Batiouchka Dyonisy. Vivre sous la bénédiction du Starets Elie (2/2)

Le texte russe original de la traduction ci-dessous fut publié le 17 novembre 2017 sur la page VK de l’écrivain russe Olga Rojniova, auteur régulier du site Pravoslavie.ru, et intitulé:«Le miracle principal». Madame Rojniova s’entretient avec le Prêtre Dionysy Kouvaev, recteur de l’église de la Théophanie, à Kozelsk. Cet entretien décrit comment le Seigneur, à travers des événements extraordinaires et providentiels, a appelé toute la famille Kouvaev au service de l’Église, soit dans le sacerdoce, soit dans le monachisme. Il précise également les connaissances que le Starets Elie (Nozdrine) considère les plus importantes dans la vie, il montre en quoi consiste la force du starets, pourquoi la clairvoyance n’est pas un tour de magie permettant de voir, mais aussi, comment par l’intervention de la Providence divine une immense église fut érigée dans un village niché à côté du Monastère d’Optino Poustine, et enfin, pourquoi le starets donna à matouchka sa bénédiction afin qu’elle subisse une opération qui n’était pas planifiée.

– Père Dionysy, la vie de quasiment tous les membres de votre famille est liée au service de l’Église Orthodoxe, dans le monachisme ou dans le sacerdoce pastoral…

Monastère de Chamordino

– Effectivement, ma grand-mère a reçu la tonsure monastique à Chamordino, en l’an 2000. Par la bénédiction de notre starets, Maman Maria, la fille de celle-ci, est moniale et son fils est le Père Dimitri, prêtre au village de Podborki, et deux fois par semaine, à Chamordino, où notre grand-mère a mené son exploit ascétique pendant quinze ans avant de retourner vers le Seigneur. Mon jeune frère est hypodiacre auprès de l’Évêque d’Ostrogojski et Rossochanski. Et on peut encore ajouté que le Starets Élie appelle mon frère ‘moine’ depuis qu’il a sept ans. Quant à moi, le starets m’a parlé de ma voie à l’époque de mon entrée au séminaire. Déjà alors, il savait quel chemin m’attendait, moine ou famille.

– Et vous voici maintenant à la tête d’une famille nombreuse…
– C’est vrai, pendant que nous parlons, ma matouchka est à la maternité. Nous attendons notre cinquième enfant.

Père Dionysy, vous êtes un fils spirituel du starets Élie. Pouvez-vous nous parler un peu de lui ?

Photo : Optina.ru

– Vous savez, je pense que l’essentiel, ce n’est pas qu’il soit clairvoyant, ni que des guérisons s’opèrent par sa prière, ni d’autres miracles. L’essentiel, le miracle principal, c’est que dans notre vie existent des personnes qui aiment tellement Dieu, qui vouent une telle confiance en Dieu, qu’à travers eux, le Seigneur Se découvre aux autres et agit et guérit et montre le chemin. Car il n’est pas donné à chacun, à cause des péchés que nous portons, de pouvoir comprendre la Providence Divine et surtout, de Lui accorder une attention permanente… Batiouchka ne dit rien de particulier aux gens. Si vous aimez l’art oratoire, vous êtes à la mauvaise adresse. La force de notre starets n’est pas dans ses paroles. Sa force est dans sa prière. Au premier abord, il ne dit rien de particulier, il ne parle guère. Il dit par exemple : «Ce n’est rien, ce n’est rien, prie seulement…». C’est en effet le Seigneur qui fait tout. Le Seigneur peut tout. Il est le Tout-puissant.

En quoi le starets se distingue d’un simple vieillard ?
Quand on me demande de parler du starets, j’essaie d’expliquer en quoi il se distingue d’un simple vieillard. Parfois on dit : «Les vieux sont des petits». Effectivement, si l’homme vit une vie dépourvue de spiritualité, s’il ne lutte pas contre ses passions, dans son vieil âge, celles-ci deviennent plus voyantes, et le vieillard se fait capricieux ; il a besoin d’amour.
Mais le starets jouit d’un amour débordant. Il en est saturé au point qu’il lui est nécessaire de le manifester à autrui, à chaque homme ou femme qui en éprouve le besoin. Dieu est amour. Et ceux qui sont en permanence avec Dieu, qui entretiennent une relation continuelle avec Lui, ils sont pareils à Dieu pour ce qui est de l’Amour. Et une des caractéristiques de l’amour, c’est qu’il se répand. Nous, les gens ordinaires, ne pouvons nous empêcher de manifester notre amour à ceux que nous aimons. Mais le cercle de ceux que nous aimons est d’habitude plutôt très étroit. Il se limite aux parents et aux amis. Et notre amour, tout naturellement, est réciproque : nous aimons ceux qui nous aiment, amour contre amour. Mais Dieu nous aime indépendamment de notre relation à Lui. Et de plus, indépendamment aussi de l’intensité du caractère réciproque de cet amour. C’est pourquoi les hommes et femmes qui vivent en Dieu, avec Dieu, éprouvent de l’amour envers tous les gens, sans relation aucune avec les liens de parenté ou d’amitié qui les uniraient à eux. Voilà pourquoi il est donné aux starets et aux personnes spirituelles de nous voir et de nous comprendre et de nous connaître mieux que des amis. Et c’est l’Amour qui leur révèle cela, c’est-à-dire Dieu. Voilà en quoi consiste le principe de la clairvoyance des startsy.

