Il ne restera que quatre secondes

Le Starets Simeon

Le texte ci-dessous a été publié en russe le 18 octobre 2019 sur le site Pravoslavie.ru. Il est dû à Alexandre Bogatyrev. (Toutes les photos ci-dessous proviennent du site Pravoslavie.ru)
L’histoire des quatre secondes , je l’ai entendue voilà longtemps déjà. Elle a finit par faire partir du folklore qu’on entretient autour de l’Église. Il existe plusieurs version du récit, avec de sérieuses différences, c’est pourquoi j’ai décidé de trouver l’homme qui est concerné par ce récit. Appelons-le Alexandre Adlerski. La malchance voulut que la première fois que je me rendis à Sotchi, il ne s’y trouvât pas. Mais après, notre rencontre put avoir lui. Voici ce qu’il raconta.

Je vivais à Karaganda, mais depuis longtemps, je rêvais de déménager à Sotchi. Finalement, j’y parvins. J’étais sans travail, j’ai dû renoncer à mon logement. J’étais fortement dépressif. C’est à ce moment que je lus le livre de Nilus «De la Grandeur dans ce qui est petit», au sujet des startsy d’Optina et de Saint Seraphim de Sarov. Je me mis à aimer beaucoup Saint Seraphim. Je commençai à penser au sens de la vie, à aller à l’église, parfois, je disais la prière de Jésus. C’est alors que l’ennemi m’a attrapé. Lire la Suite

Saint Jean de Kronstadt guérit les possédés

Dieu accomplit de nombreux miracles à travers Son serviteur, le Saint et Juste Jean de Kronstadt. La prière de celui-ci était entendue, notamment, lorsqu’il s’agissait de libérer les possédés et d’expulser et de chasser les démons. Le Saint Batiouchka Jean constituait évidemment une cible primordiale pour ces derniers; il souffrait donc lui-aussi de leurs attaques. Les quatre textes ci-dessous relatent de tels événements. Ils sont extraits du tome 25 du ‘Journal’ tenu par Saint Jean de Kronstadt. (Святой праведный Иоанн Кронштадтский. Дневник. Том 25 1883-1890, Moscou 2018). Il est étonnant de constater que le Saint Père Jean a consigné ces quatre miracles de type similaire en l’espace d’une dizaine de jours consécutifs seulement.

Pp. 48-49. Le 29 décembre 1883, jeudi.
Après les matines, le seigneur accomplit un grand signe par la puissance de son nom. Barbara, une jeune paysanne de quinze ans, souffrait depuis sept ans d’un malicieux démon. Elle guérit après qu’on eut prié pour elle dans la cathédrale saint André, en présence d’une grande foule d’hommes et de femmes. Ses parents l’avaient emmenée en de nombreux endroits, à la recherche de la guérison, de la libération de cette torture infligée par l’ennemi. C’est ici seulement qu’elle fut libérée, après d’ardentes prières. Son père est le paysan Rodion Alekseev, du village de Drozdovo, Volosk de Soubbotine-sokolnine, dans l’ouïezd de Sytchevsk, Gouvernorat de Smolensk et sa mère s’appelle Anna Nikitina. Voilà qui sont ses parents. Lire la Suite

L’icône de la Très Sainte Mère de Dieu Starorousskaia.

