Métropolite Ioann (Snytchev). La maladie.

Entretien

Le texte ci-dessous est extrait d’un entretien accordé en 1993 par la Métropolite Ioann de Saint-Pétersbourg et Ladoga à Madame Irina Vanine, correspondante du journal ‘Saint-Pétersbourg Orthodoxe’ (Санкт-Петербург Православный), à l’occasion de la visite effectuée le 10 mai 1993 par le Métropolite Ioann à l’Hôpital du Pokrov, située sur l’Île Vassilievski à Saint-Pétersbourg. L’entretien a été publié dans le numéro 10 de l’année 1999 dudit journal, et un long extrait est repris aux pages 538 et 539 du livre «Il était un homme envoyé par Dieu…» (Был человек от Бога), publié par les Éditions Tsarskoe Delo en 2015 à Saint-Pétersbourg.

«… Nous savons que les maladies sont envoyées en tant que punitions, en tant que pansements destinés à guérir l’homme. Parfois donc la maladie elle-même est curative. Elle conduit au repentir. Mais ceux qui vont chez les thérapeutes sans penser aux causes spirituelles de leur maladie veulent être débarrassés de celle-ci au plus vite.
Mais l’Église dit que le fondement du rétablissement de la santé, c’est le repentir. Et quand l’homme travaille intérieurement, spirituellement, sur lui-même, se pose alors cette question : la guérison complète est-elle nécessaire? Car il est tout de même vrai que parfois, il est tout simplement nécessaire de vivre en permanence avec une dose d’infirmité naturelle, afin d’interrompre le mouvement du péché.
Il m’est arrivé d’observer que quand l’homme est délivré de la maladie par la prière, rapidement, il retombe dans le péché. La nature humaine est très faible, c’est pourquoi, parfois il vaut mieux vivre avec la maladie. (…)
Le miracle de la guérison peut provenir d’ailleurs que de Dieu, tout comme la maladie peut arriver non seulement pour des raisons naturelles ou être envoyée par Dieu comme un rappel à l’ordre, mais aussi suite à une attaque diabolique. Dans ce cas, il est nécessaire de recourir à l’intervention de l’Église. Dans l’Évangile, il est dit, au sujet de la femme courbée : «cette fille d’Abraham, que satan tenait liée depuis dix-huit ans» (Luc 13,16). Il s’agit précisément d’une maladie diabolique, et seule la force de Dieu permet de s’en débarrasser.
(…) Je pourrais dire qu’à cause de mes nombreux péchés, mon corps est infirme. Je ne puis me vanter de ma santé. Des infirmités j’en ai, et elles sont nombreuses. La première d’entre elles, c’est le diabète, que j’ai depuis plus de trente ans, je souffre du cœur1, d’une tension artérielle trop élevée, et de problèmes de circulation sanguine. Et j’en ai encore beaucoup d’autres.
Je considère la médecine de façon très positive, car il est dit, tant dans les Saintes Écritures que chez les Saints Pères qu’il ne faut pas négliger les médecins car ils sont donnés par Dieu. Le don de soigner est un don reçu de Dieu, et les médicaments proviennent de la nature, que Dieu créa. Ils nous aident à faire sortir la maladie de notre organisme. C’est pourquoi j’éprouve un grand respect envers le travail des médecins et je bénis ceux-ci afin qu’ils mettent tout en œuvre pour le bien des hommes.»
Traduit du russe.

Métropolite Ioann (Snytchev). Russie

Portrait par Philippe Moskovitine

Portrait

Dans le texte ci-après, l’Archiprêtre Guennadi Belovolov relate un événement qu’il vécut avec le Métropolite Ioann (Snytchev), en mai 1993 . Ce récit fut publié pour la première fois le 1er novembre 2005, dans une publication du Podvorié de Leouchino, à Saint-Pétersbourg, dont le Père Guennadi (déjà connu à travers plusieurs traductions sur le présent blog, disponibles ici) fut recteur. Le texte est repris à la page 542 du livre «Il était un homme envoyé par Dieu», publié en 2015 par les éditions Tsarskoe Delo à Saint-Pétersbourg.

