Métropolite Benjamin (Fedtchenkov). «Mon rêve du Patriarche Tikhon»

Vladika Benjamin

Le texte ci-dessous est le traduction française d’un original russe dû au Métropolite Benjamin (Fedtchenkov) de bienheureuse mémoire, publié le 9 octobre 2009 sur le site Pravoslavie.ru qui l’avait repris du magazine Православие и современность (Orthodoxie et actualité). Ivan Fedtchenkov naquit le 2/14 septembre 1880. Il reçut la tonsure monastique en 1907, année au cours de laquelle il termina l’Académie de Théologie de Saint-Pétersbourg. En 1910-1911, il fut le secrétaire particulier de l’Archevêque Serge de Finlande, le futur patriarche. Entre 1904 et 1908, il rencontre le Père Jean de Kronstadt à trois reprises, et à l’une de ces occasion, il concélébra la Divine Liturgie avec lui. Il fit partie des fondateurs et fut recteur de l’Église des Trois Saints Docteurs à Paris, et fondateur de la représentation du Patriarcat de Moscou en France. Il fut exarque du Patriarcat de Moscou en Amérique et y devint métropolite. Il termina sa vie au Monastère des Grottes de Pskov-Petchori, du 27 février 1958 au 4 octobre 1961, et son corps y fut inhumé. Vladika Benjamin a laissé un riche héritage littéraire et spirituel.

En général, il ne faut pas croire aux rêves. Les saints pères, d’ailleurs, parlent même d’une «vertu particulière consistant en ne pas croire aux rêves» (Bienheureux Diadoque, dans la Philocalie). Mais il peut arriver que les rêves soient manifestement justes. Je vais vous conter brièvement ma vision du Patriarche Tikhon.
C’était l’année de la discorde entre les Métropolites Antoine et Euloge. Je quittai Paris pour Cannes et là, je célébrai l’office chaque jour. Et soudain, j’eus un rêve.
C’était comme dans une immense ville. On aurait dit Moscou… Mais à la limite des faubourgs. I n’y avait déjà plus de rues, juste quelques petites maisons jetées ici et là… Un lieu au relief accidenté… Des trous boueux. Plus loin, juste des mauvaises herbes et une prairie à perte de vue. Je me trouvais dans une de ces maisonnettes, ou plutôt dans l’isba du paysan. J’étais en rason, sans la panagie épiscopale, mais je savais que j’étais évêque. Dans l’isba s’entassaient entre dix et quinze hommes. Tous issus du simple peuple. Aucun riche, aucun aristocrate, aucun érudit. Le silence régnait. On se déplaçait doucement comme des mouches d’automne sur la fenêtre avant le gel hivernal… Je ne dis ris. Je ne peux rien dire : ils sont incapable d’écouter les reproches et les exhortations, ni d’ailleurs rien qui ait trait à Dieu. Leur âme est tellement blessée, par les péchés, les malheurs, l’incapacité de se relever de la chute qu’ils sont juste des hommes à la peau tellement brûlée qu’on ne peut la toucher fût-ce légèrement… Et je ressens cela et je me tais… C’est suffisant que je sois parmi eux, qu’ils ne me «supportent» pas mais se sentent tout simplement là avec moi (sans aucune familiarité, rien d’émotionnel), ne se gênent pas me considèrent «un des leurs». Silencieusement leurs cœurs me disent : «Seulement, tais-toi. Il suffit que nous soyons ensemble… Ne nous touche pas : nous n’en avons pas la force». Je suis triste pour moi-même et je ne puis rien y faire, mais plus encore, je les plains : ce sont des malheureux.
Soudain, quelqu’un dit: «Le Patriarche arrive».
Et effectivement, plus tôt, ils l’attendaient. Nous sortons tous, moi, au milieu du groupe. Nous regardons. Sa Sainteté le Patriarche Tikhon avance, presque sans toucher le sol. Il porte la mantia épiscopale et le klobouk noir des moines, pas le klobouk patriarcal blanc. Derrière lui, en stikharion, un novice porte le bord de la mantia. Aucune suite ne l’accompagne… Il ne faut pas; ce sont des âmes malades, la splendeur leur serait trop insupportable.