L’icône aujourd’hui, dans l’église Saint Georges

Le texte ci-dessous a été publié le 1 octobre 2019 dans sa version russe originale, sur la page du réseau social Live Journal de la paroisse des Saints Apôtres Pierre et Paul de la ville de Staraia Roussa, dans l’Oblast de Novgorod. Les auteurs du textes sont Evgueni Poselianine, Valeri Melnikov et Nadejda Dmitrieva. Staraia Roussa est une des anciennes villes de Russie. Il en est fait mention dans un document datant de 1167. Jadis, elle occupa le quatrième rang dans les villes de Russie, aujourd’hui, elle est devenue une simple petite ville de 30 000 habitants. L’écrivain Fiodor Dostoievski y loua et ensuite acheta, en 1876, une ‘datcha’, où il écrivit «Les Frères Karamazov».
«Très Sainte Mère de Dieu, sauve nous, et rends-nous dignes, nous indignes, de soulever et porter Ton icône toute pure dans les rues de notre ville» Voilà la prière des habitants de Staraia Roussa à la Très Sainte Mère de Dieu.
Cette icône est appelée ‘starorousskaia’ car elle se trouve depuis des temps immémoriaux dans la ville de Staraia Roussa. La tradition explique que des Grecs d’Olviopol, bourgade du Gouvernorat de Kherson, à l’embouchure du Boug méridional, l’amenèrent, aux premiers temps du Christianisme, à Staraia Roussa, où elle demeura jusqu’à la moitié du XVIIe siècle. La ville se trouvait alors sur l’ancienne voie reliant Varègues et Grecs. Lire la Suite

Saint Jean de Kronstadt à propos du Métropolite Isidore et de Saint Théophane le Reclus.

Les deux textes ci-dessous sont extraits du Tome 26, édité en 2019 à Moscou, du ‘Journal du Saint et Juste Jean de Kronstadt’ (Святой праведный Иоанн Кронштадтский. Дневник) . Le premier est la traduction des pages 59-60 de ce livre. Le Saint Batiouchka de toute la Russie dévoile devant le Seigneur son attitude envers son supérieur hiérarchique, le Métropolite Isidore. Le second extrait, traduction des pages 124-125 de ce volume, concerne un songe que fit Saint Jean de Kronstadt et qui renverse l’attitude intérieure qu’il avait adoptée envers le Saint Évêque Théophane, le Reclus de Vychensk.

1er octobre 1891
Le Saint Synode représente le pouvoir spirituel le plus élevé en Russie; il est le représentant de l’Église de Russie, la source de la sainteté orthodoxe russe, l’instance de jugement la plus élevée, le gardien des canons apostoliques, patrologiques et conciliaires, le représentant du sacerdoce orthodoxe russe et l’éducateur de nombreux millions d’ouailles de l’État russe, le dirigeant suprême de tous les hiérarques de l’Église russe, et du concile sacré de Russie. Quelles obligations élevées, vastes, très compliquées et diverses !
Nous avons en nous un ver qui nous ronge, celui de l’amour de soi, et nous ne supportons pas la moindre humiliation, la moindre remontrance, ni l’inattention ou l’offense de la part d’autrui, non seulement de ceux qui nous sont inférieurs ou égaux, mais aussi de nos supérieurs, de nos dirigeants. Ce ver est particulièrement sensible, rancunier, malveillant, et méchant envers autrui. Nous devons tuer, crucifier ce ver, qui est notre vieil homme. Comment pouvons-nous le tuer ? Nous devons faire tout le contraire de ce qu’il veut, et à l’inverse, supporter joyeusement tout ce qui le contrarie : l’humiliation, l’offense, l’inattention et la négligence, à notre égard, de la part de ceux qui nous sont inférieurs, égaux ou supérieurs. Il faut manifester de la bienveillance envers tous ceux qui s’adressent à nous avec sévérité ou mépris, ne pas les offenser, les accuser, prier pour eux sincèrement et régulièrement.
Le Métropolite Isidore est un starets de 93 ans. Pendant trente cinq ans, j’ai souffert d’indisposition à son égard, à cause de son austérité, de sa dureté, de sa fierté, de sa sévérité, de sa maussaderie, de son incommunication et de son formalisme mortel envers moi et envers les prêtres. J’éprouvai de l’aversion et parlai de lui âprement, impétueusement, à de tierces personnes, bien que depuis huit ou dix ans il ait changé, dit-on, en s’améliorant, envers moi et envers autrui. Jusqu’ici, je n’étais pas du tout disposé à le voir ou à lui parler, craignant son austérité, sa fierté et sa mortelle froideur.
Mais il m’a fait beaucoup de bien, fut-ce à la demande ou par l’intermédiaire d’autrui. Il m’a remis les décorations prévues, laissé sans suite l’affaire qui m’opposait à Mouratov, m’a accordé sans délai les congés me permettant de me rendre à Moscou et en ma terre natale. Il ne m’a pas pourchassé, ni poursuivi, il m’a protégé quand cela fut nécessaire, il a fait preuve de bienveillance envers mes bonnes actions et de ma renommée auprès des gens bons. Je remercie le Seigneur, Je remercie l’archipasteur.

