Le Saint Père Jean de Kronstadt ressuscita des morts.

Le texte ci-dessous est la traduction du récit d’Evguenii Vadimov, publié originellement dans le journal «Le Temps Nouveau» (Новое Время), n°2555, en 1929. Il a été repris dans le livre «Le Père Jean de Kronstadt» de I.K. Sourskii, aux pages 220-222 du chapitre 65 du tome I. La version du livre utilisée ici est celle qui fut publiée en 2008 à Moscou par les Éditions «Otchii Dom», et qui regroupe en un seul volume les deux tomes du livre écrits l’un à Paris, l’autre à Belgrade, par l’auteur. Ce récit indique qu’à travers la prière du Père Jean, le Seigneur a trouvé bon de ressusciter un mort. Un autre chapitre du même livre conte la résurrection d’un autre mort à travers le Père Jean.

Le Père Jean lui-même, dans ses écrits rappelle humblement qu’il ressuscita un mort. Il écrit qu’il avait été invité à prié pour la guérison d’un enfant malade. Quand il arriva, le petit était déjà décédé, mais après sa prière, l’enfant se remit à vivre.
Madame O-va, une femme en vue, éclatante de santé, déjà mère de trois ou quatre enfants fut de nouveau enceinte et se préparait à être mère d’un enfant supplémentaire. Soudain, quelque chose se passa. La femme se sentit mal. Sa température s’éleva jusque 40°, une immense faiblesse et des douleurs qui lui étaient jusqu’alors inconnues la torturèrent pendant plusieurs jours. On appela évidemment de Moscou les meilleurs médecins et des sages-femmes de renom, dont on sait qu’il n’y a jamais pénurie, dans la ville de la Clinique Pigorov.
«A Dieu ne plaise ce qui se passe chez mon oncle! Me dit le matin Sacha T. Lors de notre habituelle rencontre quotidienne au manège du régiment lorsque montent les officiers. Liza est à la mort. Hier, des professeurs ont tenu conseil… Si on ne pratique pas aujourd’hui une césarienne afin d’extraire le cadavre du bébé, elle ne survivra pas. Mon oncle est au désespoir. Maman est à leurs côtés en permanence. Chez eux, c’est l’horreur et la confusion…»
Dès que prirent fins nos obligations quotidiennes au régiment, Sacha et moi hélâmes le premier cocher casse-cou qui passait et lui demandâmes de foncer jusque chez O. Dès que nous aperçûmes le majordome dans le couloir inférieur, visiblement, le désespoir et la frayeur régnaient ensemble dans la maison en ces moments.
«Pour l’instant, rien ne change, nous chuchota le serviteur âgé. La barine souffre de température élevée et d’étourdissement… Mais seulement elle n’a pas permis qu’on lui fasse une césarienne aujourd’hui… Elle n’arrête pas de réclamer le batiouchka de Kronstadt. Un télégramme a été envoyé».
Le soir même arriva une courte dépêche de Kronstadt:«J’arrive avec le courrier express. Je prie le Seigneur. Ioann Sergueev».
Le Père Jean de Kronstadt connaissait déjà la famille O. depuis longtemps et demeurait chez eux lors de ses séjours à Moscou. Appelé par télégramme, il arriva le lendemain au milieu de la journée dans l’appartement de O., rue Miasnitskaia, dans laquelle à ce moment était assemblée une foule composée de membres de la famille et de connaissances, qui attendait avec résignation et piété, dans le salon adjacent à la chambre où gisait la malade.
«Où est Liza?», demanda le Père Jean, entrant de son habituel pas pressé dans le salon. «Conduisez-moi près d’elle, et vous tous, restez ici et ne faites pas de bruit».
Le Père Jean entra dans la chambre de la mourante et ferma soigneusement derrière lui la lourde porte. Plusieurs minutes s’écoulèrent, longues, lourdes, jusqu’à compter une demi-heure. Dans le salon, la foule des proches gardait le silence, comme dans une crypte funéraire. Soudain, la porte donnant sur la chambre s’ouvrit largement avec bruit. Dans l’embrasure se tenait le vieillard aux cheveux gris, vêtu d’une tunique de prêtre dont l’avant était couvert d’un épitrachilion élimé. Il portait une barbe grise clairsemée. Son visage était inhabituellement rouge, suite à la tension des ardentes prières qui venait d’être vécue. On apercevait d’énormes gouttes de sueur. Soudain retentirent des paroles qui nous semblaient terribles, menaçantes, sorties d’un autre monde. «Il a été agréable au Seigneur Dieu d’accomplir un miracle! Prononça le Père Jean. Il Lui a été agréable d’accomplir un miracle et de ressusciter un fruit mort! Liza a mis au monde un petit garçon…»
«C’est à n’y rien comprendre du tout!… Dit d’une voix troublée l’un des professeurs, venu auprès de la malade pour pratiquer l’opération, quasiment deux heures après que le Père Jean fut reparti vers Kronstadt. L’enfant vit. Ce petit remue, la température est tombée à 36,8°. Je n’y comprends rien… J’étais convaincu, et je le suis encore à cet instant, que le bébé était mort et que l’infection s’était propagée dans le sang». Les autres étoiles de la science, dont les calèches s’étaient mises en route pour les emmener, n’y comprenaient rien, elles non plus.
Cette nuit-la, Madame O. avait rapidement et heureusement mis au monde un garçon en parfaite santé, qu’il me fut donné de rencontrer à maintes reprises chez T., rue Karetno-Sadovoï, alors qu’il était pensionnaire du Lycée Katkov.

