Le Saint Tsar Nicolas II. Podvig, ou «Autour de moi, tout n’est que trahison, lâcheté et tromperie» (1/2)

Le Saint Tsar Nicolas II
Pëtr Valentinovitch Multatuli est l'auteur, entre autres, du livre «Autour, tout n'est que trahison, lâcheté et tromperie» (Кругом измена, трусость и обман), paru aux éditions ACT en 2013. Le chapitre 4 du livre est intitulé 'L'abdication qui ne fut pas'. Le texte ci-dessous est la traduction de la section 13 de ce chapitre, intitulée 'Le combat spirituel héroïque de l'Empereur Nicolas II' (Духовный подвиг Императора Николая II)1 . L'auteur a introduit son ouvrage par l'annotation suivante: «L'histoire connaît de nombreux mythes. Parfois, les mythes sont tellement vivants qu'ils sont pris pour vérité. Parmi eux, on trouve la conviction selon laquelle, le 2 mars 1917, l'Empereur Nicolas II a abdiqué le trône, volontairement ou sous la pression des circonstances. Cette conviction fit office d'axiome depuis mars 1917. L'auteur prouve, sur base de documents, que cette «abdication» fut le résultat d'un coup d’État planifié par le gouvernement.» (Les références des citations reprises dans le texte russe n'ont pas été conservées)

Le 2 mars 1917, à Pskov, alors que la guerre faisait rage, à la veille d’une attaque décisive de l’armée russe, fut perpétrée une trahison sans précédent dans l’histoire; le sommet de la société et le sommet de l’armée trahirent leur Tsar, l’Oint-de-Dieu, le Commandant Suprême. Les noms de ces traîtres sont connus. Ces gens portant le frac à pan, orné d’épaulettes d’or et du monogramme impérial, rendirent un service inestimable au bolchevisme qui approchait. On peut affirmer avec certitude que le crime commis au sous-sol de la Maison Ipatiev fut préparé, entre autres, par les «hommes de février» et que les racines de ce qui se produisit le 17 juillet à Ekaterinbourg remontent aux événements du 2 mars 1917 à Pskov. Il ne fait aucun doute que l’un des motifs du meurtre de l’Empereur Nicolas II et de sa famille fut la peur de ceux qui préparèrent le faux Manifeste, car si l’Empereur venait à retrouver la liberté, tout le mensonge de l’«abdication» serait dévoilé. Et cela aurait immédiatement rendu tout pouvoir révolutionnaire en Russie complètement illégitime. Ainsi, dès la forgerie de mars, le meurtre du Tsar était devenu inéluctable. Les conspirateurs, députés, capitalistes, généraux savaient très bien qu’ils trahissaient, ils savaient qu’ils mentaient, ils savaient qu’ils soumettaient le Tsar à un danger mortel. Les circonstances qui les ont guidés et transformés en traîtres, la manière dont ils vécurent cette trahison, ce que firent d’eux par la suite leurs complices, c’est uniquement pour leurs biographes que tout cela présente un quelconque intérêt. Lire la Suite

Le Saint Tsar Nicolas II. Avril 1918, dernière Fête Pascale

Le Saint Tsar Nicolas II
Les extraits ci-dessous sont empruntés directement aux pages 196, 197, 198 de la traduction française du 'Journal' que rédigeait le Saint Tsar Nicolas II, et intitulée «Journal intime de Nicolas II (Juillet 1914-Juillet 1918)» publiée par les éditions Payot, à Paris, en 1934. (Traduction de M. Bénouville et A. Kaznakov. P.). Ce fut la dernière Grande et Sainte Semaine, la dernière Fête de Pâques, vécues sur cette terre par le Saint Tsar et sa famille, malheureusement scindée en ces instants. Le Tsar, l'Impératrice et la Grande Duchesse Maria étaient détenus par les bolcheviques dans la maison de l'ingénieur Ipatiev, à Ekaterinbourg. Ils avaient été auparavant séparés de quatre de leurs enfants, les Grandes Duchesses Olga, Tatiana, Anastasia et le Tsarévitch Alexis, demeurés dans leur lieu de captivité précédent, à Tobolsk, du fait de l'impossibilité de transporter le Tsarevitch perclus de douleur dans une crise aiguë, des suites de son hémophilie. Les trois filles durent rester auprès de leur frère, en compagnie de quelques derniers proches de la Famille Impériale, dont Pierre Gilliard (1879-1962), le précepteur suisse du Tsarévitch. Les membres de la famille au complet seront de nouveau réunis peu de temps après, à Ekaterinbourg, avant d'être bestialement assassinés en juillet 1918.

