Paroles de Batiouchka (12)

Né en avril 1937, Valerian Kretchetov, prêtre de village, est le prédicateur le plus âgé de l’Éparchie de Moscou. Fils d’un prêtre, frère d’un prêtre, l’Archimandrite Valerian est père de sept enfants, dont un prêtre, et grand-père de trente quatre petits enfants. Il fut ordonné diacre en novembre 1968, et prêtre en janvier 1969. En 1974, il succéda au Père Sergueï Orlov, comme recteur de l’église du Pokrov, au village d’Akoulovo, dans la région de Moscou. Il fréquenta les plus grands starets pendant des dizaines d’années et accomplit dix-huit séjours sur l’Athos. Une quinzaine de livres ont été édités, reprenant prédications, entretiens multiples et interventions devant des groupes très divers.

«Entretiens au Pokrov d’Akoulovo», pages 56-57

Le livre dont l’extrait est tiré

La foi véritable exige du courage, elle exige que l’homme ne l’échange pas contre les choses éphémères du monde, des futilités, de la vaine gloire terrestre, semblables à des bulles de savon, qui brillent et sous le soleil, jouent avec toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, et puis, éclatent. Et il n’y a plus rien.
L’homme qui perd sa vie à de telles futilités finit par ressentir un effroyable désespoir : «Mais quoi? Qu’ai-je fait? Qu’ai-je atteint?». Quand l’homme poursuit la vérité, quand cette vérité est le support de sa vie, rien ne peut le troubler. La foi est l’aspiration de l’homme à la vérité. Et elle attire à lui la grâce de Dieu. Et la grâce de Dieu dévoile la vérité à l’homme, à travers sa foi. Et au plus on s’efforce d’aller vers la vérité, au plus on reçoit. L’essentiel est d’avoir la foi et de s’efforcer de vivre selon la foi, afin d’hériter la vie éternelle.
Traduit du russe

Le Saint Hiéromartyr Hilarion (Troïtski) Huit Lettres d’Occident. (12)

Il ne semble pas que jusqu’à présent, les huit Lettres d’Occident, écrites par le Saint Hiéromartyr Hilarion (Troïtski) aient été traduites en français. Ces huit lettres, éditées pour la première fois en 1915, sont incluses dans les Œuvres en trois volumes du Saint Hiéromartyr, au tome 3, pp 396 à 458. (Священномученик Иларион (Троицкий). Творения в 3 томах. -épuisé-), Moscou, 2004, Éditions du Monastère de la Sainte Rencontre. Le texte de ces huit lettres fut également publié sur le site Pravoslavie.ru, entre le 16 et le 22 mai 2006. Ces écrits, qui ne relèvent pas d’une démarche académique, plongent le lecteur avec animation et profondeur dans l’atmosphère spirituelle, philosophique, culturelle et sociopolitique du début du XXe siècle; c’est en 1912 que l’Archimandrite Hilarion (Troïtski) effectua un périple dans les grandes villes d’Europe. La troisième lettre présente le contraste, irréductible, semble-t-il, entre l’église en Occident et l’église en Russie Orthodoxe. Voici la fin de la sixième lettre. Les précédentes lettres se trouvent ici.

La cathédrale de Belgrade

Sur ces entrefaites, des représentants du Gouvernement de Serbie et des militaires étaient arrivés dans la cathédrale. Les ministres se tenaient au premier rang, du côté droit. Je me souviens de la silhouette impressionnante et du visage intelligent de Pachitcha. Le corps diplomatique était rassemblé derrière le chœur de gauche, tout un mélange de tribus, de costumes variés! La haute taille de l’ambassadeur austro-hongrois Forgatch le singularisait au milieu de tout le corps diplomatique. Il portait un uniforme médiéval hongrois ourlé de fourrure. Alors qu’il faisait chaud dehors. Qui donc oblige les gens à se martyriser en portant en été des vêtements chauds, et plutôt saugrenus! Lire la Suite

