Saint Luc de Crimée: La Translation des Reliques de Saint Nicolas.

agios-louka-st-lukaInnombrables sont les miracles accomplis par l’intercession du Saint Archevêque et Confesseur de la Foi Luc de Crimée. Saint Luc a illuminé la Terre de Russie et il illumine aujourd’hui le monde entier. Puisse-t-il nous accompagner dans la joie sur notre chemin vers le Christ et nous donner la force de porter notre croix. Afin de nous y aider le Saint homme a prononcé ses homélies et écrit ses textes. Ce site propose la traduction d’homélies et de textes de Saint Luc, à notre connaissance inédits en langue française. L’homélie ci-dessous a été prononcée le 22 mai 1949, à l’occasion de la fête de la translation à Bari des reliques du Saint Thaumaturge Nicolas, Evêque de Myre en Lycie. 

Pendant sept cents ans, le saint corps du grand Saint Évêque et Thaumaturge Nicolas reposa là où avait vécu ce grand et saint homme, à Myre, en Lycie. Mais il y a sept cents ans, le Seigneur permit que des calamités s’abattent sur les pays grecs : de différents horizons arrivèrent des peuples nomades, qui les envahirent, et les peuples musulmans saccagèrent et écrasèrent quasiment toutes les villes de l’Asie Mineure, massacrant les hommes et emmenant femmes et enfants en captivité. En Lycie, Myre, où l’on vénérait les reliques de Saint Nicolas, fut détruite et profanée. Le Seigneur ne permit pas que les reliques du grand saint évêque demeurèrent dans cet endroit souillé, sous le pouvoir des mécréants.
Saint Nicolas apparut dès lors en songe à un saint prêtre de la ville de Bari, dans le Sud de l’Italie, au bord de la Mer Adriatique. A ce prêtre, il ordonna, au Nom de Dieu, de transférer ses reliques de Myre en Lycie en la ville de Bari. Et il lui commanda d’en informer tous les citoyens et les prêtres de la ville. Le prêtre transmis la nouvelle à tout le clergé et au peuple de la ville de Bari. On choisit les plus dignes, ceux qui menaient la vie la plus pure parmi eux et on les envoya à Myre en Lycie afin qu’ils en ramènent les reliques du Saint Évêque Nicolas. On chargea des navires de céréales, ils hissèrent les voiles et naviguèrent vers Antioche, se faisant passer pour des marchands. Dès que le blé fut vendu et déchargé à Antioche, ils voguèrent en hâte vers Myre1.