pp. 14 janvier 1894
Au cours du voyage en train express de Moscou à Piter, j’ai fait un songe étonnant à propos du Saint Évêque Théophane, décédé voici peu en réclusion, occupé par la rédaction d’œuvres spirituelles. Récemment, il s’était impitoyablement et jalousement moqué, dans un de ses écrits, de certaines expressions utilisées dans ma brochure sur la Sainte Trinité, ce qu’aucun écrivain spirituel convenablement éduqué n’aurait jamais pensé faire. A cause de cela, je conservais une réelle froideur envers sa mémoire et me réjouissait secrètement de sa mort, considérant celle-ci comme celle d’un homme plutôt dédaigneux, hostile et envieux à mon égard.
Dans mon songe, j’étais occupé à lire la liste de ses œuvres, et elle était la preuve, sous mes yeux, de ce qu’il avait dit, c’est-à-dire qu’il vécut en permanence avec Dieu, et alimenta avec Dieu de très nombreux enfants spirituels répandus partout, qui le vénéraient et l’aimaient, et que personne ne devait dédaigner son rang épiscopal, conféré par Dieu. Je ne me souviens pas de ce qu’il y avait d’autre sur cette liste justifiant Théophane. Je m’éveillai soudain et pris note de cette vision. J’appris à son propos que le Métropolite le considérait comme saint. Que le Seigneur lui pardonne ses chicaneries. Il me fut intéressant d’apprendre des détails de la fin de la vie de ce saint évêque, de la bouche de l’Archimandrite Arkadia [Supérieur du ‘désert’ de Vychensk, où Saint Théophane passa les dernières années de sa vie. Note de l’éditeur]. Un bruit courrait selon lequel Son Éminence Théophane aurait refusé de m’accueillir car il me trouvait indigne de cela. Je ne pense pas que ce soit vrai. Mais bon, j’ai réellement été indigne de le voir. Seigneur! Dans Ton Royaume, donne la paix à l’âme de Ton serviteur, le Saint Évêque Théophane, car il œuvra beaucoup, par ses écrits, en faveur de Ton Église.
Traduit du russe.

Le Saint Hiéromartyr Hilarion (Troïtski) et l’affaire P-34970

Le texte ci-dessous a été publié le 10 mai 2018 sur le site Pravoslavie.ru. Il est dû au Père Viktor Lenok, et présente un épisode jusqu’ici inconnu de la vie du Saint Hiéromartyr, l’Archevêque Hilarion (Troïtski). Cet épisode illustre le poids douloureux de la vie quotidienne de tous ceux qui, en Russie à partir de 1917, luttèrent pour la survie de l’Orthodoxie au fil de circonstances épouvantables, et il dépeint aussi un saint portant cette pesante croix.
Lorsqu’au printemps 1917 s’abattit sur la Russie une vague sans précédent de critiques de ses structures sociales et religieuses, les homélies des clercs étaient très souvent interprétées à travers un prisme exagérément politisé. Il en advint ainsi d’un prêche du Saint Hiéromartyr Hilarion (Troïtski), qui était à l’époque archimandrite et professeur à l’Académie de Théologie de Moscou.