18 avril. Mercredi.
Nous avons merveilleusement dormi. A 9 heures, avons pris le thé. Alix est restée au lit pour se reposer des fatigues et des émotions de ces jours derniers.
Avons entendu le cortège passer en musique à l’occasion du 1er mai. Aujourd’hui, on ne nous a pas laissés sortir dans le jardin. J’ai voulu prendre un bon bain, mais les conduites d’eau ne fonctionnaient pas et il était impossible d’aller chercher de l’eau dans un tonneau. C’est ennuyant car je souffre de ne pas être propre. Le temps était superbe:soleil éblouissant et 15° à l’ombre. Pris l’air par un vasistas.

19 avril. Jeudi Saint.

Une des dernières photos de la Sainte Famille Impériale

Le temps a été beau, mais avec du vent et des nuages de poussière. Le soleil brûlait à travers les vitres. Le matin, lu à Alix «La sagesse et la destinée» de Maeterlinck. Ensuite, continué la lecture de la Bible. On n’a apporté le déjeuner qu’à deux heures. Après le repas, tous, sauf Alix, ont profité de la permission de sortir une heure dans le jardin. Le temps s’était rafraîchi et il est même tombé quelques gouttes d’eau. Il faisait bon respirer. En entendant sonner les cloches, j’ai été pris de tristesse à l’idée que c’était la Semaine Sainte, que nous sommes dans l’impossibilité d’assister à ces merveilleux offices et qu’en outre, nous ne pouvons même pas faire maigre. Avant le thé, j’ai eu le bonheur de me laver à fond dans la baignoire.
Avons dîné à 9 heures. Le soir, tous les habitants des quatre pièces se sont réunis dans le salon, où Botkine et moi avons lu à tour de rôle les douze évangiles. Ensuite, nous nous sommes couchés.

20 avril. Vendredi Saint.
A notre réveil, il faisait sensiblement plus froid. Au lieu de pluie, il est tombé de la neige qui fondait aussitôt. Le soleil s’est montré par instants. Je ne sais pourquoi, voilà deux jours et deux nuits que la garde n’est pas relevée. Maintenant les soldats sont installés au rez-de-chaussée. C’est bien plus commode pour nous, car nous ne devons plus passer devant eux pour aller aux W.C. ou à la salle de bain et nous n’auront plus cette odeur de tabac de troupe dans la salle à manger.
Nous avons déjeuné avec beaucoup de retard (à 3h.30) à cause de l’afflux des provisions pour les fêtes. Ensuite, je me suis promené une demi-heure avec Marie et Botkine. Nous avons pris le thé à 6 heures. Le matin et le soir, comme les jours précédents. J’ai lu à haute voix les saints évangiles dans notre chambre. Des allusions peu claires de ceux qui nous entourent nous donnent à penser que ce pauvre Valia n’est pas en liberté et qu’il sera soumis à une enquête, après laquelle on le libérera. Il est absolument impossible d’entrer en communication avec lui, de quelque façon que ce soit, malgré tous les efforts de Botkine. Nous avons très bien soupé à 9h.30.

21 avril. Samedi Saint.
Nous nous sommes levés assez tard. Journée grise, froide, avec bourrasques de neige. Toute la matinée, j’ai lu à haute voix, écrit quelques lignes dans les lettres qu’Alix et Marie envoient à nos enfants et dessiné le plan de cette maison. Avons déjeuné à 1h.30. Nous nous sommes promenés 20 minutes. Sur la demande de Botkine, on nous a accordé l’autorisation de faire venir un prêtre et un diacre. A 8 heures, ils ont dit l’office de Pâques, rapidement et bien. Cela a été une grande consolation de prier, même dans ces conditions, et d’entendre Christ est ressuscité. Oukraïntsev, adjoint du commandant, et les soldats de garde assistaient au service. Ensuite, nous avons dîné et nous sommes couchés de bonne heure.

22 avril. Pâques.
Toute la soirée et une partie de la nuit, nous avons entendu les détonations des feux d’artifice qui ont été allumés dans plusieurs quartiers. L’après-midi, il a fait environ 3° au-dessous et un ciel gris. Le matin, nous avons échangé le baiser pascal entre nous et, en buvant le thé, nous avons mangé du «Koulitch» et des œufs rouges; nous n’avons pas pu nous procurer de «gâteau de Pâques».
Avons déjeuné et dîné aux heures habituelles. Nous nous sommes promenés une demi-heure. Le soir, avons causé longtemps avec Oukraïntsev chez Botkine.

