Hiéromoine Kyrill. Homélie pour l’Annonciation

Les frères Cyrille et Méthode Zinkovski

Le texte ci-dessous est la traduction d’un original russe accessible sur le site du Monastère (en construction) de la Dormition – Saint Seraphim de Vyritsa . Cet original est sous-titré: «Extrait du sermon du 7 avril 2020 du Hiéromoine Kyrill». Les frères jumeaux hiéromoines Cyrille et Méthode Zinkovski, membres du clergé de l’église de la Très Sainte Mère de Dieu de Kazan, à Vyritsa, portent matériellement et spirituellement la construction de ce monastère pour femmes, guidés par leur père spirituel l’Archimandrite Ioann Mironov et l’Évêque Mitrophane de Gatchina et Louga.

Toute l’histoire de l’Église nous enseigne l’importance de la vénération de la Très Sainte Mère de Dieu

Au nom du Père, du Fils et du Saint-esprit!

Chers frères et sœurs, bonne fête de l’Annonciation à la Très Pure Souveraine et Mère de notre Dieu!

Cette grande fête est liée, comme le disent les hymnes, au début de notre salut. Nous connaissons tous ces événements évangéliques liés à l’Annonciation à la Toute Sainte Vierge par l’Archange Gabriel. Bien sûr, d’une part, c’est une fête grandiose, incroyable, dont on peut parler longuement. D’autre part, sa grandeur est tellement indicible qu’il est difficile de la décrire en langage humain. Comment est-il possible que le Créateur, Tout-puissant, Indescriptible, Omniscient, Omniprésent, soit devenu un petit bébé dans le ventre de la Vierge Marie? Pourquoi le Grand Dieu eut-Il besoin de venir dans ce monde? Comme l’a dit le Métropolite Antoine de Souroge, jamais un homme ne pourrait penser par lui-même une telle religion. Dans toutes les religions, la divinité suprême est quelque part en-haut et ne peut que donner ou commander certaines lois. Mais venir dans ce monde rempli de péchés, et même ainsi s’unir à la matière, nous ne rencontrons cela dans aucune autre religion. Un homme n’aurait jamais inventé ça. Et, en effet, l’Évangile est une grande nouveauté, une grande révélation pour nous. Et même parmi ceux qui étaient alors à Nazareth, à Jérusalem, personne ne pouvait y croire, bien que les Juifs aient lu les Écritures, les prophètes, le prophète Isaïe qui avait prédit que «la Vierge concevrait en son sein» (Isaïe 7:14). Mais ils avaient lu sans comprendre. C’est pourquoi, par l’Œuvre de Dieu, la Vierge Marie fut fiancée à Joseph. Parce que si elle avait conçu et donné naissance à un bébé par le Saint-Esprit, sans être fiancée, alors elle aurait dû, selon la loi de Moïse, être mise à mort. Personne parmi ces Juifs «orthodoxes» n’aurait jamais cru qu’un miracle tel que la conception sans semences eût été possible. Elle aurait été accusée d’adultère secret, dissimulé. Le Seigneur, sachant cela, recouvrit ce mystère. Et il faut dire que, malheureusement, des soi-disant chrétiens, nombreux parmi les chrétiens occidentaux, cessent maintenant de croire à ce grand mystère de la conception sans semence par le Saint-Esprit. Ils disent toutes sortes de choses ridicules et blasphématoires. Mais nous, orthodoxes, Dieu merci, honorons la Très Sainte Mère de Dieu. Même dans l’antiquité, Saint Grégoire le Théologien a dit «Quiconque n’honore pas Sainte Marie comme Mère de Dieu, est excommunié de la Divinité»(lettre 101). Les protestants disent qu’il suffit d’honorer le Seigneur Jésus-Christ, pourquoi donc la Vierge Marie? Mais c’est par Elle, qu’Il est venu au monde. Toute l’histoire de l’Église nous enseigne l’importance de la vénération de la Très Sainte Mère de Dieu.