Tombe de Saint Nicolas à Myre en Lycie. Photo d’Anton Pospelov. Pravoslavie.ru

Arrivés à l’église où était vénéré le corps de Saint Nicolas, ils trouvèrent quatre moines et s’enquirent de l’endroit où reposaient les reliques. Ayant reçu l’information, ils brisèrent les dalles surplombant le cercueil du Saint, délogèrent le cercueil de la tombe et l’emmenèrent sur un de leurs vaisseaux. Deux moines suivirent les reliques qu’ils veillaient jour et nuit, à tour de rôle, les deux autres demeurèrent à Myre. Ils naviguèrent presqu’un mois sur la Méditerranée et rejoignirent le port de Bari dans la soirée du dimanche 9 mai.
La population entière, comme un seul homme, vint à la rencontre des saintes reliques ; tous tenaient un cierge à la main et chantaient des hymnes. Les saintes reliques furent déposées dans l’église de Saint Jean le Précurseur et y furent vénérées pendant trois ans, en attendant la construction d’une nouvelle église, consacrée à Saint Nicolas.
Quand celle-ci fut achevée, la population de Bari invita le Pape de Rome, Urbain, lui demandant de procéder à la translation des reliques de l’église du Saint Précurseur vers la nouvelle église Saint Nicolas. Cet événement, que nous fêtons aujourd’hui se déroula donc le jour béni du 9 mai. Depuis l’époque où les reliques du Saint furent installées, on vit les miracles commencer à se produire, auprès de sa tombe. En trois jours, cent onze guérisons furent recensées, d’hommes et de femmes souffrant de maladies de toutes sortes.
Saint Nicolas apparut alors en songe à un moine qui menait une vie sainte et pieuse et lui annonça : «Voilà que je suis venu chez vous. C’est par ordre de Dieu que je l’ai fait. Voici cent onze hommes et femmes guéris, et je continuerai à guérir».
Voilà le récit des événements. Depuis lors, l’Église célèbre ce saint jour. Et le célèbre dans la joie, en grande pompe, et cette gloire, cette joie, cette exultation est reflétée dans le tropaire de la fête que nous avons entendu aujourd’hui : «Le jour de la solennité lumineuse a commencé, la cité de Bari se réjouit et avec elle tout l’univers est en liesse avec des hymnes et des cantiques spirituels ; car c’est le jour de la sainte solennité du transfert des reliques précieuses et miraculeuses du hiérarque et thaumaturge Nicolas, comme le soleil sans couchant brillant par des rayons lumineux et dissipant les ténèbres des épreuves et des malheurs chez ceux qui s’exclament avec foi : sauve-nous, comme notre grand intercesseur, ô Nicolas».
Ce tropaire de la translation des reliques du Saint Évêque Nicolas reflète le grand, très grand événement que l’on célèbre dans tout le monde chrétien. Depuis lors, le monde entier, tout le monde chrétien vénère saintement ces reliques. Il les vénère car c’est sur un ordre de Dieu qu’elles furent transférées de Myre en Lycie, car, selon ses propres paroles, le Saint Évêque entra à Bari en son corps, en ses reliques. Le monde orthodoxe et le monde catholique romain vénère les saintes reliques. Non seulement celles de Saint Nicolas, mais celles de très nombreux saints évêques et saint martyrs. Il s’agit d’une caractéristique de la vraie Église.
Cette vénération n’est toutefois pas de mise dans toutes les communautés chrétiennes qui sortirent de l’unité avec l’Église Orthodoxe ou avec les Catholiques Romains. Toutes les communautés protestantes, luthériennes et autres sectes ne connaissent pas cette vénération. Celle-ci constitue une caractéristique de l’Orthodoxie et de la confession catholique. Les protestants et membres de sectes nous attaquent du fait de notre vénération des saintes reliques. Ils considèrent qu’il est inadmissible et pour eux, il s’agit même d’un péché, que d’honorer les restes de saints décédés. Que dit-on, en défense de la vénération des saintes reliques par les Orthodoxes et les Catholiques romains ? Nous affirmons ce que ne comprennent pas tous ces sectaires, tout ce que ne veulent pas comprendre les Protestants.
Pas plus tard que dimanche dernier je vous ai parlé de l’immortalité et de la résurrection des corps humains. Je vous ai dit et expliqué la triple dimension de la nature humaine. Cette nature est corps, âme et esprit. J’ai développé ce qu’est l’âme, ce qu’est l’esprit et je vous ai expliqué les relations unissant l’âme et l’esprit au corps. Si vous avez bien écouté ce que je vous ai dit, si vous avez intégré l’image sous-jacente, aujourd’hui, vous comprenez pourquoi nous vénérons les reliques des saints. Si l’essence humaine a trois dimensions, s’il existe un lien intime entre corps, âme et esprit, conditionnant leur interaction, interaction entre le corps, l’âme et l’esprit, si la vie de l’esprit, de l’âme et du corps est une et indivisible, si l’esprit saint, et l’âme juste vivifient le corps, la conséquence de ce lien indestructible entre l’esprit, l’âme et le corps, est que le corps lui-même est saint. Il participe de la sainteté de l’esprit. Si même un récipient de verre qui a longtemps contenu un liquide parfumé peut conserver longtemps, très longtemps ce parfum, même lorsqu’il a été vidé de son contenu, il est facile de comprendre que le corps des saints martyrs qui ont vécu dans l’intimité de l’esprit, de leur esprit, et de leur sainte âme, corps devenu, selon les paroles du Saint Apôtre Paul, le temple de l’Esprit Saint, ce corps donc est lui-même saint, car saint est le temple de l’Esprit Saint. C’est aisé à comprendre.