23 avril. Lundi.

La Sainte Famille Impériale devant la Maison Ipatiev où elle mourut en martyre en Juillet 1918

Nous nous sommes levés tard par une matinée grise et glacée. Pour la seconde fois, nous passons enfermés la fête de ma chère Alix, mais, cette fois, toute la famille n’est pas réunie. Par le commandant, nous avons appris qu’il y a cinq jours, Alexis sortait déjà. Dieu soit loué. Nous nous sommes promenés par le soleil et par le grésil. La température s’est tenue entre 3° et 4° au-dessous. Avant le dîner, nous avons voulu faire du feu dans la cheminée de la salle à manger, mais le vent rabattait tellement la fumée qu’il a fallu éteindre le feu et il a fait frais dans les chambres.

Miracle du Saint Tsar Nicolas II et de la Sainte Grande Duchesse Maria

Le Saint Tsar Nicolas II
Le récit ci-dessous, lu sur le site russe «Tsar Nikolaï», est emprunté au n°15, de 1997, du magazine Russkii Palomnik ("Русский паломник"). Ce texte y est signé 'Nina Kartachova'. Il fut traduit, en son temps, de façon légèrement différente, pour être intégré à l'excellent livre de Viktor Loupan «Nicolas II Le Saint Tsar». Depuis la naissance au ciel du Saint Tsar et de sa famille, Notre Seigneur Jésus les a glorifiés et continue à le faire à travers maints miracles. Celui qui est rapporté dans le texte ci-dessous fut manifesté à travers la Sainte Martyre Maria, Grande Duchesse, troisième fille du Saint Tsar Nicolas II, et à travers celui-ci également, de façon moins immédiate à nos yeux humains. Ce récit remémore, accessoirement, l'engagement et le travail généreux de la Sainte Impératrice Alexandra Feodorovna et des quatre Grandes Duchesses, en qualité de «d'infirmières-soeurs de la charité» et de visiteuses dans les hôpitaux organisés dans la capitale et à travers tout le pays, où étaient accueillis et soignés les militaires russes blessés au front.

De façon récurrente, chaque année, pendant plus de dix ans, je souffrais de pneumonie. A l’époque, j’étais déjà mariée, mais ma chère et inoubliable babouchka n’était déjà plus de ce monde. Ce printemps-là, la maladie survint après que je me fus trouvée à plusieurs reprises dans les courants d’air. J’étais très accablée. Je supportai les douloureux maux de jambes, jusqu’à ce que j’en tombe. C’était le jour anniversaire de la naissance de l’Empereur nouveau martyr, le 19 mai. Ce jour est souligné dans mon journal. Mais à ma grande tristesse, j’étais complètement seule à la maison ; mon mari était parti en voyage d’affaire, ma famille habitait loin. Je ne pouvais compter sur l’aide de personne. Pourtant, j’avais besoin d’aide ; je n’étais pas même capable de me lever si on sonnait à la porte. Je sentais sur moi un poids sans vie, mortel, terrible. Mon esprit perdit toute force, je lâchai prise. Je tremblais à cause de la fièvre, j’avais soif.
Le lendemain matin, je me sentais mieux lorsque je m’éveillai. Je sentis une odeur de lilas et entendis à travers la fenêtre les oiseaux chanter. Je n’avais quasiment plus de fièvre. Une couche supplémentaire me protégeait, outre la couverture: une vielle capote d’officier ornée d’aigles! Seigneur! Mais d’où venait-elle?