Protection de la Très Sainte Mère de Dieu

Et chaque chrétien a probablement déjà fait l’expérience de recevoir l’aide particulière de la prière de la Très Sainte Mère de Dieu. Toujours nous Lui demandons Son aide, en tant que Mère Céleste. A chaque jour, chaque heure de notre vie, nous devons accourir vers Elle. Les Saints Pères disent d’Elle qu’Elle a accompli «un travail gigantesque» (Saint Nicolas de Serbie). Et ce travail gigantesque, Elle l’accomplit pour Se rapprocher de Dieu. C’est différent du christianise occidental, où ils ont inventé le dogme de l’immaculée conception, selon lequel la Vierge Marie serait née de Ses parents de façon immaculée, exemptée du péché originel. Ce faisant, ils ont minimisé, réduit à néant Son podvig personnel. Les Saints Pères disent que le péché n’a pas touché l’âme de la Très Sainte Mère de Dieu, mais ce fut le résultat de Son podvig personnel et pas simplement par l’intervention de Dieu. Nous savons qu’Elle est plus glorifiée comme étant plus vénérable que les anges, pas juste comme ça, mais suite à Son podvig spirituel. Saint Nicolas Velimirovitch qualifie Son podvig de gigantesque, mais il note en même temps que Son âme était comme celle d’un enfant. Elle sut demeurer comme une enfant toute Sa vie parce qu’Elle avait une grande pureté, la chasteté et la simplicité de l’âme. Et c’est incroyablement merveilleux. D’un côté les traits d’une enfant, et de l’autre, une œuvre gigantesque, la compréhension des mystères divins. Quand Elle lisait le Prophète Isaïe, Elle comprenait ce qu’Elle lisait. De façon étonnante, Son âme est si large et profonde et pure qu’il est difficile de La comparer même au plus beau des lacs ou à l’océan, qui ne sont ni aussi purs, ni aussi nobles. Mais on peut recourir à une comparaison : comme le soleil se reflète dans l’eau la plus pure, de même l’Esprit-Saint trouva place dans Son âme. Et il faut dire que pour le Seigneur Dieu Lui-même, ce fut une grande joie, qu’il y avait une telle âme parmi le genre humain. Nous vivons tous de façon très impure, très futile et indigne du nom d’Image de Dieu. Si une telle âme n’avait pas été trouvée, le Fils de Dieu n’eût pu s’incarner.
Le Seigneur a donné à l’homme le libre arbitre. Et une personne peut l’utiliser de différentes manières. Le fait que Dieu sache comment nous l’utiliserons ne signifie pas qu’Il préjuge de notre comportement.
Et la Vierge Marie choisit cette voie du service à Dieu dès Son enfance. Ce n’était pas seulement une pièce de théâtre que Dieu a mis en scène pour sauver les gens. Dans cette démarche sacerdotale, il fallait aussi bien le libre arbitre que le podvig de cette Jeune Fille, grâce à Laquelle nous avons reçu le Fils de Dieu, notre Sauveur incarné. C’est pourquoi aujourd’hui nous vénérons particulièrement la Très Sainte Mère de Dieu, Son mystérieux silence dans l’autel du temple de Salomon. Au-delà des pages du Saint Évangile, nous en savons très peu sur la vie intérieure qu’Elle a vécu. Cela restera probablement un mystère du siècle à venir, pour autant que nous soyons digne de nous retrouver avec vous dans le Royaume de Dieu. Entre-temps, vénérons avec une pieuse crainte ce que Saint Jean Chrysostome qualifie de Mystère, quand il écrit dans l’homélie sur l’Annonciation que ce mystère de l’incarnation de Dieu ne peut être mesuré, découvert, ni compris par l’esprit humain.
Saint Nicolas de Serbie dit de la Très Sainte et Très Pure Mère de Dieu qu’il n’y avait rien de faux en Elle, aucun artifice, et en même temps, dans cette grande simplicité résidait une profonde humilité. Tentons d’approcher un tant soit peu le secret de l’âme de la Très Sainte Mère de Dieu, efforçons-nous de La vénérer, de Lui demander Sa bénédiction. Afin que pendant ce Grand Carême et pendant toute notre vie, nous essayions, en nous souvenant d’Elle, de contrôler notre langue, de limiter nos pensées, car par rapport à Elle, nous pensons si souvent à tout ce qui est vide, et même, malheureusement, sale. Et ne vous inquiétez pas particulièrement de ce que notre âme soit comme ça. Nous n’osons pas être comme la Mère de Dieu, mais comme Elle est notre Mère, nous devons essayer de La réjouir un peu. Non seulement nous réjouir de ce qu’Elle a fait pour nous, mais aussi réfléchir à ce que nous pouvons faire pour Elle et Son fils, notre Seigneur Jésus-Christ. Amen!
Traduit du russe
Source

