Métropolite Ioann (Snytchev) Le salut de l’âme

Écrits

Le texte ci-dessous est la traduction d’une homélie de Son Éminence le Métropolite Ioann (Snytchev) de Saint-Pétersbourg et Ladoga, de bienheureuse mémoire, prononcée en 1971. L’original russe a été publié dans le livre «La Voix de l’Éternité. Homélies et enseignements» (Голос вечности. Проповеди и поучения), publié à Saint-Pétersbourg en 1994, par les éditions Tsarskoe Delo, pages 440 à 444.

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit!
Sans aucun doute, tous sans exception, bien-aimés frères et sœurs, nous nous posons la question : comment sauver notre âme? C’est une question sérieuse, importante et incontournable pour chacun de nous. C’est dans les Saintes Écritures avant tout, que nous trouvons une réponse. Et si nous étions des gens qui ne se contentent pas de se réjouir par des mots du salut de leur âme, mais qui avancent en actes sur le chemin du salut, alors évidemment, les paroles du Christ Sauveur nous suffiraient : «Repentez-vous et croyez en l’Évangile», «Si quelqu’un veut me suivre, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il marche à Ma suite». Ou, comme le dit l’Apôtre Paul : «C’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le Royaume de Dieu»(Actes14;21). Voici, frères et soeurs bien-aimés, ce qui pourrait être une réponse satisfaisante à notre question. Mais non, nous ne nous en satisfaisons pas. Nous cherchons quelque chose de particulier, un chemin sur lequel il n’est pas trop important d’observer les commandements de Dieu, de faire succéder le labeur au labeur, un chemin plus facile, avec la miséricorde de Dieu, pour entrer dans le Royaume Céleste. Voilà en quoi consiste la nature malicieuse de notre question relevant plutôt de la curiosité : comment sauver son âme. Lire la Suite

Métropolite Ioann (Snytchev) La purification de l’âme

Écrits

Le texte ci-dessous est la traduction d’une homélie de Son Éminence le Métropolite Ioann (Snytchev) de Saint-Pétersbourg et Ladoga, de bienheureuse mémoire, prononcée en 1971. L’original russe a été publié dans le livre «La Voix de l’Éternité. Homélies et enseignements» (Голос вечности. Проповеди и поучения), publié à Saint-Pétersbourg en 1994, par les éditions Tsarskoe Delo, pages 110 à 113.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit!
Notre préoccupation essentielle à vous et moi, bien-aimés frères et sœurs, consiste à surprendre dans nos démarches, dans les mouvements de notre cœur l’une ou l’autre inclination au péché. Et non seulement à les surprendre, mais à nous efforcer de les supprimer. Voilà en quoi consiste notre labeur : purifier notre cœur et transfigurer notre âme et y implanter tout ce qui est bon, saint, tout ce qui est le fondement de notre vie éternelle.
Rien d’impur ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Comme le dit l’Apôtre Paul, ne vous y trompez pas, ni les impudiques, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n’hériteront le royaume de Dieu. Voilà pourquoi, frères et sœurs bien-aimés, notre podvig essentiel sur le chemin du salut, c’est, comme je l’ai dit, la purification de notre cœur de toute impureté pécheresse et l’accroissement en lui de toutes les bonnes habitudes chrétiennes. Et nous devons lutter avec fermeté et jusqu’au bout, lutter constamment et minutieusement. Lire la Suite

Saint Mardaire. L’immortalité de l’âme humaine et la vie éternelle (Suite)

Le texte ci-dessous est la suite et la fin d’un «entretien» accordé par le Saint hiérarque Mardaire Ouskokovitch (1889-1935) le 8 février 1910 à la Métropole de Chisinau, et publié le 05 mars 2021 sur le site Pravoslavie.ru.Saint Mardaire est un Saint de l’Église Orthodoxe de Serbie, glorifié, en présence du Patriarche Irénée en juillet 2017 aux États-Unis, où il a terminé sa vie. Il vécut de 1912 à 1917 à Saint-Pétersbourg – Petrograd, et en 1917 il fut nommé dirigeant de la Mission Serbe en Amérique.