La Sainte Grande Duchesse Strastoterptsa Maria

Une jeune fille qui devait être âgée d’environ dix-sept ans était assise dans le fauteuil et lisait, avec douceur et d’une merveilleuse voix profonde, l’acathiste à Saint Nicolas, dans un cahier que je reconnus immédiatement! (Jadis, quand j’étais une petite fille de sept ans, à la demande de ma babouchka, qui était moniale dans le monde, j’avais recopié cet acathiste dans un certain cahier, pour une tante malade). Je pris peur et criai : «Je délire!». Je ne connaissais pas cette jeune fille. Et personne, pas même notre nièce de Leningrad, s’il lui était venu à l’idée de me rendre visite, ne pouvait être capable de lire l’acathiste à voix haute et en psalmodiant. Et la prononciation de cette inconnue était désuète, comme celle de babouchka ; elle prononçait les «tch» et les «chtch» à la pétersbourgeoise. C’était sûr, je délirais! Mais malgré tout, je demandai :
D’où vient cette ancienne capote ?
– De Papinou.
– Et qui es-tu ?
– Maria.
– Quelle Maria ?
– Une sœur de la Charité.
J’observai son visage rond et ses grands yeux gris, son apparence digne et humble. Sa robe de couleur bleu clair était simple. Un vase contenait une branche de lilas frais.
– Donne-moi à boire.
Elle avança vers moi avec une tasse de lait chaud. Je demandai :
C’est quoi, mon délire?
– Dostoïevski a dit que le délire et la folie n’existent pas. Simplement, dans certaines circonstances extrêmes, les gens voient un autre monde.
Je bus le lait. C’était bon, chaud.
Aujourd’hui, tu vas guérir, définitivement. Papa l’a dit. Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de sa naissance, et après-demain, sa fête onomastique. Veux-tu que je continue à lire l’office?
– Non! Lis autre chose, quelque chose de profane et joyeux, et ensuite, l’office…
Et la voix, roucoulement modulé depuis les notes basses jusqu’aux plus cristallines, me lut l’histoire amusante d’une petite dame au parapluie en dentelles et à la jupe à froufrous. Tchekhov? Impossible de me rappeler ce que pouvait être pareille histoire. C’est seulement plus tard, dans les années ’90, quand fut édité le livre de Nadejda Teffi, que je reconnus le récit !
Après que celui-ci fut terminé, je n’osais plus, je ne sais pourquoi, demander de lire autre chose ; je faisais confiance à ma charitable visiteuse. Elle se leva. A mon chevet était accrochée, et elle y est encore, une icône, reçue de ma babouchka, du Sauveur et de la Très Sainte Mère de Dieu. La jeune fille se tint devant l’icône, et je me mis à genoux sur mon lit :
«Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, sauve-moi et aie pitié de nous, pécheurs. Très Sainte Mère de Dieu, sauve-nous».
Ensuite, je m’endormis. A mon réveil, j’étais fraîche et en bonne santé. Seule dans ma chambre. Mais la branche de lilas, qui n’était pas dans ma chambre avant que je n’y soit alitée, continuait à embaumer. La petite lampe à huile brûlait, alors que je ne l’avais pas allumée.Mais la preuve la plus évidente de ce que moi, la mauvaise, la pécheresse, j’avais été trouvée digne d’une visite de l’au-delà, c’était le chotki de Babouchka! Ce chotki pendait sur l’icône du Sauveur. Et c’était bien ce chotki avec lequel Babouchka avait été inhumée. Les fils de laine verte réunis en pinceau au bout de la croix avaient disparus, décomposés, mais le chotki lui-même était toujours entier. Depuis ce jour, jamais je ne me sépare de ce chotki. Je n’osais raconter cette histoire à personne, de peur qu’on me prenne pour une folle, mais mes proches, et notre prêtre, accordèrent foi à mes propos et priaient avec moi. Ma maladie a complètement disparu, sans aucune séquelle. Je crois sincèrement que j’ai été guérie de cette miraculeuse façon par les saintes prières de ma babouchka. Elle avait une grande vénération pour Saint Nicolas le Thaumaturge et pour les nouveaux martyrs de la Famille Impériale. Nous étions allés deux fois avec elle en pèlerinage dans la ville qui s’appelait encore Sverdlovsk, à la maison Ipatiev.

Traduit du russe
Source.

L’icône miraculeuse du Saint Empereur Nicolas II (2/2)

Le Saint Tsar Nicolas II
L'icône miraculeuse du Saint Tsar-Martyr Nicolas II, dont s'écoule du myrrhon, bénéficie d'un protecteur: le médecin-chirurgien moscovite Oleg Ivanovitch Beltchenko. Il voyage avec elle d'église en monastère, quand son emploi du temps chargé le lui permet. Et lorsqu'il ne peut le faire, d'autres gens prennent soin de la sainte icône. Des donateurs assument le coût de l'impression de petites icônes en papier, et les revenus que la distribution de celles-ci produisent sont consacrés à la peinture1 de nouvelles icônes sur bois. Oleg Ivanovitch offre alors ces nouvelles icônes aux églises, dans l'espoir que, dans un proche avenir, chaque église aura son icône du Saint Souverain. Ceci est le seconde partie du texte; la première se trouve ici.
Icône Miraculeuse du Saint Tsar , par l’iconographe Tikhomirov

