Nous voyons parce que Dieu nous voit. Sainte Matrone de Moscou

Le texte ci-dessous est la traduction d’un article de l’Archiprêtre Alexis Chargounov, paru sur le portail Pravoslavie.ru le 2 mai 2012, à l’occasion de l’anniversaire de la glorification de la Bienheureuse Matrone de Moscou. Le 2 mai 1999, en présence d’un grand rassemblement de personnes, a eu lieu l’office de glorification de la Bienheureuse Staritsa Matrone, pieuse héroïne de l’ascèse au XXe siècle, consolatrice du peuple tout entier pendant les années d’athéisme et d’afflictions pour l’Église. Cette Bienheureuse qui plut au Christ resplendit d’une lumière particulière au sein du grand chœur des saints russes devant le trône de Dieu. Aveugle de naissance, la grâce la dota de la vision spirituelle, et du don de clairvoyance.

Comprenons-nous bien ce que signifie être aveugle de naissance, vivre toujours dans les ténèbres imperméables à la lumière? Impossible d’échapper à celles-ci, jamais, pour personne. Seulement les ténèbres sans fin suivies des ténèbres éternelles après la mort. Sainte Matrone n’était pas seulement aveugle. Elle n’avait pas d’yeux. Ses fosses oculaires étaient closes par des paupières étroitement fermées, comme celles de cet oiseau blanc qu’avait vu sa mère en rêve avant qu’elle la mit au monde. Lire la Suite

Saint Luc de Crimée. Homélie pour le Dimanche de Thomas.

«... en 38 années de sacerdoce presbytéral et épiscopal, j'ai prononcé environ 1250 homélies, dont 750 furent mises par écrit et constituent douze épais volumes dactylographiés...»
(Le Saint Archevêque Confesseur et chirurgien Luc de Crimée)
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L’homélie ci-dessous a été prononcée le 2 mai 1954. Elle est intégrée dans le recueil intitulé «Tome 3» des Homélies de Saint Luc.

Pourquoi était-il si difficile pour les apôtres de croire ce que leurs yeux voyaient ? Ils avaient tout de même été les témoins de la résurrection par notre Seigneur Jésus du fils de la veuve de Naïn, de la fille de Jaïre et même de Lazare.
Il fut difficile, très difficile, mais vraiment très, très difficile pour les apôtres de croire que notre Seigneur Jésus Christ était ressuscité. Les paroles de myrrophores, qui leur annoncèrent la nouvelle, ils les prirent pour des mensonges. Quand ils se retrouvèrent en Galilée, sur la montagne où Jésus leur avait commandé d’aller, et qu’ils Le virent, ils n’en crurent pas leurs yeux. Quand Lui-même leur apparut dans la chambre haute à Jérusalem, ils crurent voir un fantôme.
L’incrédulité la plus grande fut celle de l’Apôtre Thomas, qui dut mettre son doigt dans les plaies laissées par les clous dans les mains et les pieds du Sauveur, et sa main dans Son côté. Lire la Suite

Saint Luc de Crimée : Homélie pour les vêpres du premier jour de Pâques (1951)

«... en 38 années de sacerdoce presbytéral et épiscopal, j'ai prononcé environ 1250 homélies, dont 750 furent mises par écrit et constituent douze épais volumes dactylographiés...»
(Le Saint Archevêque Confesseur et chirurgien Luc de Crimée)
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L’homélie ci-dessous a été prononcée en 1951. Elle est intégrée dans le recueil intitulé «Tome 1» des Homélies de Saint Luc.

Le Christ est ressuscité des morts, par la mort il a vaincu la mort et à ceux qui sont dans les tombeaux, il a donné la vie.
Quel merveilleux tropaire pour la plus grande des fêtes, qui nous est si chère, et demeure si incompréhensible pour les non-chrétiens, suscitant même leurs moqueries!

Le feu peut-il être éteint par le feu? Les ténèbres peuvent-elles éclairer les ténèbres? Le mal peut-il être vaincu par le mal? Non, bien sûr. Le semblable n’est pas détruit par le semblable, mais seulement par le contraire. Le feu est éteint par l’eau, les ténèbres sont dispersées par la lumière, le mal est vaincu par le bien. Lire la Suite

Saint Luc de Crimée : Homélie sur la Passion (1951)

«... en 38 années de sacerdoce presbytéral et épiscopal, j'ai prononcé environ 1250 homélies, dont 750 furent mises par écrit et constituent douze épais volumes dactylographiés...»
(Le Saint Archevêque Confesseur et chirurgien Luc de Crimée)
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L’homélie ci-dessous a été prononcée le 8 avril 1951. Elle est intégrée dans le recueil intitulé «Tome 1» des Homélies de Saint Luc, où elle porte le titre : Homélie sur la Passion, douzième.

