Trois dates, dont le 1er novembre, pour célébrer la mémoire de Saint Jean de Kronstadt.

L’original russe du texte ci-dessous est paru le 15 juin 2010 sur le site «ruskline.ru», sous le titre: «Nous avons été témoins de la création d’une nouvelle fête», rédigé par l’Archiprêtre Père Guennadi (Belovolov), au sujet des jours de l’année où l’on commémore le Saint et Juste Jean de Kronstadt. L’auteur a déjà été présenté à plusieurs reprises sur ce blog.

Hier, notre Église toute entière célébra une fête nouvelle: un jour où est commémoré notre Saint et Juste Père Jean de Kronstadt. Bien que les fidèles aient toujours marqué ce jour d’une pierre blanche du souvenir, l’an dernier il fut décidé de le fêter officiellement à Kronstadt, mais c’est cette année seulement qu’il fut intégré au calendrier. Célébré seulement dans les paroisses dédiées à Saint Jean de Kronstadt, le Monastère Saint Jean, le Podvorié de Leouchino, et à Kronstadt même, ce jour est devenu maintenant l’objet d’une célébration sur tout le territoire de la Russie, un jour commémoré par l’Église russe toute entière. Je pense qu’hier, dans de nombreuses églises liées au nom de Saint Jean de Kronstadt, et dans celles où est vénérée la mémoire du bon Batiouchka, une Liturgie fut célébrée. De cette façon, hier, nous sommes devenus témoins d’une nouvelle fête du calendrier ecclésiastique.
Involontairement, je me suis dit que c’était la première fois que nous célébrions ce jour, mais enfin, beaucoup d’autres fêtes ont, elles aussi, connu le premier jour de célébration, avant lequel elles n’existaient pas. Elles furent intégrées au calendrier de l’Église et devinrent par la suite partie intégrante de notre conscience ecclésiastique. Un jour, on célébra pour la première fois la fête du Saint Évêque Nicolas le thaumaturge, la fête du Saint Mégalomartyr Georges, et avant la révolution, nous savons avec quelle solennité fut célébrée la mémoire de Saint Seraphim de Sarov.
Pour nous, il ne fait aucun doute que la journée d’hier fut historique. Je pense que tous ceux et celles qui étaient dans l’église pour participer à la célébration consacrée au Père Jean de Kronstadt conserveront le souvenir de ce jour. D’autant plus qu’hier, nous célébrions le vingtième anniversaire de la glorification de Jean de Kronstadt. Ce jour, le premier (14) juin, est celui de la glorification du Pasteur de toute la Russie, depuis que, en 1990, peu de temps après son intronisation, la première démarche du nouveau Patriarche Alexis II fut de célébrer le rite de la glorification du Pasteur de Kronstadt au Monastère Saint Jean sur la rive de la Karpovka.
Je faisais alors partie des laïcs qui furent témoins de cet événement. Hier, pendant la célébration, je me suis souvenu à plusieurs reprises du tableau des deux rives de la Karpovka qui étaient bondées de monde à l’occasion de cette solennité, célébrée alors en plein air. A cette époque, c’était rare, le rite de glorification ne se célébrait pas même dans l’église, mais auprès du nouveau saint, à côté des reliques, devant la fenêtre de la crypte où reposaient les reliques du saint. Mais sans aucun doute, le rite tel qu’il fut accompli, exprimait l’esprit de ce pasteur du peuple, qui sans cesse allait et venait au sein de celui-ci. Et lors de sa glorification, c’est comme s’il était une fois encore sorti sur la rue, sur les rives de la Karpovka, vers le peuple. C’était symbolique.
Avec la journée d’hier, nous disposons d’un jour en plus où nous pouvons exprimer notre vénération envers Saint Jean de Kronstadt et déverser nos prières à ce saint pasteur. Et nous avons maintenant trois fêtes.