De nombreux cas de guérisons se sont produits en Ukraine également. Un jour, une dame au ventre énorme est venue prier devant l’icône du Tsar-Martyr. Cette maladie s’appelle l’ascite; il s’agit d’une accumulation de liquide dans la cavité abdominale. Elle respirait avec difficulté, à la limite de la suffocation. Après qu’elle ait vénéré l’icône, son ventre dégonfla. Où le liquide disparut-il, cela demeura incompréhensible, même aux médecins. Les douleurs qui la torturaient cessèrent, et elle finit par mourir très paisiblement et calmement. Dieu lui avait fait grâce d’un allègement de ses souffrances avant sa mort.
Voici un autre cas: Un homme avait dû être amputé d’une main. Il demeura longtemps à la maison, en congé de maladie, affligé par une forte température. Dès qu’il eut vénéré l’icône miraculeuse, il se sentit en pleine forme et le lendemain, il retourna travailler.
Racontez-nous, s’il vous plaît, les voyages de l’icône miraculeuse.
Assez étrangement, le plus souvent, nous avons été invités dans les lieux où le Souverain, au cours de sa vie terrestre, souhaita se rendre mais n’y parvint pas. Tous les voyages se déroulèrent avec l’aide de Dieu. Au cours de ces années, l’icône miraculeuse survola toute la Russie en avion, mais aussi l’Ukraine et la Biélorussie. Elle est allée en Grèce, en France, en Belgique, aux Pays-Bas, en Serbie, en Macédoine, et même sur la Sainte Montagne de l’Athos. En 2002, l’icône du Souverain rendit visite à Ekaterinbourg. Une agrypnie fut organisée dans l’église-sur-le-sang, dont la construction n’était alors pas encore achevée. Quand nous sortîmes de la Liturgie à Ekaterinbourg, nous partîmes à Alapaevsk et ensuite à Vierkhotourié. Dans cette ville, près du monastère, on peut voir une très jolie maison. Il se fait qu’elle fut construite spécialement pour accueillir le Souverain. Mais la Première Guerre Mondiale survint et empêcha celui-ci de séjourner à Vierkhotourié et de vénérer les saintes reliques de Siméon de Vierkhotourié.
L’existence de l’icône miraculeuse devint renommée et on commença à m’inviter dans différents pays. Le premier fut la Finlande. Mais à cette époque je refusais, par crainte de perdre définitivement cette icône; quelle perte pour la Russie! Des copies furent faites sans l’autorisation de l’iconographe, enfreignant les droits d’auteurs. C’était affligeant. Arriva alors une invitation de France. Je téléphonai à Ia Dimitrievna Schmit avec qui je pus m’entretenir. Je lui dis: «J’ai peur de sortir du pays. Des copies ont été faites sans votre autorisation. Cela signifie que du point de vue légal l’icône peut être saisie. Pour moi, c’est effroyable d’imaginer que les Chrétiens Orthodoxes de Russie pourraient ne plus jamais la voir». De l’autre côté du monde, Ia Dimitrievna me répondit: «Ne craignez rien. Quand j’entendis parler de la lithographie miraculeuse de mon icône, j’ai commencé par éprouver un sentiment de jalousie. Mais après, j’ai compris qu’un grand miracle se produisait. Vous devez absolument me téléphoner quand vous irez en France, car je veux moi-même vénérer l’icône miraculeuse». Nous nous sommes donc rencontrés en France, à Paris, dans l’église de Tous les Saints glorifiés en Terre Russe, de l’Église Orthodoxe Russe hors Frontières.
En Allemagne, nous sommes allés avec l’icône à Darmstadt, en compagnie du Père Chargounov, le recteur de l’église Saint Nicolas le Thaumaturge de Piji. Darmstadt est la ville natale de Maria Alexandrovna, (née Maximilienne Wilhelmine Marie de Hesse), épouse de l’Empereur Alexandre II, mais aussi des saintes sœurs, l’Impératrice Alexandra Feodorovna et la Grand Duchesse Élisabeth Feodorovna (nées Princesses de Hesse-Darmstadt). On peut voir dans cette ville la merveilleuse église orthodoxe dédiée à Sainte Marie-Madeleine. Elle se trouve en terre russe. Le Souverain Nicolas II ordonna d’amener de la terre de Russie, et c’est sur celle-ci que cette église russe fut construite.