Le Saint Patriarche Tikhon

Nous regardons Sa Sainteté qui approche et nous voyons que son visage s’illumine d’un sourire d’amour d’une tendresse inhabituelle, de compassion, de pitié de consolation. Enfin, un sourire si doux que je ressens quasiment le goût de cette douceur dans ma gorge… Et toute cette douceur d’amour et de tendresse, il l’envoie à ces gens ! Moi, il ne me remarque même pas… Tous s’approchent. Soudain, je sens que quelque chose se transforme dans les cœurs des paysans qui m’entourent : ils commencent vraiment à «s’ouvrir», à dégeler. Comme des mouches sous les premiers rayons du soleil de printemps… Et même en mon corps je commençais à sentir qu’en eux, et en moi, quelque chose commençait à «se détacher», «à la petite cuillère», à se détendre… «Ça relâche»… Plus tard, j’ai appris qu’à cet endroit se trouve en nous un nœud nerveux, ce qu’on appelle le «plexus solaire», là où ça se compresse en cas de tristesse…
Dans leur yeux, je commence à lire leurs pensées : «Mais regardez! Le Patriarche, il sourit… Ça veut dire qu’on peut respirer, qu’on peut vivre!» Et tout leur devient léger, léger, en eux, les pauvres, les persécutés. Et Sa Sainteté s’approche encore et leur sourit toujours plus fort. Son visage est encadré d’une barbe rousse. Et quand il arriva tout près, je vis que le visage de mes voisins se mettait aussi à sourire, mais juste un tout petit peu.
Une pensée surgit : «Maintenant seulement il est possible de leur dire quelque chose, maintenant ils sont capables d’entendre : leur âme s’est dégelée. Mais dans l’isba, il était impossible de penser à leur donner des enseignements».
Et comme ça, j’ai compris que pour commencer, il faut réchauffer l’âme pécheresse, et après, essayer de la corriger. Et Sa Sainteté était parvenu à faire cela : il aimait beaucoup ces pécheurs ; ils étaient ses malheureux enfants. Il les réchauffa de son amour. Je compris que plus tôt, il n’eut pas été possible (pour moi) de leur parler, voilà pourquoi il ne fallait pas le faire. Voilà pourquoi nous restions silencieux dans l’isba. Et je m’émerveillai de la grande puissance de l’amour!
Sa Sainteté s’approcha. Et puis, c’était comme si je lui fis une grande métanie. Me redressant, je lui embrassai la main. Elle me sembla douce et potelée. Je me présentai à lui, en tant qu’évêque. Mais chose étrange, cela semblait ne rien signifier pour lui, comme s’il ne me remarquait pas. Cela m’affligea. Tout son amour était dirigé vers ces gens simples, éplorés, opprimés. Finalement, n’y tenant plus, je décidai de lui adresser silencieusement une question, pas avec des mots, car son cœur sentait ce que je pensais : «Vladika! Que dois-je faire là-bas (à l’étranger), c’est-à-dire en ce qui concerne la division de l’Église entre le Métropolite Antoine et le Métropolite Euloge. Où dois-je aller?» Il comprit immédiatement la question. Mais manifestement, elle ne l’intéressait pas, ou même, plutôt, elle le dérangeait. Son sourire lumineux s’éteignit.
J’attendais une réponse… Laquelle? Il aurait pu me dire ; va chez le Métropolite Antoine, ou au contraire, chez le Métropolite Euloge, ou quelque chose d’autre de ce genre au sujet de la division… Mais sa réponse fut complètement inattendue, jamais je n’aurais pu l’imaginer : «Sers le peuple…». Voilà les paroles surprenantes et inattendues que me dit Sa Sainteté. Il ne s’agissait ni de métropolites, ni de division, ni de juridiction, mais de servir le peuple… Justement ce peuple, ce peuple des gens simples… Ce n’était pas un hasard si dans l’isba il n’y avait que des moujiks (et mon père, un ancien paysan serf)… Il ne dit pas «servez», mais «sers». Cela s’adressait à moi personnellement. Et soudain, le sens de ces paroles du Patriarche me parut clair : «Pourquoi donc, vous les hiérarques, vous querellez-vous? Est-ce de vous qu’il s’agit? L’important, c’est le salut des gens, du peuple des gens simples. S’il est sauvé, tout ira bien, s’il ne l’est pas, tout sera perdu. Que peuvent les généraux sans soldats?» Subitement, la querelle de pouvoir s’estompait…
Alors, il fallut que je réponde… Et, à ma plus grande honte, je ressentis la difficulté, la platitude grise du travail au milieu des gens simples au milieu desquels je m’étais tu dans l’isba. Une sorte de tentation s’empara de moi. Et moi, esclave servile, je décidai d’effectuer une tentative de rejeter la croix…
«Vladika!, dis-je dans mon cœur, mais on me propose un siège épiscopal!» Et j’eus la vision d’une immense église : j’étais en mantia… Je chantais… mais l’église était vide… J’allai à l’autel… Mais Sa Sainteté devint soudain triste. Dans son regard, je lus : Vous êtes insensé, insensé! A quoi sert l’épiscopat s’il n’y a personne pour qui célébrer? Ce n’est pas le peuple qui fait pour l’évêque, mais l’évêque pour le peuple. L’évêque est le serviteur de Dieu pour le peuple…
Une grande honte m’envahit… J’aurais voulu retirer mes paroles, mais hélas, il est trop tard, elles avaient été dites. Alors le Patriarche ajouta : «Eh bien, va chez Antoine… «Eh bien», cela voulait dire : de deux voies mauvaises (comparées au service du peuple) prends celle qui est relativement meilleure… Et puis, il y eut des paroles au sujet d’un monastère, … plutôt perdu, dans le brouillard… mais, je ne vis pas cette fin. Le Patriarche disparut. Je me retrouvai dans une maison, peut-être dans l’isba, je ne sais pas.