– Quelles sont les instructions de votre père spirituel que vous pouvez partager avec nos lecteurs?
– Batiouchka répète souvent : «La connaissance de Dieu, c’est la connaissance la plus importante dans la vie d’un homme». On peut connaître parfaitement la physique, les mathématiques, la chimie, l’économie, le droit, mais quand nous passerons Là-haut, toutes ces connaissances n’auront plus aucun sens. Bien sûr, elles sont utiles dans la vie sur terre, mais si on veut parler du savoir le plus important, c’est celui de Dieu et de la vie spirituelle. Le Starets dit : «Bien, tu as terminé le Séminaire de Théologie et l’Académie de Théologie, mais que peux-tu faire pour en savoir plus encore à propos de Dieu et de la vie spirituelle, car il s’agit de la connaissance la plus importante?».

– Pourriez-vous nous conter une histoire édifiante au sujet du Starets Élie?

L’église de la Théophanie à Mekhzavod

– Tout au début de mon sacerdoce de prêtre, pendant la Semaine Lumineuse, j’avais célébré cinq fois de suite, et voilà que le jour où aucun office n’était programmé, et où j’allais pouvoir me détendre un peu et me reposer, je reçois un appel téléphonique : le Père Élie viendra chez nous, à Mekhzavod. En pleine nuit, je me suis hâté vers l’église pour y allumer le poêle, nettoyer et tout préparer pour un office solennel. Je m’efforce toujours de maintenir tout en ordre, mais vous savez, lorsque vous attendez des invités que vous appréciez, les préparatifs sont particuliers. Le lendemain matin, nous avions commencé à célébrer. Mais je n’avais pas lu la règle de prières avant la communion. Après qu’il eût terminé son homélie, Batiouchka rentra dans le sanctuaire, me regarda et dit ensuite : «Quoiqu’il arrive, la préparation la plus importante pour l’office, c’est la prière. Jamais, il ne faut négliger la règle!» La clairvoyance, ce n’est pas une sorte de magie qui permet de voir. C’est quelque chose qui aide à atteindre le salut. Et ces paroles clairvoyantes qu’il m’adressa produisirent en moi la plus forte des impressions, tellement puissante que, par la suite, jamais je n’ai osé célébrer sans avoir respecté la règle préparatoire de prières. Les préparatifs matériels inachevés ne sont qu’un demi-mal ; l’important, c’est la prière.
Parfois, j’ai entendu des gens dire au Starets Élie : «Batiouchka, parlez-moi de moi-même!». Mais jamais le starets ne dira quelque chose à quelqu’un seulement pour lui montrer qu’il le sait. Ce que dit Batiouchka est toujours utile pour l’âme et doit servir d’instruction.

– Père Dionysy, comment se fait-il que vous célébriez dans l’église de la Théophanie, si près du Monastère d’Optino ?
– Quand j’eus terminé le cycle d’études du Séminaire de Théologie, alors que j’étais déjà ordonné diacre, l’inspecteur du Séminaire, l’Archimandrite Nikita, me téléphona et me dit : «Je viens juste de parler avec le Métropolite de Kalouga et Borovski, Vladika Kliment. Nous trouvons que tu es prêt à devenir prêtre, et servir à Mekhzavod». «D’accord, mais je dois d’abord demander la bénédiction du mon père spirituel!». Pour moi, c’était extraordinaire ; je ne connaissais même pas l’existence de cette église de la Théophanie du Seigneur, avec au sous-sol, l’église des Quarante Martyrs de Sébaste. Je passais toujours à Mekhzavod pour rejoindre Optino, mais je n’étais jamais entré dans le village. Ce soir-là, j’ai commencé à me renseigner, à apprendre que l’église était encore en construction. Je suis allé auprès du Starets Élie, et lui ai expliqué qu’on me proposait l’ordination. Batiouchka répondit : «Bien, bien!». Et il se fait que cette église où j’allais servir, était érigée avec sa bénédiction. Quand j’ai vu mon église pour la première fois, elle était construite jusqu’au second toit, à une dizaine de mètres de hauteur. C’était fin 2007. Aujourd’hui, le clocher de l’église monte à 37 mètres. Il est visible pratiquement de tous les coins de Kozelsk. J’y célèbre depuis dix ans.
– C’est une très grande église…
– Oui, notre église est immense. Quand j’ai commencé à célébrer, des gens trouvaient cela incroyable et me disaient : «La population de Mekhzavod est si petite… et voilà que le Starets fait construire une église tellement grande. De quoi vas-tu t’occuper, du chauffage, des réparations?». Je fus téméraire au point de répercuter la question à Batiouchka. Il regarda l’église. Son visage resplendissait, ses yeux étincelaient de joie, et il souriait : «Ahhh! Quel endroit! Je n’arrive pas à y croire! Le Seigneur arrangera tout!». Et il en fut ainsi. Ce lieu nous est donné par la Divine Providence. D’emblée, il m’a plu et est devenu si cher à mon cœur…

