Saint Hilarion (Troïtski) L’Idée fondamentale du Christianisme.

Traduction du texte intitulé «Incarnation et humilité» (Воплощение и смирение), extrait des «Œuvres en trois volumes» du saint néomartyr, l’Archimandrite Hilarion (Troïtski) Archevêque de Verey, (1886-1929) publiées en 2004 aux Éditions de la Sainte Rencontre à Moscou. Saint Hilarion utilise son analyse magistrale des événements et de la société du début du XXe siècle comme une porte qui ouvre sur la mise en lumière des fondements de l’Orthodoxie.

Le monde ecclésiastique contemporain éprouvant une froideur croissante envers l’Église de Dieu, il est peu probable que beaucoup de gens ressentent pleinement comment l’Église célèbre le souvenir de «L’Incarnation de notre Seigneur et Dieu, notre Sauveur Jésus Christ». Il est sans doute une particularité qui n’a pas encore été oubliée; on commence à chanter l’hirmos «Le Christ est né…» plus d’un mois avant la fête. L’Église consacre bel et bien des semaines entières à la préparation de la fête. Dans les églises de paroisse, c’est à peine si on remarque l’approche de la grande fête car le typikon y a perdu tout son charme, sa profondeur théologique; la fête survient presqu’immédiatement. Lire la Suite

Saint Hilarion (Troïtski). Une vie au service de l’Église.

Le texte ci-dessous est traduit d’un article de Madame Natalia Choumova paru le 27 décembre 2009 dans les pages anglaises de «Pravmir.com». Ce texte anglais est lui-même un résumé d’un original russe, publié en 2012 seulement, dans les pages de Pravmir.ru. Ce texte trace les grands traits de la vie du Saint martyr et confesseur de la foi Hilarion, Archevêque de Verey. La partie narrative du début du texte est empruntée (par l’article original) au livre documentaire écrit par Boris Chiriaev, un des compagnons de captivité du Saint Archevêque. Quand au décès de celui-ci, malgré que maints textes officiels s’en tiennent au fait qu’il soit survenu à l’issue d’une crise de fièvre typhoïde, la probabilité qu’il s’agisse du résultat d’un empoisonnement, un meurtre donc, est évoquée de plus en plus souvent, y compris dans un ouvrage biographique publié récemment en Russie.

Fin de l’automne 1924. Dans un camp spécial sur les Îles Solvoki. Une tempête violente se déchaîna soudainement. Elle expulsa en pleine mer l’embarcation qui portait plusieurs prisonniers du camp et le gardien le plus vicieux. Soukhov était le nom de celui-ci. Sur la rive, prisonniers et soldats se rassemblèrent et observaient, convaincus que la barque allait sombrer. De loin, à l’aide de jumelles, ils pouvaient voir un point noir régulièrement apparaître sur la crête des vagues et disparaître dans leurs creux… Les hommes luttaient contre les éléments, mais leurs chances étaient minces, les forces de la nature prenaient le dessus. Lire la Suite

Métropolite Antoine (Khrapovitski). Les traits distinctifs du caractère du Père Jean de Kronstadt. (1/2)

Le texte ci-dessous est la traduction d’un original russe rédigé par son Éminence le Métropolite Antoine (Khrapovitski), et intitulé: «Les aspects distinctifs du caractère du Père Jean de Kronstadt, par comparaison à d’autres justes», extrait des pages 151 à 166 du livre «Prière de l’âme russe» (Молитва русской души ), rassemblant des textes du Métropolite Antoine, et publié en 2006 par le Monastère de la Sainte Rencontre à Moscou.

Photo: Pravoslavie.ru

La mémoire du Père Jean de Kronstadt est chère à tout Chrétien. En quoi fut-il grand devant Dieu et devant les hommes? En quoi le Père Jean fut-il si cher au cœur russe? Qu’y avait-il de particulièrement attirant en son âme et en sa piété? Ces questions surgissent naturellement à l’esprit quand on pense à la célébrité exceptionnelle et à la gloire du Père Jean alors qu’il vivait encore et dont ne furent pas trouvés dignes d’autres justes qui menèrent leur exploit ascétique dans nos derniers temps, et même d’ailleurs en des temps plus anciens. Lire la Suite

Saint Jean de Kronstadt. Les Royaumes terrestres vacillent faute de foi et de respect de loi.

