L’héritage historique de Saint Cosme d’Étolie et de Saint Païssios l’Athonite. 2

Texte d’Athanasios Zoitakis publié en quatre parties sur le site russe Agionoros.ru. L’auteur est rédacteur en chef du Portail informatique Agionoros.ru, responsable des Éditions «Sviataïa Gora» (Святая Гора) et professeur d’histoire à l’Université d’État de Moscou. La vénération populaire des Saints Cosme et Païssios se répandit au sein du peuple immédiatement après leur décès. Le texte original russe est pourvu d’un important appareil de notes, omis ici ou en partie intégré au texte, en faveur de la lisibilité de celui-ci.

Les Prophéties
Saint Païssios l’Athonite proposa de relire toute une série de prophéties de Saint Cosme d’Étolie, et avant tout, celles ayant trait à la libération de Constantinople. La valeur des explications de Saint Païssios réside en ce qu’il propose une lecture essentiellement nouvelle des prophéties de Saint Cosme. Geronda Païssios possédait lui-même le don de prophétie et s’éloigna des interprétations répétitives dans lesquelles s’étaient enfermés de nombreux auteurs, qui diffusèrent pendant une très longue période une interprétation figée des prédictions de Saint Cosme d’Étolie. Lire la Suite

Geronda Seraphim (Dimopoulos) 9

Agionoros.rua mis en ligne une série de textes concernant des ascètes contemporains. Plusieurs de ces textes concernent Geronda Seraphim (Dimopoulos), dont une biographie fut publiée en 2011 : «Père Seraphim Dimopoulos (1937-2008). Un ascète dans le monde contemporain» («Πατήρ Σεραφείμ Δημόπουλος (1937-2008) Ένας ασκητής στον συγχρονό κόσμο»). Les textes publiés par Agionoros.ru ne sont pas extraits de ce livre, mais ont plutôt pour objet d’apporter un éclairage complémentaire. Voici la neuvième partie de la série. Les premières parties se trouvent ici.

Au cours de l’année 2000, une enseignante du nom de Maria fut atteinte du cancer. Son mari était soldat et ils avaient deux enfants, un garçon et une fille. Les médecins qui avaient établi le diagnostic annoncèrent à Maria qu’il lui restait seulement quelques mois à vivre. Son époux alla en faire part à Geronda Seraphim, qui se mit à prier pour Maria. Après deux ou trois ans, Geronda dit un jour à un membre de la famille de Maria : «Le fruit est mûr, Le Seigneur va le cueillir. Maria s’en ira dans quelques mois. Son mari est venu me voir il y a peu et je l’y ai préparé moralement. Dieu prendra soin de leurs enfants ; ils grandiront et trouveront leur place dans la vie». Les paroles de Geronda se réalisèrent. Et le Seigneur n’abandonna pas les enfants. La fille se maria et donna naissance à un fils. Lire la Suite

Taras Sidash. L’Antiquité hellénique, Source spirituelle de la Russie.

Taras SidashTaras Sidash, naquit en 1972, il vit à Saint Saint-Pétersbourg. Diplômé de l’Institut de Philosophie et de Théologie de Saint-Pétersbourg, il est traducteur du grec ancien, écrivain, poète et philosophe. Une partie de ses écrits viennent récemment d’être publiés, en deux fascinants volumes de plus de mille pages chacun. Orthodoxe, il fait partie depuis 2009 des Vieux-Croyants Unis (единоверие) au sein de l’Église Orthodoxe Russe. Dans le court texte ci-dessous, mis en ligne en 2016 sur sa page Vkontakte, Taras Sidash affirme l’existence d’un lien historique philosophique entre monde hellénique et monde slave. C’est précisément cette thèse qu’il développe dans les deux ouvrages précités, qui peuvent être commandés sur le site de la maison d’édition qu’il a lui-même créée.

 Jamais l’Antiquité hellénique ne se réduisit pour moi à un intérêt purement académique (c’est-à-dire à un moyen de gagner ma vie et me faire un nom à l’université). A mes yeux, jamais elle ne se limita à un intérêt strictement esthétique (une sorte de narcotique qui vous permettrait d’oublier le présent).
Je me suis toujours occupé de l’Antiquité hellénique en la considérant comme mon propre passé, convaincu de ce que la source spirituelle, de notre mentalité de Slaves, ou du moins de Russes, nous devons la rechercher et en remonter la trace jusqu’à l’État achéen créto-mycénien.
L’Antiquité hellénique est notre maison. Celui qui la voit pour la première fois, en lisant, disons, Eschyle ou Platon, la voit de très loin, comme un temple perché en haut d’une montagne. Les esthètes se satisfont de ce genre de vision. Pour ma part, j’ai toujours souhaité pouvoir me trouver en elle et ne pas seulement la regarder de loin.
Et pour nous le seul chemin qui conduit à elle, c’est le chemin de l’histoire de Russie, dans la portion la plus spirituelle et la plus hellénisée de son histoire : la période de l’État ecclésiastique russe qu’on appelle aujourd’hui, en modernisant monstrueusement le concept, l’Église russe du Moyen-âge. Admettons que lors de descentes dans l’un ou l’autre profond défilé, on n’aperçoive plus ses blanches colonnes, mais le moment vient où elle se fait proche. Il n’existe pas d’autre voie. Les Romains, en leur temps, comprirent cela parfaitement ; ils passèrent par l’Antiquité hellénique pour créer, à travers leur filtre, leur style profondément original.
Les Romains eux-mêmes ne peuvent être la voie. Considérer qu’ils le sont, comme le firent les humanistes italiens ou encore Nietzsche, c’est une profonde erreur, même si les Romains furent sans aucun doute un exemple paradigmatique de la mise en œuvre d’une telle démarche.
Traduit du russe
Source