Le pénible chemin a été parcouru, la Via Dolorosa est finie. Ils sont arrivés au terrible Golgotha. Ils creusent une trou, y insèrent la croix de Jésus et l’y stabilisent. Ils dévêtent Jésus. Ils lui enlèvent tous Ses vêtements, tous… O Seigneur, que font-ils?! A cette vue, les Anges, les Chérubins et les Séraphins, remplis d’effroi, cachent leurs visages derrière leurs ailes. Comment pourraient-ils supporter de voir la nudité de Celui dont l’indicible beauté a embelli toute la nature qu’Il créa, Lui qui maintenant Se tient nu et attend l’horrible supplice! Deux soldats hissent Jésus sur la Croix. Deux autres, juchés sur des tabourets tapent sur les terribles clous qui s’enfoncent et rivent à la croix ces mains pures dont le toucher rendit la vue aux aveugles, ces mains qui d’un signe calmèrent la tempête qui faisait rage sur le Lac de Génésareth, et firent taire le vent.
Ils clouèrent les mains de Jésus.
Ils clouèrent Ses pieds avec les clous terribles.
Le corps divins était suspendu …
Et la douleur était si horrible, si insupportable!
Et le poids du corps de Jésus déchirait les plaies causées par les clous ! Lire la Suite

Saint Seraphim de Vyritsa : «Il y aura de l’effroi plus qu’il n’y en eut» (11)

Le texte ci-dessous est la suite de la traduction ( proposée en plusieurs parties) d’un résumé détaillé de la vie de Saint Seraphim de Vyritsa écrite par Alexandre Archakovitch Trofimov à partir de son livre qui compte 240 pages. L’original russe du résumé traduit ici, agrémenté de nombreuses photographies, a été publié en six parties sur le site de l’auteur, le 14 mars 2014.

Instructions et prophéties de Saint Seraphim de Vyritsa (suite)

De nombreux pays se rueront sur la Russie, mais elle résistera, tout en perdant la plus grande part de ses terres. Cette guerre, racontée par la Sainte Écriture et dont parlent les prophètes, sera la cause de l’unification de l’humanité. Les gens comprendront qu’il est impossible de continuer à vivre ainsi, sinon tous les êtres vivants périront, et ils choisiront un seul gouvernement; ce sera la veille de l’avènement de l’antéchrist.
Ensuite, les persécutions contre les chrétiens commenceront, et quand ils quitteront les villes par convois vers la Russie profonde, il faudra se hâter d’être parmi les premiers, car beaucoup de ceux qui resteront périront.
Arrivera le règne du mensonge et du mal. Ce sera si dur, si mauvais, si effrayant. Que Dieu nous épargne de vivre jusqu’à ce moment-là. Vous et nous ne vivrons pas jusque là.