«Un jour, Vladika Ioann devait intervenir à la Maison du Cinéma… Celle-ci accueillait la première projection d’un film orthodoxe, et je devais également intervenir au cours de la soirée.
Sachant que Vladika serait présent, j’arrivai en avance afin de l’accueillir. Mais malgré que je sois arrivé trente minutes en avance, je fus surpris de voir que Vladika se trouvait déjà dans une sale de réunion de l’administration. Il m’invita à sa table et nous discutâmes du contenu de nos interventions respectives, et de l’ordre dans lequel nous allions intervenir.
Vladika avait l’air un peu souffrant, et tout naturellement, je lui demandai : «Vladika, comment va votre santé?» Il se figea soudain. Une pause eut lieu. Presque une minute. Il me sembla qu’il n’avait pas même entendu ma question. Je pensai : peut-être devrais-je répéter la question, mais est-ce convenable ?
Et soudain, Vladika dit : «Oui, ma santé, … et alors? L’essentiel, c’est tout de même la santé de la Russie».
J’avoue avoir été abasourdi par pareille réponse. La question, somme toute assez générale de ma part, avait engendré une réponse tellement profonde, complètement dépourvue de formalisme et d’étiquette. Et je sentis que pour Vladika, il en allait réellement ainsi, l’essentiel, c’était la santé de son pays, de son peuple, la santé de la Russie. Et lui, s’il était malade, c’était de la maladie et des misères de la Russie. Pour lui le concept d’une vie personnelle détachée de la vie de son troupeau, de son peuple, n’existait pas. Et s’il était Métropolite de Saint-Pétersbourg, on aurait pu l’appeler, en vérité, le pasteur de Toute la Russie.
Traduit du russe

Pour la famille First, le choix est fait.

Rive droite de la Volga

Le texte ci-dessous est la traduction d’un original russe écrit par Madame Mariana Birioukova publié le 13 août 2020 sur le portail Pravoslavie.ru. On voit dans le récit de cette famille la puissance de l’Orthodoxie comme «moteur de vie». Vivre dans l’Orthodoxie signifie que le temps, les marques de l’histoire, et l’espace, l’immensité des distances, ne sont pas des obstacles à la vie dans l’abondance de l’amour du Christ, au sein de l’Église.

Nous nous trouvons sur la rive haute et escarpée de la Volga, la rive gauche, celle de la steppe. La couleur de l’eau varie, tantôt bleue comme le ciel, tantôt bleu-vert, parcourue, par endroits, de moutons blancs. Les nuages d’août défilent. La rive d’en-face, la droite, est tout aussi haute et par places, couverte de forêts. Craquement d’absinthe sèche sous les pieds. À cinquante mètres de la rive, parmi les îlots de roseaux, les têtes des vaches des fermes locales émergent de l’eau jaunâtre: elles mangent les roseaux, car sur la terre, l’herbe a été brûlée par la sécheresse. Par leur mode de vie, ces vaches font penser à des hippopotames. Lire la Suite

Métropolite Ioann (Snytchev). Ce que lui coûta son intransigeance.

Éléments biographiques

Le texte ci-dessous est dû à l’actuel Métropolite Nikon d’Oufa et de Sterlitamak. En 1983, il fut ordonné diacre et ensuite prêtre par Vladika Ioann, qui était à l’époque archevêque de Kouibychev et Syzran (Actuellement, Samara). La première publication du texte eut lieu dans le N°29-32 du journal «Radonège.Revue Orthodoxe», en 1996. Il a ensuite été repris aux pages 546 et 547 du livre «Il était un homme envoyé par Dieu…» (Il n’en existe pas de traduction en français), dont l’édition utilisée ici date de 2015. Ce bref témoignage résume la position du Métropolite Ioann (Snytchev) vis-à-vis des gens «du pouvoir», et le prix qu’il eut à payer pour cela. L’exemple précis avec lequel le texte débute illustre la période post-communiste de 1990-1995, mais la posture s’applique à toutes les périodes de la vie de Vladika Ioann, comme on peut le lire dans l’ouvrage précité.

