Le Métropolite Manuel (Lemechevski). Tranches de vie. (2)

Écrits

Le texte ci-dessous est la traduction des pages 24 à 28 de l’essai biographique intitulé «Vie et service du Métropolite Manuel» (Жизнь и служение Митрополита Мануила), écrit par le Métropolite Ioann (Snytchev) l’année qui suivit la natalice du Métropolite Manuel (Lemechevski) qui fut son père spirituel pendant plusieurs dizaines d’années. La version utilisée pour cette traduction est celle qui fut publiée à Samara en 1997, par les Éditions «Samara Orthodoxe».L’auteur bénéficia non seulement de l’accès à de nombreux témoins directs et aux notes du journal que tint le Métropolite Manuel, mais il vécut auprès de celui-ci de nombreuses années et partagea avec lui toutes les épreuves de la vie de l’Église à l’époque de sa persécution impitoyable par le pouvoir. L’extrait ci-dessous propose une tranche de vie, celle des événements qui déclenchèrent la décision de Viktor Viktorovitch, futur héros de l’ascèse et métropolite, d’entrer au monastère. La première tranche de vie se trouve ici.

Vladika Manuel avec le jeune Vladika Ioann

Le 15 août 1909, son frère tomba soudainement malade. Paul vivait alors à Kronstadt où il suivait les cours de l’École de la Marine. La maladie, une pneumonie purulente, était si aiguë qu’il y avait très peu de chances de le voir se rétablir. Les heures de l’affliction étaient de retour dans la famille Lemechevski. Viktor était celui que cette maladie tourmentait le plus. Il aimait ce frère plus que ses autres frères et sœurs. Lire la Suite

Saint Jean de Kronstadt, le Métropolite Ioann (Snytchev) et le Tsar Pacificateur

Éléments biographiques

L’original russe du texte ci-dessous, rédigé par Sergeï Igorievitch Astakhov, Directeur Général des Éditions Tsarskoe Delo à Saint-Pétersbourg, a été publié pour la première fois dans le livre «Il y eut un homme, envoyé par Dieu», (Был человек от Бога…) (Vie du Métropolite Ioann (Snytchev)de Saint-Pétersbourg et Ladoga), édité pour la première fois 2005 et réédité en 2015. Dans cette deuxième édition, le texte se trouve aux pages 694 et 695.

La Providence Divine jugea bon, pour des raisons qui nous sont cachées et resteront jusqu’à la fin inexplicables à nos yeux, que Vladika Ioann quittât le monde terrestre le jour anniversaire du décès du Souverain Empereur Alexandre III.
C’est précisément le 20 octobre (2 novembre selon le ‘nouveau calendrier’) 1894, que décéda à Livadi le Tsar Pacificateur, dans la cinquantième année de sa vie, après avoir reçu de Saint Jean de Kronstadt, le Bon Pasteur de Toute la Russie, la bénédiction qui l’accompagna sur son dernier chemin .
Le Métropolite Ioann vénérait profondément la mémoire du défunt Souverain, et exactement un an avant sa mort, le 2 novembre 1994, il célébra solennellement une pannychide pour l’Empereur Alexandre III qui reposait en Dieu, devant sa tombe, à l’intérieur de la Cathédrale des Saints Apôtres Pierre et Paul à Saint-Pétersbourg. Ce jour-là, c’était la première fois depuis 1917 qu’un hiérarque priait sous les voûtes de la Cathédrale des Saints Pierre et Paul pour le repos de l’âme de tous les membres de la lignée régnante de la Maison Romanov. Vladika prit en outre les dispositions nécessaires afin que soit arrêtée la liste des noms des personnes à commémorer et pour que celles-ci le soient dans toutes les églises de Saint-Pétersbourg le jour anniversaire de leur décès.
Précisément un an plus tard, la Providence Divine voulut que le 2 novembre devienne aussi le jour de commémoration et de prières pour un autre grand homme de notre Patrie et ardent défenseur de l’Orthodoxie, le Métropolite Ioann de Saint-Pétersbourg et Ladoga.
On constate avec étonnement que le Batiouchka de Toute le Russie, le Saint et Juste Jean de Kronstadt se trouvait, par l’intermédiaire de ses saintes reliques, à proximité du lieu où décéda le Métropolite Ioann ; l’hôtel Couronne du Nord [Hôtel Severnaia Korona, dont la construction ne fut en réalité jamais terminée, et qui a été très récemment rasé. N.d.T.] se trouvait tout à côté du Monastère Saint Jean, quai de la Karpovka [Ce monastère abrite la chapelle où reposent les saintes reliques de Saint Jean de Kronstadt. N.d.T.].
En outre, la veille, le 1er novembre, l’Église célébrait la fête onomastique du Pasteur de Kronstadt. Celui-ci fut donc le dernier membre du chœur de tous les saints que vénéra Vladika Ioann, lors des offices du soir. Et quand on ramena le corps de Vladika Ioann à la Résidence métropolitaine, on n’avait pas encore enlevé l’icône de Saint Jean de Kronstadt et elle se trouvait toujours sur l’analoï de l’église de la résidence. Elle demeura devant son cercueil, et le Batiouchka de Toute la Russie accompagna ce grand Saint Hiérarque de Toute la Russie dans son dernier voyage…
Traduit du russe