L’icône miraculeuse à Minsk

La Providence voulut que l’Empereur commença sa visite en Biélorussie, à travers son icône miraculeuse, par la ville de Moguilev. C’est là précisément qu’il prit congé de l’armée. C’est là précisément que commença le Golgotha du dernier Empereur de Russie, qui mourut d’une mort tragique à Ekaterinbourg. Nous avions été invités à Moguilev par l’Archevêque Maxime de Moguilev et Mstislavsk. Vladika ne pouvant lui-même venir vénérer l’icône miraculeuse, car il venait de subir une intervention chirurgicale et était hospitalisé à Minsk, nous avons apporté la lithographie à l’hôpital. Elle fut placée dans la chambre et on célébra un molieben. Avant le départ, Vladika voulut une nouvelle fois vénérer l’icône du Souverain, et elle produisit du myrrhon dans les mains du hiérarque.
Au Monastère de la Transfiguration du Sauveur, à Valaam, on attendait avec impatience l’icône dont s’écoulait le myrrhon. Le cotre s’accosta doucement au débarcadère du monastère. En chemin vers la Skite Saint Nicolas, mes compagnons et moi entendîmes le son solennel des cloches du monastère de Valaam. Toute la rive était couverte de monde venu à la rencontre de l’icône miraculeuse du Souverain Empereur; des pèlerins, mais aussi tous les habitants de Valaam, emmenés par l’Archimandrite Pancrace, l’Higoumène de l’Athos du Nord. L’icône du Tsar-Martyr fut emmenée en procession jusqu’à l’intérieur de la Cathédrale de la Transfiguration du Sauveur. L’église bondée commença par adresser la prière au Saint Esprit. L’icône dégageait un parfum divin dont l’odeur saturait littéralement, par vagues, la cathédrale. Les participants commencèrent à vénérer l’icône, et cette vénération se poursuivit très longuement. Le Père Pancrace donna sa bénédiction pour que l’icône visitât pratiquement toutes les skites. Partout où l’on emmena l’icône,des moliebens furent célébrés, on lut des acathistes, et chaque fois avec une foule de participants. Pendant que l’icône miraculeuse séjournait dans les skites, l’écoulement de myrrhon provenait soit d’elle, soit des icônes du lieux. Le passage dans l’Athos du Nord se termina par une procession en cotre autour de l’archipel de Valaam. Ainsi, par l’intermédiaire de son icône miraculeuse, à travers laquelle beaucoup reçurent la guérison, et beaucoup plus encore, aide et consolation, le Souverain Empereur Nicolas II visita pour la première fois ce monastère béni.
Vous avez dit que l’icône a été emmenée au Mont Athos…

A la Sainte Montagne

Le Souverain Nicolas II souhaitait ardemment visiter l’Athos. Toutefois, toutes sortes de circonstances l’empêchèrent de réaliser son rêve quand il vivait sur cette terre. Mais l’icône est allée à deux reprises à la Sainte Montagne. Le prêtre chargé du port de l’icône refusa, malgré la difficulté de l’ascension sur le chemin de montagne, que qui que ce soit le remplace. Il considérait cela comme une obédience personnelle. Sur les deux voyages, l’icône est passée par dix-sept des vingt monastères athonites. Quand nous sommes arrivés au Monastère russe Saint Panteleïmon, nous avions posé l’icône dans notre cellule. Quand un moine entra, il reconnut la personne du Souverain et sur le champ, elle fut transférée dans l’église.
Une histoire semblable se déroula au Monastère serbe de Chilandar. Nous allâmes à l’office, laissant l’icône dans notre cellule. Elle produisit du myrrhon. Le supérieur du monastère demanda à ce qu’elle fût transférée dans l’église. Interrompant toutes leurs obédiences, les moines accoururent voir l’icône du Martyr impérial produire le myrrhon.
Nous sommes allés jusqu’au sommet du Mont Athos. Un office y fut célébré pour les pèlerins russes, et le myrrhon s’écoula à nouveau de l’icône…