Les âmes des morts apparaissent non seulement en rêve mais aussi en réalité. L’âme immortelle de l’homme apparaît alors de façon plus précise et se dévoile plus clairement. Alors, l’homme voit de ses yeux le mort comme un vivant, et puisqu’il connaissait bien le défunt avant la mort de celui-ci, il peut dire sans erreur qu’il voit untel, son ami ou parent. Les raisons pour lesquelles les âmes des morts apparaissent aux vivants sont diverses. Très souvent, ils apparaissent pour améliorer leur situation d’une manière ou d’une autre dans la vie d’outre-tombe. Car, comme nous, Chrétiens Orthodoxes, le savons, la prière des vivants, et en particulier la prière de l’Église, apporte de grands bénéfices à l’âme des défunts: elle allège leur sort difficile si après une vie terrestre pécheresse, ils souffrent de tourments dans l’au-delà. Et dès lors les âmes de nombreux morts apparaissent sur terre pour demander des prières pour eux-mêmes. Parfois, les âmes de morts apparaissent sur terre, par la volonté de Dieu, pour le bien de l’un ou l’autre de ses parents, voulant lui apporter un avantage spirituel. Le plus souvent, ce sont les parents qui se sont mis à mener une vie mauvaise, impie ou dépravée. Dans ce cas, ils aident d’une manière ou d’une autre leur parent à se corriger, l’aident à se remettre sur le chemin de la vérité. Ou ils font quelque chose de bien pour leur proche, chose qu’ils n’avaient pas réussi à faire pendant leur vie sur terre. Par conséquent, l’âme sans corps est pendant un certain temps comme un continuateur des affaires de la vie de l’âme dans le corps. Parfois, les âmes des morts apparaissent à leurs parents simplement à cause du sentiment de parenté, comme si ils leur manquaient. De toute évidence, l’âme, à sa sortie du corps pendant un certain temps, ne perd pas la connexion qu’elle avait avec eux, quand elle était dans le corps, et par la volonté de Dieu, d’une manière ou d’une autre, et elle montre cette connexion. Dans le même temps, les âmes des morts apportent souvent à leurs proches des bénéfices quotidiens, dissipant un malentendu qui n’aurait pas été clarifié pendant leur vie terrestre, ou leur indiquant ce qu’ils doivent faire pour obtenir un bénéfice. Après les parents, les gens les plus proches sont les amis ou bienfaiteurs. Pour les amis et les bienfaiteurs, l’homme nourrit une affection et une gratitude sincères. L’âme de l’homme, qui ne meurt jamais, qui est immortelle, retient ces sentiments après avoir quitté son corps et elle apparaît à ses amis et bienfaiteurs vivants pour leur témoigner de l’amitié ou de la gratitude.
Si le temps le permettait, nous pourrions raconter de nombreux cas sur les apparitions d’âmes des morts à ceux qui vivent sur terre. Ces apparitions, ainsi que le témoignage de la parole de Dieu, indiquent clairement que l’âme de l’homme ne meurt pas après avoir quitté le corps, mais vit et vivra éternellement; l’âme de l’homme est immortelle. Et si l’âme est immortelle, alors l’homme, ayant foi en son immortalité, doit être préparé à cela; il doit disposer de sa vie sur terre de façon telle qu’elle soit une préparation à sa vie future. La vie terrestre peut ne durer que quelques décennies mais ce n’est que le début de la vie de l’homme; la vie principale, la vraie vie pour l’homme vient après et ne dure pas des dizaines, mais d’innombrables années, éternellement. C’est ce que chaque chrétien doit penser. Il est nécessaire pour chacun de croire que la mort n’est pas la fin, mais seulement le début de la vie, et donc, en temps voulu, à l’avance, vous devez vous y préparer. Elle peut arriver à tout moment. Si pas aujourd’hui, demain, le rideau tombera et tout le monde ira là d’où on ne revient pas. Là, il y aura une contrepartie pour tout ce qui aura été fait en cette courte vie terrestre.
Frères! Croyez en l’au-delà, croyez en l’immortalité de l’âme humaine, croyez que vous vivrez éternellement après la mort. Si vous ne croyez pas en cela, si vous ne croyez pas que le Seigneur Jésus Christ est ressuscité, alors votre foi est vaine. Méfiez-vous des faux enseignements et des faux enseignants qui prêchent et voient dans la mort la destruction totale de l’âme humaine. Courants à notre époque.