Saint Jean de Kronstadt. Fin du Journal.

Le texte ci-dessous est la traduction des dernières pages du Journal que Saint Jean de Kronstadt tint pendant un demi-siècle, entre 1856 et 1908. Il s’agit des notes qu’il écrivit les 28 octobre et 11 novembre (ancien calendrier) 1908. La dernière partie de son journal, concernant le second semestre 1908. Cet extrait est intégré dans le Journal complet, au vingt sixième et dernier (pour l’instant) volume, pages 316 à 320, publié en 2019 à Moscou par le «Fond social régional à la Mémoire des martyrs et confesseurs de l’Église Orthodoxe Russe». Les cahiers de notes couvrant les périodes de 1894 à 1896 et de 1898 à la fin du premier semestre de 1908 n’ont toutefois pas encore été tous retrouvés. Saint Jean de Kronstadt naquit en 1829 et décéda le 21 décembre (ancien calendrier) 1908. Il était donc âgé de quasiment quatre-vingts ans lorsqu’il écrivit les notes ci-dessous.

Le 28 octobre. Mardi.
L’entêtement pervers de la malice de mon vieil homme ? J’en suis moi-même ébahi. Pendant la première liturgie, on a chanté l’hymne des chérubins, sur une mélodie superbe, robuste, fidèle et sensible. Et quoi ? Cela ne plut pas à ma vieille canaille ; pourquoi la même mélodie plusieurs fois de suite ! Il eut fallu varier. Et voilà de l’animosité envers le chef de chœur, et envers les chantres et envers la mélodie ! C’est avec difficultés que je suis parvenu à me persuader, à m’apaiser et à me faire comprendre que l’hymne était bien équilibré, sensible, et de plus, qu’il ne fut pas répété à de trop nombreuses reprises ! Cela ne demande tout de même pas un gros effort, que de se régaler le cœur et l’oreille avec une mélodie unique pour un irmos, un thétokion, un tropaire, un kondakion, plutôt qu’en être agacé!
Maudit vieil homme idiot! Gredin! Méchant imposteur! Lire la Suite

Métropolite Benjamin (Fedtchenkov): Les derniers jours de Saint Jean de Kronstadt

Le texte ci-dessous est la traduction du dernier chapitre tiré d’un long texte rédigé par le Métropolite Benjamin Fedtchenkov. Ce long texte fut pendant une grande partie du XXe siècle un des très rares témoignages directs contribuant à la diffusion d’éléments biographiques fiables au sujet du Saint Père Jean de Kronstadt. En plus de leur valeur spirituelle, l’intérêt historique de ces textes est indéniable. Voici la traduction d’un dernier extrait, intitulé «Последние дни», les trois premiers sont disponibles ici.
Ivan Fedtchenkov naquit le 2/14 septembre 1880. Il reçut la tonsure monastique en 1907, année au cours de laquelle il termina l’Académie de Théologie de Saint-Pétersbourg. En 1910-1911, il fut le secrétaire particulier de l’Archevêque Serge de Finlande, le futur patriarche. Entre 1904 et 1908, il rencontre le Père Jean de Kronstadt à trois reprises, et à l’une de ces occasion, il concélébra la Divine Liturgie avec lui. Ces rencontres produisirent sur lui une impression intense, et il nourrit toute sa vie une vénération profonde envers Saint Jean de Kronstadt, lui consacrant plusieurs écrits. Il fit partie des fondateurs et fut recteur de l’Église des Trois Saints Docteurs à Paris, et fondateur de la représentation du Patriarcat de Moscou en France. Il fut exarque du Patriarcat de Moscou en Amérique et y devint métropolite. Il termina sa vie à la Laure des Grottes de Pskov, en 1961, et son corps y fut inhumé. Vladika Benjamin a laissé un riche héritage littéraire et spirituel.

