La Lettre de Saint Seraphim de Sarov adressée au Saint Tsar Nicolas II

Le Saint Tsar Nicolas II
Le texte ci-dessous est traduit de la page 88 du livre «Chronique de la Vie et des Activités de la Bienheureuse Grande Duchesse Élisabeth Feodorovna» («Летопись жизни и деятельности Благоверной Великой Княгини Елисабеты Феодоровны»), rédigé et édité par Madame Ludmila Vladimirovna Koulikova, à Moscou, en 2011. Le fait rapporté se produisit au cours de la visite impériale, effectuée en juillet 1903, à Sarov et Divieyevo à l'occasion des cérémonies en l'honneur de l'accueil officiel du Père Seraphim de Sarov dans le Chœur des Saints. Plus précisément, ce fut le 20 juillet 1903 dans l'enceinte du Monastère de Divieyevo que le Saint Tsar Nicolas II eut la révélation de ce qu'allait être son destin et celui de la Russie. Ce fait fut déjà mentionné, entre autres, par Sergueï Fomine dans son livre «La Russie avant la Seconde Parousie» («Россия перед вторым пришествием», Moscou, 2001), ainsi que, par exemple, sur ce blog ou celui-ci.

A leur arrivée à Divieyevo, l’Empereur Souverain et l’Impératrice Souveraine demandèrent à examiner la chapelle Nord de l’église principale du monastère, préparée en vue de sa dédicace au Saint Père Seraphim. De là, les hôtes impériaux passèrent dans l’appartement de la supérieure, l’Higoumène Maria, et ils demandèrent que la Liturgie soit alors célébrée dans la chapelle privée de cette dernière. Pendant ce temps, dans l’appartement, on prépara un petit déjeuner accompagné de thé. Au début du petit déjeuner, l’Empereur Souverain et l’Impératrice Souveraine se rendirent auprès de Praskovia Ivanovna, la bienheureuse. Quand le petit déjeuner fut terminé, ce fut le tour de l’Impératrice Maria Feodorovna et des Grandes Duchesses de rendre pareille visite.
Lorsqu’ils eurent quitté Praskovia Ivanovna, les Souverains Impériaux allèrent auprès d’Elena Ivanovna Motovilov. L’Empereur Souverain savait en effet que celle-ci avait conservé une lettre que lui avait remise son défunt époux N.A. Motovilov, lettre rédigée par Saint Seraphim en 1829 et portant l’adresse: «à l’Empereur Souverain Nicolas Alexandrovitch». Saint Seraphim avait rédigé cette lettre et l’avait cachetée avec de la mie de pain… Il l’avait remise ensuite à N.A. Motovilov en lui disant «Tu ne vivras pas jusqu’alors, mais ton épouse vivra le moment où viendront à Divieyevo la Famille Impériale et le Tsar. Celui-ci viendra voir ton épouse; qu’elle lui remette alors cette lettre».
Quand le Souverain Nicolas II reçut la lettre, il la glissa, avec un pieux respect, dans sa poche de poitrine en disant qu’il la lirait plus tard.
Lorsqu’il fut revenu dans l’appartement de l’Higoumène, le Souverain lut la lettre. Alors, il pleura amèrement. Les membres de la Cour le consolèrent, disant que malgré que Batiouchka Seraphim fut un saint, il avait pu se tromper. Mais le Tsar, demeurant inconsolable, continuait à verser des larmes…

Traduit du russe

PS : Cette page du site de la Société Impériale Orthodoxe de Palestine propose une série de photos de la visite impériale à Divieyevo à l’occasion des cérémonies en question.

Saint Luc de Crimée : «De la Persévérance dans la prière»

agios-louka-st-lukaInnombrables sont les miracles accomplis par l’intercession du Saint Archevêque et Confesseur de la Foi Luc de Crimée. Saint Luc a illuminé la Terre de Russie et il illumine aujourd’hui le monde entier. Puisse-t-il nous accompagner dans la joie sur notre chemin vers le Christ et nous donner la force de porter notre croix. Afin de nous y aider le Saint homme a prononcé ses homélies et écrit ses textes. Ce site propose la traduction d’homélies et de textes de Saint Luc, à notre connaissance inédits en langue française. L’homélie ci-dessous a été prononcée le 21 février 1948. Elle est intégrée dans le recueil intitulé «Hâtez-vous à la suite du Christ» (Спешите идти за Христом)

Nous avons entendu aujourd’hui pendant la lecture de l’Évangile, la parabole du Seigneur qui nous dit que «dans une ville, il y avait un juge qui ne craignait point Dieu et qui n’avait d’égard pour personne. Il y avait aussi dans cette ville une veuve qui venait lui dire : ‘Fais-moi justice de ma partie adverse’. Pendant longtemps il refusa. Mais ensuite il dit en lui-même : ‘Quoique je ne craigne point Dieu et que je n’aie d’égard pour personne, néanmoins, parce que cette veuve m’importune, je lui ferai justice, afin qu’elle ne vienne pas sans cesse me rompre la tête’». Le Seigneur ajouta: «Entendez ce que dit le juge inique. Et Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient à lui jour et nuit, et tardera-t-il à leur égard? Je vous le dis, il leur fera promptement justice»(Lc.18, 2-8).
Il n’est pas rare que le Seigneur tarde, qu’Il soit lent à nous protéger. Souvent le Seigneur prend du temps avant d’exaucer nos souhaits, d’agréer nos demandes. Mais il s’agit seulement d’un délai, car le Seigneur a dit : «Je vous le dis, il leur fera promptement justice». N’y aurait-il pas une forme de contradiction entre tarder à répondre et faire promptement justice ? Qu’est-ce que cela peut signifier?