Ainsi, les corps de chaque saint homme ou sainte femme, non seulement au cours de leur vie mais également après la mort, même le moindre reste du corps des saints, leurs os, sont porteurs de l’essence de la sainteté des saints décédés : ils sont des corps saints, ils sont consacrés par l’esprit saint. Et s’il en va ainsi, ne devrions nous pas traiter avec grande vénération, piété, et même crainte, tous les restes des Saints ?
Oserions-nous oublier les innombrables miracles et guérisons qui se sont produits auprès des tombes et des reliques des saints martyrs, des saints moines, des saints prophètes, des saints apôtres et des saints évêques ?
Oserions-nous oublier tous les miracles dont nous savons qu’ils se sont produits auprès des reliques de Saint Nicolas ?
Oserions-nous oublier ce qui s’est produit très récemment : la manière dont les reliques de notre Saint Seraphim de Sarov se rendirent célèbres ? Oserions-nous oublier les nombreux miracles divins qui se sont produits lors de la translation des reliques de Saint Seraphim ? Nous savons que le cercueil de Saint Nicolas, contenant ses saintes reliques, était rempli de myron parfumé lorsque l’ouvrirent les envoyés chargés de le transférer à Bari. Nous savons que les reliques de nombreux saints exsudent encore et toujours du myron, c’est le cas des reliques de Saint Dimitri de Thessalonique, et c’est pourquoi on l’appelle «le myroblite». Est-il possible d’ignorer tout cela, est-il possible d’ignorer tous ces grands miracles qui se sont accomplis auprès des reliques des saints ?
Connaissez-vous ce grand miracle qui se produisit pendant le quatrième Concile Œcuménique, qui porta sur l’hérésie monophysite ? Le Concile était divisé en deux tendances : l’une considérait comme hérétiques les enseignements d’Eutychès et l’autre inclinait à les admettre comme justes. Ce concile se tint à Chalcédoine, dans l’église où reposaient les reliques de la Sainte et Grande Martyre Euphémie. Ils décidèrent de résoudre le différend entre les deux tendances en le remettant entre les mains de Dieu à travers la Sainte Martyre. Sur un parchemin on consigna les enseignements orthodoxes, sur un second, ceux des monophysites. La tombe de la Grande Martyre fut ouverte et on déposa sur son corps, à hauteur de sa poitrine les deux parchemins, après quoi la tombe fut refermée et scellée. Pendant trois jours, tous les Pères du Concile prièrent avec ferveur, afin que Dieu dévoilât son jugement, à travers la Grande Martyre. Le troisième jour, on fit sauter les scellés placés sur la tombe, on ôta le couvercle et on constata le divin miracle : le parchemin sur lequel étaient couchés les principes monophysites se trouvait sur les jambes de la Sainte Martyre, alors que le second parchemin, elle le tenait en main. Elle souleva celle-ci, comme si elle vivait encore, et le remit au Patriarche de Constantinople.
Quand pareils divins miracles sont accomplis par les reliques des saints, comment pourrions-nous ne pas vénérer les reliques, comment ne pas vénérer en ces reliques les saints eux-mêmes, qui vivent et vivront dans leur corps jusqu’à la fin ? Comment ne pas les vénérer, comment ne pas nous prosterner devant ces reliques, devant ces restes, puisqu’ils sont saints, puisqu’ils sont consacrés par l’Esprit de Dieu qui habite ces corps des morts? Comment ne pas leur rendre hommage, comment ne pas se réjouir de tout cœur de la glorification des reliques ?
Vous savez que les gens du monde, tout à fait étrangers à notre Église, vénèrent non seulement la mémoire mais aussi les restes de personnages qui ont accompli de grandes choses dans la vie du monde, dans le cadre des activités humaines. Vous savez qu’ils rassemblent et conservent tout ce qui a appartenu à de tels hommes, ils installent des musées dans lesquels ils rassemblent tout ce qui a trait à la mémoire des grands de ce monde, les choses qui leur ont appartenu, les documents liés à leurs activités.
Et nous ne devrions pas conserver les restes des vêtements de Seraphim de Sarov ? Et nous ne devrions pas les préserver ici avec vénération, dans ce reliquaire ? Et nous ne devrions pas conserver tout ce qui lui a appartenu ? Et nous ne devrions pas conserver les choses qui appartenaient aux Saints de Dieu ? Et nous ne devrions pas vénérer et chanter les louanges de leurs saintes reliques ? Il ne faudrait pas vénérer et louer les saints ?
Bien sûr, notre vénération diffère fort de l’hommage rendu dans les musées dédiés aux grands de ce monde. Nous encensons les reliques, nous nous agenouillons devant elles, nous les embrassons. Devant elles nous prions celui ou celle qui vécut jadis dans ce corps. ET nous recevons, souvent nous recevons ce que nous avons demandé.
Et nous ne vénérerions pas les reliques d’un saint tel que le Grand Nicolas, le thaumaturge de Myre en Lycie ?

