L'original russe du texte ci-dessous, préparé par Monsieur Konstantin Tsertsvadze, est paru le 9 juillet 2020 sur le site Pravoslavie.ru. sous le titre : «Parfois, j'allais à pied en Russie, pour communier» souvenirs peu connus au sujet de Saint Gabriel (Ourguebadze). («Бывало, я ходил в Россию пешком, чтобы причаститься» Малоизвестные воспоминания о преподобном Гаврииле (Ургебадзе). Il nous parle du Saint Starets l'Archimandrite Confesseur de la Foi et Fol-en-Christ Gabriel de Samtavro.

L'amour pour Saint Gabriel, les miracles qui se sont produits non seulement auprès de ses saintes reliques, mais aussi devant de nombreuses icônes du saint starets... nous ne mentirons pas, si nous disons que chaque jour cet amour, comme une boule de neige, augmente et gagne en force. Le pouvoir de la prière et de l'amour! Un miracle, un vrai miracle se produit aujourd'hui sous nos yeux, comment peut-on expliquer autrement le fait que le Saint Starets Gabriel soit devenu pour nos peuples orthodoxes un lien nous unissant fermement en ces jours de divisions? Nous proposons à l'attention de nos lecteurs une sélection de souvenirs peu connus et de témoignages sur Saint Gabriel, qui peuvent ouvrir à chaque personne l'essence des exploits du Starets, qui s'écoulent avec abondance de son cœur débordant d'amour.
Souvenirs de Otar Nikolachvili, fils spirituel du Saint Starets Gabriel
Plongé dans les passions terrestres, je cherchais ma bien-aimée, qui se cachait dans le monastère pour femmes à Samtavro. J'étais tellement furieux (que le Seigneur me pardonne!), que j'étais prêt à tout acte inconsidéré, même à un crime. Comment ai-je pu suivre les conseils de quelqu'un?! C'est en effet dans cet état que j'ai rencontré le Père Gabriel. Il se présenta à moi en tant que moine pécheur, affamé, offensé et abandonné par tous. Ces paroles étaient confirmées par son aspect négligé. Après avoir appris la raison de ma visite au monastère, il a dit: «Je Vois que Dieu t'aime beaucoup, qu'Il t'a amené directement à moi: je t'aiderai dans la résolution de tes problèmes, mais ne brûle pas. Je suis le moine Gabriel, je sais y faire pour arranger ce genre de choses. Fais-moi confiance et je te rendrai ta bien-aimée. Il y a suffisamment de femmes de prière au monastère. Bientôt, tout s'arrangera, et maintenant, allons dans ma cellule et prenons un modeste repas, si ça ne te dérange pas de partager du pain avec un pécheur comme moi!». En remerciant le Seigneur intérieurement, me disant: «Dieu Semble vraiment m'aimer, puisqu'il m'a amené à un moine pécheur et un peu fêlé, qui va bientôt résoudre tranquillement tous mes problèmes sans trop de bruit». Seulement, je ne pouvais pas imaginer que dans ce "bientôt" promis par Starets, je tomberais sous l'influence de ce «moine fêlé» à tel point que je allais devoir prendre la décision de rompre pacifiquement non seulement avec ma bien-aimée, mais aussi avec mes nombreux péchés!
Le temps passa et je compris que le Starets Gabriel était à l'image, extrêmement rare, du véritable confesseur. Cependant, il était nécessaire de vivre avec lui côte à côte pendant plusieurs mois pour comprendre à quel point ses actions différaient de son monde spirituel intérieur. Elles étaient éloignées les unes des autres comme le ciel et la terre, et obligeaient progressivement l'homme à changer d'avis sur le Starets. C'était le cas avec moi; avec le temps, mes idées sur évoluèrent. Au début, je le plaignais en tant que pauvre moine qui avait perdu la tête. Puis je me réjouis de trouver de la sympathie et de la compréhension en lui. Après un certain temps, je me suis étonné que ce que le Starets pécheur connaisse presque par cœur l'Ancien et le Nouveau Testament. Convaincu qu'on puisse perdre la raison suite à un excès de connaissances, j'éprouvai encore plus de compassion envers le Starets. Bientôt, je fus surpris de constater qu'il donnait des réponses aux questions qui m'intéressaient et me préoccupaient, alors que je ne les avais pas exprimées à haute voix. Il pouvait lire dans les pensées! Cela m'a beaucoup intrigué et, dans une certaine mesure, effrayé: quelle force se tenait devant moi? Après un certain temps seulement, je fus convaincu que c'était exactement la force devant laquelle tout le monde s'incline. La force qui peut apaiser non seulement l'homme pécheur, mais aussi le lion le plus féroce, le pouvoir de la prière et de l'amour.
