Saint Luc de Crimée. Homélie pour l’Ascension de notre Seigneur

«... en 38 années de sacerdoce presbytéral et épiscopal, j'ai prononcé environ 1250 homélies, dont 750 furent mises par écrit et constituent douze épais volumes dactylographiés...»
(Le Saint Archevêque Confesseur et chirurgien Luc de Crimée)
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L’homélie ci-dessous a été prononcée le 14 mai 1953. Elle a été mise en ligne le 23 mai 2012 sur le site Pravmir.

Aujourd’hui, ma faiblesse physique ne me permet pas de vous parler longuement; j’essaierai seulement de vous expliquer le kondakion, si riche de sens, de ce jour de fête. Écoutez, écoutez ce kondakion avec une beaucoup d’attention (Le chœur chante) : «Ayant accompli en notre faveur ton œuvre de salut, après avoir uni les cieux et la terre et les hommes avec Dieu, dans la gloire, o Christ notre Dieu, tu montas vers le ciel sans pour autant nous délaisser, mais restant toujours parmi nous et disant à ceux qui conservent ton amour : je suis toujours avec vous et personne à jamais ne peut rien contre vous»
Que signifie «Ayant accompli en notre faveur ton œuvre de salut»? Voici ce que cela signifie. Notre Seigneur Jésus Christ par tous les actes de sa vie terrestre, par Sa mort sur la Croix, accomplit tout ce qui avait été prédit à notre sujet par le Divin Conseil d’avant les siècles. Il a uni ce qui est sur terre avec ce qui est aux cieux, il a uni les hommes, qui sont sur terre, aux anges qui sont dans les cieux.
Il nous a unis à Ses anges. Il nous a donné la possibilité de participer à la vie céleste.
Sur terre, il y a eu beaucoup de gens qui sont devenus des anges dans la chair. Vous savez que le Saint Précurseur est nommé ange par les Saintes Écritures. Il y a eu beaucoup de gens pour lesquels la vie matérielle ne présentait aucun intérêt, qui purifièrent leur cœur, qui s’élevèrent tellement, qui se perfectionnèrent tellement, qu’ils en devinrent en esprit pareils aux anges ; ils devinrent des anges sur terre, en leur corps.
Cela fut le cas de tous les saints. Sainte Marie l’Égyptienne ne fut-elle pas un ange dans la chair, ne le furent-ils pas aussi, les innombrables pères, les grands ermites comme Saint Antoine le Grand, Saint Euthyme le Grand, Saint Sava le Sanctifié, et notre grand Saint Seraphim de Sarov, et nos grands Saints Antoine et Théodose des Grottes. Tous furent des anges en la chair, et alors qu’ils étaient encore sur terre, ils étaient évidemment unis à ceux qui sont dans les cieux. Ils s’entretenaient avec les anges. La Très Sainte Mère de Dieu leur apparaissait. Nombreux, très nombreux furent ceux que notre Seigneur Jésus Christ unit avec ceux qui sont dans les cieux, avec toutes les puissances célestes.
«Dans la gloire, ô Christ notre Dieu, tu montas vers le ciel sans pour autant nous délaisser, mais restant toujours parmi nous et disant à ceux qui conservent ton amour: je suis toujours avec vous et personne à jamais ne peut rien contre vous.»
Dans un grande gloire, notre Seigneur Jésus Christ S’éleva du Mont des Oliviers. Et comme vous l’avez entendu aujourd’hui dans les lectures de l’Apôtre et de l’Évangile, Ses disciples, séparés de perdirent pas courage. Non seulement ils ne s’affligèrent pas, mais ils rentrèrent chez eux dans la joie, dans une grande joie. Pourquoi? Comment pouvons-nous comprendre qu’ils se réjouissent et soient joyeux, alors qu’ils étaient séparaient du Christ. Cela fut possible parce que le Seigneur leur avait dit qu’Il leur enverrait un Consolateur, l’Esprit Saint, Qui leur rappellerait tout ce qu’Il leur avait dit et resterait avec eux dans les siècles des siècles.
Dans le kondakion, on dit : «…sans pour autant nous délaisser, mais restant toujours parmi nous…». Cela signifie que par Son Ascension, Il ne nous abandonne pas, mais demeure toujours et à chaque instant avec nous.
