Journal du novice Nicolas (Saint Nikon) d’Optina (21)

Né en 1888, le Saint Hiéromartyr Nikon (Beliaev) fut hiéromoine à la Skite du Monastère d’Optina. Il en fut un des derniers startsy, ayant eu pour père spirituel Saint Barsanuphe, lui-même fils spirituel du Saint Starets Anatole (Zertsalov) d’Optina. Un récit de sa vie a été traduit en plusieurs parties sur le présent blogue et est accessible ici. Le Monastère a publié le journal tenu par le novice Nicolas pendant les trois premières années de sa vie monastique. (Дневник послушника Николая Беляева (преподобного Оптинского старца Никона). Le texte ci-dessous est la traduction (sur base de l’édition de 2016) des premières pages de cet ouvrage remarquable, inédit en français. Le début de la traduction se trouve ici.

5 mars
Hier soir, j’ai terminé de lire les Psaumes à huit heures et je suis allé voir Batiouchka pour une bénédiction, après tout le monde, et de façon inattendue, je suis de nouveau parvenu à avoir un entretien avec Batiouchka. Quand je suis entré, il m’a dit de m’asseoir sur la chaise sous l’horloge et de rester silencieux, et lui-même est sorti. Après un certain temps, assez vite, Batiouchka est revenu et a commencé fermer les tentures des fenêtres. Derrière les fenêtres juste au-delà des arbres, la lune brillait. Cela faisait déjà trois ou quatre nuits consécutives que c’était aussi beau, comme je l’ai décrit auparavant. Batiouchka m’a fait remarquer:
– Vous voyez comme c’est beau?
– Oui, Batiouchka. Et maintenant, quand je rentre à ma cellule après le Psautier, j’aime tout cela: la lune, la neige, mais quand je suis dans ma cellule, je suis encore mieux là-bas.
– Bien sûr, dans la cellule, c’est mieux.
(Je ne me souviens pas bien, mais il me semble que Batiouchka a ajouté: «Et pour l’âme c’est encore meilleur…», ou quelque chose comme ça).
Ensuite, Batiouchka a commencé à parler de l’un des moines de notre monastère, le Père Théodule:
«Un des moine vit dans la cuisine, tout simple, il est peut-être même analphabète. Personne ne sait rien de lui. Même le Père Archimandrite ne sait ce qu’il a accompli dans son âme. Mais voilà, moi, en tant que père spirituel, je sais tout cela. Il gardait constamment le silence et répétait la prière de Jésus. Tout le monde voyait qu’il avait constamment son chapelet, toujours en mouvement, mais personne n’imaginait ce qui se faisait à l’intérieur de lui. Il a appris la prière orale jusqu’à ce qu’il commence à passer à la prière intérieure.
J’ai rarement eu à lui parler, mais quand cela s’est produit, cela m’a apporté une grande consolation.
Il tomba malade et fut alité à l’infirmerie, et moi, quand la première semaine j’ai confessé les moines du monastère qui étaient à l’infirmerie, je suis allé lui parler. Je lui ai demandé s’il voulait quelque chose.
– Non, Batiouchka, rien. par la suite, je lui ai à nouveau demandé s’il voulait quelque chose.
– Rien… Sauf, Batiouchka, quelque chose d’un peu acidulé.
– D’accord, ai-je dit.
Le lendemain, je lui apportai deux pommes et deux oranges. Comme il était heureux! Comme un moine a peu de besoin! Ce n’est pas comme dans le monde, on donne un million et c’est trop peu, donnez-en un autre. Et tout le monde veut en avoir. Ici, juste une bagatelle, et combien elle procure de la joie. Puis je lui ai demandé un jour:
– Comment ça va?
– C’est ennuyeux de vivre ici, Batiouchka.
– Où peut-on trouver de la joie alors? Demandai-je.
– Mais là-bas, dit-il en pointant vers le ciel.