Saint Jean de Kronstadt. Prier la Très Sainte Mère de Dieu.

St Jean de Kronstadt

Le texte ci-dessous est la traduction du chapitre huit (paragraphes 86 à 94) du livre «Le Saint et Juste Jean de Kronstadt. Dans le monde de la prière. Extraits de ses écrits». (святой праведный Иоанн Кронштадтский. В мире молитвы. Выборки из его писаний), publié en 1988 par le Comité de la Jeunesse Orthodoxe Russe hors Frontières, en tant que contribution au millénaire du Saint-Baptême du Peuple Russe. Ce livre est constitué de 221 paragraphes relatifs à la prière, extraits des œuvres écrites de Saint Jean de Kronstadt, d’une notice biographique et d’une homélie inédite au moment de la publication du livre. Le Saint et Juste Jean de Kronstadt, propose en ces paragraphes de merveilleux enseignements, authentiques guides dans notre cheminement vers le salut.

§86. Quand vous voulez commencez à prier la Très Sainte Reine et Mère de Dieu, avant la prière, vous devez être fermement convaincu que vous ne prendrez pas congé d’Elle Sans avoir reçu Sa grâce. Lire la Suite

Prie, la Très Sainte Mère de Dieu écoute.

Le texte ci-dessous est la traduction d’un original russe préparé par Madame Olga Orlova et publié sur le site Pravoslavie.ru, le 23 mars 2018, sous le titre : «Молись — Божия Матерь услышит! О современных чудесах Пресвятой Богородицы». Il rassemble quelques récits relatifs à des miracles contemporains de la Très Sainte Mère de Dieu. Toutes les photos proviennent du site Pravoslavie.ru.

L’Archiprêtre Georges Breev, Recteur de l’église de la Nativité de la Très Sainte Mère de Dieu, à Krylatskoe (Moscou) :
Quand je fut nommé recteur de l’église de la Nativité de la Très Sainte Mère de Dieu, à Krylatskoe, on m’y apporta une icône de la Très Sainte Mère de Dieu de Roudnia. L’autel est dédicacé à cette icône car des paysans l’avaient trouvée près d’une sainte source proche de l’église. Je me souviens, la starosta arriva et me dit :
– Batiouchka on aimerait t’offrir quelque chose, du fait que tu as été nommé pour restaurer cette église…
Elle savait que l’icône de la Très Sainte Mère de Dieu était vénérée ici. Elle me remit l’icône, fort sombre. On n’y distinguait rien, ni couleur, ni même aucune forme.
– Et comment as-tu compris que c’est une icône de la Très Sainte Mère de Dieu de Roudnia ? Lui demandai-je
– On me l’a dit quand je l’ai achetée au marché des antiquités à Ismaïlovo. Expliqua-t-elle.
– Eh bien d’accord, si c’est une Roudnia, je l’accepte avec plaisir!