Peu de temps après la fin de la Grande Guerre Patriotique, on dit au Père Seraphim :
– Cher Batiouchka! Comme c’est bien maintenant.
La guerre était terminée, les cloches sonnaient dans les églises…
Le Starets répondait :
Non, ce n’est pas encore fini. Il y aura de l’effroi plus qu’il n’y en eut. Vous la rencontrerez encore, la guerre… Qui survivra? Qui restera en vie? Mais pour celui qui restera vivant, qu’elle sera la bonne vie…
«Si tous les gens du monde entier, tous jusqu’au dernier, s’agenouillaient en même temps et priaient Dieu pendant au moins cinq minutes de prolonger leur vie, afin que le Seigneur accorde à tous le temps de se repentir… Si le peuple Russe ne se repent pas, il se pourra que le frère se lève de nouveau contre le frère.»
«Les temps viendront où ce ne sera pas la persécution, mais bien l’argent et les séductions de ce monde, qui détourneront les hommes de Dieu. Alors périront beaucoup plus d’âmes que pendant les persécutions athéistes. D’une part, ils érigeront des croix et des coupoles dorées, mais d’autre part viendra le règne du mensonge et du mal. La véritable Église sera toujours persécutée, et il ne sera possible d’être sauvé que par les afflictions et la maladie. La persécution prendra le caractère le plus sophistiqué et le plus imprévisible. Ce sera effrayant de vivre en ces temps»
Le Starets aimait beaucoup la jeunesse. À ce moment-là, les jeunes gens n’allaient presque pas à l’église et il était si heureux quand ils venaient à lui. Batiouchka a évoqué le rôle énorme des jeunes dans la renaissance future de l’Église.
Il a expliqué que des temps arriveraient (et déjà ils arrivent!) au cours desquels la corruption et le déclin des mœurs des jeunes atteindront les limites les plus extrêmes. Il n’y aura presque plus de non-corrompus. Ils considéreront que tout leur est permis pour satisfaire leurs caprices et convoitises, car ils constateront leur impunité. Ils se rassembleront en bandes pour voler, et se dépraver.
«Mais à un certain moment, la voix de Dieu se fera entendre, et les jeunes comprendront qu’il est impossible de continuer ainsi. Et ils se tourneront vers la foi de différentes manières, le désir d’ascétisme augmentera. Ceux qui étaient auparavant des pécheurs, des ivrognes, rempliront les églises, ressentiront une grande soif de vie spirituelle. Beaucoup d’entre eux deviendront moines. Des monastères seront ouverts, les églises seront pleines de croyants.
Alors les jeunes iront en pèlerinage dans les lieux saints; ce sera une époque glorieuse! Celui qui aura grandement péché se repentira ardemment. Comme le cierge qui, avant de s’éteindre, resplendit, illuminant tout par sa dernière lumière, ainsi sera la vie de l’Église. Et ce temps est proche.»
«Combien de grâces le Seigneur n’a-t-il données à la Russie, quelles forêts, lacs, rivières, quelles richesses dans les tréfonds de sa terre. Mais nous vivons sans Dieu, et la terre est une mère, elle donne du pain et donne la vie. Nos ennemis et les puissances impies ne permettront pas longtemps aux gens revenir à la terre. Il sera possible de nourrir tout le monde et de tout bien organiser, mais cela ne serait pas profitable à nos ennemis; ils ont peur de la renaissance de la Russie. Et pourtant, la Russie vivra de sa terre.»
«Le salut au monde viendra de la Russie, et Saint-Pétersbourg deviendra le centre spirituel du pays. Il y aura encore de grands événements en Russie. La découverte et la glorification de reliques à Saint-Pétersbourg , ce sera une grande joie pour le monde entier. Vyritsa deviendra un lieu de pèlerinage et un monastère sera ouvert ici.»
Du chemin de Saint-Pétersbourg à Vyritsa, Batiouchka disait: «Maintenant, il faut deux heures et demie, voire trois heures, avec le train à vapeur, mais plus tard vous viendrez plus rapidement; les trains électriques rouleront et se succéderont sans cesse.»
Après la guerre, le Starets dit à une de ses filles spirituelles: «Il viendra un temps où la procession partira de la Cathédrale de Kazan et ira à nouveau jusqu’à la Laure. Tu vivras jusque là.» C’était difficile à croire, mais maintenant tout cela s’est accompli! Tous les orthodoxes se souviennent de la procession jusqu’à la Laure avec les reliques retrouvées de Saint Seraphim de Sarov.

Photo : Pravoslavie.ru

«Jérusalem deviendra la capitale d’Israël et, avec le temps, elle deviendra également la capitale du monde. Car là est le véritable centre de la Terre, c’est là que le Sauveur du monde a été crucifié et est ressuscité.»
Le Starets prédit qu’un des papes catholiques serait un Slave.
Le Père Séraphin a parlé à ses proches de sa glorification future, mais il a précisé: «Ne vous précipitez pas pour déterrer mon corps. Vous devez laisser tout cela à Dieu. Je ne veux pas qu’on marchande mon corps.»
Traduit du russe
Source

Saint Seraphim de Vyritsa : «La Russie sera découpée en morceaux» (10)

Le texte ci-dessous est la suite de la traduction ( proposée en plusieurs parties) d’un résumé détaillé de la vie de Saint Seraphim de Vyritsa écrite par Alexandre Archakovitch Trofimov à partir de son livre qui compte 240 pages. L’original russe du résumé traduit ici, agrémenté de nombreuses photographies, a été publié en six parties sur le site de l’auteur, le 14 mars 2014.