«Cette fois, je recommande qu’ils te fassent une césarienne»
Pendant qu’on se préparait à imprimer le présent article, le 31 octobre, naquit le cinquième enfant du Père Dionysy, un fils. Et à ce propos, il m’a conté l’histoire suivante.
Quelques jours avant la naissance de notre fils, le Starets Élie est venu célébrer dans notre église. Après la célébration, ma matouchka est allée vers lui afin de recevoir sa bénédiction pour la naissance. Le Père Élie lui saisit les coudes, les écarta et lui dit : «Bien sûr, je ne suis pas médecin, je ne connais pas ces choses du point de vue médical, mais je recommande que cette fois, ils te fassent une césarienne. Tu ne souffriras pas. C’est déjà ton cinquième enfant. Ils useront d’un anesthésiant et tout se passera bien». Voilà comment il calma et réconforta matouchka, mais elle ne comprenait pas pourquoi une césarienne… Jusqu’alors, elle avait mis nos enfants au monde assez facilement, et chaque fois de plus en plus rapidement. Il avait fallu trois heures au premier depuis le début des contractions, au second, environ deux heures et au dernier, le quatrième, moins de deux heures. Il est vrai que le quatrième accouchement fut suivi par quelques complications. Sa jambe droite s’était raidie et elle ne pouvait la mouvoir. Mais ils avaient branché une perfusion et elle s’était sentie mieux. Les médecins du centre néonatal de l’oblast n’avaient pas laissé entendre qu’une césarienne serait recommandée. Le 30 octobre, elle ressentit les premières contractions, mais elles se prolongèrent pendant un temps particulièrement long : treize heures. Matouchka sentit que le processus de la naissance ne se présentait pas très bien. Elle raconta aux médecins que son mari était prêtre et avait pour père spirituel un starets clairvoyant, et que celui-ci avait annoncé la nécessité d’une naissance par césarienne. Ils écoutèrent très aimablement mais répondirent qu’aucun signe n’indiquait qu’une pareille intervention était nécessaire.

Batiouchka Dyonisy en famille

Au milieu de la nuit, matouchka sentit que l’activité natale ralentissait et elle craignit pour la vie du bébé. Elle réclama, en pensée, l’aide des prières du Starets Élie. Quand les médecins vinrent vérifier la situation, ils remarquèrent que le cœur du bébé battait à deux cents pulsations par minutes. Cela indiquait le début d’une complication dangereuse, le décollement du placenta pendant la naissance et l’hypoxie du bébé. Les médecins pratiquèrent une césarienne d’urgence et le bébé vit le jour sain et sauf, grâce à Dieu. Si les médecins étaient arrivés dans la chambre quelques minutes plus tard, le dénouement eut été tragique.

– Merci Père Dionysy et bonne santé à vous et à toute votre famille.

Traduit du russe

Source

Batiouchka Dyonisy. Vivre sous la bénédiction du Starets Élie (1/2)

Madame Rojniova

Le texte russe original de la traduction ci-dessous fut publié le 17 novembre 2017 sur la page VK de l’écrivain russe Olga Rojniova, auteur régulier du site Pravoslavie.ru, et intitulé:«Le miracle principal». Madame Rojniova s’entretient avec le Prêtre Dionysy Kouvaev, recteur de l’église de la Théophanie, à Kozelsk. Cet entretien décrit comment le Seigneur, à travers des événements extraordinaires et providentiels, a appelé toute la famille Kouvaev au service de l’Église, soit dans le sacerdoce, soit dans le monachisme. Il précise également les connaissances que le Starets Elie (Nozdrine) considère les plus importantes dans la vie, il montre en quoi consiste la force du starets, pourquoi la clairvoyance n’est pas un tour de magie permettant de voir, mais aussi, comment par l’intervention de la Providence divine une immense église fut érigée dans un village niché à côté du Monastère d’Optino Poustin’, et enfin, pourquoi le starets donna à matouchka sa bénédiction afin qu’elle subisse une opération qui n’était pas planifiée.

Père Dionysy, la Providence divine agit dans la vie de chacun, parfois de façon cachée, mais parfois, certains signes se manifestent ouvertement, ou des rencontres significatives, ou à travers des paroles lourdes de sens. Dans votre vie, de tels signes se manifestèrent-ils?