Saint Joasaph de Belgorod

Je regardai autour de moi : les reliques de Saint Joasaph de Belgorod étaient disposées là, recouvertes d’un voile… Je m’approchai et les vénérai. A ma suite s’approcha l’évêque Vladimir (de Nice). Un prêtre que je connaissais enleva le voile. Je regardai. Le Saint était comme vivant. Je le vénérai de nouveau et dit à l’évêque Vladimir : «Regardez, regardez, le Saint est vivant». Je m’éloignai un peu de la tête du lit et Saint Joasaph tendit le bras et me tapota avec douceur la joue droite.
La vision prit fin. Je m’éveillai. Voilà mon rêve.
Quelques mois s’écoulèrent. J’en lus le récit à une connaissance (Entre-temps, je l’ai égaré). Soudain, une question surgit en moi : Que vient faire Saint Joasaph là-dedans?
Je examinai mes notes de l’époque et il s’avéra que le jour où j’eus cette vision, c’était soit la veille ou le jour de la fête de Saint Joasaph (le 4 septembre). Surprenante coïncidence. Cela affermit en moi l’idée que ce rêve ne fut pas l’effet du hasard. J’envoyai le récit à des startsy de l’Athos. Il me répondirent : «C’est un rêve remarquable!», sans pour autant m’expliquer les détails… Je compris tout cela comme le signe de ce que je devais retourner en Russie et y «servir le peuple». Je me préparais à partir… J’avais quasi reçu les autorisations quand soudain, le Métropolite Euloge (à l’insu duquel j’avais effectué les démarches) m’envoya une lettre m’implorant de «renoncer «au Nom de Jésus Christ» au voyage, afin «de ne pas tenter» l’émigration». Et il promettait d’intervenir ici en ma faveur (un siège épiscopal?). Je m’arrêtai donc, non pas «devant l’émigration», devant Dieu… Et, au téléphone, je répondis que je devais obéir… Il me remercia… Je sortis dans le jardin de Saint Serge et je sanglotai amèrement : j’avais renoncé à «servir le peuple». Jusque aujourd’hui, je suis envahi par une amère affliction quand je me souviens de cela. J’aurais dû prier trois jour, et la réponse aurait sans doute été différente…
Traduit du russe
Source

Saint Jean de Kronstadt. Homélie pour la Nativité de la Très Sainte Mère de Dieu

St Jean de Kronstadt

Le texte ci-dessous est la traduction d’une homélie prononcée par Saint Jean de Kronstadt à l’occasion de la fête de la Nativité de la Très Sainte Mère de Dieu, célébrée le 8/21 septembre. L’original russe a été publié le 19 septembre 2003 sur le site Pravoslavie.ru et était intitulé : Скорбь и радость Слово в день Рождества Пресвятой Богородицы (Affliction et Joie. Homélie pour le jour de la Nativité de la Très Sainte Mère de Dieu).
Par Ta Nativité, Mère de Dieu et Vierge, la joie fut révélée à tout l’univers: car de Toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu. (Tropaire de la fête).