Icône Roudnaia dans la cellule du Père Georges

Le fait est que dans notre église, il n’y avait qu’une seule icône vénérable de la Très Sainte Mère de Dieu de Roudnia, préservée par les anciens paroissiens. Selon la tradition, lorsque l’église fut fermée en 1936, l’icône a été débitée en morceaux et brûlée par une habitante de Krylatskoe. Quelques années plus tard, pendant la Grande Guerre Patriotique, lors d’une incursion de l’aviation allemande sur une usine derrière la rivière Moskva, l’une des bombes fut lâchée «accidentellement» et tomba sur le village, précisément sur la maison de cette femme, la tuant avec sa fille. Ailleurs dans le village, personne d’autre ne fut blessé.
J’examinai donc cette icône Roudnaia, très sombre, qui m’avait été remise, et je pensai : «Elle a besoin d’un nettoyage». Cependant, lors de la première fête de cette icône, célébrée dans notre église en cours de restauration, j’ai quand même placé l’icône sombre dans l’église sur l’analoï. Puis, après que l’icône y fut demeurée quelques temps, je l’ai emmenée dans ma cellule. Je n’y compris rien. Que se passait-il?! C’était comme si elle se transformait sous mes yeux, certaines couleurs devenaient plus vives… Tamara Alekseevna Gavrilova, trésorière de l’église, arriva :
– Regardez Tamara Alekseevna, l’icône n’était pas ainsi!
– C’est vrai, Batiouchka! Elle confirma, stupéfiée.
Et réellement, sous nos yeux, l’icône se rénovait, les couleurs commençaient à scintiller, malgré le fait que le pinceau de l’artiste restaurateur ne l’ait même pas touchée! On voyait ses couleurs. Alors que c’était juste une planche sombre sur laquelle seuls certains contours transparaissaient, et maintenant, comme elle brillait!

Père Georges et l’icône du Buisson ardent

Et puis il y eut aussi l’icône de la Très Sainte Mère de Dieu «du Buisson Ardent». Elle aussi me fut offerte par les paroissiens, complètement noircie. Je l’ai amenée ici dans ma cellule. On ne distinguait rien, ni visage, ni détails, juste quelques lignes qui ressortaient un peu de la planche sombre. D’après ces lignes qui convergeaient vers les coins, je compris qu’il s’agissait du «Buisson Ardent». Je l’ai suspendue au mur dans ma cellule… Je me pensai «Eh bien, il faut que je déniche un bon artiste». Je m’étais justement rendu compte de ce qu’il ne fallait pas confier au premier venu une icône à restaurer ; la veille, on m’en avait gâché une. Si bien que je décidai de patienter… Et cette icône elle-aussi apparut d’elle-même ! Tout ce qu’on peut y voir aujourd’hui n’existait pas! On y voit même du bleu-ciel, couleur qui était complètement absente. Et on ne voyait pas les anges! Le visage noble est maintenant visible sur l’icône.
Ce sont là deux miracles contemporains.
Et voici quelques jours, on m’a appelé de Tsaritsine, de l’église de la Très Sainte Mère de Dieu «Source de Vie», où j’étais recteur auparavant, pour m’annoncer que là aussi, trois icônes s’étaient « nettoyées » et resplendissaient. Il faut aller voir ça! Ce sont les icônes de la Très Sainte Mère de Dieu «Joie de Tous les Affligés» et «Visitation de ceux qui se perdent», et une icône du Saint Megalomartyr Georges le Victorieux. Dans ma cellule, une icône de Saint Georges s’est aussi auto-nettoyée. Et je me souviens encore que quand je fus nommé recteur à Krylatskoe, une artiste m’apporta une icône de la Très Sainte Mère de Dieu «Libératrice».
– Placez-la dans le sanctuaire ! Demanda-t-elle.
– Pourquoi donc dans le sanctuaire ? Interrogeai-je.
Alors, elle me raconta son histoire. Elle était devenue sérieusement malade et fit à la Très Sainte Mère de Dieu la promesse de peindre Son icône. Lorsqu’elle guérit, dans le tourbillon des tracas de la vie, elle oublia ce qu’elle avait promis. Une année s’écoula, et puis une autre. Un matin, elle sorti faire une promenade avec son chien, et voici ce qu’elle vit. Une moniale grande et élégante s’avançait vers elle… Elle tira sur la laisse du chien en pensant : «Comme elle est belle…». Soudain, avançant encore, la moniale s’adressa à elle :
– Tu m’a fait une promesse; pourquoi ne la respectes-tu pas ?
– Mais quelle promesse,… A qui ? Pensa l’artiste. Mais soudain elle se souvint. Elle avait promis à la Très Sainte Mère de Dieu de peindre Son icône.
Et la Très Sainte Mère de Dieu Se fit invisible.
Serguei Korablev
En 2016, après avoir terminé mon service dans la réserve, j’ai séjourné dans un sanatorium à Sotchi. Je me souviens, j’étais au bord de mer. C’était une journée claire et ensoleillée. La mer était calme, pas la moindre vague. Exactement à midi, j’ai vu un troupeau de dauphins nager vers le rivage, j’ai commencé à les compter: douze. J’étais assis sur une chaise longue et je les regardais. Alors je me suis soudain rendu compte qu’ils poussaient un objet vers le bord de l’eau… Quand les dauphins se sont retirés, la seule vague que j’ai remarquée ce jour-là a soudainement roulé et a jeté un paquet sur le sable. Je l’ai remarqué, mais bientôt j’ai été distrait et j’ai quitté la plage pendant un moment. Je revins, et cette offrande de la mer était toujours au même endroit… J’ai sorti un e-book et j’ai essayé de me lancer dans la lecture mais une voix intérieure me dit:
– Ouvre le petit sac, ouvre le sac.
J’obéis. Je m’avançai. Le sac était plein de vase. J’enlevai les algues et dénouai la cordelette. Le contenu était emballé dans un pull masculin, attaché avec des agrafes et des punaises en plastique. Je dépliai le pull, et il contenait une icône! De la Très Sainte Mère de Dieu.