– Oui, on y trouve de la joie, si seulement on peut y entrer. Tu es prêt?
-Bien-sûr que ne suis pas prêt. Je suis le pire des pécheurs.
Le lendemain, je viens et demande:
– As-tu besoin de quelque chose?
– Non, Batiouchka, rien. Je souhaite une seule chose: j’ai le désir de partir et d’être avec le Christ (Philip.1;23)… Priez pour moi, Batiouchka. Un chemin long et inconnu m’attend. Bénissez, Batiouchka, que j’y aille.
– Dieu te bénit, va. Quand tu seras devant le Trône du Seigneur, souviens-toi de moi, ton père spirituel.
– D’accord, si j’y arrive, je me souviendrai.
– Bien sûr, tu vas y arriver.
Aujourd’hui, un novice est arrivé en courant et m’a dit que le Père Théodule était décédé. Je crois qu’il est arrivé aux demeures du paradis. C’est comme ça, on meurt ici comme dans le monde. Si tu te livres au malin, tu te retrouves le crâne fracassé, une malédiction sur la bouche, et au fin fond de l’enfer. Ce sera au Jugement Dernier qu’on apprendra qui était le plus sensé: les professeurs, les artistes, les scientifiques ou les simples comme le Père Théodule».
Puis Batiouchka me fit asseoir avec lui sur le canapé et, me serra dans ses bras, et dit: «Dès la première fois, je me suis senti bien disposé envers vous, et je crois que cette bonne disposition sera conservée pour tout le temps qu’il me reste à vivre. Vivez ici, une seule chose vous en empêchera — le service militaire… Eh bien, cela, que Dieu le veuille, ce ne sera rien. Restez moine ici jusqu’à la fin de votre vie. Mais le fondement de la vie monastique, c’est l’humilité. S’il y a de l’humilité, tout est là, et s’il n’y a pas d’humilité, il n’y a rien. Vous pouvez même être sauvé sans aucun œuvre, uniquement par l’humilité». Entra alors le Père Nikita, un auxiliaire de cellule. Il prépara pour Batiouchka tout ce dont il allait avoir besoin dans la cellule et prit la bénédiction de Batiouchka pour aller dormir. Il prit congé de moi et partit. Et Batiouchka continua:
– Quand j’étais malade, je ne pensais plus pouvoir me lever. Mais ils ont commencé à prier pour moi, et j’ai reçu un sursis. Il y a une bienheureuse qui a vu un rêve: c’est comme si elle s’approchait de la Skite et voyait qu’un mari et sa femme me faisaient passer les saintes portes et me sortaient de la Skite. Elle leur dit : «Où emmenez-vous Batiouchka?» «Au monastère» «Pourquoi l’emmenez-vous au monastère? Après tout, on est emmené de la Skite au monastère seulement quand on meurt, et la Skite a besoin de Batiouchka. Laissez-le.» «C’est hors de question.» Et puis, en larmes, elle demanda: «Laissez-le, s’il vous plaît!..» Alors le mari et la femme ont commencé à se consulter et ont décidé qu’il était possible de me laisser, et ils m’ont emmené à nouveau à la Skite par la sainte porte.» Elle a raconté cela à Nilus, qui me l’a rapporté. Elle lui a raconté ça quand j’étais encore en bonne santé, quelques temps avant la maladie, et elle a dit qu’elle en concluait que quelque chose devait m’arriver.
Le Seigneur voit que j’aime tout le monde, que je voudrais envoyer tout le monde dans Son cœur; on n’y est pas l’étroit! Mais que voulez-vous, certains ne veulent pas, ils n’y vont pas d’eux-mêmes. Je ne les blâme pas, c’est l’œuvre du malin, ils ne sont pas à blâmer. Et je n’ai rien contre le Père Joseph, que Dieu soit avec lui. Certes, il y a eu des persécutions envers moi, mais il a plu au Seigneur qu’il en soit ainsi…(A suivre)
Traduit du russe
Source :                       

Saint Père Nikon, prie Dieu pour nous.