Nous fêtons solennellement, chers frères et sœurs, la Nativité de la Toute Sainte Vierge Marie, née de parents stériles, les pieux et justes Joachim et Anne. La Saint Église a instauré cette fête dès les premiers siècles de la foi chrétienne. L’événement célébré, la naissance de la Jeune Vierge choisie par Dieu, a apporté la joie au monde entier, car l’Homme-Dieu, le Christ Jésus sortit d’Elle et détruisit la malédiction de Dieu qui pesait sur le genre humain pervers et déchu. Il fit descendre sur lui la bénédiction divine, et foulant aux pieds la mort universelle, Il donna la vie éternel aux hommes. Voilà comment la Sainte Église explique la raison de la joie présente.
Pendant longtemps, les justes futurs parents de la Vierge Toute Pure s’affligèrent de leur stérilité, longtemps ils prièrent le Seigneur de lever cette infertilité. Celle-ci était considérée comme une punition de Dieu pour leurs péchés; ils faisaient beaucoup d’aumônes afin d’incliner à la miséricorde le Très-Miséricordieux. Et ils enduraient insultes et humiliations de la part des membres de leur communauté. A travers pareilles afflictions, dans leur prières incessantes et par leur charité, ils purifièrent progressivement leur esprit. Leur attachement et leur amour pour Dieu se firent de plus en plus ardents. C’est ainsi que la Divine Providence les prépara à donner une naissance bénie à la Vierge Toute-Bénie, choisie parmi toutes les lignées du genre humain pour être Mère du Verbe fait chair.
C’est par le chemin étroit de la souffrance que le Seigneur conduit Ses élus à la gloire et à la béatitude. En effet, à la Mère de Dieu selon la chair Elle-même, il fut annoncé par le Juste Siméon qu’un glaive transpercerait Son âme et qu’Elle vivrait en Son âme de pénibles afflictions pendant la vie souffrante de Son Fils et ainsi seraient «révélées les pensées cachées dans le cœur d’un grand nombre» (Lc.2;35). Ainsi, elle est étroite et douloureuse la voie de tous les élus de Dieu, car le monde et les puissances de ce monde, c’est-à-dire l’ennemi de Dieu et des hommes, opprime jusqu’à l’extrême les hommes de Dieu; et le Seigneur Lui-même permet qu’ils endurent le cheminement sur la voie étroite, dans la mesure où celle-ci leur permet de monter vers Dieu et de placer en Lui seul leur espérance.
Mais faisons passer notre regard du chagrin à la joie. Quelle joie nous apporte la Nativité de la Très Sainte Mère de Dieu? Examinons plus en détail l’hymne de l’église, qui explique les raisons de la joie de la fête.
C’est à travers la Nativité de la Vierge Toute Pure, et à travers Son Fils unique, que l’humanité maudite par Dieu et réprouvée, se réconcilie avec Dieu, immensément offensé par ses péchés. Car le Christ fut le Porteur de la réconciliation (Rom.5;11). Cette Nativité leva la malédiction, libéra de la mort éternelle et rendit l’humanité digne de la bénédiction du Père Céleste. L’humanité s’unit et se mêla mystiquement à la nature divine; elle fut rendue à sa dignité première à travers ce mélange mystique, comme le chante l’Église [Proverbes 9;2,5. Troisième lecture des grandes vêpres de la fête. N.d.T.]. L’homme qui avait été reprouvé retrouva la dignité de Fils du Père Céleste, recevant la promesse de la glorieuse résurrection et de la vie éternelle dans les cieux avec le anges.
Tout cela s’est réalisé et fut accompli par l’incarnation du Fils de Dieu, de la Très Pure Vierge et du Saint-Esprit, et par l’intercession de Sa Toute-Pure Mère. Comme l’humanité fut honorée et magnifiée à travers la Sainte Vierge et Mère de Dieu. C’est Elle permit de retrouver la dignité du renouvellement en Dieu et de l’adoption par Dieu; et Elle-même fut trouvée digne par Son humilité immense, par Sa pureté, grande entre toutes et par sa Sainteté, d’être la Mère de l’Homme-Dieu! Elle demeure à jamais la plus puissante Avocate et Médiatrice de tous les chrétiens devant Son Fils et Dieu! Elle est notre Espérance qui jamais ne nous décevra. Elle détourne de nous les nuages de la juste colère de Dieu, Elle nous ouvre les portes du paradis par Sa puissante intercession. Elle soutient le trône des rois et les gardes inébranlables à jamais. Mille fois, Elle a sauvé la Russie, de ses débuts jusqu’à nos jours, Elle l’a magnifiée, glorifiée, elle l’a affermie, et Elle l’affermira. Elle est commise au salut des pécheurs. Les Chrétiens Lui adressent des prières sans nombre, des demandes, des louanges, des actions de grâce et Lui rendent gloire. Elle a accomplit et accomplira dans l’Église d’innombrables miracles, des bienfaits dans tous les coins du monde. Célébrons donc de façon lumineuse et solennelle la Nativité de la Toute Sainte Vierge Marie ornée de toutes les vertus chrétiennes. Amen.
Traduit du russe
Source 