Saint Hilarion Troïtski

Au début de l’année 1919, l’Archimandrite Hilarion prêchait assez régulièrement dans les paroisses et les monastères moscovites. Dans l’une des églises du Monastère de l’Ascension, celle de l’atelier du monastère, dans son homélie, qui ne contenait aucun appel de type politique, l’Archimandrite Hilarion évoqua les anciens partis des sadducéens et des pharisiens, et rappela que «pour être bienheureux, l’homme devait vivre selon les lois divines et combattre le péché». Le rappel de ce contexte biblique, et l’appel à vivre selon les lois établies par Dieu incitèrent des ouvriers acquis à l’esprit révolutionnaire à écrire… une lettre dénonçant l’Archimandrite Hilarion. La dénonciation des ouvriers de cette usine entraîna une procédure pénale. Le 10 mars 1919, l’Archimandrite Hilarion (Troïtski) fut arrêté.
Les matériaux de cette instruction judiciaire n’ont à ce jour pas été pris en compte par les chercheurs travaillant à la biographie du Saint Hiéromartyr Hilarion, très probablement parce que le libellé du dossier 10035 du Fonds des Archives gouvernementales de la Fédération de Russie, contenant l’instruction de l’affaire P-34970, est entaché d’une erreur dans le prénom et le patronyme du Saint Hiéromartyr: au lieu de «Vladimir Alekseevitch», celui-ci est appelé «Arseni Sergueevitch».

En détention, en 1923

Ces matériaux contiennent non seulement la réaction controversée des ouvriers-révolutionnaires à l’homélie du Saint Hiéromartyr Hilarion, mais aussi l’éclatante apologie de l’Orthodoxie que le Néo-martyr prononça lors de l’interrogatoire et rédigea personnellement. Des témoignages furent recueillis après avoir pris connaissance du contenu de la dénonciation par les ouvriers, mais les organes judiciaires soviétiques n’en firent usage à aucun moment par la suite. Au début, la déposition de l’Archimandrite Hilarion est consignée par un tiers, vraisemblablement, l’un des enquêteurs, mais celui-ci fait preuve d’un illettrisme tel que par la suite l’inculpé rédigea lui-même toutes ses déclarations. Selon ce qui ressort des explications écrites du Saint Hiéromartyr Hilarion, le président du conseil local des travailleurs lui aurait déclaré que les homélies ne pouvaient contenir de contexte politique, ce à quoi répondit le Saint Hiéromartyr Hilarion:«Mais je ne me soucie en rien de la politique! Je ne parlerai que de notre Seigneur Jésus Christ… J’ai prononcé deux homélies à caractère purement religieux. Aucun mot ne faisait référence aux autorités, à leurs agissements, et encore moins à la situation de l’État. J’ai parlé uniquement de l’âme de l’homme». Dans son homélie, Hilarion (Troïtski) évoqua les anciens partis, très répandus parmi les Juifs à l’époque du ministère du Christ: «Chez les Juifs, il existait deux partis dont parle l’Évangile: les sadducéens et les pharisiens. Les sadducéens ne croyaient pas en la vie à venir et s’attachaient au seul biens terrestres. C’est à ce parti qu’appartenaient les grands-prêtres juifs qui considéraient le peuple avec mépris et l’offensaient. Ce furent eux qui firent du temple un lieu de commerce et de lucre. Le Seigneur, dans ses propos réprimandait sévèrement ces gens, et ils le haïssaient à l’extrême. Les pharisien étaient des croyants qui souvent tombaient dans l’hypocrisie. Il en est aussi parmi nous:parfois les croyants prient, observent le jeûne, mais à l’intérieur d’eux-mêmes, ils restent méchants et agissent sans cœur vis-à-vis de leur prochain. Ainsi, chez les pharisiens, la foi se réduisait complètement aux apparences. Et les pharisiens n’attendaient pas de la part de notre Seigneur un royaume céleste, mais l’établissement d’un glorieux royaume terrestre. Mais le Christ répétait aux gens que Son Règne n’était pas de ce monde et que toutes les choses terrestres n’étaient que futilités par comparaison au Règne Céleste, qui naît et croît dans l’âme de l’homme. Les prêches du Christ ne plaisaient pas non plus à ces croyants très attachés aux intérêts terrestres; ils en étaient déçus».

