, Saint Irénée, Tertullien, etc.). Pour la simplicité de la lecture, nous avons omis ces notes et renvoyons à l’original ceux qui souhaiteront les examiner.

Si à la tête de l’Église de Lyon se trouvait Saint Irénée, évêque originaire d’Asie Mineure, lié par l’intermédiaire de son maître Polycarpe, à l’Apôtre Jean le Théologien lui-même, alors nous pouvons supposer que le Nouveau Testament de l’Église de Lyon devait contenir tous les écrits du Saint Apôtre Jean. Saint Irénée n’ a pas mentionné le nombre des épîtres conciliaires de Jean, mais il a cité littéralement les textes des deux premières épîtres, bien qu’il s’exprimât comme s’il ne connaissait qu’une seule épître. Lire la Suite

Le Saint Hiéromartyr Hilarion (Troïtski): Le Nouveau Testament au IIe siècle. Saint Irénée de Lyon.(10)

L’article ci-dessous est la suite de l’étude de l’histoire de la formation du Canon de l’écriture du Nouveau Testament entamée avec le texte (traduit ici en cinq parties) «Le Nouveau Testament aux temps apostoliques». Le Saint Hiéromartyr, alors Archimandrite Hilarion, y examine la place des livres et la constitution progressive du Nouveau Testament dans l’Église chrétienne dans la période historique qui suivit celle des Apôtres, le temps des apologistes et des auteurs de polémiques anti-gnostiques. Le texte original compte 99 notes de bas-de pages; toutes sont des références (Épiphane de Chypre, Saint Eusèbe, Saint Irénée, Tertullien, etc.). Pour la simplicité de la lecture, nous avons omis ces notes et renvoyons à l’original ceux qui souhaiteront les examiner.

Dans sa polémique persistante avec Marcion, Saint Irénée prouva l’appartenance du livre des Actes des Apôtres au Nouveau Testament. Luc ne fut pas seulement un compagnon, mais aussi un collaborateur des Apôtres, en particulier de Paul, comme le dit l’Apôtre Paul lui-même (2Tim.4, 10–11). Il décrivit dans son livre ce qu’il vit lui-même. Marcion accepta l’Évangile de Luc car il était le compagnon de Paul, mais il rejeta le livre des Actes. Irénée mit en évidence cette incohérence. Il est nécessaire d’accepter tout ce qui a été dit par Luc, ou de refuser son Évangile aussi. Si les disciples de Marcion rejettent les Actes, de même ils n’ont plus l’Évangile. Lire la Suite