La tomate du Père Hermogène. Croquis de Pioukhtitsa (1/2)

L’Archiprêtre Oleg Vrona

Le site Pravoslavie.ru a publié fin 2019 une série de quelques textes portant le sous-titre de ‘Croquis de Pioukhtitsa’, écrits par l’Archiprêtre Oleg Vrona, né en Sibérie orientale et aujourd’hui recteur de l’église Saint Nicolas à Tallinn. Ces textes, à première vue peu spectaculaires, sans doute, proposent quelques pages de la vie spirituelle dans ce célèbre monastère, situé à la frontière de l’Estonie, mais aussi des portraits de certains «justes» qui y séjournèrent. Le texte ci-dessous a été publié en russe le 24 décembre 2019.

Le Père Hermogène (photo : Pravoslavie.ru)

Un jour, pendant ces années où je servais comme diacre au Monastère de Pioukhtitsa, je fus témoin de la conversation suivante. Un évêque de passage demanda au Père Hermogène (Mourtazov):
– Vous servez ici depuis longtemps?
– Quinze ans, Vladika, répondit le Père Hermogène.
– Dans les monastère de femmes, considérez qu’un an en vaut deux, plaisanta l’évêque. Lire la Suite

Paroles de Batiouchka (11)

Né en avril 1937, Valerian Kretchetov, prêtre de village, est le prédicateur le plus âgé de l’Éparchie de Moscou. Fils d’un prêtre, frère d’un prêtre, l’Archimandrite Valerian est père de sept enfants, dont un prêtre, et grand-père de trente quatre petits enfants. Il fut ordonné diacre en novembre 1968, et prêtre en janvier 1969. En 1974, il succéda au Père Sergueï Orlov, comme recteur de l’église du Pokrov, au village d’Akoulovo, dans la région de Moscou. Il fréquenta les plus grands starets pendant des dizaines d’années et accomplit dix-huit séjours sur l’Athos. Une quinzaine de livres ont été édités, reprenant prédications, entretiens multiples et interventions devant des groupes très divers.

«Entretiens au Pokrov d’Akoulovo», pages 49-50

Le livre dont l’extrait est tiré

En tous temps, les passions liées au corps dominèrent l’homme, mais ce n’était pas considéré comme une situation normale. Ainsi, la tromperie, la trahison, le manque de chasteté, l’infidélité maritale étaient condamnés, dans le monde entier. Mais progressivement, tout cela est devenu courant, dans l’ordre des choses, et l’homme, composé d’une âme et d’un corps, tomba dans l’esclavage du corps, l’esclavage des passions. Toutefois, il a en lui aussi l’esprit, et celui-ci a été complètement oublié. Ce n’est pas par hasard que Saint Seraphim éleva la voix, depuis la cellule où il était reclus et accomplissait son podvig de prière : «Le but de la vie chrétienne, c’est l’acquisition de l’Esprit Saint», disait-il. Mais justement, l’aspiration à l’acquisition de l’Esprit Saint s’est éteinte. Comme disait F.I. Tioutchev, au XIXe siècle : «De nos jours, ce n’est pas le corps, mais l’esprit, qui est corrompu».

Traduit du russe.

Le Saint Hiéromartyr Hilarion (Troïtski) Huit Lettres d’Occident. (11)

Il ne semble pas que jusqu’à présent, les huit Lettres d’Occident, écrites par le Saint Hiéromartyr Hilarion (Troïtski) aient été traduites en français. Ces huit lettres, éditées pour la première fois en 1915, sont incluses dans les Œuvres en trois volumes du Saint Hiéromartyr, au tome 3, pp 396 à 458. (Священномученик Иларион (Троицкий). Творения в 3 томах. -épuisé-), Moscou, 2004, Éditions du Monastère de la Sainte Rencontre. Le texte de ces huit lettres fut également publié sur le site Pravoslavie.ru, entre le 16 et le 22 mai 2006. Ces écrits, qui ne relèvent pas d’une démarche académique, plongent le lecteur avec animation et profondeur dans l’atmosphère spirituelle, philosophique, culturelle et sociopolitique du début du XXe siècle; c’est en 1912 que l’Archimandrite Hilarion (Troïtski) effectua un périple dans les grandes villes d’Europe. La troisième lettre présente le contraste, irréductible, semble-t-il, entre l’église en Occident et l’église en Russie Orthodoxe. Voici le début de la sixième lettre. Les précédentes lettres se trouvent ici.