«Évidemment, les autorités de la ville, et à leur tête, le maire Anatoli Sobtchak, le détestaient. Les appels à la pureté spirituelle, à la vie en Christ, que Vladika adressait à tous non seulement leur paraissaient étranges, mais les gênaient, et ils les voyaient comme des accusations. Et la position patriotique qu’adoptait le Métropolite allait à l’encontre de toutes les activités de ces hauts-fonctionnaires. Il ne caressait pas les puissants dans le sens du poil. Leurs rapports avec le Métropolite devinrent ouvertement hostiles, bien souvent jusqu’à la mesquinerie.
D’Occident et d’Orient déferlaient les prédicateurs de sectes de toutes sortes, et en échange de dollars, toutes les portes s’ouvraient devant eux. Vladika ne pouvait s’accommoder de cela. Et de nouveau conflits émergèrent. Sa ténacité et sa fermeté suscitèrent inévitablement des affrontements avec les autorités.
Le résultat de ces luttes harassantes fut le décès prématuré de Vladika1.
Mais en dépit de son intransigeance dans ses relations avec les hommes de pouvoir, Vladika se distinguait, dans les relations personnelles, par une remarquable humilité. Il vivait dans une humilité totale. Il n’aimait pas les galas et réceptions; il les fuyait. Sa vie était une vie pour Dieu et pour le troupeau qui lui avait été confié.»
Traduit du russe

Anne de Kachine, Princesse deux fois sainte

Le texte ci-dessous a été composé et traduit à partir de trois articles originaux publiés en russe : «La Princesse Anne de Kachine : Drame personnel sur fond du joug de La Horde» (Княгиня Анна Кашинская: личная драма на фоне Ордынского ига. 10 juillet 2018), «La Princesse deux fois sainte» (Дважды святая княгиня. 3 août 2012) et «Vie d’Anne de Kachine» (Житие Анны Кашинской. Sans date, sur le site ‘Kachine Orthodoxe’).
Au cours de sa vie, la Princesse de la Principauté de Tver la Grande, Anna de Kachine, perdit quasiment tous ses parents proches. Ces temps étaient caractérisés par le joug de la Horde et les guerres intestines entre les principautés russes. Et son destin ne fut pas plus simple après sa mort. Pour commencer, on la considéra comme sainte et elle fut glorifiée. Ensuite la reconnaissance officielle de sa sainteté fut infirmée et on interdit ses offices et les prières qui lui étaient adressées. Et enfin, elle fut glorifiée à nouveau.

Court bonheur d’épouse et mère

Anna Dmitrievna naquit en 1280, dans la Maison Princière de Rostov. Le Prince Dmitri Borissovitch ayant, par son impétuosité, perdu ses terres, le pouvoir et la richesse, s’efforça de donner ses filles en mariage à une famille influente de la Rus’. L’aînée fut donnée à Ivan Dmitrievitch, neveu d’Alexandre Nevski, la puînée et la cadette furent données en mariage en même temps, la double noce fut célébrée en 1294.