Journal du novice Nicolas (Saint Nikon) d’Optina (20)

Né en 1888, le Saint Hiéromartyr Nikon (Beliaev) fut hiéromoine à la Skite du Monastère d’Optina. Il en fut un des derniers startsy, ayant eu pour père spirituel Saint Barsanuphe, lui-même fils spirituel du Saint Starets Anatole (Zertsalov) d’Optina. Un récit de sa vie a été traduit en plusieurs parties sur le présent blogue et est accessible ici. Le Monastère a publié le journal tenu par le novice Nicolas pendant les trois premières années de sa vie monastique. (Дневник послушника Николая Беляева (преподобного Оптинского старца Никона). Le texte ci-dessous est la traduction (sur base de l’édition de 2016) des premières pages de cet ouvrage remarquable, inédit en français. Le début de la traduction se trouve ici.

(…) Puis j’ai dit à Batiouchka que je me sentais vraiment très bien ici, calme, sans aucune affliction, et quand il y a des tentations au sujet des frères, ou des pensées, elles passent rapidement et surtout ne me troublent pas. J’en suis même venu à me demander si ce ne serait pas de l’indifférence à tout. Je ne me souviens pas comment, mais Batiouchka m’a dit de ne pas prêter d’attention particulière à cette idée d’indifférence. En fait, je pense que par celle-ci, le Seigneur me réconforte, moi l’indigne, voulant me montrer, me donner un avant-goût des douceurs de la vie monastique. Car, comme je le vois et l’entends, tout le monde ne cherche que la paix de l’esprit, la clarté, la grâce; et rien ne me dérange maintenant, et je ne demande pas mieux. Certes, parfois, une pensée au sujet de cette paix clignote un peu, mais disparaît rapidement.
Et Batiouchka me réconforte souvent par nos entretiens; par exemple, j’ai été très réconforté par cette dernière conversation, ou encore par un bonbon ou un citron. L’autre jour, quand je suis venu chez Batiouchka pour demander la permission d’aller au bain, il a donné deux petits paquets de bonbons pour moi et Ivanouchka. «Ici, chez nous, tout est comme chez les enfants», a déclaré Batiouchka. J’ai souri et j’ai accepté avec plaisir ce petit présent, auquel dans le monde, si je ne l’avais pas dédaigné, je n’aurais pas prêté attention. Et Batiouchka lui-même a également souri, et quel sourire doux, gentil, enfantin! Sauve-le, Seigneur!
25 février
Maintenant, c’est le premier jour du Grand Carême. Il est bon de commencer et de vivre tout ce temps sacré ici. La grande consolation, ce sont les longs offices du Grand Carême. On chante de façon vraiment pas artistique, mais de façon générale tout est bien.