Le texte ci-dessous est la traduction d’une homélie prononcée le 06/19 mai 1907 par Saint Jean de Kronstadt. C’est ce jour de l’année que naquit, en 1868, le Saint Tsar-Martyr Nicolas II. Le saint pasteur de Kronstadt ne manquait jamais à cette occasion de prononcer à l’intention des fidèles des paroles rappelant l’importance essentielle que revêtait à ses yeux le pouvoir du Tsar, et le fondement spirituel de cette importance. Évidemment, les paroles des saints transcendent le temps, et celles que l’on peut lire ci-après peuvent certainement s’appliquer aux «royaumes terrestres» de notre époque. L’homélie ci-dessous est extraite du livre «De l’Église et du Jugement Dernier», Moscou, Sébastopol, 2018, éditions de la «Société ecclésisastico-historique», pp. 368 à 372. («О Церкви и Страшном Суде»).

La Russie et l’Église fêtent solennellement en ce jour l’anniversaire de la naissance du Tsar de toutes les Russie, couronné par Dieu pour régner. La Russie et l’Église prient le Tsar des tsars, le Roi des rois, pour le succès et les victoires de notre Tsar terrestre, pour sa longévité, sa santé, et son salut, et pour que le Seigneur se hâte à lui venir en aide et l’assiste en toutes choses, et qu’Il soumette à ses pieds tous ses ennemis et perfides rivaux. J’adresse à vous tous, en tant que membres de la famille humaine, cette question: que signifient ces deux paroles: la parole et le commandement du Créateur au premier homme, et la parole mensongère et tentatrice du meurtrier de l’homme, le diable? Notez les conséquences pour l’homme de l’une et l’autre de ces paroles. De quoi s’agit-il essentiellement? L’une est parole de vie, de joie de vivre, créatrice. L’autre est mensonge, rêverie, assombrissement délétère. Lire la Suite

L’Évêque Arsène (Jadanovski) de Serpoukhov: Le Père Jean de Kronstadt. (3)

Alexandre Ivanovitch Jadanovski, dont le père était prêtre, naquit dans l’Éparchie de Kharkov, le 6 mars 1874. Hésitant devant l’orientation qu’il allait donner à sa vie, il écrivit, sans trop d’espoir de recevoir une réponse à Saint Jean de Kronstadt, lui demandant sa bénédiction pour devenir moine. Il reçut une réponse enthousiaste du Saint Pasteur de toute la Russie, et fut tonsuré en 1899. Vicaire de l’Éparchie de Moscou, il fut le dernier supérieur du Monastère du Miracle, au Kremlin, à Moscou. A cette époque il lui fut donné de rencontrer régulièrement le Saint Père Jean de Kronstadt, de concélébrer avec lui, de converser avec lui. Vladika Arsène fut condamné à mort, et fusillé le 27 septembre 1937, au polygone de Boutovo, pour avoir «fondé et organisé une organisation [sic] illégale et contre-révolutionnaire de clercs monarchistes». Il a laissé de nombreux écrits, dont, son autobiographie, son journal, plusieurs écrits biographiques, et ses souvenirs du Père Jean de Kronstadt. S’agissant d’un long texte, il sera proposé en plusieurs parties dont voici la troisième. Les précédentes se trouvent ici.

L’Evêque Arsène Jadanovski

Cette lettre, reçue trois mois avant le décès de Batiouchka, fut pour moi une sorte de testament. Son souhait «d’abondance du don de la parole» me donna le courage de donner plus souvent des enseignements dans l’église, ainsi que de tenir, selon son exemple, un journal d’inspiration spirituelle. Pour ce qui concerne le hiérodiacre Méléti, accueilli dans mon monastère, il ne causa effectivement aucun trouble dans la communauté, car au bout de quelques mois, il retourna dans son coin de terre natal et il y mourut. Je remercie le Seigneur qui m’a permis de voir et de connaître le Père Jean de Kronstadt alors que j’étais encore jeune et avais besoin de soutien spirituel, d’un exemple vivant. Je me suis imprégné, à la vue du Père Jean, de la manière dont se tient le célébrant à l’autel, proche de Dieu, et de combien peut être irrésistible son influence sur le peuple. J’admets franchement que l’inspiration de la prière de Batiouchka Jean agit puissamment sur moi, et sur bien d’autres, je pense, particulièrement en ce qui concerne la célébration de la Divine Liturgie. Lire la Suite