Mikhaïl de Tver et Anne de Kachine

Anne, âgée de quatorze ans fut donnée au jeune Prince Mikhaïl de Tver et Vassilissa, à un veuf, le Grand Prince de Vladimir Andreï Alexandrovitch de Gorodets, troisième fils d’Alexandre Nevski. Seule Anne, parmi les filles de Dmitri de Rostov, fut destinée à une longue vie. Ses sœurs moururent jeunes, l’une après l’autre. Mais le temps du bonheur fut bref pour Anne. Sa vie d’épouse de Mikhaïl Iaroslavovitch, se déroula sous d’excellents auspices. Elle donna à son mari quatre fils et une fille. Dmitri aux Yeux Terribles (né le 15 septembre 1298), Théodora (née le 11 octobre 1299), Alexandre (né le 7 octobre 1300), Constantin (né en 1307) et Vassili (né entre 1307 et 1318). Mais le quatorzième siècle avait débuté, et ce fut un temps au cours duquel les princes ne pouvaient même rêver d’une vie tranquille.
Ambitions moscovites
Le Prince Mikhaïl de Tver avait reçu de droit la Grande Principauté de Vladimir, mais toute sa vie, il dût lutter contre Youri Danilovitch de Moscou qui ne voulait pas se résoudre à renoncer définitivement au pouvoir suprême sur les terres de la Rus’ parce qu’il n’avait pu accéder au trône de la Principauté de Vladimir suite à la mort de son père Daniel Alexandrovitch. Suite à ce décès, les enfants de Daniel perdirent à jamais le droit de devenir Grand Prince de la Rus’ de Vladimir. Youri Danilovitch combattit, intrigua, tricha.
Les escarmouches se multiplièrent entre les principautés. Youri finit par prendre femme au sein de La Horde d’Or, et pas une simple femme, mais Agathe, sœur du Khan Ouzbek Kontchaka. Au cours d’une des escarmouches, lors de la bataille de Bortenev, Agathe fut abandonnée aux gens de Tver et empoisonnée, pour provoquer la colère d’Ouzbek contre Mikhaïl de Tver. Youri, qui avait tout manigancé, se frotta les mains. Maintenant, Ouzbek lui donnerait la Grande Principauté!
Les pertes encourues par la Princesse Anne
A l’été 1318, Mikhaïl de Tver fut convoqué par le Khan Ouzbek pour être jugé. Il fut exécuté le 22 novembre 1318. Le 6 septembre 1319, son corps fut ramené à Tver, et plus tard, il fut accueilli dans le chœur des saints. Anne était veuve. En 1325, son fils aîné, Dmitri aux Yeux Terribles qui séjournait temporairement à La Horde, ne put supporter le sourire insolent de celui qui avait manigancé le meurtre de son père, et il occit Youri Danilovitch de Moscou. Parce qu’il s’était fait justice, Dmitri aux Yeux Terribles fut à son tour condamné par le Khan Ouzbek à être exécuté.
Alexandre Mikhaïlovitch, second fils d’Anne et du Saint Prince Mikhaïl devint Prince régnant. En 1327, il apporta son soutien au soulèvement des habitants de Tver contre les émissaires de La Horde dirigés par Tcholkan . La réaction fut écrasante. Tver fut ravagé par les troupes de La Horde soutenues par celles d’une alliance de princes russes, dirigée par Ivan Kalita. Et le Prince Alexandre s’exila de longues années à Pskov. Pardonné par Ouzbek en 1338, il put rentrer à Tver. Mais Moscou, rivale de Tver, était puissante. Cette fois, ce fut Ivan Danilovitch Kalita qui intrigua et corrompit les dignitaires de La Horde. Et en 1339, Alexandre Mikhaïlovitch de Tver et son fils aîné Fiodor furent traîtreusement mis en pièces à La Horde.
Constantin Mikhaïlovitch devint Prince régnant. Par mesure d’humiliation, Tver fut obligée d’envoyer ses plus lourdes cloches à Moscou. Les habitants de Tver qui les transportèrent pleuraient, et pleura la Princesse Anne, qui avait perdu son mari, deux fils et un petit-fils. Son fils Constantin était marié à Sophie Yourievna, fille de celui qui avait manigancé la mort de son mari . Anne survécut à son fils Constantin. Et elle survécut également aux luttes de son fils cadet Vassili contre les neveux de celui-ci, les enfants du défunt Alexandre. Et elle souffrit quand moururent de la peste quasiment tous ses petits enfants.
Seul Mikhaïl Alexandrovitch Mikouline, le plus jeune de ses petit-fils , fut pour elle source de joie ; il avait hérité du nom de son grand-père, de la lutte contre Moscou et de l’amour du peuple de Tver.
Monachisme et péripéties post-mortem
Anne reçut, la tonsure monastique, et le nom de Sophia au cours des dernières années de sa vie. La date exacte de la tonsure est inconnue, mais dès 1358, elle est mentionnée sous ce nom de Sophia dans des documents du Monastère Saint Athanase à Tver, monastère pour femmes. Au cours de l’été 1367, le Prince Vassili Mikhaïlovitch, fils d’Anna, voulut s’emparer de Tver, mais les troupes lituaniennes qui accoururent le forcèrent à quitter la ville. Anna quitta Tver en compagnie de son fils. Le lieu de ses exploits spirituels fut dès lors la ville de Kachine. Après avoir vécut 88 ans, elle mourut en 1368, recevant le grand schème avant sa mort, retrouvant Anne pour nom.
L’invention de ses reliques incorrompues eut lieu en 1611. Le lieu de sépulture d’Anne de Kachine fut en effet découvert en 1611. C’est ce que raconte le récit du «Miracle du Sacristain Gérassime». Dans l’ancienne église de l’Assomption en bois, très délabrée, le plancher de l’église s’était effondré, de sorte qu’un ancien cercueil avait fait surface. Ne sachant pas de qui il s’agissait, les habitants de la ville de Kachine le traitèrent sans la crainte appropriée. Une nuit, Anne de Kachine apparut au sacristain Gérassime de l’église de l’Assomption et lui dit: «Pourquoi ne protégez-vous pas mon cercueil ne m’accordez-vous aucune attention? Combien de temps allez-vous encore me piétiner?». Elle ordonna également à Gérassime de mentionner l’apparition au recteur de l’église.
De nombreux miracles et guérisons ont alors commencé à se produire près du cercueil d’Anne de Kachine. Au total, 41 miracles furent enregistrés avant la glorification de Sainte Anne. Des malades de diverses villes russes furent amenés à Kachine. En 1645, le boyard V. I. Strechnev, un parent du Tsar Mikhail Fiodorovich, séjourna à Kachine. Il transmit ensuite au Tsar une supplique sollicitant la glorification de Sainte Anne. En 1647, le Tsar Mikhaïl Fiodorovitch mourut sans avoir eu le temps de donner des dispositions à cet effet. La Princesse Anne de Kachine fut glorifiée en 1649, pendant le règne du Tsar Alexis Mikhaïlovitch, et le patriarcat de Nikon. Le 12 juin 1650 eut lieu la translation solennelle de ses reliques, de l’ancienne église, en bois, de la Dormition à Kachine, vers la nouvelle église, en pierre, de la Résurrection.
Mais bientôt survint… les réformes nikoniennes, et le signe de croix à deux doigts fut proscrit. Dès lors, en 1677, il fut décidé de «déglorifier» Anne, créant de la sorte un précédent dans l’histoire de l’Église Orthodoxe russe. Ses icônes furent détruites, les ‘vies’ d’Anne de Kachine et les prières qui lui étaient adressées furent anathématisées, et il fut interdit de célébré des molieben en la commémorant.
Cette interdiction fut largement provoquée par la politique. Les Vieux-Croyants soulignèrent que les doigts de la main droite étaient pliés dans un signe à deux doigts chez la Sainte qui venait d’être glorifiée. Par la suite, la Commission ecclésiastique réfuta cette affirmation. Cependant, les Vieux-Croyants firent appel de cette réfutation, essayant de prouver que, la Sainte princesse adhérant aux anciens rites, on ne pouvait changer ceux-ci. Le Synode, agissant également dans l’arène politique voulait s’opposer au raskol, et il empêcha la vénération de la Saint Princesse Anne par l’Église.
Bien sûr, même à des fins politiques, pareils actes ne peuvent pas être commis, car une personne glorifiée dans le chœur des saints est déjà un homme de Dieu. On touche dès lors ici, à des domaines complètement différents de la relation de l’homme avec Dieu.

