Le Père Corneille et la cachette (2/3)

Le texte ci-dessous est la deuxième partie de la traduction en trois parties d’un original russe de Madame Olga Orlova, mis en ligne sur Pravoslavie.ru le 08 octobre 2021 à l’occasion de la fête de Saint-Serge. Le texte est introduit par le paragraphe suivant : Saint Serge de Radonège participe aujourd’hui encore à la vie du monastère qu’il a fondé et à celle de toute la Terre Russe. On l’appelle l’higoumène de la Terre Russe. Des histoires de détective, où les découvertes fantastiques se succèdent, se déroulent parfois à la Laure de la Sainte-Trinité et s’étendent loin autour de ce centre spirituel de la Russie.

(…) Volumineuse, de la forme d’une plaque concave, la parcelle des reliques du Saint Apôtre André le Premier appelé ressemblait nettement à une partie de son chef. Il fallait inviter à la Laure un bijoutier, afin de discuter de la meilleure façon de fabriquer son écrin. Réfléchissant longuement à qui choisir, on opta pour Vladimir Andreevich Ageichenko, Royaume des Cieux à lui! Il dirigeait alors son propre atelier de joaillerie. La réunion fut routinière, toutes les mesures ont furent prises. Une semaine et demie plus tard, le conservateur composa à nouveau son numéro pour lui signaler quelques détails supplémentaires. Mais la conversation, qui devait être terre-à-terre, fut précédée d’une exclamation joyeuse: «Père Corneiiiiiille ! J’ai trouvé celui qui a aménagé votre cachette!». Lire la Suite

Le Père Corneille et le cadeau de Saint Serge (1/3)

Le texte ci-dessous est le début de la traduction en trois parties d’un original russe de Madame Olga Orlova, mis en ligne sur Pravoslavie.ru le 08 octobre 2021 à l’occasion de la fête de Saint-Serge. Le texte est introduit par le paragraphe suivant : Saint Serge de Radonège participe aujourd’hui encore à la vie du monastère qu’il a fondé et à celle de toute la Terre Russe. On l’appelle l’higoumène de la Terre Russe. Des histoires de détective, où les découvertes fantastiques se succèdent, se déroulent parfois à la Laure de la Sainte-Trinité et s’étendent loin autour de ce centre spirituel de la Russie.

La châsse dans la salle Saint Serapion (Photo Pravoslavie.ru)

Tous les pèlerins de la Laure qui, après avoir ouvert les massives portes de fer, et s’éloignant des reliques de Saint Serge, sont descendus à la salle Saint-Serapion, se souviennent de la quantité de reliques préservées là en bas. Il y a vingt ans, on ne pouvait les voir toutes. Cet endroit est rempli de mystère… Si vous tournez à droite en bas de l’escalier, juste en face de l’entrée, il y a une énorme châsse protégée de verre. L’intérieur est divisé en trois parties: les tiers droit et gauche recèlent des parcelles de reliques, et au centre se trouve une plaque d’or reprenant les noms des saints. Sur elle est posée la croix-reliquaire de Saint-Serge, bénédiction que lui remit le Patriarche Philotheos de Constantinople, et à côté, des parcelles de reliques transférées à l’Église Orthodoxe Russe après la Grande Guerre Patriotique par le Métropolite Élie (Karam) du Liban et de la Montagne. Lire la Suite

Saint Seraphim de Vyritsa dans les souvenirs de l’Archiprêtre Ioann (Mironov)

Le texte ci-dessous est un paragraphe du livre des frères (jumeaux) les hiéromoines Cyrille et Méthode (Zinkovski) «Le Lien du temps» (Связь времен. Saint-Pétersbourg, 2011). Les frères Zinkovski, qui desservent l’église de la Très Sainte Mère de Dieu de Kazan à Vyritsa, où reposent les saintes reliques de Saint Seraphim, sont fils spirituels de l’Archiprêtre Ioann Mironov. L’Archiprêtre Ioann, âgé aujourd’hui de 95 ans, est l’un des derniers startsy de la région de Saint-Pétersbourg. Fils spirituel direct de Saint Seraphim de Vyritsa, il a lui-même, au fil des ans, nourri spirituellement des milliers de fidèles. Il officie encore aujourd’hui dans l’église de l’icône de la Très Sainte Mère de Dieu «Coupe inextinguible», située sur le territoire de l’usine ATI, à Saint-Pétersbourg.