Mais que le présent siècle s’inquiète donc, qu’il essaie, au nom de la raison, de fonder la foi dans la vie éternelle; qu’il trouve, pour défendre son œuvre, des apologistes plus éloquents que Rousseau ou des penseurs plus profonds et plus perspicaces que Platon, nous, chrétiens, nous pouvons sans crainte attendre leurs résultats. Je ne vous rappellerai que la dernière conversation du plus grand des anciens philosophes avec ses disciples dans son cachot à Athènes. Socrate mourait, le poison coulait dans les veines du grand sage, et ses membres étaient déjà glacés. Mais à quoi ses efforts ont-ils abouti? N’a-t-il pas révélé une vérité désirée? Hélas! Lui, le plus grand génie et philosophe, ne pouvait que dire: «Peut-être …». Son avenir lui semblait sombre, obscur, et la veille, devant ses juges, il prononça ces mots pleins de mélancolie: «Si être détruit est mon destin, je le préférerai malgré tout à la vie, car j’ai senti que le meilleur de mes jours ne valait pas une nuit de sommeil réparateur». Voilà ce qui mit un terme aux efforts du plus grand philosophe et génie. Mais la philosophie moderne a, comme l’ancienne, fait fausse route. Elle pensa fonder, par ses propres efforts, une croyance dans l’immortalité de l’âme humaine. Il suffit de rappeler la mort de tels que Roland de la Platière, Dufriche de Valazé, Le Bas, Condorcet, 1 etc… On n’entendit parmi eux aucune voix parlant de l’éternité.
La philosophie ne parviendra jamais être le fondement de la foi dans la vie éternelle. Et aucune théorie philosophique ne satisfera l’âme humaine. Nous avions besoin d’une voix du ciel pour annoncer la vie éternelle, et cette Voix a résonné, et nous l’avons cru de toute notre âme et de tout notre cœur. Cette voix nous a encouragés, nous et toute l’humanité sensée. Notre Sauveur, Jésus-Christ, a détruit la mort et révélé la vie et l’incorruptibilité par l’Évangile (2Tim.1;10). À partir de Jésus-Christ, l’humanité sensée confesse sa foi en la vie éternelle. À partir de Lui, cette foi a pris possession du cœur de millions d’hommes et de femmes de tous les âges avec une telle force miraculeuse que certains allèrent jusqu’au martyre comme à une fête, non pas pour se débarrasser de la vie comme un hindou qui se suicide, ni pour goûter au plaisir d’un paradis sensuel comme les disciples de Mahomet, mais pour entrer dans la vie de vérité, de sainteté et d’amour.Nous, fidèles au Christ Dieu, dirons avec le Juste Job, qui a tant souffert : «Je sais que mon Rédempteur est vivant, et qu’au dernier jour, il fera se relever de la poussière cette peau qui se décompose, et dans ma chair, je verrai Dieu. Je le verrai moi-même; mes yeux, pas les yeux d’un autre, Le verront» (Job 19: 25-27).
En relisant le Nouveau Testament de notre Seigneur Jésus-Christ, j’y ai trouvé les mots «vie éternelle» quarante fois. Et, sans aucun doute, je peux affirmer que le Sauveur a fixé la vie éternelle comme but de Ses enseignements. Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et Sa justice (Math.6: 33), dit-Il. Et comment chercher le Royaume de Dieu s’il n’y a pas de vie après la mort? Le Royaume de Dieu et Sa vérité commence ici à l’intérieur de nous, mais il sera complet et éternel après la mort seulement, car notre cité est dans les Cieux (Phil.3;20), et ici sur terre, nous sommes des étrangers, cette vie est une vie d’attente, nous sommes temporairement des voyageurs qui aspirons au calme et éternel havre céleste. Je ne comprends pas l’état d’âme de ces gens qui vivent leur vie terrestre avec toutes ses difficultés sans Dieu et Son aide, sans foi et sans espoir. Dans les moments les plus difficiles de ma vie, dans les souffrances les plus terribles, j’ai eu et j’ai encore dans mon cœur un espoir triomphant qui me fortifie sur le chemin épineux. Je raisonne ainsi: je n’appartiens pas entièrement à la terre, ma vie terrestre est temporaire, mais je peux souffrir, car je sais que mes souffrances ont un but que l’éternité m’expliquera; je sais aussi que celui dont Dieu a pitié, il est châtié. Avec cette conviction, je peux souffrir. Vous aussi, mes frères, souffrez, dans l’espoir que vos souffrances vous mèneront au but. Semez partout derrière vous et autour de vous vos espoirs vivants, répandez cet espoir dans la nuit du doute, annoncez la vie future, sans laquelle la vraie vie terrestre serait la plus stupide, inutile et sans but. Croyons que le Christ, ressuscité des morts, est les prémices de ceux qui sont morts (1 Cor.15;20). Amen.