icône de la Très Sainte Mère de Dieu du Signe, ramenée par les dauphins

J’ai appelé ma mère, j’envoyai à la maison, par whatsapp, une photo de ma trouvaille. Maman me répondit :
– Elle t’est envoyée. Emporte-la.
Immédiatement quelqu’un approcha et proposa d’apporter ce saint trésor à l’église. Mais j’ai quand même écouté ma mère. Ensuite j’ai demandé à l’Archimandrite du Grand Schème Élie (Nozdrine) si ma décision était correcte, et je lui ai apporté l’icône à Peredelkino. L’Archiprêtre Valérian Kretchetov était justement à ses côtés. Je voulais leur donner l’icône, mais le Père Élie a dit:
– Qu’elle reste pour l’instant avec toi.
Cette icône est miraculeuse. Combien de fois est-il déjà arrivé que des collègues qui avaient de sérieux problèmes dans leur vie viennent chez moi. Et je leur ai dit chaque fois:
– Crois, prie! Avec tes propres mots, demande à la Très Sainte Mère de Dieu!
Et à chaque fois, de manière miraculeuse, tout dans la vie de ces personnes a été résolu.
Ma vie a complètement changé. Tout s’est mis à prendre forme. Sur l’internet, quelqu’un a écrit quelque chose à propos de mon cas, mais il y a beaucoup de mensonges. Pour une raison quelconque, ils ont écrit que j’étais là avec ma femme, mais je me suis marié il y a seulement un an! Je sens l’aide et la protection de la Très Sainte Mère de Dieu.