Sixième Lettre. La fête onomastique du Roi de Serbie.

Pierre Ier de Serbie

Belgrade, la capitale de la Serbie, ressemble aux villes qui, chez nous, accueillent le centre administratif de nos gouvernorats. On doit sans cesse se rappeler qu’on se trouve dans la capitale. Pour nous, mon Ami, une capitale c’est quelque chose de grandiose. Et les capitales européennes ne sont pas plus mal que la nôtre. Voilà pourquoi à nos yeux, Belgrade n’a pas l’air d’être une capitale. Maintenant, il est vraisemblable que les plus beaux bâtiments aient été détruits par les Autrichiens, mais des bâtiments dignes d’une capitale, il n’y en avait guère. C’était agréable pour un Russe, de voir qu’un des plus beaux immeubles de Belgrade appartenait à la société «Rossia» et s’appelait «Hôtel Moscou». Le Palais Royal lui-même ne ressemblait pas tout à fait à nos palais. Il est petit et donne directement sur la rue. Mais malgré tout cela, Belgrade est la capitale de notre peuple frère serbe. Lire la Suite

Batiouchka Valerian. Un demi-siècle à l’autel de Dieu. (3/3)

Ceci est la traduction d’un publié le 11 janvier 2019 sur le site Pokrov.pro. Entretien accordé par l’Archiprêtre Valerian Kretchetov à Mesdames Olga Orlova et Olga Kameneva, et Monsieur Dmitri Simonov. «Le Pokrov a protégé toute ma vie sacerdotale», explique Batiouchka, qui a servi un demi-siècle à l’autel de Dieu, dans l’église du Pokrov de la Très Sainte Mère de Dieu du village d’Akoulovo, dans l’oblast de Moscou. Pendant toutes ces années, Matouchka Natalia Konstantinova porta la croix d’argent particulière au service. Et à la veille du jubilé, le Père Valerian octroya ses instructions paternelles et pastorales à ses sept enfants, adultes, ses trente-cinq petits-enfants et à ses enfants spirituels… Chaque semaine, la série ‘Paroles de Batiouchka’ permet de prendre connaissance avec les enseignements spirituels dispensés par le Père Kretchetov au cours de ses cinquante ans de sacerdoce. Le début du texte se trouve ici.

Père Tikhon Kretchetov et sa famille. Photo : Pravoslavie.ru

Batiouchka, comment votre paroisse a-t-elle évolué en cinquante années?
Tout d’abord, grâce à Dieu, il y eut de plus en plus de fidèles. Et des jeunes ont commencé à arriver. Et ensuite le pourcentage d’hommes a augmenté. Au début, en fait, il n’y avait que des petites vieilles. La jeunesse avait peur de venir. Et on ne l’y autorisait pas ; il y avait des cordons autour de l’église à Pâques et à la Nativité. Et au travail, ils avaient des ennuis. C’est pourquoi des jeunes et des gens d’âge moyen, il y en avait peu, particulièrement des hommes. Aujourd’hui, c’est bien. Et au sujet des petites vieilles, à l’école, on dit un jour à mon fils, devenu aujourd’hui le Père Tikhon, «Que vas-tu faire à l’église, il n’y a que des petites vieilles». Il répondit : «Les personnes âgées ne peuvent aller nulle part d’autre». C’était une très bonne réponse. Jusqu’aujourd’hui encore, ils essaient de jongler avec ces stéréotypes : l’église, c’est pour les vieillards. Lire la Suite