Traduit du russe

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Saint Mardaire. L’immortalité de l’âme humaine et le songe de Lomonossov.

Le texte ci-dessous est un «entretien» accordé par le Saint hiérarque Mardaire Ouskokovitch (1889-1935) le 8 février 1910 à la Métropole de Chisinau, et publié le 05 mars 2021 sur le site Pravoslavie.ru.Saint Mardaire est un Saint de l’Église Orthodoxe de Serbie, glorifié, en présence du Patriarche Irénée en juillet 2017 aux États-Unis, où il a terminé sa vie. Il vécut de 1912 à 1917 à Saint Pétersbourg – Petrograd, et en 1917, il fut nommé dirigeant de la Mission Serbe en Amérique.

Aucune autre question n’a tant troublé l’esprit de l’homme depuis le début de son existence que la question de l’immortalité de l’âme, de la vie outre-tombe. Avant de procéder au déballage de cette question, il faut dire que même à l’époque actuelle, elle s’avère être une des plus pressantes, et sa difficulté est admise par les plus grands philosophes et penseurs. Mais nous serons guidés non seulement par notre raison, mais surtout par l’Écriture Sainte.
Je sais qu’en choisissant aujourd’hui pareille question comme sujet de conversation avec vous, je vais faire face aux préjugés et aux différents enseignements actuels et je vais devoir aller à contre-courant des philosophes modernes.
Depuis le début de l’existence du Christianisme, aucune époque n’a été moins imprégnée que la nôtre du sens de l’éternité. Les pensées des générations modernes qui nous entourent, sont dirigées vers les événements de l’heure actuelle, vers le domaine du monde visible. La question qui fait l’objet de la conversation d’aujourd’hui, à première vue, ne représente rien de réel, de concret. Cette vision de la chose m’embarrasse un peu, en quelque sorte on laisse tomber les bras, on sent l’inconsistance de nos connaissances théologiques et philosophiques, et on paraît prêt à descendre de cette haute chaire ecclésiastique muet, en silence mais sans perdre d’énergie. La religion chrétienne concerne l’âme de l’homme et non les goûts de l’époque, des individus ou des écoles, des tendances ou des directions. Le Christianisme est établi sur une base solide, dont les fondements sont inébranlables, et il ne cherche pas un appui dans les pensées dominantes du jour, il le cherche et le trouve dans les souffrances et les aspirations constantes de l’humanité. La vie du siècle à venir a été niée par beaucoup à toutes les époques, elle est niée par beaucoup à notre époque. Certains approchent du cercueil du défunt pour prendre son corps comme une chose inutile et même nuisible et l’enterrer au cimetière. Aucune prière ne sort de leur bouche, aucune parole divine n’éclaire leurs chagrins, mais à quoi serviraient les prières et les paroles divines quand ils ne croient pas en Dieu et dans l’au-delà? D’autres, les croyants, accompagnent le défunt avec l’espoir de se rencontrer dans le monde d’outre-tombe. Les uns se disent : « mangeons et buvons, car demain nous mourrons»(1Cor.15;32) et si parfois ils admettent la vie du siècle à venir, ils le font par matérialisme pratique. D’autre œuvrent avec crainte et tremblement à leur salut. Les affirment qu’avec la mort, tout se termine pour l’homme. Selon leur propre opinion, il n’y a pas d’âme en l’homme, et ce que nous appelons âme meurt avec l’homme selon eux. C’est ce que prétendent seulement qui nient l’existence de Dieu en même temps que l’âme. Le principal trait de caractère de ces gens, est l’insouciance : ils vivent, ne réfléchissant à rien, pour eux rien ne les intéresse dans le domaine supérieur, spirituel. La plupart du temps ils vivent une vie déréglée, visant une seule chose : comment vivre plus facilement, plus confortablement, avec plus d’amusement ; la vie les satisferait alors, même si elle serait remplie de mensonges, d’injustice, de saleté et de malice. Voilà pourquoi l’existence de Dieu et celle de l’âme sont pour eux un phénomène désagréable. Cela empêcherait leur grande vie de s’écouler comme elle s’écoule. Voilà pourquoi ils nient Dieu et l’âme. Ils savent qu’il faut répondre de l’iniquité, alors, ils se rassurent en disant que Dieu n’existe pas, et qu’il n’y a pas d’âme immortelle. Pareille vision de Dieu et de l’âme flatte leur nature pécheresse et corrompue, un tel regard leur donne le courage de manger, de boire et de s’amuser, car, selon eux, demain ils mourront de toute façon, et là, derrière le cercueil, il n’y a pas de vie, il n’y a pas d’âme et personne à qui rendre compte des actes commis.