Saint Barsanuphe d’Optina

Pour affermir nos forces, il y a la nourriture froide et maigre, mais tout à fait suffisante pour maintenir la vigueur. Au lieu de thé nous buvons de l’eau chaude, ou de la menthe infusée avec du miel, une fois par jour. En général, pour autant qu’on le souhaite, on peut vivre ici très bien. Il faut juste se surveiller soi-même, pas les autres.
Et quand vous remarquez les défauts des autres et que vous êtes fier, mentalement, devant les autres, vous devez répondre à cette pensée du mauvais: je suis pire que tout le monde. Comme Batiouchka me l’a dit. Et même si on ne le sent pas vraiment, il faut le dire tout de même.
Batiouchka m’a également dit que l’ennemi attaque toujours  d’un côté particulier : en s’appuyant sur une passion. Par exemple, en attirant vers la gourmandise, mais il n’incitera pas en même temps à être avide d’argent, car cela pourrait détruire son travail; bien que peut-être quelqu’un sera-t-il avare pour satisfaire son ventre. Ou, s’il attire dans les filets de l’avarice, il ne poussera pas en plus à la fornication, car il pourrait aussi détruire son travail.
J’ai remarqué que depuis que j’ai parlé à Batiouchka de mes pensées à propos du service militaire et de la tonsure pour la mantia, elles ne me dérangent plus; et je me souviens, Batiouchka a dit qu’elles me laisseraient tranquille, si Dieu le veut. Et en effet, elles sont parties; d’autres me viennent à l’esprit, mais celles-ci ne viennent plus, par les prières de Batiouchka.
Je remarque qu’il est, je crois, plus facile pour moi de résister debout pendant les offices et de me lever cette année que l’année dernière. Même si je me sentais bien l’année dernière. Gloire à Dieu! Dieu Merci!
Au cours de la dernière conversation avec Batiouchka, je lui ai raconté un autre cas, qui m’est arrivé: j’étais invité dans la propriété de certains de mes amis, et un jeune homme me proposa d’aller à la chasse. J’y suis allé, bien que je ne sache pas tirer, et je n’ai pas eu à le faire, car nous avons commencé à cueillir des champignons, délaissant la chasse. Nous marchions côte à côte, et soudain il lui sembla voir un tétras ou un lièvre, je ne me souviens plus. Il a appuyé sur la gâchette: il s’est avéré qu’il n’y avait rien. il a relâché la gâchette et m’a dit de cueillir le champignon qui poussait juste à côté du buisson où nous nous tenions. Je me suis penché et je l’ai cueilli. Quand je me suis penché, il a appuyé sur la gâchette très imprudemment, alors elle claqua. Il aurait dû y avoir un coup de feu. Pourquoi il n’y en eut pas, Dieu seul le sait, mais si cela s’était produit, je ne serais plus en vie, car le canon du fusil était pointé dans mon dos à deux pas. Quand et comment cela s’est passé, je n’en savais rien, mais c’est ce que mon camarade a dit à ce sujet. Quand j’ai raconté cela à Batiouchka, il s’est signé et a dit: «Dieu merci, c’est l’Ange Gardien qui a retenu le coup. Vous ne vous souvenez pas de la date de cet événement?» J’ai répondu «Non». C’était en 1905, en août, environ le 20. J’avais oublié cette histoire, je n’y prêtais plus attention, et ici je m’en suis souvenu de nouveau.
Maintenant, je m’émerveille vraiment de la façon dont le Seigneur m’a toujours protégé, combien de fois ma vie a été en danger, quand je grimpais sur les toits, sur les arbres, sur les poteaux, ou lors des jeux et des divertissements dangereux.