V.A. Troïtski, professeur à l’ATM

L’ignorance de la Sainte Écriture et l’illettrisme des auditeurs conduisirent certains d’entre eux, particulièrement les travailleurs-communistes, à périphraser les propos du Saint Hiéromartyr Hilarion et d’interpréter le récit au sujet des sadducéens et des pharisiens comme un discours au sujet des… blancs et des rouges;en d’autres termes, ils y voyaient un contexte politique. «De ce passage, Morozov extrait une sélection incohérente et tout à fait contradictoire de termes, donnant ainsi à mon propos une nuance qu’il n’avait pas du tout… ce qui ne fait que témoigner de son inculture et de son parti-pris».
Une autre homélie du Saint Hiéromartyr Hilarion fut interprétée par les «camarades» de façon fort étrange, ce qui provoqua l’étonnement de l’Archimandrite Hilarion lorsqu’il prit connaissance de la déposition des ouvriers:«Les extraits de mon autre homélie, mentionnés dans les dépositions de Nesterov, Fiodorovski et Bogomolov s’avèrent forts curieux».
Cette homélie abordait le thème de la vie juste de l’homme qui accomplit la loi divine, proposant un exemple intéressant en vue d’illustrer une vie contraire aux commandements de Dieu : «Admettons qu’un ingénieur construise une voiture. Tant que la voiture fonctionne comme l’a voulu l’ingénieur, elle fonctionne avec succès. Mais imaginez que soudain, les roues de la machine disent:nous ne voulons plus tourner comme l’a décidé l’ingénieur, mais chacune comme nous le voulons. Qu’adviendra-t-il ? La machine se brisera et deviendra inutile. Il en va de même dans la vie spirituelle. Tant que les gens vivent selon la loi de Dieu, leur âme abritera paix et joie. Mais si les gens commencent à enfreindre la loi de Dieu, toute leur vie spirituelle en sera bouleversée et leur âme sera le théâtre d’un véritable enfer».
Les propos du Saint Martyr Hilarion suscitèrent les protestations parmi les travailleurs, dont trois adressèrent une dénonciation aux organes judiciaires : «Tous les trois déforment mes phrases, chacun de façon particulière, et y ajoute ses propres propos». Examinant les extraits choisis par les travailleurs, le Saint Hiéromartyr Hilarion s’étonne : «Mais qu’est-ce donc que cela? De l’ignorance profonde ou de la malice? Mais que que ce puisse être, je souffre alors que je suis innocent, je souffre de cette enquête car je suis à la tête d’une institution d’enseignement supérieur (l’Académie de Théologie de Moscou)».
Hilarion Troïtski nia avec force tout sous-entendu politique dans ses homélies, et il précise:«La politique m’est un domaine étranger et inconnu. Mon domaine est celui de la science t de la religion. Et voici que moi, qui me suis occupé toute ma vie de religion et de science, je suis arrêté pour être jugé par une cellule villageoise de communistes de province et de membres d’un détachement agro-alimentaire. J’avais cette fois plus de mille auditeurs prêts à témoigner de ce que mes homélies ne contenaient rien qui fût politique. Pour y trouver une dimension politique, il faut être myope et de mauvaise foi». Il demanda également que l’on mette fin à sa détention afin de reprendre son service et ses obligations personnelles.
Grâce à la déposition de l’Archimandrite Hilarion en réaction aux accusations portées contre lui, le juge de service, S. Koch, chargé d’instruire l’affaire, ne trouva aucune trace «de crime de protestation contre-révolutionnaire de la part de l’Archimandrite Hilarion, mit fin à sa réclusion, et lui remit une ‘obligation de comparaître’ dès la première injonction, à Moscou». L’enquête fut clôturée par le libellé suivant:« établissement d’une surveillance du citoyen Troïtski… à envoyer, dès la première tentative d’agitation contre les autorités soviétiques, à la Commission Moscovite extraordinaire de lutte contre la contre-révolution et le sabotage».
L’apologie brillante rédigée par le Saint Hiéromartyr Hilarion nous offre la possibilité non seulement de constater la profondeur de son savoir, mais aussi de voir de quel caractère fort et volontaire il faisait preuve».
L’Archimandrite Hilarion passa trois mois à la prison de Boutyrka, à Moscou, mais il considéra que ce temps passé dans un cachot fut extrêmement productif:«Tout d’abord, je vis bien; je me suis tout à fait adapté à l’endroit, comme il convient. Ma santé s’est même améliorée et j’ai grossi. Physiquement, je me sens très bien. Pour renforcer ma circulation sanguine, j’ai commencé à aller travailler au pompage de l’eau dans les sous-sols… Je me nourris pour l’instant très bien. Le temps s’écoule sans que je m’en rende compte. C’est fâcheux que je lise les livres si lentement. La vie s’écoule, mesurée, correcte. Si tout cela se déroulait quelque part dans un bel environnement naturel, ce serait un véritable sanatorium». Le Saint Hiéromartyr Hilarion donne une image très optimiste de l’époque de son premier séjour en prison. Ignorant tout du sort de l’Archimandrite Hilarion, les professeures de l’Académie de Théologie de Moscou adressèrent une requête à la Commission extraordinaire du Gouvernorat de Moscou, sollicitant la libération de l’archimandrite de la prison de Boutyrka, se portant garants pour lui. Dans leur missive, les professeur de l’Académie firent référence à ce que « à ce jour, il n’a adhéré à aucun parti ou organisation politique, et n’a participé à aucune action contre-révolutionnaire, et nous sommes convaincu qu’il ne se permettra à l’avenir aucune démarche allant contre les autorités soviétiques». La lettre était signée par les professeurs de l’Académie de Théologie de Moscou Anatoli Orlov, Sergueï Glagoliev, Paul Florenski, Ivan Popov, Bartholomée Ranov et Dimitri Lebedev. Tous furent fusillés après avoir subi la répression.
Traduit du russe
Source