Mais laissons-les dire et affirmer tout cela. Nous savons que l’âme est, et qu’elle est immortelle. Cela nous est confirmé par les Saintes Écritures. Dans le livre de l’Ecclésiaste dans l’Ancien Testament, il est dit: «L’homme s’en va dans sa maison éternelle (c’est-à-dire après la mort corporelle)… et en poussière (c’est-à-dire le corps) il retournera à la terre. Qu’il était. Mais l’esprit retournera à Dieu qui l’a donné» (Eccl. 12;5,7). Il en est de même dans le livre de la Sagesse: «Les Justes vivent pour toujours; leur récompense est dans le Seigneur et leur garde est auprès du Très-Haut»(Sag.5;15).
Tous les justes de l’Ancien Testament croyaient à l’immortalité de l’âme humaine (donc à l’au-delà). Mais l’immortalité de l’âme humaine est particulièrement claire dans le Nouveau Testament. Il est dit explicitement: «ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent pas tuer l’âme; mais craignez plus celui qui peut faire chuter l’âme et le corps dans la géhenne» (Mth. 10;28). «Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants» (Mth.22;32). Ceux des chrétiens qui sont morts et qui ont atteint la résurrection des morts ne peuvent plus mourir, car ils sont égaux aux anges (Lc.20;35–36). Voilà pourquoi notre Seigneur Jésus Christ a souvent dit et répété à Ses disciples et à ceux qui Le suivaient : «Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la rouille et les vers rongent, et où les voleurs percent les murs et dérobent. Mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où ni les vers ni la rouille ne rongent, et où les voleurs ne percent pas les murs ni ne dérobent» (Mth.6;19-20). Ou lisez le vingt-cinquième chapitre de l’Évangile selon Saint Matthieu à propos des vierges, cinq sages et cinq folles, comment Il met en garde ceux qui le suivent afin qu’avec les mèches brûlantes ils achètent de l’huile pour que les lampes ne s’éteignent pas et que l’Époux surviennent à ce moment. C’est le moment du Jugement Dernier qui est révélé ici. S’il n’y avait ps de vie outre-tombe et, de même, si l’âme de l’homme n’était pas immortelle, alors pourquoi le Christ Sauveur aurait-Il prévenu Ses disciples du Jugement qui vient?
En plus des paroles des Écritures de l’Ancien et du Nouveau Testament au sujet de l’immortalité de l’âme humaine, la relation des âmes des morts avec les personnes vivantes nous en convainc également. Cette relation exista toujours pendant tout le temps de l’Ancien et du Nouveau Testament. On peut s’en assurer à la lecture de la vie de Moïse, du Roi Saul, du Prophète Samuel et d’autres encore. Mais nous ne choisirons pas d’exemples vétérotestamentaires. Nous prendrons un exemple du passé relativement récent. Voici deux cents ans, naquit en Russie un savant célèbre, Mikhaïl Vassilievitch Lomonossov. Alors que celui-ci naviguait de Hollande vers la Russie, il fit le rêve suivant, sur le bateau. A son regard s’offrait une mer glaciale infinie, dans laquelle il nageait souvent dans son enfance. Et sur la mer, il a remarqué une embarcation et son père, un pêcheur, assis dedans. Le vent fort et la tempête se sont levés, les vagues de la mer s’apprêtaient à engloutir son père bien-aimé. Lomonossov voulut se précipiter vers son père pour l’aider, mais ses bras s’engourdirent. L’embarcation, s’écrasant sur les côtes près d’une île rocheuse, éclata en morceaux. Lomonossov vit un scène terrible et effroyable. Son père luttait contre les vagues géantes de la mer cruelle.