Batiouchka Dyonisy en famille

Oui, incontestablement. Je pense que chaque homme, chaque femme, peut voir et remarquer la Providence divine, pour autant que ces derniers le souhaitent. Le Seigneur nous entoure en permanence de Sa Providence, Il nous guide dans notre vie. Et si on ne s’en rend pas compte, c’est parque qu’on ne veut pas le savoir… Comment ma famille et moi-même avons-nous pris conscience de la Providence divine? Il fut un temps où nous nous tenions loin de la foi… Mais même si l’homme ne connaît pas Dieu, il arrive un moment où le Seigneur Se découvre à lui, Il l’appelle. Ce ne fut pas moi qui choisis, mais moi qui fut choisi (Je.15,16). Car il est possible que nous ne Le connaissions pas, mais il n’est pas un instant où Il ne nous connaisse.
Comment le Seigneur appela-t-il ma famille? Voici l’histoire. Le frère de ma mère, mon oncle, étudiait à ‘Université d’État de Tver. En 1990, il se rendit au Monastère d’Optino. Était-ce un pèlerinage ou simplement du tourisme, aujourd’hui, je ne m’en souviens plus. A cette époque, le monastère venait tout juste d’être rendu à l’Église; il tombait en ruines mais ceux qui participèrent alors à sa restauration se remémorent aujourd’hui ces années comme extraordinaires, imprégnées d’un élan spirituel. Le Seigneur et les Saints Starets d’Optino bénirent abondamment et comblèrent de consolations leur premier appel après les nombreuses décennies de dévastations infligées au monastère. Et mon oncle Viatcheslav (qui devint le moine Gabriel) ressentit de tout son cœur cet appel de la grâce. Il fit connaissance avec le Père Iliodore, devenu entre-temps hiérodiacre, lui ouvrit son âme et lui dévoila combien Optino avait ému son cœur. A la suite d’une pareille puissante expérience spirituelle, le jeune homme ne voulut plus retourner dans le monde. En un seul jour, toutes ses valeurs furent réorientées, tellement puissant avait été l’appel du Seigneur. Vous vous souvenez comment Il appela Ses apôtres? Ceux-ci pêchaient tranquillement, le Seigneur appela et ils lâchèrent tout, barque, filets, maison, possessions, et ils Le suivirent. Et ils le firent, remplaçant leur vie paisible par une migration incessante et dangereuse, au péril des rivières, des brigands, de leurs propres compatriotes, des païens, des déserts, de la mer, de leurs faux-frères, par une vie faite de labeurs, d’épuisement, de pauvreté, souvent, de faim et de soif, de jeûne, de froid glacial et de dénuement (2Cor.11,26-27).
En réponse à l’interpellation du jeune homme, le Père Iliodore répondit : «Rentre à la maison, prends tes affaires et reviens au monastère». Ce que fit mon oncle. Il reçut la tonsure et le nom de Gabriel, et pendant quelques années, il fut le compagnon et serviteur de cellule du Starets Higoumène du grand schème, aujourd’hui Archimandrite du grand schème, Élie (Nozdrine).
En 1991, mon oncle vint à la maison, pour nous baptiser. J’avais sept ans et mon frère quatre ans. Maman n’était pas non plus baptisée. Babouchka, notre grand-mère, croyait en Dieu et se tournait vers Lui dans les moments difficiles, mais n’avait jamais parlé de Dieu aux enfants. Éducation soviétique. Nous n’étions pas athées, mais simplement vides de spiritualité. Grâce à mon oncle, nous fûmes tous baptisés.