Traduit du russe.

Saint Luc de Crimée : Homélie pour la Fête de la Dormition prononcée en 1948

agios-louka-st-lukaInnombrables sont les miracles accomplis par l’intercession du Saint Archevêque et Confesseur de la Foi Luc de Crimée. Saint Luc a illuminé la Terre de Russie et il illumine aujourd’hui le monde entier. Puisse-t-il nous accompagner dans la joie sur notre chemin vers le Christ et nous donner la force de porter notre croix. Afin de nous y aider le Saint homme a prononcé ses homélies et écrit ses textes. Ce site propose la traduction d’homélies et de textes de Saint Luc, à notre connaissance inédits en langue française. L’homélie ci-dessous a été prononcée en 1947. Elle est intégrée dans le recueil intitulé «Hâtez-vous vers le Christ» (Спешите идти за Христом).

«La Mère de Dieu qui jamais ne se lasse d’intercéder pour nous et dont la protection ne pouvait cesser d’être notre espérance, ne se laissa vaincre par la mort ni le tombeau, puisqu’elle est la Mère de la Vie et qu’elle a rejoint la Source de la vie : celui qui demeura dans son sein virginal» (Kondakion de la Fête, Ton 2).

Il convient de s’attarder sur le sens de ce kondakion. Inlassablement, la Toute Sainte Mère de Dieu prie pour le genre humain et inébranlable est notre espérance en Son intercession devant Son Divin Fils. La mort et la tombe ne furent pas en mesure de La retenir.
La Tradition nous apprend que lorsque les Apôtres se rassemblèrent miraculeusement autour de Son lit de mort, l’Apôtre Thomas manquait. Il arriva quelques jours après et, dans un chagrin immense, il demanda qu’on lui montrât la tombe de la Panagia. On enleva alors la grosse pierre qui fermait la tombe, à Gethsémani, où Elle avait été inhumée, selon Ses propres instructions. Et ils constatèrent que Son corps ne s’y trouvait plus. La tombe et la mort n’avaient pu La retenir car Elle était la Mère du Principe de Vie, Qui S’était réjoui dans Son sein virginal, et Qui L’avait emmenée pour la vie éternelle.