Le Seigneur donna au Saint Starets Gabriel la plus grande des sagesses et la plus grande des forces, mais lui, il cachait magistralement son don. Pourquoi, je ne pouvais le comprendre. Le Saint Starets parvenait à cacher si parfaitement son don extraordinaire sous le voile de la folie que prouver à mes semblables sa sagesse et sa clairvoyance n'avait aucun sens: personne ne me croirait de toute façon! A plus d'une occasion, j'ai pu me convaincre que j'avais affaire à un grand prêtre possédant une mer d'amour, de sagesse et d'humilité. J'étais prêt à accomplir n'importe quelle bénédiction avec diligence. Le plus important pour moi était d'être à ses côtés. Une fois, sur un marché, il m'a dit de m'incliner et de poser ma tête sur poubelle remplie d'un tas de croûtes de pastèque et de ne pas me relever sans sa bénédiction. Je voyais les jambes des passants qui s'arrêtaient près de moi. Ces gens étaient probablement intéressés de savoir quel genre de fou se tenait agenouillé devant les ordures.
Un jour, à Tbilissi, le Père Gabriel sortit dans la rue. Assis sur une chaise au milieu de la rue, il se mit à prêcher sur l'amour et à parler aux passants. Habituellement, la circulation automobile ne s'interrompait jamais dans cette rue, mais, curieusement, pendant que le Saint Starets Gabriel était assis, aucune voiture n'est passée, et dès qu'il s'est levé, la circulation des voitures a immédiatement repris.
(...) Il a souvent répété qu'il avait été harcelé pendant des années «pour la vérité et l'amour du Seigneur» et qu'il avait même été privé de la Communion. «Parfois, je suis allé en Russie à pied pour communier», se souvenait Saint Gabriel. Il est difficile d'imaginer combien de kilomètres il devait parcourir à pieds et quel chemin compliqué il devait franchir avant d'arriver en Russie, et combien d'épreuves et de tentations il endura; Dieu seul le sait!
La grâce de la Très Sainte Mère de Dieu et Son intercession en faveur du Saint Starets permirent à celui-ci de participer au Mystère des Saints Dons. Comme le rappelle l'Archiprêtre Artchil Mindachvili, fils spirituel du Saint Starets Gabriel, avant de commencer l'office liturgique de la fête de Svetitskhovloba, le Patriarche de l'époque, Ephrem eut une vision de la Très Sainte Mère de Dieu, Qui lui dit: «Je n'accepterai pas votre offrande sacrificielle, Je l'accepterai seulement de Gabriel». Plus tard, le Saint Starets lui-même raconta ceci.
«Ce jour-là, j'étais à Svetitskhovela. A l'aube, je sentis comme une force inconnue qui m'ordonnait d'aller à l'autel. Le Patriarche Ephrem et le clergé s'y trouvaient. Ils allaient commencer à célébrer l'office de la fête. Alors, le Seigneur et la Très Sainte Mère de Dieu apparurent dans l'église et arrêtèrent le Patriarche, lui disant : «Nous n'accepterons pas d'offrande sans Gabriel!». Quand j'ouvris les yeux, je sentis que le Christ et la Très Sainte Mère de Dieu me consolaient! J'étais convaincu qu'on me permettrait de communier. Quelques instants plus tard, le Patriarche envoya des diacres auprès de moi et ils m'emmenèrent à l'autel. Il me demanda si j'étais prêt pour la Saint Communion. Je répondis que je l'étais. Le Patriarche appela alors des diacres et les bénirent pour qu'ils me revêtent des ornements liturgiques afin que je concélèbre avec lui».
Et il en fut ainsi. Ce jour-là, le Patriarche Éphrem et le Moine Gabriel célébrèrent ensemble. À la vue du Starets Gabriel, tous les paroissiens pleuraient de joie. Tout le troupeau se réjouissait.
On peut dire que le Saint Starets Gabriel, donnait des leçons pratiques d'humilité, d'obéissance, d'amour. Il a souvent dit que l'amour n'est pas seulement un talent inné; l'amour, cela peut s'apprendre, assurait-il, et nous devons le rechercher. Avec celles qui voulaient devenir moniales, le Starets Gabriel adoptait une approche particulière. Certaines, il les traitait délibérément avec sévérité, alors que d'autres, il leur faisait des éloges. Son attitude envers les gens était individuelle et variable. Il était jamais il ne laissa quelqu'un sans attention et sans réconfort.