Instructions et prophéties de Saint Seraphim de Vyritsa

«Le Seigneur est fort et suscite des ouvriers, si nous le Lui demandons. Prions et demandons, et alors, des pierres le Seigneur fera ses élus.»
«Au moins une fois dans votre vie, nous devons faire brûler un cierge pour ceux que nous avons offensés, trompés, que nous avons volés, auxquels nous n’avons pas remboursé notre dette
Quand on se plaignait auprès de Batiouchka d’avoir fait l’objet de calomnies et de diffamation, il disait: «Qu’on parle mal de nous. Et nous, efforçons-nous de faire le bien.»
Le Starets disait que le moment viendra où il y aura quarante personnes qui s’accrocheront à chaque croyant pour qu’il les tire.
«Dans les moments les plus difficiles, celui qui, à la mesure de ses forces, pratiquera la prière de Jésus, depuis l’invocation fréquente du nom du Fils de Dieu jusqu’à la prière incessante, celui-là sera plus aisément sauvé.»
Le Starets répétait souvent qu’il est nécessaire au chrétien de prier pour ses ennemis. Voici ses paroles: «Vous devez obligatoirement prier pour vos ennemis. Si vous ne priez pas, c’est comme si vous versiez du kérosène dans le feu: la flamme grandit de plus en plus… Toujours et en toutes choses, même pour les afflictions, remerciez le Seigneur et la Très Sainte Mère de Dieu».
Le Starets disait que le Seigneur nous a donné l’âme, mais notre corps provient de nos parents et de nos ancêtres. Nous devons donc prier pour nos parents et nos ancêtres. Ils attendent notre prière et se réjouissent tellement quand nous prions pour eux; et ceux qui sont déjà dans le Royaume des Cieux nous aident.
Batiouchka a prédit la Grande Guerre Patriotique, la destruction de l’Église et la renaissance de la foi en Russie.
Batiouchka a annoncé la renaissance des anciens monastères, la Laure de la Trinité-Saint Serge, le Monastère de Diveevo, la Laure Saint Alexandre Nevsky, la Laure des Grottes de Kiev. Le Starets a dit que Leningrad serait rebaptisée Saint-Pétersbourg et qu’il viendrait un moment où il serait possible d’entendre les prières des églises, les homélies et les instructions spirituelles à la radio.
Le poème qu’il a écrit en 1939 témoigne de la clairvoyance profonde du Starets non seulement au sujet du destin des gens, mais aussi de l’avenir de notre Église et de notre patrie:
L’orage va passer sur la terre Russe,
Le Seigneur pardonnera au peuple russe ses péchés.
Et la Croix de la Sainte beauté divine
Au-dessus des églises de Dieu resplendira à nouveau.
Et le son des cloches éveillera
Toute notre Sainte Russie du sommeil du péché, pour son salut.
Les saints monastères seront rouverts
Et la foi en Dieu unira tout le monde.
Les terribles tribulations s’apaiseront,
La Russie vaincra ses ennemis,
Et le nom du grand peuple russe
Comme le tonnerre dans tout l’univers retentira.

Ce poème du Père Séraphin a été transmis de main en main, jusque dans les lieux de détention et d’exil. Il fut lu et chanté par de nombreux martyrs et confesseurs de l’Église russe, ainsi affermis dans la foi et l’espoir d’une future renaissance de la vie spirituelle de leur patrie.
Interrogé par un de ses fils spirituel sur l’avenir de la Russie, le Starets lui a suggéré d’aller à la fenêtre et de regarder. Il vit le Golfe de Finlande et de nombreux navires naviguant sous différents pavillons.
– Comment dois-je comprendre cela? demanda-t-il à Batiouchka. Le Starets répondit :
– Le moment viendra où il y aura un épanouissement spirituel en Russie. De nombreux monastères et églises seront ouverts, même les hétérodoxes viendront sur de tels navires pour se faire baptiser. Mais ce ne sera pas pour longtemps; pendant une quinzaine d’années, puis l’Antéchrist viendra.

Saint Seraphim dans sa cellule

Il disait encore que quand l’Orient gagnerait en puissance, «tout deviendra instable. Le nombre sera de leur côté, mais pas seulement cela: ils travailleront comme des gens sobres et ardents au labeur, et chez nous il y aura une telle débauche…»
On raconte aussi que le Starets a dit que «l’Orient sera baptisé en Russie. Le monde céleste entier prie pour l’illumination de l’Orient. Mais viendra un temps où la Russie sera déchirée en morceaux. D’abord, ils la découperont, puis ils commenceront à piller les richesses. L’Occident contribuera de toutes les manières possibles à la destruction de la Russie et donnera pour un temps la partie orientale de celle-ci à la Chine. L’Extrême-Orient sera remis aux mains des Japonais, et la Sibérie sera donnée aux Chinois, qui viendront s’installer en Russie, épouser des Russes et, finalement, par la ruse et la traîtrise, ils prendront tout le territoire de la Sibérie jusqu’à l’Oural. Et quand la Chine voudra avancer plus loin, l’Occident s’y opposera et ne le permettra pas.»(A suivre)

Traduit du russe
Sources