Songe de Lomonossov

Après avoir coulé dans l’eau pendant une minute, il réapparut à la surface de l’eau et cria: «Mikhailo!», mais bientôt il fut de nouveau recouvert par les vagues et disparut de la vue de Mikhail Lomonossov, son fils. Quelques minutes plus tard le corps fut rejeté à terre. Lomonossov se réveilla alors. Le rêve qu’il venait de faire le rendit très inquiet et il décida en son âme que son père s’était vraiment noyé dans la mer et, rejeté par les vagues sur le rivage, gisait sans sépulture. A l’arrivée à Saint-Pétersbourg, de laborieuses recherches lui permirent de trouver la trace de gens originaires de sa région et il s’enquit du sort de son père. Ces gens lui racontèrent qu’au début du printemps, son père et ses camarades avaient pris la mer, mais que depuis lors, on n’avait toujours aucune nouvelle d’eux. Incapable d’apaiser le tourment de son âme, Lomonossov voulut se rendre sur l’île qu’il avait vue dans son rêve, et qu’il connaissait depuis son enfance, mais il n’eut pas l’autorisation de quitter Saint-Pétersbourg. Il demanda alors à des pêcheurs locaux de se rendre dans l’île, et s’ils y trouvaient le corps de son père, de lui donner une sépulture. Et effectivement, à l’endroit que leur avait décrit Lomonossov, les pêcheurs trouvèrent le corps de son père et l’enterrèrent. Ne ressort-il pas clairement de tout cela que l’âme du père apparut en rêve au fils, pour lui faire part de la noyade qui précéda sa mort et du désespoir post-mortel dans lequel il se trouvait sans sépulture pour son corps et sans prière? Le célèbre Mikhaïl Vassilievitch Lomonossov lui-même y croyait. (A suivre)

Traduit du russe

Source

Paroles de Batiouchka (35)