Fresque restaurée  dans l’église à Myre en Lycie. Photo : Anton Pospelov, Pravoslavie.ru.

Restons humbles, ne nous troublons pas des attaques de la part des mécréants, de la part des Protestants et autres sectateurs qui se moquent de nous parce que nous vénérons les saintes reliques.
Occupons-nous plutôt de ce que notre corps devienne à son tour une relique, une sainte relique. Vous devez savoir que dans les hymnes funéraires, la dépouille mortelle de tout Chrétien est appelée relique. C’est le même terme qui désigne le corps des saints décédés, car tous les Chrétiens sont sanctifiés par l’Esprit Saint, car en eux habite l’Esprit Saint, car ils doivent être les temples de l’Esprit Saint.
Souvenez-vous-en et avancez avec crainte sur le chemin de votre vie : craignez de souiller votre temple corporel qui doit être le temple de l’Esprit Saint…
Vivez de façon à ce que après votre mort ont nomme ‘relique’ votre dépouille mortelle, et même ‘sainte relique’. Amin.
Traduit du russe

Saint Luc de Crimée. Le Christ est ressuscité !

agios-louka-st-lukaInnombrables sont les miracles accomplis par l’intercession du Saint Archevêque et Confesseur de la Foi, Luc de Crimée. Saint Luc a illuminé la Terre de Russie et il illumine aujourd’hui le monde entier. Puisse-t-il nous accompagner dans la joie sur notre chemin vers le Christ et nous donner la force de porter notre croix. Afin de nous y aider le Saint homme a prononcé ses homélies et écrit ses textes. Ce site propose la traduction d’homélies et de textes de Saint Luc, à notre connaissance inédits en langue française. L’homélie ci-dessous a été prononcée en 1950. Elle est intégrée dans le recueil intitulé «Tome 1» des Homélies de Saint Luc, où elle porte le titre : Homélie aux Vêpres du premier jour de Pâques.