Parlez-nous, s’il-vous-plaît, de la procession-survol de la Russie.
En 1999, avec la bénédiction du Patriarche Alexis II, l’icône du Tsar Nicolas et d’autres icônes miraculeuses survolèrent les frontières de ce qui fut l’Empire de Russie. L’avion survola Minsk, Kiev, la Crimée, la Tchétchénie, Novossibirsk et le Kamatchatka. La première procession le long des frontières de la Russie ne fut donc pas accomplie par voie terrestre ou marine, mais en l’air. Mais son organisation fut une histoire étonnante. En 1997, Sergueï Alexandrovitch Matveev reçut la bénédiction du starets Nicolas Goulianov pour réaliser une procession aérienne le long des frontières de la Russie. Cet événement, important pour le monde orthodoxe, nécessita deux années entières de préparation. Le plan de vol de l’avion fut soigneusement élaboré en accord avec le Ministère de la Défense, la Compagnie Aeroflot, et d’autres organisations. L’obstacle le plus important que dut surmonter l’organisateur de cette procession aérienne, c’était la collecte des moyens financiers indispensables. Désespéré par la situation, Sergueï Alexandrovitch se résolut à aller demander au Père Nicolas, sur l’Île de Zalit, de retirer sa bénédiction impossible à réaliser. Mais la situation s’arrangea de façon providentielle. Le 06 mai 1997, jour anniversaire de la naissance du Souverain Empereur Nicolas II, Sergueï Alexandrovitch participa à la procession et vit le myrrhon s’écouler de l’icône du Souverain. Touché en son âme, il ajouta cette icône à la liste des objets sacrés qui participeraient à la procession aérienne. Et dès lors, de façon inattendue, les moyens nécessaires à la réalisation du projet surgirent: deux jours plus tard, un entrepreneur russe avait offert les fonds.
Pendant toute la durée de la procession aérienne, des miracles se produisirent sans relâche. Malgré que cette procession-survol reçut la bénédiction de Sa Sainteté le Patriarche et du Starets Nicolas Goulianov, elle ne fit pas l’objet d’une large publicité. Peu de gens en étaient informés. Tous les aéroports sont des lieux sécurisés. Ceux qui n’ont rien à y faire ne sont pas admis à y pénétrer. Ainsi, les premiers à voir l’icône du Tsar Nicolas furent les ouvriers d’aéroport. Ils approchèrent, mais il ne connaissaient rien à son sujet. Immédiatement le myrrhon commença à s’écouler et le parfum à embaumer. Quand les ouvriers s’éloignèrent, tout s’arrêta. Et les choses se déroulèrent de façon identique à chaque escale, Saratov, Volgograd, Omsk, Novossibirsk. Quand nous nous arrêtâmes à Anandir, un fleuve de gens vint vénérer l’icône de neuf heures du soir à deux heures du matin. Comment ils apprirent l’arrivée de l’icône dans leur ville, cela reste encore un mystère aujourd’hui.
Pendant ce survol des frontières de la Russie par ces objets sacrés, plusieurs miracles se produisirent dans les airs. L’un d’entre eux a même été filmé et montré à la télévision. Pendant le vol, une partie des icônes furent placées contre les hublots. Autour de l’icône du Souverain uniquement, une couronne de glace se forma, le reste du verre demeurant transparent. L’icône du Souverain de Russie avait été placée contre un hublot semi-sphérique, c’était pour elle la place la plus commode. A un certain moment, le hublot congela, et sur la vitre se forma un merveilleux dessin en cristaux de glace, formant une étoile aux angles symétriques et aux rayons partant depuis l’icône dans différentes directions et formant une sorte de couronne à douze rayons, trois dans chaque direction. Par la suite, le pilote a raconté que de toute sa carrière, il n’avait jamais rien vu de pareil.
Oleg Ivanovitch, pour vous, qui est le Souverain-Martyr Nicolas?

Icône Miraculeuse du Saint Tsar , par l’iconographe Tikhomirov

Je suis convaincu de ce qu’aujourd’hui, le Souverain est un des plus grands intercesseur devant Dieu en faveur de la Terre de Russie. En tant que gardien de son icône miraculeuse, j’ai lu de nombreux livres au sujet de la vie de la Famille Impériale. Et au plus je lis, au plus je suis émerveillé de l’authentique délicatesse de la noblesse et de la spiritualité de Nicolas II. Un souvenir me revient. J’ai lu toute la correspondance du Souverain. Un jour, une pauvre veuve qui avait perdu à la guerre son mari, unique soutien, lui écrivit une lettre disant qu’elle avait des enfants et que sa pension était très maigre. Le Souverain demanda alors au Ministre des Finances: «Pouvons-nous augmenter la pension de cette malheureuse femme?». Le Ministre répondit que non. Le Souverain répondit alors: «Augmentez sa pension en prélevant sur mes ressources». Après sa mort, son compte en Banque à Londres ne contenait réellement plus que quelques roubles… Le Tsar Nicolas avait l’âme généreuse. Et après sa fin en Martyr, rayonnant dans le chœur des saints, il continue à aider les gens qui lui adressent avec foi leurs prières.
Source.