Sainte Anne de Kachine

La restauration de la vénération ecclésiastique de Sainte Anne de Kachine eut lieu en 1908 [à l’initiative du Saint Tsar Martyr Nicolas. Il convient de noter que la vénération populaire de la Sainte Princesse n’a jamais cessé, même en dépit de l’interdiction officielle.
Toutefois, la justice fut restaurée [ à l’initiative de l’Archevêque Dmitri de Tver et à l’instigation du Saint Tsar Martyr Nicolas. N.d.T.] en 1909. Anne fut glorifiée à nouveau, on construisit des églises qui lui furent dédicacées, et les pèlerins en quête de guérison recommencèrent à affluer vers ses saintes reliques.
La mémoire de Sainte Anne de Kachine est vénérée trois fois l’an: le 2/15 octobre, jour de sa natalice, le 12/25 juin, le jour de sa seconde glorification en 1909, et le 21 juillet/3 août, le jour de l’invention de ses saintes reliques.
Sainte Mère Anne, prie Dieu pour nous !
Traduit du russe
Sources : 1, 2, 3.

Le Saint Hiéromartyr Hilarion raconte son emprisonnement aux Solovki. (2/2)

La traduction ci-dessous est celle d’un texte intitulé Je me suis habitué à la prison comme on s’habitue à son appartement, et sous-titré : Le Saint Hiéromartyr Hilarion raconte son emprisonnement aux Solovki. Il fut publié à l’origine le 28 décembre 2019 sur le site de l’Éparchie de Saratov, et rédigé par le hiérodiacre Serapion Zalesny. La première partie se trouve ici.

Il s’adressait à tous avec amour et compréhension. En chaque homme il voyait l’image et la ressemblance de Dieu. Il s’intéressait sincèrement à la vie de chaque personne. Il pouvait converser pendant des heures avec un officier ou un étudiant ou un professeur, ou un membre de la pègre, n’importe quel voleur notoire, et il questionnait son interlocuteur avec curiosité au sujet de ses «affaires» et de sa vie.

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