Nous voyons parce que Dieu nous voit. Sainte Matrone de Moscou

Le texte ci-dessous est la traduction d’un article de l’Archiprêtre Alexis Chargounov, paru sur le portail Pravoslavie.ru le 2 mai 2012, à l’occasion de l’anniversaire de la glorification de la Bienheureuse Matrone de Moscou. Le 2 mai 1999, en présence d’un grand rassemblement de personnes, a eu lieu l’office de glorification de la Bienheureuse Staritsa Matrone, pieuse héroïne de l’ascèse au XXe siècle, consolatrice du peuple tout entier pendant les années d’athéisme et d’afflictions pour l’Église. Cette Bienheureuse qui plut au Christ resplendit d’une lumière particulière au sein du grand chœur des saints russes devant le trône de Dieu. Aveugle de naissance, la grâce la dota de la vision spirituelle, et du don de clairvoyance.

Comprenons-nous bien ce que signifie être aveugle de naissance, vivre toujours dans les ténèbres imperméables à la lumière? Impossible d’échapper à celles-ci, jamais, pour personne. Seulement les ténèbres sans fin suivies des ténèbres éternelles après la mort. Sainte Matrone n’était pas seulement aveugle. Elle n’avait pas d’yeux. Ses fosses oculaires étaient closes par des paupières étroitement fermées, comme celles de cet oiseau blanc qu’avait vu sa mère en rêve avant qu’elle la mit au monde. Lire la Suite

Les Anges plein d’amour nous défendent (2/2)

Le texte ci-dessous est la deuxième partie de la traduction d’un original russe intitulé «Les Anges plein d’amour s’efforcent de nous protéger. Citations choisies relatives au monde des anges» («Любвеобильные ангелы стремятся защитить нас. Избранные цитаты об ангельском мире», préparé par Madame Olga Orlova et publié le 8 avril 2020 sur le site Pravoslavie.ru. Le texte est introduit par ces phrases : «Les anges sont toujours avec nous aujourd’hui. Pour ceux qui sont fidèles au Seigneur, la dernière sonnerie de la trompette archangélique sera celle de la Bonne Nouvelle».

L’Archimandrite Macaire (Vremennikov)
Nous avons cette antique Tradition selon laquelle le lundi, tout comme le mercredi et le vendredi, on observe le jeûne, et ce jour est consacré aux saints anges. Dans le Nomocanon, à la fin du Grand Trebnik, nous lisons : «Que les moines, pendant toute l’année observent le lundi toutes choses de la même manière que le mercredi et le vendredi, car des Saints Pères nous apprenons : quel pardon pourrait-il y avoir pour le moine, si son jeûne n’abonde pas alors que le pieux laïc observe le jeûne?». V.I. Dal a introduit une expression particulière en ce sens : «faire lundi», ce qui signifie «jeûner le lundi en plus du mercredi et du vendredi». Il ajoute également un adage russe : «Qui fait lundi se réjouit de l’intercession de l’Archange Mikhaïl». Lire la Suite