Le Christ est ressuscité des morts, par la mort Il a terrassé la mort, et à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie.
Quel étonnant tropaire, pour la plus grande des fêtes! Il nous est si cher, et il est tellement incompréhensible aux non-Chrétiens, suscitant même leurs railleries. Le feu peut-il éteindre le feu? Les ténèbres sont-elles susceptibles d’illuminer les ténèbres? Le mal peut-il être vaincu par le mal? Non, évidemment.
Les identiques ne s’annulent pas, ils s’opposent. C’est l’eau qui éteint le feu, la lumière chasse les ténèbres et le bien vainc le mal.
Pourtant, en dépit de cette loi générale, le Christ a vaincu la mort par Sa mort. Quelle mort? La mort spirituelle. Cette mort dont l’essence est l’éloignement du Christ-Dieu, Qui est Amour, Voie, Vérité et Vie. La mort spirituelle est le refus de la voie du bien, de l’amour et de la vérité, et la préférence accordée à un autre chemin, le chemin du mal, de la haine et du mensonge. Cette voie est celle du diable, l’ennemi du Christ, car il est père du mensonge, de la haine et du mal. Il s’agit donc de la mort spirituelle du diable. Cette mort, le Christ la vainquit par le flot infini, ininterrompu de l’amour divin qui s’écoule de la Croix du Golgotha. La haine du diable pour le genre humain fut vaincue par l’amour de Dieu pour celui-ci. Et donc, la loi générale selon laquelle l’identique ne peut être vaincu par l’identique mais par le contraire, ne fut pas enfreinte, et il est vrai que le Christ vainquit la mort par Sa mort. Le prince des puissances de l’air (Ephés. 2,2) a été lié par la Croix du Christ, et ceux qui aiment le Christ en reçurent la force de le combattre ainsi qu’une puissante protection contre lui.
Et la seconde partie du tropaire n’est pas moins merveilleuse : « et à ceux qui sont dans les tombeaux il  donne la vie». Non seulement elle est merveilleuse, mais elle illumine nos cœurs de la lumière divine de l’espérance la plus précieuse. Si le Christ est ressuscité, nous ressusciterons en nos corps. Car Il ressuscita d’entre les morts, comme le ‘premier-né des morts’ inaugurant la résurrection universelle. «Car, puisque par un homme est venue la mort, c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts. Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous seront vivifiés dans le Christ»(1Cor.15, 21-22).
Ainsi, par Sa Croix et Sa résurrection, le Christ a aboli non seulement la mort spirituelle, mais aussi la mort corporelle. Mais il s’agit là d’une affaire qui relève entièrement de la toute-puissance divine, et il ne convient pas que nous en parlions selon les lois de la nature, car celle-ci ont été créées par le Créateur de l’Univers et Il est libre d’agir non selon ces lois, mais selon les lois de Sa volonté et de Son intelligence, qui nous sont inconnues.
Venez donc, prosternons-nous et adorons le Christ, Qui nous a délivrés de la mort spirituelle et de l’anéantissement de notre corps. Amen.

Le Christ est ressuscité des morts, par la mort Il a terrassé la mort,
et à ceux qui sont dans les tombeaux Il a donné la vie.

Traduit du russe

 

Saint Luc de Crimée : Homélie sur la Passion (1950)

agios-louka-st-lukaInnombrables sont les miracles accomplis par l’intercession du Saint Archevêque et Confesseur de la Foi Luc de Crimée. Saint Luc a illuminé la Terre de Russie et il illumine aujourd’hui le monde entier. Puisse-t-il nous accompagner dans la joie sur notre chemin vers le Christ et nous donner la force de porter notre croix. Afin de nous y aider le Saint homme a prononcé ses homélies et écrit ses textes. Ce site propose la traduction d’homélies et de textes de Saint Luc, à notre connaissance inédits en langue française. L’homélie ci-dessous a été prononcée le 19 mars 1950. Elle est intégrée dans le recueil intitulé «Tome 1» des Homélies de Saint Luc, où elle porte le titre : Homélie sur la Passion, neuvième.

Vos cœurs ont tremblé pendant que je vous lisait le terrible récit de la mort du Sauveur sur la Croix. Ils doivent avoir tremblé, cela vous est profitable, il le faut, afin qu’ils tremblent chaque fois que vous verrez le Christ sur la Croix, et chaque fois que vous vous souviendrez de Lui. Il le faut, afin que vous vous remémoriez les images abominables, horribles des meurtriers de Dieu : les chefs des prêtres, les scribes et les anciens (dont je vous ai parlé dimanche dernier). Il le faut, afin que de tout votre cœur vous rejetiez comme une chose des plus ignominieuses, insupportables pour le cœur de l’homme, comme la chose la plus terrible au monde, cette trahison exécrable du Seigneur Jésus Christ par l’un de ses propres disciples. Lire la Suite

Saint Luc de Crimée : Homélie pour la Fête de la Dormition prononcée en 1948

agios-louka-st-lukaInnombrables sont les miracles accomplis par l’intercession du Saint Archevêque et Confesseur de la Foi Luc de Crimée. Saint Luc a illuminé la Terre de Russie et il illumine aujourd’hui le monde entier. Puisse-t-il nous accompagner dans la joie sur notre chemin vers le Christ et nous donner la force de porter notre croix. Afin de nous y aider le Saint homme a prononcé ses homélies et écrit ses textes. Ce site propose la traduction d’homélies et de textes de Saint Luc, à notre connaissance inédits en langue française. L’homélie ci-dessous a été prononcée en 1947. Elle est intégrée dans le recueil intitulé «Hâtez-vous vers le Christ» (Спешите идти за Христом).