Cela signifie tout d’abord que le temps et le passage du temps ne sont pas du tout aux yeux de Dieu ce qu’ils sont aux yeux des hommes. Écoutez ce psaume de David : «Car mille ans sont, à tes yeux, Comme le jour d’hier, quand il n’est plus, Et comme une veille de la nuit» (Ps 89,4). Pour Dieu, mille ans sont comme un jour ; ce qui nous paraît fort long est très court aux yeux de Dieu.
Pourquoi le Seigneur tarde-t-Il souvent avant d’exaucer les souhaits de ceux et celles qui crient vers Lui jour et nuit? Car Il nous apprend ainsi à patienter, Il nous enseigne la patience. La patience est une grande vertu chrétienne. Tous les saints, les ermites, les ascètes durent lutter pendant des dizaines d’années ; ils prièrent Dieu pendant des dizaines d’années. Il y a quelques jours, je vous ai rappelé que Saint Antoine le Grand pria une année entière pour que le Seigneur lui dévoile le destin des âmes humaines lorsqu’elles se séparent du corps. Et il s’agissait là d’un souhait nettement moindre que ceux pour lesquels il priait Dieu incessamment : pour la sanctification de son âme, de son cœur, pour la rémission de ses péchés. Et s’il dut prier une année entière pour connaître le sort des âmes humaines lorsque le corps est mis dans la tombe, combien plus pria-t-il pour les souhaits plus importants.

Tous les saints prièrent sans relâche des dizaines d’années durant. Saint Seraphim de Sarov pria mille jours et mille nuits en se tenant sur une pierre. N’est-ce pas cela, la persistance dans la prière ? N’est-ce pas cela la patience, n’est-ce pas cela l’espérance infinie en Dieu ; l’espérance qui jamais ne se lasse, qui jamais ne refroidit ? Voilà comment il convient que nous adressions nos demandes à Dieu.
Il est évident que nous ne pouvons obtenir la sanctification de notre âme dès notre première demande car c’est à travers la patience que Dieu nous éduque. Il nous habitue à ce que nous n’imaginions pas recevoir très rapidement ce que nous Lui demandons. Les Saintes Écritures nous informent quant au sens et à l’importance de la patience. Le Saint Apôtre Jacques nous dit : «Mes frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés, sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience. Mais il faut que la patience accomplisse parfaitement son œuvre, afin que vous soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien» (Jc. 1, 2-4). Vous voyez que le Saint Apôtre attribue à la patience une fonction essentielle : la patience nous conduit vers la perfection. Sachez-le, et dès lors n’imaginez jamais qu’à la première prière, à la première demande vous recevrez de la part de Dieu ce que vous Lui demandez. Cela, vous devez le mériter, le mériter par la prière permanente, par la constante espérance en Dieu, la foi constante en ce que Dieu ne vous refusera pas ce pourquoi vous Le priez résolument et infatigablement. Vous devez y croire. Vous devez croire, vous devez savoir qu’il est nécessaire de prier Dieu sans relâche, comme la veuve implorait le juge de la défendre. C’est par la ferme constance de sa demande qu’elle obtint ce qu’elle demandait. Il en va de même pour nous ; nous recevrons ce que nous demandons à Dieu avec une grande patience et une espérance infatigable. Souvenez-vous de la sainte patience ; grande est cette vertu.
Ne soyez pas impulsifs, ne soyez pas pressés quand vous priez Dieu afin d’obtenir quelque chose. Cultivez la patience, éduquez votre âme dans la patience. Comme le dit l’Apôtre Paul, «Que le Seigneur dirige vos cœurs vers l’amour de Dieu et vers la patience du Christ!» (2Thes. 3,5). Et encore «N’abandonnez donc pas votre assurance, à laquelle est attachée une grande rémunération. Car vous avez besoin de persévérance, afin qu’après avoir accompli la volonté de Dieu, vous obteniez ce qui vous est promis» (Heb.10,35-36). Ne désespérez pas, n’abandonnez pas votre espérance ; avec grande patience priez infatigablement et constamment Dieu d’alléger le joug qui pèse sur votre vie, et de purifier votre cœur des impuretés qui y sont nichées. Amen

Traduit du russe.

 

Saint Seraphim de Sarov et la Tempête

Le site russe Pravmir a repris dans ses pages anglaises le texte ci-dessous du Père Thaddaeus Hardenbrook publié dans le bulletin «The Grapevine» du 13 janvier 2017, de la paroisse Saint Lawrence de Felton (Archévêché Grec Orthodoxe d’Amérique).

Un jour de cette semaine, au plus fort de la tempête, je rentrai à la maison et me débarrassai de mes vêtements de pluie. De ma place dans la salle à manger, j’apercevais les torrents d’eau qui dévalaient la colline et, débordant les buses de franchissement incapables d’absorber de telles quantités, surmontaient la digue de sacs de sable. Dans tous les coins, on fermait les routes, coupées par des coulées de boue. Dans les écoles, les cours étaient suspendus. L’électricité, elle, fonctionnait, mais combien de temps encore…
Je détournai mon regard de la fenêtre, et il se posa sur l’icône de Saint Seraphim de Sarov. Je me souvins que sa relique allait être exposée, le dimanche, à l’occasion de sa fête. Comme rien ne me pressait, je tirai de la bibliothèque le livre de sa vie, et je l’ouvris, providentiellement, sur ce passage: Lire la Suite