Le texte ci-dessous est la première partie de la traduction d’un original russe de Madame Svetlana Rybakova «Раз пришли, прочитайте молитовку» publié sur le site du Monastère Sretenski. Ce texte est développé autour du miracle de l’apparition spontanée d’une icône de la Très Sainte Mère de Dieu dans un petit village du Sud-Ouest de la Russie en l’an 2000. Il est introduit par la phrase suivante : Dans l’Oblast de Samara, au début de ce siècle, apparut une icône non faite de main d’homme, l’icône «Fleur Inflétrissable» de la Très Sainte Mère de Dieu. Dans le raïon de Sergueevski, au village de Tchernova, dans l’humble maisonnette d’Ekaterina Ivanovna Malyguina, vétéran de la Guerre Patriotique, et femme profondément croyante de 87 ans, le 16 avril 2000 apparut sur la vitre d’une fenêtre une icône, non-faite de main d’homme, de la Sainte Vierge Mère Marie avec l’Enfant-Dieu.

Pour l’hiver, Ekaterina Ivanovna avait protégé d’une toile cirée celle des fenêtres sur laquelle le vent soufflait le plus fort. Au printemps, elle décida d’ôter cette couche de protection qui avait coupé les vents froids. Quelle ne fut pas la stupéfaction de la femme quand soudain elle aperçut l’icône… «La moitié de la fenêtre luisait comme le feu. Il y avait comme quelque chose de blanc sur la vitre, et au milieu, le visage de la Très Saine Mère de Dieu avec l’Enfant. Je pleurais de joie. Seigneur, à moi, pécheresse apparaissait la Très Sainte Mère de Dieu…». Par la suite, elle apprit que c’était l’icône «Fleur Inflétrissable». Elle se rendit auprès du prêtre de la paroisse des Saints Cosme et Damien de Tchernovka, le Père Serge Derjavine, et lui demanda de venir examiner l’icône. Parmi les fidèles du village, Ekaterina Ivanovna était quelqu’un de connu. Dès les aujourd’hui lointaines années ’80 du vingtième siècle, elle se rendit auprès de l’Archevêque Ioann (Snytchev), le futur Métropolite de Saint-Pétersbourg, lui demander de lui fournir une Bible. A cette époque, il était impossible d’acheter les Saintes Écritures. Vladika bénit la paroissienne pèlerine et lui indiqua quel jour venir chercher la Bible. Sur la table de travail, Ekaterina Ivanovna aperçut une photo de l’Archevêque et demanda de la recevoir en cadeau. Vladika Ioann la lui donna en souriant. En signe de respect, elle l’installa chez elle dans le coin des icônes.