«La Mère de Dieu qui jamais ne se lasse d’intercéder pour nous et dont la protection ne pouvait cesser d’être notre espérance, ne se laissa vaincre par la mort ni le tombeau, puisqu’elle est la Mère de la Vie et qu’elle a rejoint la Source de la vie : celui qui demeura dans son sein virginal» (Kondakion de la Fête, Ton 2).

Il convient de s’attarder sur le sens de ce kondakion. Inlassablement, la Toute Sainte Mère de Dieu prie pour le genre humain et inébranlable est notre espérance en Son intercession devant Son Divin Fils. La mort et la tombe ne furent pas en mesure de La retenir.
La Tradition nous apprend que lorsque les Apôtres se rassemblèrent miraculeusement autour de Son lit de mort, l’Apôtre Thomas manquait. Il arriva quelques jours après et, dans un chagrin immense, il demanda qu’on lui montrât la tombe de la Panagia. On enleva alors la grosse pierre qui fermait la tombe, à Gethsémani, où Elle avait été inhumée, selon Ses propres instructions. Et ils constatèrent que Son corps ne s’y trouvait plus. La tombe et la mort n’avaient pu La retenir car Elle était la Mère du Principe de Vie, Qui S’était réjoui dans Son sein virginal, et Qui L’avait emmenée pour la vie éternelle.

Attardons-nous sur ces derniers mots, d’une très grande importance. La mort de la Toute Sainte Mère de Dieu fut la bienheureuse Dormition, par laquelle Elle traversa directement de la mort à la vie, selon les paroles de vérité de Son Fils Divin. Le Seigneur avait annoncé : «En vérité, en vérité, Je vous le dit : celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie» (J.5,24). La mort des justes est le passage direct de la vie dans le corps, dans les circonstances terrestres, à la vie éternelle dans le Royaume de Dieu. C’est ce que nous disent également les propos de notre Seigneur Jésus Christ dans Sa parabole du riche et de Lazare : «Le pauvre mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d’Abraham. Le riche mourut aussi, et il fut enseveli. Dans le séjour des morts, il leva les yeux ; et, tandis qu’il était en proie aux tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein…» (Lc.16,22-23). C’est donc immédiatement après sa mort que commença pour Lazare une vie bienheureuse, et pour le riche, les tourments de l’enfer.
Au chapitre 20 de l’Apocalypse de Saint Jean, nous voyons qu’il existe une première mort, et ensuite une seconde. La première, c’est la mort naturelle, qui met un terme à la vie terrestre de chaque homme et de chaque femme, et c’est cette seule mort naturelle, qui souvent est une bienheureuse dormition, qui concerne les justes. Mais les grands pécheurs, ceux qui renient Dieu, doivent s’attendre à la terrible seconde mort, la mort spirituelle à laquelle ils seront condamnés par le Christ lors de Son redoutable Jugement. Vous vous direz peut-être que toutefois, les justes eux-aussi, devront paraître lors du Jugement. Oui, ils devront se présenter. Mais pour eux, il ne s’agira pas d’un jugement, mais d’un triomphe car selon les paroles du Christ, ils ne subiront pas le jugement. Avant de prononcer Son divin verdict, le Christ séparera les brebis des boucs, et les brebis, les justes, seront placées à Sa droite et Il leur dira : «Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde» (Mat.25,34). La condamnation à la seconde mort concernera les méchants boucs.
Ce grand secret nous est révélé déjà dans la Sagesse de Salomon : «Les âmes des justes sont dans la main de Dieu. Et nul tourment ne les atteindra. Aux yeux des insensés, ils ont paru mourir, leur départ a été tenu pour un malheur et leur voyage loin de nous pour un anéantissement, mais eux sont en paix» (Sag.3,1-3). Et le Saint Apôtre Paul dit encore : «Car le Christ est ma vie, et la mort m’est un gain. Mais s’il est utile pour mon œuvre que je vive dans la chair, je ne saurais dire ce que je dois préférer. Je suis pressé des deux côtés : j’ai le désir de m’en aller et d’être avec Christ, ce qui de beaucoup est le meilleur ; mais à cause de vous il est plus nécessaire que je demeure dans la chair» (Phil.1,21-24). Quelle merveille que cette expression de l’Apôtre ‘la mort m’est un gain’. Si nous parvenons à l’imiter, tout comme lui imita le Christ, alors toute notre vie sera en Christ, la mort sera une joie et un grand gain, et nous ne serons pas concernés par les paroles du psalmiste : «Le malheur tue le méchant» (Ps.33,22).
Puisse la mort être pour nous les Chrétiens une bienheureuse dormition, un bienheureux passage de la mort à la vie. Alors, la perspective du Jugement Dernier n’aura rien d’effrayant pour nous, car il sera effroyable seulement pour les méchants, pour les pécheurs sans repentir et pour les blasphémateurs. Quant à nous, les Chrétiens, le Fils de Dieu a dit, à la fin de son propos concernant les signes de Sa Seconde Parousie: «Quand ces choses commenceront à arriver, redressez-vous et levez vos têtes, parce que votre délivrance approche» (Lc.21,28). Menez votre vie de manière à ce que la seconde mort ne vous concerne pas! Amen!
Traduit du russe.