Nous devons nous souvenir des propres paroles de notre Seigneur Jésus Christ, et ne jamais les oublier : «Celui qui M’aime sera aimé par Mon Père; et Nous viendrons faire notre demeure en lui et Nous habiterons en lui». Voyez, c’est la promesse du Christ. Il dit qu’Il viendra vers chacun de ceux qui l’aiment et qui accomplissent sa parole, Il viendra avec Son Père, et Ils feront en eux leur demeure. Ils entreront dans chacun de leurs cœurs et y habiteront, comme dans un temple de l’Esprit-Saint.
«…disant à ceux qui conservent ton amour : je suis toujours avec vous et personne à jamais ne peut rien contre vous». Celui qui aime le Christ de tout son cœur, qui vit selon Sa parole et obéit à tous Ses commandements, il est toujours en communion avec Lui, il est toujours sous Sa protection, il est toujours protégé par le Christ Lui-même et par les anges de Dieu. Il n’est touché par aucun véritable mal, car le Christ est avec lui à chaque instant.
Mais pourtant, pensez-vous sans doute, les grands saints ont été persécutés; ils eurent beaucoup d’opposants. Et il y eut de nombreux, de nombreux milliers de martyrs pour les Christ!
Vous vous souvenez comment notre grand Saint Seraphim de Sarov a été battu et laissé pour mort par des bandits? Et pensez-vous que cela ait porté préjudice à Saint Seraphim lui-même, que cela ait porté préjudice à l’Église de Christ? Non, cela nous occasionna un grand bénéfice, par l’intermédiaire de Saint Seraphim. Car, la Très Sainte Mère de Dieu Elle-même lui est apparue et a guéri son crâne brisé et ses côtes cassées, et les voleurs allaient être livrés au juge, mais Saint Seraphim Séraphin, ayant appris cela, intercéda avec des larmes pour eux: «Je ne veux pas qu’ils soient jugés! S’ils sont condamnés, je quitterai le Désert de Sarov». Vous voyez, l’attitude de notre Saint doit être un exemple pour nous. Quel grand exemple de l’attitude qu’il convient d’adopter envers la cause de nos souffrances.
Comment alors les paroles du kondakion : «Je suis toujours avec vous et personne à jamais ne peut rien contre vous» s’appliquent-elles aux saints martyrs?
Oui, on s’est élevé contre eux, des empereurs se sont élevés, les dirigeants se sont élevés, et les ont soumis à des tourments cruels, très cruels. Mais les paroles du Christ se réalisèrent et, lorsqu’ils furent martyrisés, le Christ lui-même était avec eux, rendant légers les tourments subis. Souvent, souvent, ils ne brûlèrent pas dans de terribles fournaises, dont la flamme brûlait les tortionnaires eux-mêmes.
Pourquoi? Parce que le Christ était avec eux, Il n’abandonne personne. Il envoyait Ses anges, et entrait Lui-même dans les prisons près des martyrs déchirés, à moitié morts, et Il les guérissait, et le lendemain, les tortionnaires les voyaient guéris. Vous voyez, Sa parole s’est réalisée. Croyez que celui qui aime le Christ et qui accomplit Sa parole sera aimé par Son Père, et Il viendra et Il fera Sa demeure en lui.
Aimez donc le Christ, suivez-le, observez Ses commandements!
Et maintenant, écoutez le kondakion qui vient d’être expliqué et j’espère que vous le comprendrez beaucoup plus profondément que vous ne l’avez compris jusque maintenant (le chœur chante).
«Ayant accompli en notre faveur ton œuvre de salut, après avoir uni les cieux et la terre et les hommes avec Dieu, dans la gloire, o Christ notre Dieu, tu montas vers le ciel sans pour autant nous délaisser, mais restant toujours parmi nous et disant à ceux qui conservent ton amour : je suis toujours avec vous et personne à jamais ne peut rien contre vous»
Souvenez-vous, souvenez-vous de ce kondakion. Souvenez-vous toujours de ce grand jour de l’Ascension dans le ciel de notre Seigneur Jésus. De tout votre cœur aspirez à Le suivre, car il nous appartient de nous élever à Sa suite dans le ciel.
Amen.