Archimandrite Élie (Reizmir), moine de la Laure de la Trinité-Saint Serge :

Archimandrite Élie (Reizmir)

Je me souviens que dans les années 1970, les moines de Laure ont été empêchés de célébrer des onctions privées. Ils disaient, qu’il y avait assez de croyants et qu’une seule onction le Grand et Saint Mercredi suffisait. Bientôt, une jeune fille tomba malade. Elle travaillait comme comptable dans un dispensaire pour enfants. Dans la cour de l’institution, on construisait quelque chose, des tranchées avaient été creusées. Elle y tomba par inadvertance et se blessa. Il lui sembla qu’elle avait juste une solide bosse, et pensa qu’elle passerait. Mais les médecins diagnostiquèrent un cancer, déjà avec des métastases… Elle était seule dans la chambre de l’hôpital de Botkin, et elle pleura:
– Pour quoi, Seigneur ?..
Soudain, elle vit la Très Sainte Mère de Dieu dans la chambre.
– Lydia, pourquoi murmures-tu ? Personne ne t’a abandonné.
Les médecins la renvoyèrent chez elle, sans espoir. Sa maman était croyante et s’adressa aux moines de la Laure, leur demandant de donner à sa fille l’onction et les Saints Dons. La jeune fille fut emmenée à la Laure, et nous nous enfermâmes dans l’église du Saint Archistratège Mikhaïl, sans allumer la lumière, juste éclairés par des cierges. Elle reçut l’onction. Ensuite elle vint communier trois fois. Et elle reprit le travail, en bonne santé.
– Comment as-tu guéri ? Lui demandaient ses collègues.
– Le Seigneur m’a guérie. La Sainte Communion. Répondait-elle.
Il faut juste croire et prier. La Très Sainte Mère de Dieu écoute, et le Seigneur ne vous abandonnera pas.
Traduit du russe
Source

L’icône de la Très Sainte Mère de Dieu du Buisson Ardent

Photo : I.N. Kharine

Le texte ci-dessous est traduit du site russe drevo.ru, «Encyclopédie orthodoxe ouverte». Il fournit quelques informations au sujet d’une des très nombreuses icônes de la Très Sainte Mère de Dieu. Elle est fêtée en Russie aujourd’hui 4/17 septembre. En outre, suite à la difficulté d’en trouver des versions françaises, le texte ci-dessous propose une traduction du tropaire du ton 4 et de la prière qu’on lit devant cette icône et dont les originaux sont en slavon. Cette traduction est une traduction libre et ne bénéficie d’aucun aval. Qu’il en soit fait le meilleur usage pour la gloire de Dieu et de Sa Mère Toute Sainte.

Description
Cette icône représente la Très Sainte Mère de Dieu dans l’une de ces images archétypiques recensées dans l’Ancien Testament : le Buisson ardent, buisson qui brûle sans se consumer et dans lequel Dieu apparut à Moïse. Le buisson qui brûle sans se consumer signifie la conception immaculée du Christ, de l’Esprit Saint, par la Très Sainte Mère de Dieu, par laquelle Celle-ci devint Mère de Dieu tout en demeurant Vierge. Il existe une autre lecture de l’archétype : la Très Sainte Mère de Dieu, enfantant dans le monde des pécheurs, demeura étrangère au péché.
Souvent nous rencontrons un modèle plutôt récent, symbolique et allégorique de la Très Sainte Mère de Dieu du «Buisson Ardent». Sur l’icône, on peut voir une étoile à huit pointes entourant l’image de la Très Sainte Mère de Dieu et de l’Enfant-Christ. L’étoile est composée de deux quadrilatères pointus aux bords concaves, dont l’un est de couleur rouge, l’image de la flamme, et l’autre, de couleur verte, celle de la verdure du mystérieux buisson.
Dans les coins de l’icône sont positionnés les quatre symboles des Évangélistes, et des archanges, conformément aux symboles tels que les prescrit la Tradition de l’Église, Michaël et le sceptre, Raphaël et le vase d’albâtre, Uriel et l’épée de feu, Salafiel et l’encensoir, Barachiel et la grappe de raisins et Gabriel et le rameau de l’annonciateur de la bonne nouvelle. Dans les mains de la Très Pure Vierge, on voit aussi parfois une échelle, qui touche l’épaule de la Très Sainte Mère de Dieu, signe de ce qu’Elle a élevé l’humanité de la terre jusqu’au Ciel. S’y ajoutent parfois une porte et une verge, symboles du Sauveur, appelé dans les hymnes de l’Église «le rejeton de la racine de Jessé». Les champs libres de l’icône sont occupés par les Puissances Célestes et les Anges des éléments, rosée, orage, brume, gel, glace, feu, etc., chantant et adorant le Très Sainte Mère de Dieu.
La forme plus ancienne de l’icône de la Très Sainte Mère de Dieu du «Buisson Ardent» est plus littérale : elle représente un buisson ardent, au-dessus duquel se dresse la Vierge Marie tenant l’Enfant-Dieu dans Ses bras ou les mains levées, dans la pose de l’orante ou du Signe. Le Prophète Moïse agenouillé est alors représenté devant le buisson.
Histoire
L’une des plus anciennes versions connues dans la Rus’ de l’icône de la Très Sainte Mère de Dieu du «Buisson Ardent» fut apportée à Moscou en 1390 par des moines de Palestine. Selon la Tradition, elle fut peinte sur un fragment de la roche même d’où Moïse vit le mystérieux buisson. Cette icône sacrée est placée d ns l’autel de la Cathédrale de l’Annonciation du Kremlin de Moscou.
C’est vers la moitié du XVIe siècle qu’apparut la composition symbolique et allégorique de l’icône du «Buisson Ardent». Elle compta parmi les icônes miraculeuses de la Très Sainte Mère de Dieu les plus largement diffusées en Russie entre le XVIe et le XIXe siècle, état considérée comme protectrice contre le déchaînement des éléments, particulièrement contre le feu. Depuis l’an 1680, elle est fêtée le 4/17 septembre, jour de la fête du Prophète Moïse.