Attardons-nous sur ces derniers mots, d’une très grande importance. La mort de la Toute Sainte Mère de Dieu fut la bienheureuse Dormition, par laquelle Elle traversa directement de la mort à la vie, selon les paroles de vérité de Son Fils Divin. Le Seigneur avait annoncé : «En vérité, en vérité, Je vous le dit : celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie» (J.5,24). La mort des justes est le passage direct de la vie dans le corps, dans les circonstances terrestres, à la vie éternelle dans le Royaume de Dieu. C’est ce que nous disent également les propos de notre Seigneur Jésus Christ dans Sa parabole du riche et de Lazare : «Le pauvre mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d’Abraham. Le riche mourut aussi, et il fut enseveli. Dans le séjour des morts, il leva les yeux ; et, tandis qu’il était en proie aux tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein…» (Lc.16,22-23). C’est donc immédiatement après sa mort que commença pour Lazare une vie bienheureuse, et pour le riche, les tourments de l’enfer.
Au chapitre 20 de l’Apocalypse de Saint Jean, nous voyons qu’il existe une première mort, et ensuite une seconde. La première, c’est la mort naturelle, qui met un terme à la vie terrestre de chaque homme et de chaque femme, et c’est cette seule mort naturelle, qui souvent est une bienheureuse dormition, qui concerne les justes. Mais les grands pécheurs, ceux qui renient Dieu, doivent s’attendre à la terrible seconde mort, la mort spirituelle à laquelle ils seront condamnés par le Christ lors de Son redoutable Jugement. Vous vous direz peut-être que toutefois, les justes eux-aussi, devront paraître lors du Jugement. Oui, ils devront se présenter. Mais pour eux, il ne s’agira pas d’un jugement, mais d’un triomphe car selon les paroles du Christ, ils ne subiront pas le jugement. Avant de prononcer Son divin verdict, le Christ séparera les brebis des boucs, et les brebis, les justes, seront placées à Sa droite et Il leur dira : «Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde» (Mat.25,34). La condamnation à la seconde mort concernera les méchants boucs.
Ce grand secret nous est révélé déjà dans la Sagesse de Salomon : «Les âmes des justes sont dans la main de Dieu. Et nul tourment ne les atteindra. Aux yeux des insensés, ils ont paru mourir, leur départ a été tenu pour un malheur et leur voyage loin de nous pour un anéantissement, mais eux sont en paix» (Sag.3,1-3). Et le Saint Apôtre Paul dit encore : «Car le Christ est ma vie, et la mort m’est un gain. Mais s’il est utile pour mon œuvre que je vive dans la chair, je ne saurais dire ce que je dois préférer. Je suis pressé des deux côtés : j’ai le désir de m’en aller et d’être avec Christ, ce qui de beaucoup est le meilleur ; mais à cause de vous il est plus nécessaire que je demeure dans la chair» (Phil.1,21-24). Quelle merveille que cette expression de l’Apôtre ‘la mort m’est un gain’. Si nous parvenons à l’imiter, tout comme lui imita le Christ, alors toute notre vie sera en Christ, la mort sera une joie et un grand gain, et nous ne serons pas concernés par les paroles du psalmiste : «Le malheur tue le méchant» (Ps.33,22).
Puisse la mort être pour nous les Chrétiens une bienheureuse dormition, un bienheureux passage de la mort à la vie. Alors, la perspective du Jugement Dernier n’aura rien d’effrayant pour nous, car il sera effroyable seulement pour les méchants, pour les pécheurs sans repentir et pour les blasphémateurs. Quant à nous, les Chrétiens, le Fils de Dieu a dit, à la fin de son propos concernant les signes de Sa Seconde Parousie: «Quand ces choses commenceront à arriver, redressez-vous et levez vos têtes, parce que votre délivrance approche» (Lc.21,28). Menez votre vie de manière à ce que la seconde mort ne vous concerne pas! Amen!
Traduit du russe.