Traduit du russe
Source

L’aide miraculeuse du Saint Tsar-Martyr Nicolas (3/3)

Le texte ci-dessous est la fin de la traduction en trois parties de l’original russe de l’Archiprêtre Alexandre Chargounov, extrait de son livre mentionné ci-dessous, et publié le 1er août 2018 sur le site Pravoslavie.ru, sous le titre «ПОКЛОНИСЬ ЕМУ, И ОН ПОМОЖЕТ ТЕБЕ!» Свидетельства чудесной помощи царя-страстотерпца Николая II.
A l’occasion du centième anniversaire de mort en martyrs des membres de la famille impériale, les éditions du Monastère Sretenski ont publié le livre «Le Tsar. Livre à propos des saints martyrs impériaux» («Царь. Книга о святых царственных страстотерпцах»). L’Archiprêtre Alexandre Chargounov prononce régulièrement sur les ondes de «Radio Radonège» des homélies concernant les saint confesseurs de la foi, membres de la famille impériale, répond aux questions des lecteurs du magazine «La Maison Russe» à leur sujet, et a rédigés plusieurs recueils des «Miracles des Martyrs de la Famille Impériale». Le livre nouvellement publié explique le rôle de la monarchie dans le destin de la Russie, de la voie des confesseurs de la foi, empruntée par le dernier tsar de Russie et les membres de son auguste famille, et présente une série de miracles produits suite à l’intercession de ces martyrs impériaux.

«Mon grand-père Théodore Pavlovitch a servi à la cour du tsar, dans quel grade, je ne sais plus, mais pour son service fidèle, il reçut du souverain un certificat attestant que ses fils pouvaient étudier, apparemment aux frais de l’état, dans n’importe quel établissement d’enseignement supérieur et même dans un établissement d’enseignement militaire. Grand-père était militaire et ne vivait pas dans l’aisance. J’ai appris cela dès ma petite enfance, par mon père Alexandre Théodorovitch, aujourd’hui décédé (Il décéda en 1989). Il souffrait beaucoup du fait que ni lui ni son frère n’avaient reçu aucune instruction systématique et il était toujours très troublé quand il fallait remplir des questionnaires, car du fait qu’il occupait un poste en vue, il devait préciser quelque chose dans la colonne «études». Un jour, il tenta d’expliquer qu’il était allé à l’école pendant deux hivers, mais on se moqua de lui et on lui ordonna d’écrire «supérieur incomplet». En fait, lui et son frère reçurent une éducation à la maison, ce qui fut suffisant pour toute leur vie, et pour la mienne. Parce que mon père fut heureux quand j’ai rapporté mon premier diplôme de l’Université d’État de Moscou. Et puis mon frère fut lui-aussi diplômé de l’Université d’État de Moscou et est devenu docteur en sciences, puis mon fils y a fait ses études. Nous avons considéré cela comme notre mérite, notre conquête: de la province à l’Université d’État de Moscou. Lire la Suite

L’aide miraculeuse du Saint Tsar-Martyr Nicolas (2/3)