Prières
Tropaire ton 4 :

Maintenant en tant qu’Auteur des miracles et Créateur de toute créature,

Ayant présagé le mystère de Son incarnation de la Vierge Marie Qui ne connut pas le mariage,
Il glorifie Sa sainte icône par maints miracles,
la donnant aux fidèles pour la guérison de leurs maladies et la protection contre les incendies,
C’est pourquoi nous chantons à la Toute Bénie :
Espoir des Chrétiens, délivre de tout malheur, du feu et de l’orage ceux qui espèrent en Toi, et sauve nos âmes, Toi la Miséricordieuse.

Prière devant l’icône de la Très Sainte Mère de Dieu du «Buisson Ardent» :
Oh, Mère Très Sainte et Toute Bénie de Notre doux Seigneur Jésus-Christ! Nous nous inclinons et nous prosternons devant Toi et devant Ta sainte et très vénérable icône qui opère de divins et très glorieux miracles, qui sauve nos demeures des incendies et des ravages de l’orage, qui guérit nos maladies et exauce toutes nos bonnes demandes.
Nous Te prions humblement , Toi qui avec toute-puissance intercède pour le genre humain, accorde-nous, indigents et pécheurs, Ta compassion et Ta bienveillance. O Souveraine, sauve et garde sous la protection de Ta miséricorde la Sainte Église, cette maison, notre pays orthodoxe et tout ceux qui maintenant se prosternent devant Toi avec foi et amour, et supplient avec tendresse et larmes Ton intercession. Accorde-nous Ton intercession, O Toute-Miséricordieuse, à nous qui sommes submergés par nos nombreux péchés et n’avons pas l’audace de demander grâce et pardon au Christ notre Seigneur. Nous Te demandons de Le supplier, Toi Sa Mère selon la chair:  Toi, Toute Bonne, étends vers Lui Tes mains qui L’ont porté et intercède auprès de Sa Bonté, Lui demandant le pardon de nos transgressions, une vie vertueuse en ce monde, une fin chrétienne, et une bonne réponse lors de Son Jugement.
À l’heure même de la visite terrible de Dieu, quand l’incendie menacera notre maison, quand la foudre et le tonnerre nous rempliront d’effroi, manifeste Ta miséricordieuse intercession et Ton aide puissante: afin que par Tes prières toutes-puissantes devant le Seigneur, nous soyons sauvés de la punition de Dieu ici-bas, que nous héritions de la béatitude éternelle du paradis, et qu’avec tous les saints nous célébrions le nom très vénérable et magnifique de l’adorable Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, et Ta grande miséricorde envers nous, dans les siècles des siècles. Amen.
Traduit du russe et du slavon
Source