Dans le Nord avec le Père Jean de Kronstadt. (2/2)

Le livre «Dans le Nord avec le Père Jean de Kronstadt, fut rédigé en 1903 par Sergueï Jivotoski, journaliste et illustrateur originaire de Kiev. Il vécut à Saint-Pétersbourg jusqu’en 1919. Il émigra alors , via la Finlande, aux États-Unis. Son livre offre un éclairage intéressant sur une activité concrète et récurrente de Saint Jean de Kronstadt. Originaire du village de Soura, dans le Gouvernorat d’Arkhangelsk, pendant de très nombreuses années, il retourna chaque été dans son pays natal, répandant ses prières et la bénédiction de Dieu sur tous les gens et les lieux qu’il rencontrait au cours de ce long pèlerinage. C’est au cours de ce voyage de 1903 que Saint Jean de Kronstadt posa la première pierre de l’église de la Sainte Trinité au Monastère de Leouchino, dont il fut le père spirituel. Le texte ci-dessous propose, en deux parties, l’introduction de l’auteur et les deux premiers chapitres du livre.Voici la seconde partie, la première se trouve ici.

Sviritsa est un hameau agglutiné pour l’essentiel autour du comptoir de navigation. Là, nous embarquâmes dans un navire de haute mer de type «Baïan», et remorquant le «Chestoviets» déserté, nous entrâmes dans l’embouchure de la rivière Svir. Le paysage changea immédiatement. Les ennuyeuses berges basses du canal étaient remplacées par les rives libres et vivantes de la superbe et rapide Svir. Nous nous trouvions déjà sur le territoire du Gouvernorat d’Olonets. Au plus nous remontions la rivière, au plus ses rives se faisaient escarpées. Lire la Suite