Et vous vous êtes tournés vers Dieu?
Pas immédiatement. Ce fut une affaire assez extraordinaire, une affaire de la Providence. Jusqu’en 1993, nous ne fréquentâmes pas l’église. Mais à Optino, mon oncle priait pour nous, et voici ce qu’il advint. En 1993, j’atteignis l’âge de neuf ans, et mon frère, six. Nous passions ensemble l’été au village, chez des parents, et notre mère demeurait à la ville. Elle travaillait dans une usine et depuis quelques mois, aucun travailleur n’avait perçu son salaire. Papa travaillait dans une entreprise, qui elle aussi retenait le salaire de ses travailleurs. Arriva le moment où à la maison, ils n’avaient plus aucune victuaille, plus rien, juste du sel. Un des voisins dans l’immeuble possédait un petit jardin, et quand ils procéda à la récolte suivante, il apporta un bassin entier de cornichons. Mes parents s’en réjouirent évidemment, et décidèrent de les conserver dans la saumure, mais pour cela il faillait y ajouter au moins l’un ou l’autre ingrédient, fut-ce de l’ail. Maman attendit donc quelques jours, en se disant qu’elle parviendrait peut-être à dénicher deux têtes d’ail quelque part. Pendant le week-end, elle décida de procéder à un grand nettoyage, pendant que les enfants étaient au village.. En rangeant les livres dans la bibliothèque, elle aperçut, glissée dans l’un des ouvrages, une reproduction d’une icône de Sainte Xénia de Pétersbourg. Par la suite, elle essaya de comprendre comment cette icône avait pu se retrouver dans un des livres des enfants, mais elle n’y parvint jamais. Et, de façon inhabituelle pour elle, maman commença à prier Sainte Xénia et lui conta toutes les difficultés inhérentes à sa situation: pas d’argent, pas de nourriture, même pas d’ail pour la saumure des cornichons, rien. La nuit suivante, la sonnerie de la porte retentit. Maman alla ouvrir. Sur le seuil se tenait son frère, le Père Gabriel. Il était venu d’Optino, en Volga, et toute la voiture était chargée de nourriture. Un sac de sucre semoule, un sac de blé concassé, etc. Il était impossible de s’attendre à une telle abondance. Le Père Gabriel raconta que lui-même n’avait pas compris pourquoi le starets, le Père Élie, lui avait donné cette bénédiction: «Va chez ta sœur et apporte-lui des victuailles». Mais mon oncle vivait alors depuis plusieurs années déjà au monastère et ne savait pas que dans le monde, le paiement des salaires était interrompu. Il demanda à Maman :
Marguerite, donne quelque nourriture au chauffeur.
Maman répondit :
Aujourd’hui, je n’avais rien que je puisse préparer.
Nous n’avons plus de thé.
Et le Père Gabriel pleura. Il venait seulement de comprendre pourquoi le starets l’avait envoyé chez sa sœur. Le Père Élie l’avait bénit pour qu’il apporte ces victuailles, et la dernière chose qu’il donna, ce fut de l’ail. Le starets avait dit : «Et apporte-lui de l’ail».
Pour maman, c’était la toute première prière de sa vie. Et elle reçut une réponse. Cette expérience spirituelle la bouleversa. Elle les voyait débarquer, les marchandises de la voiture, et pour terminer, le Père Gabriel tendit l’ail à Maman. C’était un véritable miracle : non seulement elle recevait de la nourriture, mais aussi exactement ce qu’elle avait demandé. C’était la première fois qu’elle exprimait des paroles formant une prière. Et un miracle se produisit. Par la suite, mon oncle raconta qu’il ne s’était préparé à aucun déplacement, rien ne permettait de prévoir un voyage, personne n’avait évoqué quoi que ce soit. Mais tout soudainement, après la liturgie, le starets lui avait dit :
Il faut que tu ailles chez ta sœur, chez Marguerite (Mon oncle avait deux sœurs autres que ma mère).
– Quand?
– Vas-y maintenant.
Toute la nuit, maman s’entretint avec son frère. Ils se remémoraient le passé, ils pleuraient. Le Père Gabriel lui proposa d’aller à Optino, lui expliqua où c’était. Et le lendemain matin, ils prirent tous la route du monastère avec le chauffeur.

Le Père Élie

Le Starets Elie, Le P. Iliodore et Batiouchka Dyonisy

C’était la première fois que votre famille allait au Monastère d’Optino? Oui, toute la famille se retrouva à Optino. Mon père se fit baptiser là. Et quand nous rentrâmes à la maison, nous commençâmes à fréquenter l’église. Consciemment, nous menions une vie chrétienne, nous confessant et recevant les Saints Dons. Le Père Élie devint le père spirituel de toute ma famille. Mon frère et moi ne passions plus l’été au village, mais à Optino. On nous donnait du travail adapté aux enfants, on aidait à la préparation des prosphores, on remplissait les bouteilles d’huile. On vivait dans une tourelle. Le Père Gabriel et le Père Iliodore assurèrent notre éducation. De toute la journée, nous ne nous écartions pas, littéralement, d’une semelle, du Père Iliodore. C’est lui qui nous donna notre première règle de prière, nous apprit quels jours il fallait fréquenter l’office dès cinq heures le matin et quels jours on pouvait y aller à sept heures, quand on pouvait aller se baigner dans la source sainte.
On fréquentait aussi le Starets Élie ; il priait pour nous. La chose la plus importante dont je me souvienne, c’est que le Starets disait parfois : «Quand vous habiterez à Kozelsk...». Je ne comprenais pas comment on allait pouvoir vivre à Kozelsk, puisqu’on habitait à Kimry. Mais en 1999, quand j’eus atteint l’âge de quinze ans, nous avons réellement déménagé à Kozelsk, afin de nous rapprocher d’Optino. Et par la suite, notre vie fut toute entière placée sous la guidance et la bénédiction du Père Élie. (A suivre)

Traduit du russe

Source

Saint Jean de Kronstadt. Entretien autobiographique (2/2)

St Jean de Kronstadt

Le texte ci-dessous est la deuxième partie de la traduction d’un chapitre du livre «L’Archiprêtre Ioann Sergueev de Kronstadt» (Протоиерей Иоанн Сергиев Кронштадтский), recueil d’articles de divers auteurs, publié en 1943 à Kharbin par les éditions de la «Fraternité Saint Jean le Théologien» (« Братство св. Иоанна Богослова »). Le titre original complet du chapitre est «Entretien autobiographique avec les pasteurs de Sarapoul» (Автобиографическая беседа с сарапульскими пастырями). L’ouvrage ne précise pas la date à laquelle fut tenu cet entretien, dont la traduction est proposée ici en deux parties.