Le Métropolite Ioann

Ekaterina Ivanovna se rendit également plus d’une fois auprès de l’Archevêque Serge (Poletkine) de Samara, pour que des locaux soient reconnus comme maison de prière dans le village, car l’église la plus proche se trouvait à quarante kilomètres, comment parcourir pareille distance quand les jambes vieillissaient ou étaient douloureuses? Jadis à Tchernovka vivaient des babouchkas prieuses. Elles se réunissaient pour prier, mais avec le temps, elles étaient décédées les unes après les autres. «Où donc prier?» se morfondait Ekaterina Ivanovna. Elle alla frapper à la porte de trois cents maisons et recueillit trente signatures au bas d’une pétition demandant d’obtenir fût-ce un petit local où prier, et elle se rendit auprès de Vladika Serge. Il écouta attentivement, prit la pétition et dit qu’il fallait prier et qu’alors tout s’arrangerait. Et ce fut le cas!
Les fidèles obtinrent un lieu de prière dans une ancienne pharmacie; la possibilité de se réunir pour prier avait refait apparition à Tchernovka. Alors, la paroissienne combative se demanda comment construire une église, car enfin, avant la révolution, il y avait bien deux églises dans leur village. La destinée d’Ekaterina Ivanovna illustre la façon dont au XXe siècle, les «foulards blancs» préservèrent l’Église Russe pendant les persécutions athées.
Connaissant la vie pieuse d’Ekaterina Ivanovna, le prêtre de la paroisse, Batioucka Serge, vint chez elle en compagnie du Doyen, le Père Vassili Anissimov, et des chantres. Ils célébrèrent dehors, devant la fenêtre à l’icône, un moleben à la Très Sainte Mère de Dieu et un acathiste.
Le premier jour, l’icône demeura jusqu’au soir, et vers vingt-trois heures elle s’effaça petit à petit, mais elle apparut de nouveau le lendemain. Cela se répéta pendant quinze jours. Le lendemain soir, le visage de la Très Saine Mère de Dieu ne s’effaça plus et demeura auprès d’Ekaterina. Celle-ci ne dormit pas pendant plusieurs nuits, elle restait assise et contemplait… Elle fit part de ses observations de l’icône miraculeuse à Olga Krouglova, correspondante du journal «Blagovest» : «Elle n’apparaissait pas de façon très nette pour disparaître rapidement après, non, tout se passait progressivement. Vers quatre heures du matin, une sorte de voile blanc apparaissait, avec un fil au dessus, et sur ce voile, un autre, bleuté, et le visage se dessinait en un mouvement lent, par petits points. Un fil blanc apparaissait alors et traçait comme le pourtour du futur visage de l’Enfant Jésus Christ. Il fallait une demi-heure pour que se dessine toute la tête de l’Enfant-Dieu. Je regardait, je pleurais en me signant : Oh, Seigneur, je ne suis pas digne de voir cela !…»
Des pèlerins vinrent voir l’icône non faite de main d’homme. Certains vient trois cierges autour de l’icône. Les fidèles les touchèrent et sentirent une «chaleur douce» ; de ce feu dans la vitre émanait une chaleur réelle… Certains impies tentèrent d’effacer l’icône à l’aide d’un solvant, un membre de l’intelligentsia locale essaya de la gratter à l’aide d’un clou. Ekaterina Ivanovna expliqua : «Ils voulaient vérifier si nous n’avions pas peint l’icône nous-même, ou si nous ne l’avions imprimée sur la fenêtre. Pourquoi nous humilier ainsi...» Après cela, aux parties du visage de la Très Saine Mère de Dieu qui avaient été touchées, des rougeurs apparurent, comme sur un visage vivant qui aurait été contusionné. Mais quelques jours plus tard, elles disparurent.
Ainsi, malgré l’athéisme forcené de certains, Ekaterina Ivanovna considérait l’arrivée de pèlerins dans sa maison comme un service à Dieu qui lui était demandé. Elle commença à apprendre aux gens à prier : «Puisque vous êtes venus, lisez la petite prière. J’ai trouvé le tropaire de l’icône de la Très Saine Mère de Dieu «Fleur Inflétrissable», et je l’ai déposé juste à côté. Lisez-le et après implorez pour vos afflictions…». Et je priais avec eux, j’écrivais leurs noms sur une liste, et la nuit, je regardais l’icône et je priais. Petite Mère de Dieu, pardonne-nous, guéris, aie pitié. Aide-nous dans tous nos malheurs, dans les attaques, et amène-nous à prier Dieu, apaise-nous et conduis-nous au salut par Ta prière. Pour que tous nous adorions Dieu et Lui adressions nos prières. Chacun selon la mesure de notre foi, chacun avec notre prière… Quelques jours plus tôt une femme était arrivée de Samara. Elle pria devant l’icône avec une grande ferveur, pleurant et implorant.Sa nièce avait donné naissance à un bébé qui était devenu malade et se trouvait à l’hôpital. Le pronostic des médecins était mauvais. Elle pria donc pour ce petit. Aujourd’hui, elle a téléphoné et dit que le bébé était guéri. Elle pleurait et rendait grâce à la Très Sainte Mère de Dieu». Ekaterina Ivanovna pria pendant toute sa longue vie. Katia fut éduquée par des parentes qui vivaient comme des «petites moniales» ; elle était sans cesse chez elles. Lorsque son père mourut, sa maman se retrouva avec quatre enfants sur les bras, on vivait comme on pouvait. Katia aidait ses parentes dans les travaux lourds, et ainsi dès l’enfance, elle apprit ce qu’était le travail et la prière. Personne ne lui apprit jamais particulièrement à prier ; elle apprit d’elle même, écoutant, se souvenant et ensuite priant de la sorte pour toujours.

Ekaterina Ivanovna Malyguina

A la question de la journaliste Olga, qui lui demandait si elle ne se fatigua pas du nombre de pèlerins, la servant du Christ répondit : «Bien sûr que je devins fatiguée, j’avais mal partout, mais c’était du travail pour Dieu, comment aurais-je pu ne pas le faire? Une fois que le Seigneur Lui-même a déterminé les choses, comment puis-je agir autrement? Il fallait être forte et accueillir tous ceux qui venaient voir l’icône». Ekaterina Ivanovna admit toutefois que lorsqu’elle s’effondra de fatigue (cette héroïne de l’ascèse avait alors 87 ans), elle garda sa porte fermée et demanda que l’on prie et vénère le visage de la Très Saine Mère de Dieu du côté de la rue. (A suivre)
Traduit du russe
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