Le Baiser de la Très Sainte Mère de Dieu (Lioubouchka 3/4)

A l’instar de tous les horizons de Russie, de nombreux saints et bienheureux ont en leur temps mené leur podvig à Saint-Pétersbourg et dans sa région. On se souviendra sûrement de la Bienheureuse Xénia, de Saint Jean de Kronstadt et de Saint Seraphim de Vyritsa, mais une myriade d’autres saints justes et moines leur tiennent compagnie dans ce coin de Ciel de notre Église Triomphante. Il en est ainsi de la Bienheureuse Lioubouchka. Comme Sainte Xénia, elle mena le podvig de folle-en-Christ, et de plus, elle fut aussi pendant des décennies, le pivot d’un intense vie spirituelle dans la région, mais s’étendant aussi jusqu’à la Laure de la Trinité Saint Serge. En effet, le Starets Naum (Baiborodine) de bienheureuse mémoire envoyait régulièrement ses propres enfants spirituels auprès de la Staritsa de Sousanino, à proximité de Vyritsa, pour y recueillir sa bénédiction et ses conseils. Plusieurs livres ont été écrits à son sujet. Le texte ci-dessous est la troisième partie d’une traduction en quatre articles; le début se trouve ici. Dans cette troisième partie du récit, la Bienheureuse Lioubouchka se retire à l’arrière plan, au profit d’un aperçu de la présence monastique russe en Terre Sainte.

La Bienheureuse Lioubouchka passa les dernières années de sa vie comme celles de sa jeunesse, en errance. Ils furent nombreux à l’inviter chez eux, mais elle n’accepta pas toutes les invitations. Quand elle demandait elle-même à rendre une visite, les gens considéraient cela comme une grande grâce. En 1995, elle visita pour la première fois le Monastère de la Très Sainte Mère de Dieu de Kazan à Vychny Volotchiok , où sa fille spirituelle, l’higoumène Théodora, était supérieure. Puis la Staritsa exprima le désir d’aller au Monastère Saint Nicolas de Chartom dans la région d’Ivanovo. «Père, emmène-moi chez toi», disait Lioubouchka à l’Archimandrite Nikon. «Chez moi?» Le Père Higoumène s’étonna et, ne croyant pas son bonheur, emmena Lioubouchka dans son monastère, où elle mena son podvig pendant environ un an. Lire la Suite

Les larmes de la Très Sainte Mère de Dieu

Le Hiéromoine Kyrill Popov

Le texte ci-dessous est la traduction d’une homélie du Hiéromoine Kyrill (Popov), professeur à l’Académie de Théologie Sretenski de Moscou, prononcée le 8 septembre 2020, jour de la rencontre de l’icône de la Très Sainte Mère de Dieu de Vladimir, et publiée sur le site du monastère Sretenski à Moscou.

Un jour, on a demandé à un ermite quel exploit chrétien était supérieur aux autres. Il répondit: l’exploit de la prière. Il y a un dicton bien connu: «prier pour les gens, C’est verser du sang...» Prier pour un homme, c’est le laisser entrer dans notre vie, devenir responsable et se porter garant de lui. Prier pour le prochain n’est pas seulement un ensemble vide de mots, mais une acceptation de la douleur et du chagrin de l’autre. Et s’il est si difficile de prier pour l’homme, combien est-il plus difficile de prier pour le monde. C’est pourquoi tous nous n’avons n’a pas un tel pouvoir de prière, mais seulement les élus. Et plus précisément notre Très Sainte Mère de Dieu et Toujours Vierge Marie accomplit en permanence cette intercession pour le monde. Son chemin de vie fut pénible et difficile, mais son obédience posthume de prière incessante pour le genre humain est tout aussi difficile. Lire la Suite