A ce moment, les propos du Père Jean furent interrompus par un des auditeurs.
Très vénéré Père Jean, enseignez-nous comment nous devons agir quand tous nos efforts déployés pour chasser l’ennemi hors de nous-même, de le vaincre par nous-même, ne mènent à rien. Alors surgit, involontairement, le découragement, la volonté faiblit et les mains reculent devant l’ouvrage. Est-il convenable dans ce cas de recourir à la méthode qui consisterait à essayer de n’accorder aucune attention à l’ennemi intérieur, un peu comme si on crachait sur lui?
Le Père Jean répondit vivement :
-«Oui, oui, voilà ce qu’il faut faire: il faut répéter avec ardeur le nom de Jésus Christ, et, au moyen d’un repentir profond et secret, dédaigner les ennemis invisibles, ne leur accorder aucune attention, ne pas s’occuper d’eux et considérer toutes leurs tentatives comme un mauvais rêve. Il ne faut jamais se décourager lors d’une forte tentation. Le Seigneur est toujours tout proche de nous et prêt, dès que nous répétons Son nom, à nous protéger et chasser les ennemis invisibles qui nous combattent. Il nous a dit à travers son Prophète: «Et invoque-moi au jour de la détresse; Je te délivrerai, et tu me glorifieras» [Ps.49,15 N.d.T.].»
Batiouchka, permettez-nous de vous demander encore ceci. Souvent on éprouve un sentiment très pénible à la vue de la victoire du mal. Comment, à l’aide de quoi, peut-on vaincre cette forme de découragement?
-«En effet, on éprouve un sentiment extrêmement pénible à la vue du mal qui triomphe. Il m’arrive souvent de ressentir cela. Le plus dur en cela, c’est la conscience de l’impuissance du zèle du prêtre; souvent, on est bien forcé de l’admettre. On peut se consoler dans ces cas en réalisant qu’il s’agit d’une situation passagère, envoyée par la Providence Divine dans un but particulier, connu de Dieu seulement, et tôt ou tard le mal sera vaincu et le bien triomphera. Dans de tels cas, il faut se fortifier au moyen de la prière. N’oubliez pas une seconde que le Seigneur est très miséricordieux et prompt à nous entendre. Toujours, Il tend l’oreille à notre prière et très vite, Il accède à nos demandes et nous aide, pour autant que nous nous en remettions intégralement à Sa sainte et parfaite volonté.»
S’adressant à tous ses auditeurs, le Père Jean reprend son propos.
-«Je vous le dis à tous, Pères bien-aimés, la prière doit être notre compagne permanente. Je maintiens toujours en moi une attitude de prière permanente; je rends grâce, je loue et je glorifie notre Dieu Bienfaiteur en tous lieux de Sa domination. La prière, c’est la vie de mon âme. Sans la prière, je ne peux pas être. Pour soutenir en moi cet inclinaison permanente à la prière et la relation à la grâce de Dieu, j’essaie de célébrer aussi souvent que je peux, si possible chaque jour, et de communier aux Saints Corps et Sang du Christ, et chaque fois je puise à cette source sacrée une richesse de forces puissantes pour mes multiples travaux pastoraux.
Pour ma relation de prière avec Dieu, j’ai recours aux prières prévues dans le trebnik. Ce livre constitue une énorme richesse, à laquelle chacun peut puiser ce qui lui est nécessaire, en fonction de ses multiples besoins et de ses respirations de prières vers Dieu. Dans ce livre, l’Église, comme une mère aimante, s’est efforcée de rassembler tout ce dont nous pouvons avoir besoin dans les circonstances de la vie.
Pendant mon temps libre, lorsque je ne suis pas occupé par mes activités liturgiques et pastorales, je lis les Saintes Écritures, Ancien et Nouveau Testaments, et particulièrement le Saint Évangile, la précieuse bonne nouvelle de notre salut. En lisant, j’essaie de méditer chaque élément, chaque phrase, même certains mots et expressions. Ainsi, suite à cette attitude attentive envers ces livres saints, les riches pensées foisonnent et cette richesse constitue pour les homélies un fondement tel qu’aucun prédicateur n’est en mesure d’épuiser ces profondeurs divines. Et quand il s’agit de prononcer l’homélie, par exemple à propos de la lecture quotidienne des Saintes Écritures, on ne sait quelle idée sélectionner comme base de l’homélie; toutes sont tellement édifiantes. Et comme l’âme humaine est divinement révélée dans les Écritures, on dirait qu’il n’est aucune situation de l’âme qui n’y trouve son écho. Mais cette richesse incommensurable échappe à une lecture superficielle et insuffisamment méditative des Saintes Écritures. Mais pour ne pas décrocher de la vie actuelle, quand j’ai quelques minutes de libre, je lis l’un ou l’autre périodique contemporain.»
Un des participants s’adresse alors au Père Jean.
Batiouchka, au cours de vos voyages incessants dans toute la Russie, dans tant de maisons, vous changez continuellement de concélébrants. Et il arrive souvent que ceux-ci commettent des erreurs, qu’il se produise de la confusion entre eux. Et vous faites comme s’il n’en était rien; vous levez juste les yeux, mais quelques secondes plus tard, vous êtes de nouveau plongé dans la concentration de la prière. Dites-nous, s’il-vous-plaît, comment vous parvenez à réaliser cela?
Le Père Jean répondit:
– «Seulement par habitude, je suis habitué à prier toujours. Lorsqu’une attitude devient pour l’homme une habitude, il retrouve très rapidement cette attitude. J’ai intégré l’attitude de la prière continuelle, et donc, je peux très rapidement me concentrer dans la prière.»
Un participant intervient.
Batiouchka, dites-nous quelle règle de prière vous observez avant de célébrer la liturgie et avant vos multiples travaux qui vous prennent énormément de temps, et de gros efforts de volonté.
– «Dans ce cas, j’accomplis la règle habituelle de prière prescrite par l’Église à ceux qui vont recevoir la sainte communion. Dans les cas où il m’est impossible de respecter la règle, par manque de temps ou par une autre raison, je raccourcis la règle, mais je lis immanquablement les prières avant la sainte communion. Cela dit, je suis d’avis que Dieu n’attend pas de nous des prières longues et nombreuses, celles-ci ne Lui sont pas particulièrement agréables, mais des prières attentives et ardentes prononcées par toute notre âme. Mieux vaut donc lire une petite quantité de prières, avec une attention totale et un cœur tendre, qu’une grande quantité, à la hâte et distraitement. Mais ce qui m’exalte fortement et me canalise vers la prière avant la célébration de la Divine Liturgie, c’est la lecture du canon des matines. Je lis toujours moi-même le canon des matines. Quelle richesse ici, quel contenu profond, quels merveilleux exemples de la foi ardente en Dieu, de la patience dans les afflictions; l’Église nous présente quotidiennement la fidélité au devoir face aux tourments les plus cruels. A travers la lecture des canons, l’âme se pénètre petit à petit des sentiments et du comportement élevés des justes que glorifie l’Église, elle vit parmi les commémorations de l’Église et ainsi, elle s’accoutume à la vie de l’Église. Je peux dire que j’ai été éduqué à la vie de l’Église par ces lectures, c’est pourquoi je conseille à celui qui souhaite sincèrement acquérir la richesse spirituelle, d’accorder une attention très sérieuse à la lecture des canons de l’Octoèque, des Ménées et du Triode. Et je vous dis, chers Pères: si n’importe lequel d’entre vous se met avec assiduité à la lecture quotidienne des canons, il éprouvera tout ce que je viens de vous dire maintenant; à travers l’intérêt attentif qu’il portera à cette lecture, il s’élèvera quotidiennement dans la vie spirituelle et progressera dans l’imitation de saints ou du chœur des saints qui plurent à Dieu et qui défileront jour après jour sous son regard spirituel.
Voilà, chers Pères et Frères, je vous ai dévoilé mon âme, je vous ai fait voir sa physionomie afin que vous puissiez voir comment j’ai atteint ce que vous voyez en moi. Ma vie est une lutte longue, opiniâtre et constante contre moi-même, lutte que je continue à mener maintenant, avec le renfort incessant de la grâce divine. Chacun de vous peut atteindre pareils résultats pour autant qu’il se surveille sans cesse, obstinément, afin de lutter contre son vieil homme et contre les esprits du mal, et devenir enfin, avec l’aide de la grâce de Dieu, un luminaire qui brûle non pas sous le boisseau, mais sur le chandelier. Je vous le souhaite sincèrement, de toute mon âme.
Tout ce que je viens de vous dire, je ne l’avais pas préparé; j’ai dit seulement ce que le Seigneur a déposé dans mon âme. Je vous remercie pour votre attitude aimante envers moi, manifestée pendant mon court séjour ici, dans votre ville, et je suis très content d’avoir eu, avec la bénédiction de Vladika, la possibilité de m’entretenir avec vous.»
Le Père Jean termina ainsi son intervention, mais les participants lui demandèrent d’évoquer encore certaines questions brûlantes. Il s’agissait avant tout des tâches du clergé contemporains. Le Père Jean répondit qu’il devenait de plus en plus compliqué d’accomplir l’œuvre du Christ dans la société contemporaine: d’une part, la vie du peuple et ses implications deviennent de plus en plus difficiles et d’autre part, les ennemis de l’Église, dans leur tentative d’ébranler ce pilier séculaire, ce support de la vérité, recourent à des méthodes nouvelles plus subtiles. C’est pourquoi les prêtres contemporains, artisans de l’œuvre du Christ sur cette terre, ont non seulement besoin d’une formation élargie et variée, mais doivent faire preuve d’une grande et sage prudence ainsi que de fermeté dans la fidélité à leur devoir afin de rester dignes de paître le troupeau que Dieu leur a confié. Exposant sa vision des différents aspects de la vie contemporaine, Batiouchka insista particulièrement sur la tendance des meneurs autoproclamés du peuple à divertir celui-ci au moyen du théâtre, etc. Batiouchka a qualifié de tels divertissements de «maladie de la société». Il s’agit d’un signe évident de l’appauvrissement de l’esprit, d’une compréhension pervertie de la vie, et de l’absence d’autres intérêts, plus sérieux et précieux. Et ce qui est le plus surprenant en cela, c’est que cette intelligentsia, ayant troqué le vrai sens de la vie pour des balivernes étincelantes, s’efforce d’inoculer ses vues au peuple qui ne comprend rien à leur passe-temps favori. Notre peuple a besoin d’éducation, pas de petits jeux. Voilà un vaste champ pour l’activité pastorale: enseigner au peuple à passer son temps sérieusement, sainement, conformément à l’état d’esprit chrétien.
Traduit du russe.