Mes années d’études au Séminaire et à l’Académie, ainsi que toutes les cinquante années suivantes au service de l’Église du Christ, sont directement et inextricablement liées avec le nom du Père Seraphim de Vyritsa. Je suis né à Pskov dans une famille paysanne pieuse. Pendant mes années d’enfance avec ma famille, j’ai vécu toutes les horreurs de la «dékoulakisation», de la déportation, puis de l’occupation pendant la Grande Guerre Patriotique. En 1944, jeune homme de dix-sept ans, j’ai rejoint les rangs de l’armée active. Après avoir terminé mon service dans les Forces Armées, en 1947, j’ai décidé d’entrer au Séminaire. Dans les années d’après-guerre, de nombreux habitants de Pskov allaient voir le Père Seraphim pour obtenir des conseils et sa prière. Ma tante Anna me dit à propos de ce glorieux héros de l’ascèse: «A Vyritsa, il y a un grand starets; il voit tout à l’avance. Grâce à lui, tu apprendras certainement la volonté de Dieu à ton sujet…». A l’époque, je me nourrissais spirituellement auprès du Père Ioann Ivanov, futur Évêque de Kirov et Slobodsky. Ayant demandé sa bénédiction, je suis allé à Vyritsa. C’est ainsi que le Seigneur m’a conduit à Batiouchka Seraphim. Lire la Suite

Le Métropolite Manuel (Lemechevski). Tranches de vie. (2)

Écrits

Le texte ci-dessous est la traduction des pages 24 à 28 de l’essai biographique intitulé «Vie et service du Métropolite Manuel» (Жизнь и служение Митрополита Мануила), écrit par le Métropolite Ioann (Snytchev) l’année qui suivit la natalice du Métropolite Manuel (Lemechevski) qui fut son père spirituel pendant plusieurs dizaines d’années. La version utilisée pour cette traduction est celle qui fut publiée à Samara en 1997, par les Éditions «Samara Orthodoxe».L’auteur bénéficia non seulement de l’accès à de nombreux témoins directs et aux notes du journal que tint le Métropolite Manuel, mais il vécut auprès de celui-ci de nombreuses années et partagea avec lui toutes les épreuves de la vie de l’Église à l’époque de sa persécution impitoyable par le pouvoir. L’extrait ci-dessous propose une tranche de vie, celle des événements qui déclenchèrent la décision de Viktor Viktorovitch, futur héros de l’ascèse et métropolite, d’entrer au monastère. La première tranche de vie se trouve ici.

Vladika Manuel avec le jeune Vladika Ioann

Le 15 août 1909, son frère tomba soudainement malade. Paul vivait alors à Kronstadt où il suivait les cours de l’École de la Marine. La maladie, une pneumonie purulente, était si aiguë qu’il y avait très peu de chances de le voir se rétablir. Les heures de l’affliction étaient de retour dans la famille Lemechevski. Viktor était celui que cette maladie tourmentait le plus. Il aimait ce frère plus que ses autres frères et sœurs. Lire la Suite

Saint Jean de Kronstadt, le Métropolite Ioann (Snytchev) et le Tsar Pacificateur

Éléments biographiques

L’original russe du texte ci-dessous, rédigé par Sergeï Igorievitch Astakhov, Directeur Général des Éditions Tsarskoe Delo à Saint-Pétersbourg, a été publié pour la première fois dans le livre «Il y eut un homme, envoyé par Dieu», (Был человек от Бога…) (Vie du Métropolite Ioann (Snytchev)de Saint-Pétersbourg et Ladoga), édité pour la première fois 2005 et réédité en 2015. Dans cette deuxième édition, le texte se trouve aux pages 694 et 695.