L’icône miraculeuse du Saint Empereur Nicolas II (1/2)

Le Saint Tsar Nicolas II
L'icône miraculeuse du Saint Tsar-Martyr Nicolas II, dont s'écoule du myrrhon, bénéficie d'un protecteur: le médecin-chirurgien moscovite Oleg Ivanovitch Beltchenko. Il voyage avec elle d'église en monastère, quand son emploi du temps chargé le lui permet. Et lorsqu'il ne peut le faire, d'autres gens prennent soin de la sainte icône. Des donateurs assument le coût de l'impression de petites icônes en papier, et les revenus que la distribution de celles-ci produisent sont consacrés à la peinture1 de nouvelles icônes sur bois. Oleg Ivanovitch offre alors ces nouvelles icônes aux églises, dans l'espoir que, dans un proche avenir, chaque église aura son icône du Saint Souverain.

Oleg Ivanovitch, racontez-nous s’il vous plaît l’histoire de cette icône du Tsar-Martyr Nicolas II.

Icône Miraculeuse du Saint Tsar , par l’iconographe N. Tikhomirov

Triste paradoxe du XXe siècle: l’icône du dernier Empereur de Russie, le Tsar-Martyr Nicolas II, fut peinte de l’autre côté de l’océan, aux États-Unis d’Amérique, avant que le Souverain ne soit glorifié en Russie. Une histoire surprenante… C’était en 1997. L’émigrée russe Ia Dimitrievna Schmit, Podmochenskaia de son nom de jeune fille, eut un songe dans lequel elle vit une icône, représentant l’Empereur-Martyr Nicolas II en uniforme de Grand Prince. Quelques jours plus tard, cette dame entra en possession d’un petit héritage et décida de le consacrer à une bonne cause. Quant à savoir laquelle, elle n’éprouva aucune difficulté. Sa décision était prise. Elle demanda à l’iconographe Pavel Nikolaevitch Tikhomirov, qui vivait en Californie, de lui peindre l’icône qu’elle avait vue en songe. Ensemble, ils étudièrent les photographies de Nicolas II, recherchant l’expression du sujet vu en songe. Le Tsar devait porter la coiffe du Monomaque, tenir le sceptre et l’orbe.
Du côté gauche de l’icône était représenté le Saint et Juste Job qui endura maintes souffrances, dont on célèbre la mémoire le jour où naquit Nicolas II, et à droite, le céleste protecteur du Souverain, Saint Nicolas le Thaumaturge. En bas, on lit l’inscription: «Cette Sainte Icône fut peinte quelques années avant la Glorification des Martyrs Impériaux». Cette icône a été conservée jusqu’à ce jour dans la maison d’Ia Dimitrievna. Celle-ci commença à vendre des lithographies exécutées à partir de l’original, dans le but de venir en aide aux émigrés russes en difficultés. Lire la Suite

Le Saint Tsar Nicolas II Portrait (5)

Le Saint Tsar Nicolas II
Le texte ci-dessous est extrait d'un très long essai rédigé par Nicolas Obroutchev, écrivain russe de l'émigration, publiciste et collaborateur des «Éditions Panslaves» à New-York. L'essai fut intégré dans le recueil intitulé «Le Souverain Empereur Nicolas II Alexandrovitch» (Государь император Николай II Александрович) publié par les Éditions précitées (Всеславянское издательство) en 1968. La traduction des deux premiers extraits est accessible ici. Plusieurs extraits de ce texte seront présentés afin de proposer un portrait aussi complet que possible du Saint Tsar Nicolas II, basé sur le texte de N. Obroutchev, qui en a annoncé l'objectif: «Le but du présent essai, consacré à la lumineuse mémoire du Tsar-Martyr Nicolas Alexandrovitch, est de révéler Son Portrait authentique, en tant qu'homme, en tant que Chrétien et en tant que dirigeant, sur base des faits historiques et événements véridiques et de l'opinion des hommes justes et intègres qui le connurent de près.»
Le livre du Comte Svietchine

Le Comte Vladimir Vladimirovitch Svietchine rédigea le livre intitulé «La lumineuse mémoire de l’Empereur et Grand Martyr Nicolas II» («Светлой памяти Императора великомученика Николая II»), publié à Paris en 1933. A l’époque, il servit au Régiment de la Garde Preobrajenski en même temps que le Souverain, où il connut celui-ci de près, et dont il fut par la suite officier-aide de camp. Dans son ouvrage, il décrit la visite du Tsar-Martyr dans les infirmeries de Moscou, alors que le Souverain était en route vers Petrograd, après être allé inspecter le front du Caucase où il félicita la brillante armée qui venait de remporter une éclatante victoire sur les Turcs à Sarikamich. Lire la Suite