2 mars
La première semaine du Saint et Grand Carême est déjà passée, et avec l’aide de Dieu, je l’ai vécue facilement, Gloire à Dieu, et même avec consolation spirituelle. Moins vous mangez, moins vous en voulez; maintenant j’en ai vraiment fait l’expérience. Et j’ai remarqué que plus que d’habitude, j’écoutais l’office, et plus je l’aimais. Maintenant, je commence à comprendre le sens du jeûne: le corps et l’âme deviennent en quelque sorte bons. En général, je remarque que je commence à aimer les choses ici de plus en plus.
Comme elles m’ont plu les vigiles d’hier, particulièrement leur première partie, les vêpres. Comme j’ai bien écouté les stichères du «Seigneur, je crie vers Toi!» C’était un plaisir de me tenir debout et d’écouter l’hexapsalme dans cette pénombre paisible.
Maintenant, j’ai lu le Psautier, à la fin, en rentrant ici à la cellule, comme je me sentais bien… Après la prière, l’âme est paisible, calme, comme tout autour: et cette merveilleuse nuit, la lune, le ciel clair et les étoiles brillantes, le silence, la neige brille, autour des pins centenaires… C’est si bon! Gloire à Dieu, Lui, le Miséricordieux, pour m’avoir amené ici, moi le pécheur, sous la protection de la Très Sainte Mère de Dieu et de Son Prophète, le Baptiste Jean. Ici, je me sens bien partout, et quand je suis seul dans ma cellule, il me semble que je suis encore mieux.
Je ne sors de ma cellule pour aller nulle part sans avoir quelque chose à y faire. Généralement, je ne sors que pour aller à l’église, pour lire la règle, pour mon obédience, pour le repas, rien d’autre. S’il y a du travail, alors j’y vais, et je procrastine parfois, si possible. Je n’aime pas aller au monastère: c’est bruyant, très bondé là-bas. Je ne sors généralement de la clôture de la Skite que pour tirer de l’eau du puits Ambroise. En général, le Seigneur me réconforte, et ce n’est pas un fardeau pour moi que la vie actuelle de novice à la Skite.
Je ne souhaite rien de mieux: ni nourriture, ni office, c’est pourquoi je reconnais que je suis très bien ici.
3 mars
Ce soir, ou plutôt, déjà ce matin, après les matines, à 4 heures, quand je me suis couché, comme d’habitude, au lit, quelque chose de maléfique m’est arrivé. L’état dans lequel j’étais à la fois dans le corps et l’âme est impossible à décrire. Ce genre de chose m’est arrivé plus d’une fois, et je me souviens que Batiouchka, à ma question à ce sujet, a dit que c’était, bien sûr, l’œuvre du malin, puis il a ajouté: «peut-être que vous ressentirez cela plus encore, ou peut-être que vous n’éprouverez plus rien.» (Quelque chose comme ça, je ne me souviens pas bien maintenant, car cela date de relativement longtemps, je portais encore des vêtements civils. Depuis lors, je n’avais plus rien éprouvé de cela. Dans de telles tentations, je ressens de l’effroi et je fais la prière de Jésus tout le temps. Que la volonté du Seigneur soit faite! (A suivre)
Traduit du russe
Source :                       

Saint Père Nikon, prie Dieu pour nous.

Journal du novice Nicolas (Saint Nikon) d’Optina (19)

Né en 1888, le Saint Hiéromartyr Nikon (Beliaev) fut hiéromoine à la Skite du Monastère d’Optina. Il en fut un des derniers startsy, ayant eu pour père spirituel Saint Barsanuphe, lui-même fils spirituel du Saint Starets Anatole (Zertsalov) d’Optina. Un récit de sa vie a été traduit en plusieurs parties sur le présent blogue et est accessible ici. Le Monastère a publié le journal tenu par le novice Nicolas pendant les trois premières années de sa vie monastique. (Дневник послушника Николая Беляева (преподобного Оптинского старца Никона). Le texte ci-dessous est la traduction (sur base de l’édition de 2016) des premières pages de cet ouvrage remarquable, inédit en français. Le début de la traduction se trouve ici.

(…) Puis j’ai dit que j’avais moi aussi des pensées.
– Lesquelles, dites-moi.
– Eh bien, dis-je, il y a souvent des pensées telles que, quand je serai à l’armée, je ferai telle ou telle chose. Par exemple, je irai rendre visite à l’un, à un autre, je boirai du thé avec du pain (parce que nous buvons le thé sans pain, ici) et ainsi de suite. Aujourd’hui, par exemple, il y a eu des pensées positives toute la soirée: quand je serai à l’armée, je tomberai malade et je resterai allongé à l’infirmerie, j’y lirai la règle de la prière pour les malades, etc., toutes sortes de bêtises. Ou il y a des pensées vaniteuses sur la tonsure pour la mantia avec toutes sortes de détails…
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Journal du novice Nicolas (Saint Nikon) d’Optina (18)

Né en 1888, le Saint Hiéromartyr Nikon (Beliaev) fut hiéromoine à la Skite du Monastère d’Optina. Il en fut un des derniers startsy, ayant eu pour père spirituel Saint Barsanuphe, lui-même fils spirituel du Saint Starets Anatole (Zertsalov) d’Optina. Un récit de sa vie a été traduit en plusieurs parties sur le présent blogue et est accessible ici. Le Monastère a publié le journal tenu par le novice Nicolas pendant les trois premières années de sa vie monastique. (Дневник послушника Николая Беляева (преподобного Оптинского старца Никона). Le texte ci-dessous est la traduction (sur base de l’édition de 2016) des premières pages de cet ouvrage remarquable, inédit en français. Le début de la traduction se trouve ici.