Les Anges plein d’amour nous défendent (1/2)

Le texte ci-dessous est la traduction d’un original russe intitulé «Les Anges plein d’amour s’efforcent de nous protéger. Citations choisies relatives au monde des anges» («Любвеобильные ангелы стремятся защитить нас. Избранные цитаты об ангельском мире»), préparé par Madame Olga Orlova et publié le 8 avril 2020 sur le site Pravoslavie.ru. Le texte est introduit par ces phrases : «Les anges sont toujours avec nous aujourd’hui. Pour ceux qui sont fidèles au Seigneur, la dernière sonnerie de la trompette archangélique sera celle de la Bonne Nouvelle».

L’Ange Blanc de Milecheva (Serbie)

Saint Païssios l’Athonite :
Si tu as en toi de l’amour, de la gentillesse, tu es un ange, et partout où tu iras, tu apporteras le paradis avec toi. Ainsi, dès cette vie, nous commençons à ressentir le paradis ou l’enfer.
Le Starets Thaddée de Vitovnitsa :
Voici de nombreuses années, un jeune homme de Banja-Louka vint me voir Il pratiquait la prière de Jésus. Il avait récemment enseigné la prière à un ami qui avait une femme et des enfants. J’ai été surpris quand son ami dit que la prière coulait constamment dans son cœur. Il était éclairé d’une telle joie, rempli d’une telle paix. Lui et sa famille, s’en sont complètement remis à Dieu et ont acquis la grâce. Et celui qui lui avait parlé de la prière de Jésus, qui avait prié plus longtemps que son compagnon, n’avait pas une telle grâce. Ainsi, le Seigneur regarde le cœur et, lorsque nous nous tournons vers lui de tout notre cœur, il nous réconforte immédiatement. Seuls ceux qui ont reçu une telle grâce peuvent éprouver l’état des anges et des saints, car il est impossible de l’expliquer par des mots. C’est un état de paix et de joie indescriptibles. Tu te souviens de ce que tu étais auparavant, comment tu t’irritais, et maintenant il n’y a plus d’irritation. Il n’y a plus personne qui puisse t’offenser, aucune pensée méchante qui puisse te blesser, parce que tu es protégé par le Saint-Esprit. C’est pourquoi nous devons prier de tout notre cœur, aimer jalousement le Seigneur; Il nous donnera Sa grâce, et nous atteindrons l’état des saints et des anges, et personne ne pourra nous blesser. Aime tout le monde, et tu en retireras la paix et la joie indicibles, que les mots ne peuvent décrire.
Moniale Nadejda (Brenner) (1890-1983), dernière moniale ayant fait partie avant la révolution du Monastère Marthe-et-Marie.
Quelle récompense nous attend dans le Ciel! Notre bien le plus précieux, c’est quand pour un bienfait désintéressé, nous recevons le contraire. C’est une imitation faible de la voie du Christ Lui-même. Nous ne consolerons pas le diable avec notre tristesse, mais nous ravirons les anges par notre joie!
Saint Jean Chrysostome
Les anges sont partout présents, et en particulier dans la maison de Dieu où, le Roi étant devant, tout est rempli de ces puissances célestes.
Saint Justin (Popovitch)
Quand la terre te torturera par son enfer, hâte-toi d’aller à l’église, entres-y, et ainsi tu seras arrivé au paradis. Si les gens t’embêtent en te faisant du mal, vas à l’église, prosterne-toi devant Dieu, Et Il te prendra sous Sa bonne et toute-puissante protection. Et s’il t’arrive d’être attaqué par des légions entières de démons, cours à l’église, et tiens-toi parmi les saints anges, car l’église est toujours pleine d’anges, et les anges de Dieu te protégeront de tous les démons de ce monde. Et rien ne pourra te nuire. N’oubliez pas, frères: nous, chrétiens, sommes forts par Dieu. Qui peut être plus fort que nous? Personne, personne! La Divine Liturgie est toujours une échelle, un pont vers le Ciel. Chaque jour tu es au Ciel. Tout ce qu’il y a en elle t’élève et te transporte dans l’autre monde et te place au milieu des anges et des saints.