Geronda Seraphim (Dimopoulos). 1

Agionoros.ru a mis en ligne une série de textes concernant des ascètes contemporains. Plusieurs de ces textes concernent Geronda Seraphim (Dimopoulos), dont une biographie fut publiée en 2011 : «Père Seraphim Dimopoulos (1937-2008). Un ascète dans le monde contemporain» («Πατήρ Σεραφείμ Δημόπουλος (1937-2008) Ένας ασκητής στον συγχρονό κόσμο». Les textes publiés par Agionoros.ru ne sont pas extraits de ce livre, mais ont plutôt pour objet d’apporter un éclairage complémentaire.

Éléments de biographie.
Père Seraphim Dimopoulos naquit en 1937, en la ville d’Héraklion, sur l’île de Crète. Lors de son baptême, on le nomma Christos. Il fut le deuxième enfant de la famille nombreuse de ses parents Constantin et Irène ; ils eurent sept fils. La famille Dimopoulos était originaire d’Asie Mineure. Le saint Métropolite Chrysostome de Smyrne, mort en martyr, livré le 10 septembre 1922 par le Pacha Nourredine à la vindicte de la foule hystérique, était membre de la famille Dimopoulos. Les enfants de Constantin et Irène reçurent une éducation orthodoxe. Dès son plus jeune âge, Christos manifesta un amour particulier pour l’Église et la vie ascétique. Très tôt, il demanda à ses parents de lui octroyer une chambre qui lui serait propre. La mère accepta de le séparer de ses frères, mais résolut de dormir dans la même chambre que lui jusqu’à ce qu’il ait grandi. C’est alors que la Panagia apparut en songe à Irène et lui dit : «Ne l’empêche pas de mener la lutte ascétique». Le garçon fut dès lors autorisé à dormir seul dans sa chambre, recevant ainsi la possibilité de prier pendant la nuit. Lire la Suite

Romanité ou Barbarie? Les Noms de la Nation.

Romiosini i Varvarotita«Romanité ou barbarie? L’Origine historique du conflit séculaire entre Hellénisme et Occident», est un ouvrage écrit par Anastasios Philippidès et publié en 1994 sous le titre «Ρωμηοσύνη ή βαρβαρότητα». Outre l’originalité et la pertinence de son analyse historique, dans la lignée des enseignements du P. Jean Romanides et du Métropolite Hiérotheos de Naupacte, il constitue un éclairage extrêmement intéressant de la situation de crise qui se déploie en Grèce depuis quelques années. Il semble que le livre précité n’ait pas été traduit en français à ce jour. La traduction du prologue du livre, rédigé par le Métropolite Hiérotheos et de l’introduction de l’ouvrage se trouvent ici. Pour la cohérence avec le propos de l’auteur nous avons traduit le grec Ελλάδα et Έλληνες non par Grèce et Grecs, mais par Hellade et Hellènes (la version anglaise du livre ayant retenu Hellas et Hellenes). Le texte ci-dessous, celui du premier chapitre du livre, concerne justement l’histoire, conflictuelle, de la distinction entre les deux appellations. La traduction du prologue du livre (rédigé par Monseigneur Hierotheos de Naupacte) est accessible ici.

Les deux courants du XIXe siècle
Nous entamerons notre étude par une clarification des termes ‘Hellènes » et ‘Romains’ au sujet desquels existe un énorme débat. Les Hellènes de 1994 pourraient être surpris en découvrant que jusqu’au début du XXe siècle se déroula un grand conflit idéologique à propos du recours à l’un ou l’autre de ces termes en tant qu’appellation nationale. Ce conflit reflétait le conflit général entre deux courants idéologiques dans notre pays, qui avait débuté au XVIIIe siècle, et dont les racines pouvaient toutefois être tracées jusqu’à de nombreux siècles auparavant. Lire la Suite

Ioannis Kapodistrias et l’unité spirituelle de la Grèce et de la Russie.

En complément au texte mis en ligne le 18 juin 2017, voici l’intervention donnée par l’Higoumène du Monastère des Danilov à Moscou, l’Archimandrite Alexis, le 08 octobre 2012 dans le cadre de la «Semaine Russe à Corfou» et mise en ligne le 17 novembre 2012 sur le site du monastère. Ce texte présente, par rapport au précédent, un accent plus appuyé sur les liens entre la Grèce et la Russie.

Vénérés Hiérarques et Pasteurs, Messieurs, chers frères et sœurs aimés du Seigneur,
Je souhaite, à travers cet exposé succinct construit autour du cheminement de la vie de Ioannis Kapodistrias, esquisser un portrait moral de cet acteur politique éminent en Grèce et en Russie, de ce brillant diplomate, Ministre et proche collaborateur de l’Empereur de Russie Alexandre Ier, et premier dirigeant de la Grèce devenue indépendante.
Sa personnalité exceptionnelle éveille un intérêt particulier tant dans sa patrie, la Grèce, qu’en Russie, auxquelles il appartient d’égale manière, incarnant l’unité indissoluble de deux peuples à la même foi, unis à jamais par la Providence Divine. Lire la Suite