Geronda Ephrem, Cathigoumène de Vatopedi : Saint Luc de Crimée, parfait Disciple du Christ

Le Cathigoumène Ephrem du Grand et Saint Monastère de Vatopedi s’est rendu le 13 juin 2016 au Monastère de la Mère de Dieu à Veria, en Macédoine, et il y a prononcé l’homélie suivante, qui développe avec force l’essence du message que nous transmet le Saint Archevêque Luc de Crimée. L’adaptation en langue anglaise de l’homélie a été mise en ligne dans les pages anglaises du site Pemptousia les 13, 15  et 17 juin 2016. En voici la traduction.

La plupart des gens, même chrétiens, éprouvent frustration, découragement et inquiétude face aux inévitables chagrins de la vie: «C’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu» (Actes 14,22). Les afflictions de cette vie ne doivent pas être regardées à travers le prisme transitoire des raisonnements, mais plutôt à travers celui de l’éternité. Notre vie prend son sens et le sens des chagrins de la vie nous est révélé lorsque qu’ils prennent la forme du chemin de croix qu’il nous appartient de parcourir pour atteindre sanctification et salut. Lire la Suite

Saint Luc de Crimée : Homélie sur la Passion

agios-louka-st-lukaInnombrables sont les miracles accomplis par l’intercession du Saint Archevêque et Confesseur de la Foi Luc de Crimée. Saint Luc a illuminé la Terre de Russie et il illumine aujourd’hui le monde entier. Puisse-t-il nous accompagner dans la joie sur notre chemin vers le Christ et nous donner la force de porter notre croix. Afin de nous y aider le Saint homme a prononcé ses homélies et écrit ses textes. Ce site propose la traduction d’homélies et de textes de Saint Luc, à notre connaissance inédits en langue française. L’homélie ci-dessous a été prononcée le 25 mars 1951. Elle est intégrée dans le recueil intitulé «Tome 1» des Homélies de Saint Luc, où elle porte le titre : Homélie sur la Passion, dixième.

Notre Seigneur Jésus Christ, le Sauveur du Monde fut victime de coups déjà au Jardin de Gethsémani ; Il y fut frappé sur les joues, bousculé, et on L’emmena sous les coups jusqu’à Jérusalem. Voilà comment ils commencèrent à s’acharner sur Celui qui sauva le monde. Lire la Suite