La Providence Divine jugea bon, pour des raisons qui nous sont cachées et resteront jusqu’à la fin inexplicables à nos yeux, que Vladika Ioann quittât le monde terrestre le jour anniversaire du décès du Souverain Empereur Alexandre III.
C’est précisément le 20 octobre (2 novembre selon le ‘nouveau calendrier’) 1894, que décéda à Livadi le Tsar Pacificateur, dans la cinquantième année de sa vie, après avoir reçu de Saint Jean de Kronstadt, le Bon Pasteur de Toute la Russie, la bénédiction qui l’accompagna sur son dernier chemin .
Le Métropolite Ioann vénérait profondément la mémoire du défunt Souverain, et exactement un an avant sa mort, le 2 novembre 1994, il célébra solennellement une pannychide pour l’Empereur Alexandre III qui reposait en Dieu, devant sa tombe, à l’intérieur de la Cathédrale des Saints Apôtres Pierre et Paul à Saint-Pétersbourg. Ce jour-là, c’était la première fois depuis 1917 qu’un hiérarque priait sous les voûtes de la Cathédrale des Saints Pierre et Paul pour le repos de l’âme de tous les membres de la lignée régnante de la Maison Romanov. Vladika prit en outre les dispositions nécessaires afin que soit arrêtée la liste des noms des personnes à commémorer et pour que celles-ci le soient dans toutes les églises de Saint-Pétersbourg le jour anniversaire de leur décès.
Précisément un an plus tard, la Providence Divine voulut que le 2 novembre devienne aussi le jour de commémoration et de prières pour un autre grand homme de notre Patrie et ardent défenseur de l’Orthodoxie, le Métropolite Ioann de Saint-Pétersbourg et Ladoga.
On constate avec étonnement que le Batiouchka de Toute le Russie, le Saint et Juste Jean de Kronstadt se trouvait, par l’intermédiaire de ses saintes reliques, à proximité du lieu où décéda le Métropolite Ioann ; l’hôtel Couronne du Nord [Hôtel Severnaia Korona, dont la construction ne fut en réalité jamais terminée, et qui a été très récemment rasé. N.d.T.] se trouvait tout à côté du Monastère Saint Jean, quai de la Karpovka [Ce monastère abrite la chapelle où reposent les saintes reliques de Saint Jean de Kronstadt. N.d.T.].
En outre, la veille, le 1er novembre, l’Église célébrait la fête onomastique du Pasteur de Kronstadt. Celui-ci fut donc le dernier membre du chœur de tous les saints que vénéra Vladika Ioann, lors des offices du soir. Et quand on ramena le corps de Vladika Ioann à la Résidence métropolitaine, on n’avait pas encore enlevé l’icône de Saint Jean de Kronstadt et elle se trouvait toujours sur l’analoï de l’église de la résidence. Elle demeura devant son cercueil, et le Batiouchka de Toute la Russie accompagna ce grand Saint Hiérarque de Toute la Russie dans son dernier voyage…
Traduit du russe

La Staritsa Marie Matkovkine (2/3)

Le texte ci-dessous est traduit des pages 148 à 161 du livre de V.P. Philimonov, intitulé «La Constellation autour de Saint Seraphim» (Созвездие преподобного Серафима), publié par les éditions Satis à Saint-Pétersbourg, en 2018.
Ce récit concerne une disciple des Saints Pères Barnabé de la Skite de Gethsémani et Seraphim de Vyritsa. La description des traits et caractéristiques de cette sainte offrent un important complément de lumière éclairant la vie de Saint Seraphim de Vyritsa et permettent ainsi de faire plus profondément connaissance avec lui. Ces souvenirs de la vie de cette héroïne de l’ascèse ont été précieusement conservés, et puis transmis par Claudia Georgievna Petrounenkova, une de ses filles spirituelles.Voici la deuxième partie de la traduction. La première se trouve ici.

Ils furent très nombreux à accourir auprès de la Staritsa Marie pour qu’elle les aide à résoudre les problèmes les plus ardus de la vie spirituelle, et ceux aussi de la vie quotidienne.
Avec la la bénédiction de Sa Sainteté le Patriarche Alexis, elle reçut le grand schème, le 17 avril 1962, au Monastère de la Laure des Grottes de Pskov. C’était trois jours après le fête de Sainte Marie l’Égyptienne, comme le lui avait annoncé son père spirituel, Saint Barnabé. C’est le starets et higoumène du Grand Schème Savva (Ostanienko) lui-même qui tonsura Mère Marie. Tous étaient stupéfaits par la luminosité du visage de Matouchka. Sa voix était douce et paisible. Elle souriait toujours et très peu loquace. C’était toujours avec un pieux enthousiasme qu’elle se souvenait du Père Seraphim; on voyait que chacune de ses pensées au sujet de celui-ci était prière. Lire la Suite