Le Métropolite Onuphre de Kiev et de toute l’Ukraine. Dieu m’a appelé et je suis venu. 2/2

L’entretien ci-dessous fut accordé le 17 septembre 2014 aux rédacteurs de différentes publications orthodoxes ukrainiennes, dont le portail d’informations «l’Orthodoxie en Ukraine» (Православие в Украине). Il a été traduit en russe pour le site Pravmir le même jour, et repris le 19 septembre 2014 sur le portail Pravoslavie.ru. Ce premier grand entretien était accordé par Vladika Onuphre à l’issue du premier mois écoulé après son intronisation en qualité de Métropolite de l’Église Orthodoxe d’Ukraine. Ce long entretien, présenté ici en deux parties permet de découvrir la personnalité de Vladika à travers le récit des moments et éléments importants de sa vie tels qu’il les a vécus et les rapporte lui-même. Voici la seconde partie de cet entretien, la première se trouve ici

Toujours, tant que je le pouvais, je me suis adressé à chacun avec respect.
Il y eut ensuite Tchernovitsy… Pouvez-vous raconter à quoi ressemble la Bucovine orthodoxe?
Je pense que chaque région a sa spécificité. Il en va de même de la Bucovine. Il s’agit d’un oblast multiethnique. Y vivent des Ukrainiens, des Russes, des Roumains, des Moldaves, des Juifs, des Polonais, des Géorgiens. Traditionnellement, tous y ont toujours vécu en paix. Chacun préservait ses caractéristiques, mais dans la vie commune n’apparaissait aucune rivalité, mais bien de l’entraide. Ils vivaient en toute amitié. Mais voilà, lorsque qu’apparut la perestroïka, l’éclatement de l’Union, l’oblast fut ébranlé par la vague du nationalisme: les Ukrainiens étaient les bons, les autres, n’étaient rien… Il fallut alors déployer beaucoup d’efforts pour montrer que tous étaient bons devant Dieu. Devant Dieu, il n’y a pas d’Ukrainien, de Russe, d’Américain, de Juif, de Biélorusse. Il y a des enfants. Il y a la créature de Dieu et il y a le Créateur. Le fait que nous soyons devenus des nations, ce n’est ni grâce aux vertus, ni aux péchés. La tour de Babylone fut le fruit de l’orgueil humain, et pour faire cesser cette folie, Dieu a mélangé les langues des hommes. Avant cela, tous parlaient une seule langue et se comprenaient. Un jour, je me trouvais à la Sainte Montagne, auprès d’un ermite, le Starets Joseph, pas loin de la Grande Laure. Nous discutions ensemble, lui en grec et moi en russe, avec un interprète. Nous nous entretenions encore quand il hocha la tête et dit:«Ahhh, qu’est-ce que le péché a fait de nous!Maintenant, nous avons besoin d’un interprète…». Chacun se vante de ce que sa nation est meilleure que celle des autres. Dieu n’accorde pas sa préférence à des nations, mais à des hommes! Si une nation est unanime dans son amour de Dieu, évidemment, ce sera agréable. Mais Dieu ne m’attribue pas de la valeur parce que je suis Ukrainien, ou Russe, ou autre chose, mais bien parce que j’éprouve de la crainte envers Dieu. Si j’obéis à Dieu, si je veux faire Sa volonté, je suis agréable à Dieu. Sinon, quelle que soit ma nation, je serai le dernier des derniers. Quand les mouvements nationalistes se développèrent dans l’oblast de Tchernovitsy, j’essayais autant que je le pouvais de ne pas y participer et, là où c’était possible, je tentais d’expliquer qu’il n’y avait pas de nations, pour Dieu. Pour Dieu, il y a Sa création. Il aime de la même façon le nègre, le blanc et le jaune. C’est celui qui se fera le plus humble devant Dieu, qui essaiera de vivre le plus conformément à Ses commandements, qui sera le meilleur aux yeux de Dieu. Petit à petit, tout se calma. Il demeurait quelques petits bastions, mais les gens vivent en paix et dans la concorde depuis lors. Lire la Suite