Saint Seraphim (Romantsov) de Glinsk
Ne fais pas trop confiance aux rêves consolants. Mieux vaut ne pas accepter un ange que de prendre un démon pour un ange. Nous sommes orgueilleux, nous pouvons facilement nous tromper à ce sujet.
Le Saint Évêque Macaire (Nevski)
Quand survient une mauvaise pensée, essaye de le chasser en te souvenant de la mort, des tourments de l’enfer. Imagine qu’un ange se tient à côté de toi; rappelle-toi que tu appartiens au Christ, que tu communies à Son Corps et à Son Sang divins.
L’Higoumène Nectaria du Monastère de la Dormition de la Mère de Dieu Chryssoléondissa à Égine, fille spirituelle de Saint Nectaire d’Égine.
Un jour, je me promenais avec mon Père spirituel (Saint Nectaire d’Égine), quand il me demanda de façon inattendue:
-Nectaria, veux-tu voir ton ange?
-Oh oui, répondis-je, je veux le voir.
-Regarde, dit-il, ton ange est devant toi.
Et j’ai vraiment vu mon ange, mais sa vue était si éblouissante que j’ai eu peur.
Saint Jean Chrysostome
Orne ton visage de chasteté, de modestie, de charité, de philanthropie, d’amour, d’affabilité, de douceur, d’humilité, de patience. Voici les couleurs des vertus; par elles, tu attireras l’amour non seulement des hommes, mais aussi des anges; pour elles, Dieu Lui-même te louera.
Le Saint Starets Gabriel de Semioziorka
Je vous en prie, soyez purs de cœur et d’âme, comme les anges de Dieu et les hommes du Ciel, soyez aimables, joyeux, pleins d’amour pour le Christ Jésus, notre Seigneur Dieu… et alors vous sentirez que l’Esprit du Seigneur est avec vous, et vous vous sentirez libérés de vos péchés. Et vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous délivrera, et la parole du Seigneur sera très claire pour vous. «Si donc le Fils vous affranchit, vous serez vraiment libres»(Jean 8;36).
Le Saint Archimandrite Andronique (Loukach) de Glinsk
Dors peu, avec mesure, et les anges veilleront sur toi.
Sa Béatitude le Métropolite Onuphre de Kiev et de toute l’Ukraine
Nous devons nous comporter de manière à ne pas affliger notre Ange Gardien, dont le patron est le Saint Archistratège de Dieu Mikhaïl, c’est-à-dire que nous devez essayer de vivre selon les commandements du Seigneur.
L’Archiprêtre Oleg Steniaev:
La lecture du Psautier correspond à un certain état d’esprit : lorsque l’homme se plonge dans ces paroles, c’est comme s’il aspirait à la grâce angélique. Nous savons que les anges se tiennent constamment devant le Trône de Dieu et louent Ses Noms merveilleux. Chaque fois que nous ouvrons le Psautier et commençons à prier les psaumes, nous nous unissons au chœur des anges. Et tout en vivant sur terre, nous nous retrouvons en quelque sorte dans les Cieux. Aimez le slavon, les démons le craignent, et les anges l’aiment. La prière procure la joie spirituelle, et avec celle-ci, une authentique consolation et l’espérance en la miséricorde et l’amour de Dieu.
Saint Seraphim de Vyritsa:
Tout ce que nous mangeons est offrande de l’amour de Dieu pour nous les hommes. A travers la nourriture, toute la nature et le monde angélique servent l’homme. C’est pourquoi, avant de passer à table, il est nécessaire de prier sincèrement. Avant tout, nous appelons la bénédiction du Père Céleste, en disant le Notre Père. Et là où est le Seigneur, là est la Très Sainte Mère de Dieu, et là sont les anges, c’est pour cela que nous chantons : «Mère de Dieu et Vierge, réjouis-Toi…» et le tropaires aux Puissances Angéliques «Puissances Célestes des Archistratèges…». Ce n’est pas en vain que nous clamons «Anges à notre table!» ; en vérité, les anges sont avec nous à table lorsque nous mangeons avec reconnaissance et après avoir prié. Pour cela aussi, nous chantons le tropaire de Saint Nicolas, appelant à travers lui sur notre table la bénédiction de tous les saints. (A suivre)
Traduit du russe
Source.