Il était notoire que Batiouchka fut malade à plusieurs reprises, mais relativement brièvement et rarement. Lorsque c’était nécessaire, il faisait appel au médecin. L’Apôtre Paul donna un conseil à son disciple Timothée au sujet des maladies: pour ton estomac et tes différentes indispositions, bois un peu de vin coupé d’eau… Mais le Père Jean ne suivait pas toujours les prescriptions des médecins. Un jour, par exemple, les docteurs lui prescrivirent de manger de la viande, pendant le carême, sans quoi il serait menacé par de sérieuses complications. Lire la Suite

Saint Jean de Kronstadt. Prier la Très Sainte Mère de Dieu

Le texte ci-dessous est tiré du livre édité en 1988 par le Comité de la Jeunesse Orthodoxe Russe hors Frontière, à l’occasion du millénaire du Baptême de la Sainte Russie. Ce livre est composé essentiellement d’extraits du journal de Saint Jean de Kronstadt consacrés à la prière, et particulièrement à la Très Sainte Mère de Dieu et aux prières qui Lui sont adressées.Il est disponible en ligne sur le site ‘Foi Orthodoxe’ (Вера Православная).

Soyez fermement convaincu, lorsque vous commencez à prier la Reine Mère de Dieu que vous ne La quitterez pas sans avoir reçu Sa miséricorde. Il est digne et juste de penser ainsi et d’éprouver cette ferme conviction à Son propos. Elle est la Mère toute-miséricordieuse du très miséricordieux Dieu le Verbe. Tous les siècles et toutes les églises chrétiennes proclament Ses innombrables et incommensurables miséricordes ; Elle est vraiment un abîme de bonté et de générosité, comme le dit d’Elle le Canon de l’Odigitria (Canon, Ode 5, St.1). Dès lors commencer à lui adresser votre prière sans vous être pénétré de cette ferme conviction ne serait pas raisonnable, et serait même audacieux, et le doute affligerait Sa bonté, comme il afflige la bonté de Dieu, quand on commence à Le prier sans l’espoir de recevoir de Sa part ce que nous Lui demandons. Comment se précipite-t-on vers la miséricorde d’un homme haut-placé et riche, et dont tout le monde connaît la miséricorde, celle-ci ayant été prouvée par d’innombrables expérience? On le fait d’habitude avec la plus parfaite conviction et l’espoir de recevoir ce que l’on souhaite. De la même façon, on ne doit pas douter dans la prière, on ne doit pas être timoré. Lire la Suite

Saint Jean de Kronstadt guérit les possédés

Dieu accomplit de nombreux miracles à travers Son serviteur, le Saint et Juste Jean de Kronstadt. La prière de celui-ci était entendue, notamment, lorsqu’il s’agissait de libérer les possédés et d’expulser et de chasser les démons. Le Saint Batiouchka Jean constituait évidemment une cible primordiale pour ces derniers; il souffrait donc lui-aussi de leurs attaques. Les quatre textes ci-dessous relatent de tels événements. Ils sont extraits du tome 25 du ‘Journal’ tenu par Saint Jean de Kronstadt. (Святой праведный Иоанн Кронштадтский. Дневник. Том 25 1883-1890, Moscou 2018). Il est étonnant de constater que le Saint Père Jean a consigné ces quatre miracles de type similaire en l’espace d’une dizaine de jours consécutifs seulement.

Pp. 48-49. Le 29 décembre 1883, jeudi.
Après les matines, le seigneur accomplit un grand signe par la puissance de son nom. Barbara, une jeune paysanne de quinze ans, souffrait depuis sept ans d’un malicieux démon. Elle guérit après qu’on eut prié pour elle dans la cathédrale saint André, en présence d’une grande foule d’hommes et de femmes. Ses parents l’avaient emmenée en de nombreux endroits, à la recherche de la guérison, de la libération de cette torture infligée par l’ennemi. C’est ici seulement qu’elle fut libérée, après d’ardentes prières. Son père est le paysan Rodion Alekseev, du village de Drozdovo, Volosk de Soubbotine-sokolnine, dans l’ouïezd de Sytchevsk, Gouvernorat de Smolensk et sa mère s’appelle Anna Nikitina. Voilà qui sont ses parents. Lire la Suite