23 février
Demain cela fera exactement un an, que nous sommes arrivés pour la première fois à Optina. Demain c’est le Dimanche du Pardon, et le Grand Carême commence. C’est un moment où on n’a pas le temps d’écrire à propos de tout, je vais me limiter à écrire une conversation avec Batiouchka, qui était complètement inattendue pour moi, le 21. Lire la Suite

Journal du novice Nicolas (Saint Nikon) d’Optina (17)

Né en 1888, le Saint Hiéromartyr Nikon (Beliaev) fut hiéromoine à la Skite du Monastère d’Optina. Il en fut un des derniers startsy, ayant eu pour père spirituel Saint Barsanuphe, lui-même fils spirituel du Saint Starets Anatole (Zertsalov) d’Optina. Un récit de sa vie a été traduit en plusieurs parties sur le présent blogue et est accessible ici. Le Monastère a publié le journal tenu par le novice Nicolas pendant les trois premières années de sa vie monastique. (Дневник послушника Николая Беляева (преподобного Оптинского старца Никона). Le texte ci-dessous est la traduction (sur base de l’édition de 2016) des premières pages de cet ouvrage remarquable, inédit en français. Le début de la traduction se trouve ici.

16 février
Je ne peux pas écrire, il y a des vigiles. À partir de demain commence la Maslenitsa. Voilà bientôt un an que nous sommes venus pour la première fois à Optina. L’année Dernière, cette nuit, nous étions dans le monastère, à peine reposés de la route, car nous étions arrivés à 4 heures de l’après-midi. Gloire à Dieu de nous avoir placés ici dans le silence et l’action de grâce.
18 février
Hier, je n’ai pu écrire, il était très tard. Après avoir lu les Psaumes, je suis allé à la bénédiction. Batiouchka lui-même a commencé à parler et à m’interroger. Batiouchka m’a béni pour chanter aux vigiles et à la liturgie, quand on manquera de basses. Lire la Suite

Journal du novice Nicolas (Saint Nikon) d’Optina (16)

Né en 1888, le Saint Hiéromartyr Nikon (Beliaev) fut hiéromoine à la Skite du Monastère d’Optina. Il en fut un des derniers startsy, ayant eu pour père spirituel Saint Barsanuphe, lui-même fils spirituel du Saint Starets Anatole (Zertsalov) d’Optina. Un récit de sa vie a été traduit en plusieurs parties sur le présent blogue et est accessible ici. Le Monastère a publié le journal tenu par le novice Nicolas pendant les trois premières années de sa vie monastique. (Дневник послушника Николая Беляева (преподобного Оптинского старца Никона). Le texte ci-dessous est la traduction (sur base de l’édition de 2016) des premières pages de cet ouvrage remarquable, inédit en français. Le début de la traduction se trouve ici.

12 février
Aujourd’hui, Batiouchka nous a bénis tous les deux pour lire le Psautier pour les vivants et pour les défunts dans l’église de la Skite. Je peux écrire douze noms à commémoration selon le droit qui revient à tous les novices.
Aujourd’hui, Batiouchka m’a dit qu’il avait reçu autrefois la fille du Général Tcherniaev qu’il a connu pendant la guerre turque.
«Une jeune fille très instruite, encore jeune. J’ai parlé avec plaisir avec elle. J’aime parler avec de telles personnes: c’est une âme sincère, et sincèrement à la recherche de Dieu. Plus tard elle a écrit ce qu’elle a vécu ici à Optina; elle n’a jamais vécu de tentation. Lire la Suite