Saint Jean de Kronstadt. Entretien autobiographique (1/2)

Le texte ci-dessous est la première partie de la traduction d’un chapitre du livre «L’Archiprêtre Ioann Sergueev de Kronstadt» (Протоиерей Иоанн Сергиев Кронштадтский), recueil d’articles de divers auteurs, publié en 1943 à Kharbin par les éditions de la «Fraternité Saint Jean le Théologien» (« Братство св. Иоанна Богослова« ). Le titre original complet du chapitre est «Entretien autobiographique avec les pasteurs de Sarapoul» (Автобиографическая беседа с сарапульскими пастырями). L’ouvrage ne précise pas la date à laquelle fut tenu cet entretien, dont la traduction est proposée ici en deux parties.

«Tout le monde sait que je suis né dans le Gouvernorat d’Arkhangelsk et que j’ai terminé le cycle d’études de l’Académie de Théologie de Saint-Pétersbourg. Dès la fin de mes études, j’ai occupé à Kronstadt la place qui est encore la mienne aujourd’hui: prêtre à la Cathédrale Saint André. C’est une ville militaire; à chaque pas, on croise des soldats, des matelots, des artisans des chantiers navals, etc… Les matelots passent la plus grande partie de leur temps en mer, sur leur vaisseau, et quand ils débarquent, ils veulent profiter au maximum de leur temps libre, en tirer le plus de plaisirs. Voilà pourquoi dans les rues, on peut toujours rencontrer des gens ivres et entendre toutes sortes d’horreurs. Lire la Suite

Geronda Arsenios l’Hésychaste, l’initié de la Panagia.

Le site Pravoslavie.ru a publié la version russe du texte ci-dessous, consacré à la spiritualité de Geronda Arsenios le Spiléote et Hésychaste, le 15 septembre 2015. Cette version a été préparée par Madame Olga Rojniova.

Le 15 septembre, nous célébrerons la mémoire du geronda athonite Arsenios le Spiléote et Hésychaste. Geronda Arsenios fut un héros de l’ascèse qui acquit les dons du discernement spirituel, de l’humilité et de la douceur, de la clairvoyance, et de la prière continuelle. Pendant quarante années, le Père Arsenios fut l’inséparable frère de Geronda Joseph l’Hésychaste (1897-1959) dans l’exploit ascétique et l’initiation aux Mystères. Après la fin bienheureuse de Geronda Joseph l’Hésychaste, le Père Arsenios fut le trait d’union de toute la fraternité monastique des enfants spirituels de Geronda Joseph. Lire la Suite

Geronda Amvrosios l’Athonite (21/12/1912 – 02/12/2006)

Deux textes de Geronda Ephrem, Cathigoumène du Saint et Grand Monastère de Vatopedi, mis en ligne dans les pages anglaises du site Pemptousia les 14 et 18 Décembre 2013, présentent un saint geronda contemporain moins connu dans nos contrées: Geronda Amvrosios de Dadi. Voici l’adaptation française des deux textes ici réunis.
Le hiéromoine Amvrosios (né Spyridon Lazaridis) quitta cette vie le 2 décembre 2006 (nouveau calendrier), à l’âge de 92 ans. Il était le père spirituel du Saint Monastère de la Panagia Gavriotissa, à Dadi, ainsi que de milliers de Chrétiens dans toute la Grèce. Il fut dans le monde une source de la fragrance athonite du Christ, et l’une des saintes personnes qui ornèrent l’Église en l’époque contemporaine. Il est également le fruit de l’incarnation du Christ ; pendant des siècles, l’Église a été l’atelier de production des saints, et elle continue à l’être de nos jours. Lire la Suite