Souvenirs de l'Higoumène Maria (Mikeladze)
En raison de mes péché, mon attitude envers lui était ambiguë: parfois j'étais indifférente, parfois je le jugeais, écoutant l'opinion de quelqu'un d'autre. Mais même si je ne lui rendais pas hommage, j'ai toujours senti son grand amour pour moi. C'est pourquoi il m'était facile de l'approcher, de demander pardon; il pardonnait toujours tout le monde, même ceux qui ne le demandaient pas. Dans les moments particulièrement difficiles, seul le Père Gabriel pouvait comprendre et consoler: plein d'amour sacrificiel, il n'était jamais indifférent. La chose la plus importante que le Starets fit pour moi a été de détruire mes conceptions livresques et mon «cadre» de la vie monastique. Et mes idées sur le monachisme étaient basées sur des théories sèches et me créaient un certain confort spirituel, ce dont j'étais très flattée. Et le Starets détruisit tout cela progressivement. Parfois, mon indignation n'avait pas de limite, et j'étais très furieuse lorsque le Père Gabriel se mêlait de mes projets. Par exemple, il pouvait, au moment où j'allais me retirer, faire irruption et demander bruyamment: «Eh, Matouchka, l'intelligentsia vient d'arriver au monastère, prépare vite de la soupe!». Un jour, pendant la prière, il m'arracha des mains le livre de prières. Sur le moment, je me suis offusquée et je l'ai même condamné pour cet acte. Plus tard seulement je devinai pourquoi il avait crié: «Pourquoi dérangez-vous le Seigneur!?». En effet, à ce moment-là, ma prière et mes actions étaient sèches et formelles. Il n'y avait pas elles la sincérité menant au salut. Le Père Gabriel se battait pour le salut de chaque âme. Mes parents étaient contre mon entrée au monastère. Mon père venait me voir presque tous les jours, essayant de me détourner de mon choix mais, avec l'aide de Dieu, bien-sûr, je défendais ma position. À cause de cela, mon père et moi avons eu une relation très tendue. Un jour, on m'appela une nouvelle fois, me disant que mon père m'attendait à l'église. J'y suis allée et que vis-je? Le père Gabriel se tenait d'une manière artistiquement expressive, et mon père était à genoux devant lui. Après, le Starets demanda à mon père de l'inviter au restaurant. Mon père accepta volontiers, et ils passèrent tous les deux à côté de moi sans m'accorder absolument aucune attention. Plus tard, j'appris que dans le restaurant, le Père Gabriel avait chanté la chanson «vin de Kakhétie» et que ce chant a conquis le cœur de mon père pour toujours. Après cette journée, ils devinrent amis et j'ai cessé de m'inquiéter. Mon père et moi n'avions plus de problèmes. Chaque minute de la vie du Père Gabriel était remplie de sacrifice de soi, de Dieu. Et il nous aide tous aujourd'hui, invisiblement parmi nous.
La présence du Starets Gabriel auprès de ceux qui ont besoin de lui s'étend bien au-delà des frontières de la Géorgie. Dans l'Orthodoxie, il n'y a pas de frontières spatiales et temporelles, et moi, le Géorgien ordinaire, je suis rempli d'une grande joie quand je vois la vénération universelle de notre Saint en Russie. «Quand vous ne m'attendrez pas, c'est alors que je viendrai à vous...», promit le Saint Starets Gabriel. Une confirmation de ces paroles est rappelée par un de nos frères spirituels, Serge de Biélorussie :
Enténébré par les péchés, j'ai abandonné le Seigneur à plusieurs reprises! Mais le Seigneur ne m'abandonna pas! Il y eut dans ma vie une période où je ne regardais que ce qui est terrestre. Perdu, fatigué de la confusion spirituelle, je suis entré par miracle dans une église, où je fus accueilli par l'icône souriante d'un Saint qui semblait se tenir devant moi et regarder dans mon âme. Ce Saint, vous l'avez deviné, était le Starets Gabriel. Ce jour, mon amitié avec lui commença. Je plaçai son icône à la maison et je le priais souvent. C'était la période où j'étais seul, presque tout le monde se détournait de moi. Ainsi, le jour de mon anniversaire, je me suis retrouvé à la maison tout seul, personne ne s'était souvenu de moi et, pour être honnête, à cause de cela, je me sentis abandonné et déprimé. Dans cet état, je me suis endormi et dans un rêve, j'ai vu le Starets Gabriel. Il s'est avancé en disant: «Eh bien, Serguei, tu pensais que j'allais t'abandonner et ne viendrais pas à toi?!». Abasourdi, je me prosternai devant le Saint Starets et lui demandai sa bénédiction. En me bénissant, il répétait «Tu pensais que je ne viendrais pas à toi? Je viendrai te voir, Serguei, bientôt. Je viendrai te voir!» Et il partit. J'ouvris les yeux, et ressentis à la fois l'amour, l'affliction, une grande joie et un réconfort... je me réjouissais de ce que le Saint Starets Gabriel m'ait rendu visite, mais ses paroles: «Je viendrai bientôt à toi» ne me quittaient pas. Le lendemain, des parents à moi, mari et femme, vinrent me féliciter pour mon anniversaire. Ils m'avaient apporté un cadeau, dans un sac noir. Involontairement, comme si une force m'y avait poussé, je leur dis «Je sais ce qui se trouve dans le sac! Je sais quel cadeau s'y trouve!». Ils sourirent et, se moquant un peu, ont demandèrent: «Eh bien, quel est donc ce cadeau?!» «Je sais, le Père Gabriel (Ourgebadze) ... Quelque chose à son sujet…».
Surpris et effrayés, ils regardèrent autour d'eux et me tendirent le sac. J'ouvris et il y avait un livre «le Diadème du Starets Gabriel».
C'est ainsi que le Père Gabriel m'a rendu visite! Ses prières, sa grâce et sa proximité m'ont sauvé et m'ont amené au chemin de la vérité. Je crois que l'amour du Père Gabriel, par la grâce de Dieu, fera aussi sortir beaucoup de gens de la mer pécheresse sur la rive du salut.
Traduit du russe
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