Né en avril 1937, Valerian Kretchetov, prêtre de village, est le prédicateur le plus âgé de l’Éparchie de Moscou. Fils d’un prêtre, frère d’un prêtre, l’Archimandrite Valerian est père de sept enfants, dont un prêtre, et grand-père de trente quatre petits enfants. Il fut ordonné diacre en novembre 1968, et prêtre en janvier 1969. En 1974, il succéda au Père Sergueï Orlov, comme recteur de l’église du Pokrov, au village d’Akoulovo, dans la région de Moscou. Il fréquenta les plus grands starets pendant des dizaines d’années et accomplit dix-huit séjours sur l’Athos. Une quinzaine de livres ont été édités, reprenant prédications, entretiens multiples et interventions devant des groupes très divers. Celles et ceux qui apprécient les «Paroles de Batiouchka» peuvent également se tourner vers le livre paru aux éditions Sofia en 2015 : «Le plus important. Toutes les façons de croire se valent-elles ?». Madame Laurence Guillon y a traduit en français une série d’entretiens et d’enseignements, toujours remarquables, du Père Valérian.

«Entretiens au Pokrov d’Akoulovo», pages 180 et 181.

Le livre dont l’extrait est tiré

… Le principal, chez l’homme, c’est l’âme. Mais l’homme a été conçu de façon telle qu’il est fait non seulement de l’âme, mais aussi du corps. Le corps n’est pas prééminent; le principal, c’est l’âme, mais elle est intimement liée au corps. Ce lien entre l’âme et le corps fut conçu de manière telle par Dieu, qu’ils demeurent en permanente interaction. C’est-à-dire, qu’il ne peut y avoir d’âme pure dans un corps malpropre. bien sûr, on ne parle pas ici de la saleté extérieure, la poussière ou la boue. Ce n’est pas de cette sorte de saleté qu’il s’agit. Ce que l’on signifie, c’est que l’homme ne peut vivre une vie intérieure pure tout en menant une vie du corps souillée. Les Saints Pères disent que quand le corps commence à dominer, alors l’âme acquiert les facultés du corps, et les passions du corps commencent à s’unir à elle. Mais l’âme est supérieure, et illimitée en sa perfection, car elle doit ressembler à Dieu, Qui est illimité. C’est d’ailleurs ainsi que le corps tend à acquérir la propriété d’avidité, d’insatiabilité.
Traduit du russe

Paroles de Batiouchka (32)

Né en avril 1937, Valerian Kretchetov, prêtre de village, est le prédicateur le plus âgé de l’Éparchie de Moscou. Fils d’un prêtre, frère d’un prêtre, l’Archimandrite Valerian est père de sept enfants, dont un prêtre, et grand-père de trente quatre petits enfants. Il fut ordonné diacre en novembre 1968, et prêtre en janvier 1969. En 1974, il succéda au Père Sergueï Orlov, comme recteur de l’église du Pokrov, au village d’Akoulovo, dans la région de Moscou. Il fréquenta les plus grands starets pendant des dizaines d’années et accomplit dix-huit séjours sur l’Athos. Une quinzaine de livres ont été édités, reprenant prédications, entretiens multiples et interventions devant des groupes très divers.

«Entretiens au Pokrov d’Akoulovo», page 165.

Le livre dont l’extrait est tiré

Tout ce qui se passe dans le monde revêt avant tout un sens spirituel. L’homme est un être spirituel, fait de l’esprit, de l’âme et du corps. Les animaux eux aussi ont une âme. Il est dit à leur sujet : «veille strictement à ne pas manger le sang, car le sang, c’est l’âme» (Deut.12,23). Mais l’âme de l’homme est créée à l’image de Dieu. De même que le corps se nourrit de choses visibles, terrestres, de ce monde, l’âme se nourrit de ce qui est spirituel. Et si elle ne reçoit pas cette nourriture spirituelle qui la renforce, elle devient malade, et même, elle meurt. C’est pourquoi le Seigneur a dit : «l’heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront» (Jean 5,25). Cela signifie que le corps peut demeurer en vie, alors que l’âme se meurt.
Tout ce qui s’accomplit avec le corps et lié à la vie de l’âme, avec son existence. Le Seigneur dit : «Et que sert à un homme de gagner le monde entier, s’il vient à perdre son âme ? Ou que donnera un homme en échange de son âme ?» (Math.16,26). Voilà la valeur précieuse de l’âme.

Traduit du russe