St Jean de Kronstadt

La première fut instituée par l’ErhF en 1964, glorifiant le Père Jean de Kronstadt, à l’initiative de Jean de Shanghai, le premier novembre selon le nouveau calendrier, assimilant le jour de sa glorification avec celui de sa naissance et de sa fête onomastique (le 19 octobre selon l’ancien calendrier). Ce jour était celui de sa glorification hors frontières. Le deuxième jour, celui de son décès, le 20 décembre (2 janvier), fut institué à juste titre comme celui de sa glorification, voici vingt ans. La journée d’hier fut, en fait, le troisième jour de fête du Père Jean de Kronstadt.
Cela signifie que c’est le Seigneur Lui-même qui glorifie celui qui Lui a plu, ajoutant un jour de plus à ceux qui lui sont déjà dédiés. Si l’on examine le calendrier ecclésiastique, nous voyons que les grands saints sont fêtés à plusieurs reprises. Saint Nicolas le Thaumaturge est fêté le jour de son décès, en décembre, et le jour de l’invention de ses reliques, en mai, et dans l’Église grecque, on fête la naissance de Saint Nicolas le 11 août. La plénitude de la gloire du Père Jean de Kronstadt se manifeste maintenant à travers ces trois jours de fête.
Je suis convaincu de ce que notre troisième jour de fête sera vénéré et aimé car il est aisé et agréable à célébrer. C’est l’été, tout reverdit, la nature s’exprime en ses parfums. Il est facile de partir en procession, de venir à Kronstadt, ou au Monastère Saint Jean. Hier, j’ai célébré dans l’église Saint Jean de Kronstadt, située à une bonne distance de Saint-Pétersbourg, dans la localité de Podborovié. C’est une des paroisses les plus éloignées de notre éparchie, mais c’est dans cette localité précisément que fut construite la première église de Saint Jean de Kronstadt dans notre éparchie. C’est là qu’en 1995 fut construite l’église en bois, consacrée en 1997. C’est ma paroisse lointaine, que j’aime beaucoup, et où je prie avec tant de facilité! Elle fut construite sur le modèle d’une chapelle qui existait au pays natal du Père Jean, au village de Soura. Celle-ci était consacrée à Sainte Parascève, et lorsque nous construisîmes l’église à Podborovié, nous avions photographié la chapelle de Soura et montré les photos à l’architecte auquel nous avons demandé de conserver au maximum la forme, tout en augmentant deux ou trois fois sa taille, pour qu’elle fût une église à part entière. De cette façon nous avons créé un lien entre notre église et la première chapelle ou Jean de Kronstadt pria dans son pays natal. Les paroissiens de notre église l’appellent le «petit Soura». Et nous y avons célébré hier la première fête. Le nombre de participants était étonnement élevé. Une sorte de joie pascale régnait parmi les paroissiens pendant la célébration. Au cours de l’homélie, j’ai rappelé que Batiouchka entend toujours et écoute nos faibles prières, et je pense qu’il n’est pas une seule prière adressée au Père Jean qu’il n’écoute pas et ne dépose pas au pied du Trône de Dieu. C’était un jour de gloire pour notre cher Batiouchka Jean de Kronstadt.

Saint Batiouchka Jean de Kronstadt, prie Dieu pour nous!

Traduit du russe.
Source

Kiev, ligne de front. Prier en attendant la persécution.

L’article ci-dessous, publié le 13 octobre 2018 sur le site Ruskline.ru est dû au Père Guennadi (Belovolov), le prêtre de la paroisse rurale de Somino, un petit village éloigné de 350 km de Saint-Pétersbourg. Il est également Directeur de l’Appartement-Mémorial de Saint Jean de Kronstadt, et fut l’acteur central de la restauration du Podvorié du Monastère de Leouchino à Saint-Pétersbourg. Homme de Dieu d’une activité débordante, il prend soin de la restauration d’anciennes église, de la construction de chapelles et d’oratoires dans les campagnes et forêts de sa paroisse. Docteur en littérature russe et spécialiste de Dostoïevski, il a rédigé de nombreux livres et brochures et participé à la réalisation d’une trilogie cinématographique sur Saint Seraphim de Vyritsa. Cette trilogie a remporté un prix dans un festival organisé à Kiev la semaine dernière et Batiouchka Guennadi en profite pour nous livrer son ressenti de la tension qui règne sur place. Lire la Suite

P. Guennadi (Belovolov) La Bienheureuse Maria, Servante d’Autel de Somino

Photo personnelle de l’Archiprêtre Guennadi sur sa page VK

Le P. Guennadi (Belovolov) est le prêtre de la paroisse rurale de Somino, un petit village éloigné de 350 km de Saint-Pétersbourg. Il est également Directeur de l’Appartement-Mémorial de Saint Jean de Kronstadt, et fut l’acteur central de la restauration du Podvorié du Monastère de Leouchino à Saint-Pétersbourg. Dans les textes ci-dessous, traduits de cinq articles qu’il publia entre 2007 et 2017, il nous présente «un exemple limpide de la dévotion populaire». (Le premier texte fut publié sur le site Ruskline.ru, les autres sur les pages personnelles du P. Guennadi). Certaines coupures ont été effectuées dans les originaux afin d’éviter les redites.

La Bienheureuse Maria de Somino

Voici peu, le 2 décembre a marqué l’anniversaire du décès de la grande héroïne de l’ascèse et de la dévotion, la bienheureuse Servante du Sanctuaire, Maria de Somino. Elle mena son combat ascétique, son podvig, pendant trente-trois années, dans l’église des Saints et Prééminents Apôtres Pierre et Paul, de la paroisse la plus éloignée de l’éparchie de Saint-Pétersbourg1, celle du village de Somino, dans le Raïon de Boksitogorsk. Elle vécut jusqu’à l’âge de 82 ans. Pendant ces temps d’athéisme, il était malaisé de trouver des serviteurs de sanctuaire parmi les hommes, et dans de nombreuses églises, ces ‘femmes-myrrhophores’ de l’époque recevaient la bénédiction du recteur pour servir au sanctuaire. La bienheureuse Maria servit avec la bénédiction de l’Higoumène Nicolas (Kouzmine), recteur de l’église de Somino, et par la suite, Supérieur de la Mission Spirituelle Russe à Jérusalem. Lire la Suite

Le Secret de Leouchino 3/3

Leouchino peinture de Viktor Podgornyi

A l’automne 2008, le site internet du journal orthodoxe Blagovest a publié un long article en deux parties, écrit par Madame Olga Larkina sur le Saint Monastère de Leouchino, aujourd’hui disparu, fleuron du patrimoine spirituel du Nord de la Russie. Ce texte plonge les lecteurs dans la spiritualité monastique de la Russie du début du vingtième siècle. Et il offre un aperçu des nombreux efforts mis en œuvre pour redonner vie à ce joyau dans ses dimensions matérielle et spirituelle. Un des acteurs de cette renaissance fut le Père Gennadi Belovolov, responsable de l’appartement-chapelle du Saint Batiouchka Jean de Kronstadt à Saint-Pétersbourg. Voici la troisième partie du texte.

D’inestimables Trésors sacrés

L’Higoumène Taissia

Un portrait de Matouchka Taïssia… Un autre de celle qui la précéda, la Moniale Sergia. Cette ascète qui fonda la communauté monastique de Leouchino adressa de façon inattendue une requête l’autorisant à se retirer au calme du Monastère de la Sainte Sophia en sa terre natale de Rybinsk et d’y observer le vœu du silence. Elle expliqua, plus tard, qu’elle avait ressenti cet appel et qu’elle n’y pouvait rien changer, c’est pourquoi elle avait prié qu’on la remplaçât. Et sa digne héritière fut la Moniale Taïssia, celle qui fit de la petite communauté d’une dizaine de sœurs la plus grande laure féminine de la Russie du Nord, qui hébergea jusqu’à sept cents sœurs! Matouchka transmit sa charge, selon ses dernières volontés, à la Sœur Agnès, qui assurait son service de cellule. Lire la Suite

Le Secret de Leouchino 2/3

Leouchino peinture de Viktor Podgornyi

A l’automne 2008, le site internet du journal orthodoxe Blagovest a publié un long article en deux parties, écrit par Madame Olga Larkina sur le Saint Monastère de Leouchino, aujourd’hui disparu, fleuron du patrimoine spirituel du Nord de la Russie. Ce texte plonge les lecteurs dans la spiritualité monastique de la Russie du début du vingtième siècle. Et il offre un aperçu des nombreux efforts mis en œuvre pour redonner vie à ce joyau dans ses dimensions matérielle et spirituelle. Un des acteurs de cette renaissance est le Père Gennadi Belovolov, responsable de l’appartement-chapelle du Saint Batiouchka Jean de Kronstadt à Saint-Pétersbourg. Voici la deuxième partie du texte. La première se trouve ici.

La Troisième chapelle

Un choc retentissant éclata au-delà des portes fermées de l’église. «Vous êtes les témoins d’un événement historique : la rupture du vieil ascenseur, dernier vestige du dispensaire neuropsychologique qui occupa de nombreuses années l’emplacement où se trouve maintenant l’église», nous dit le Père Gennadi. Les paroissiens de l’église restaurée1 empruntent toujours les escaliers, et aujourd’hui, on procède à l’opération : fin de l’ascenseur soviétique. Avant la Liturgie, Katherina, une assistante du Père Gennadi, m’a raconté que l’église principale du Podvorié de Leouchino à Saint-Pétersbourg avait été consacrée le 21 novembre 1894 lors d’un office concélébré par Saint Jean de Kronstadt. Un mois plus tard on consacra une chapelle dédiée à la Sainte Mégalomartyre Barbara. Lire la Suite

Le Secret de Leouchino 1/3

Leouchino peinture de Viktor Podgornyi

A l’automne 2008, le site internet du journal orthodoxe Blagovest a publié un long article en deux parties, écrit par Madame Olga Larkina sur le Saint Monastère de Leouchino, aujourd’hui disparu, fleuron du patrimoine spirituel du Nord de la Russie. Ce texte plonge les lecteurs dans la spiritualité monastique de la Russie du début du vingtième siècle. Et il offre un aperçu des nombreux efforts mis en œuvre pour redonner vie à ce joyau dans ses dimensions matérielle et spirituelle. Un des acteurs de cette renaissance est le Père Gennadi Belovolov, responsable de l’appartement-chapelle du Saint Batiouchka Jean de Kronstadt à Saint-Pétersbourg. Voici la première partie du texte.

Ce monastère n’existe plus depuis longtemps ; au-dessus de lui clapotent les vagues d’un lac artificiel.

Le Monastère de Leouchino sous eau

Extrait d’une lettre du 5 décembre 1905 de Saint Jean de Kronstadt à l’Higoumène Taïssia, supérieure du Monastère de Leouchino: «Je t’écris après la Liturgie que je viens de célébrer dans l’église de votre podvorié, et je le fais de ma propre initiative et non à la demande de quiconque… J’ai proclamé l’homélie et j’ai communié de nombreux fidèles. La foule qui s’avançait pour communier était intenable; ils me montaient sur la tête. Que faire! Mon cœur se fend; je n’exclus personne». Lire la Suite