Le texte ci-dessous est la deuxième partie de la traduction en trois parties de l’original russe de l’Archiprêtre Alexandre Chargounov, extrait de son livre mentionné ci-dessous, et publié le 1er août 2018 sur le site Pravoslavie.ru, sous le titre «ПОКЛОНИСЬ ЕМУ, И ОН ПОМОЖЕТ ТЕБЕ!» Свидетельства чудесной помощи царя-страстотерпца Николая II.
A l’occasion du centième anniversaire de mort en martyrs des membres de la famille impériale, les éditions du Monastère Sretenski ont publié le livre «Le Tsar. Livre à propos des saints martyrs impériaux» («Царь. Книга о святых царственных страстотерпцах»). L’Archiprêtre Alexandre Chargounov prononce régulièrement sur les ondes de «Radio Radonège» des homélies concernant les saint confesseurs de la foi, membres de la famille impériale, répond aux questions des lecteurs du magazine «La Maison Russe» à leur sujet, et a rédigés plusieurs recueils des «Miracles des Martyrs de la Famille Impériale». Le livre nouvellement publié explique le rôle de la monarchie dans le destin de la Russie, de la voie des confesseurs de la foi, empruntée par le dernier tsar de Russie et les membres de son auguste famille, et présente une série de miracles produits suite à l’intercession de ces martyrs impériaux.

Juliana Iakovlevna Telekova, paroissienne de l’église de la Très Sainte Mère de Dieu Joie de Tous les Affligés, rue Bolchaiai Ordynda, une femme âgée, simple femme peu instruite qui consacra toute sa longue vie au service du Seigneur, m’a raconté peu de temps avant sa mort comment elle a commencé à honorer le Tsar-Martyr Nikolaï Alexandrovitch. Elle ne savait pas grand-chose de lui et n’avait jamais réfléchi à sa personnalité ni à son destin. Quand elle et ses proches vécurent des difficultés matérielles désespérées et insurmontables pour toute la famille, elle vit dans un rêve le Tsar en uniforme militaire, qui lui a dit, en lui tendant un rouble d’argent sur lequel il était représenté: «Commande une pannichyde pour moi, et tout s’arrangera pour vous». Ce fut le cas: après la prière pour le souverain, arriva une aide inattendue. Depuis lors, elle l’a toujours commémoré et prié comme le deuxième Saint Nicolas. Lire la Suite

L’aide miraculeuse du Saint Tsar-Martyr Nicolas (1/3)

Le texte ci-dessous est le début de la traduction en trois parties de l’original russe de l’Archiprêtre Alexandre Chargounov, extrait de son livre mentionné ci-dessous, et publié le 1er août 2018 sur le site Pravoslavie.ru, sous le titre «ПОКЛОНИСЬ ЕМУ, И ОН ПОМОЖЕТ ТЕБЕ!» Свидетельства чудесной помощи царя-страстотерпца Николая II.
A l’occasion du centième anniversaire de mort en martyrs des membres de la famille impériale, les éditions du Monastère Sretenski ont publié le livre «Le Tsar. Livre à propos des saints martyrs impériaux» («Царь. Книга о святых царственных страстотерпцах»). L’Archiprêtre Alexandre Chargounov prononce régulièrement sur les ondes de «Radio Radonège» des homélies concernant les saint confesseurs de la foi, membres de la famille impériale, répond aux questions des lecteurs du magazine «La Maison Russe» à leur sujet, et a rédigés plusieurs recueils des «Miracles des Martyrs de la Famille Impériale». Le livre nouvellement publié explique le rôle de la monarchie dans le destin de la Russie, de la voie des confesseurs de la foi, empruntée par le dernier tsar de Russie et les membres de son auguste famille, et présente une série de miracles produits suite à l’intercession de ces martyrs impériaux.

Voici une lettre que j’ai reçue, accompagnée d’une demande de la transmettre à la commission chargée de la glorification du Tsar et des membres de sa famille.
«Vénérable Commission du Saint Synode chargée de la glorification de la famille impériale du Tsar Nicolas II !
J’ai longuement hésité à faire part des événements que nous avons vécus, moi, Mikhaïlova Evguenia Nikolaevna, chrétienne orthodoxe, et mon amie Mironova Lioubov Florentievna, au moi d’octobre 1991. Lire la Suite

Le Père hiérodiacre Héliodore au Désert d’Optino (4)

Le texte ci-dessous est la dernière partie de la traduction d’un article original rédigé en mémoire du Père Hiérodiacre Héliodore (Gaïriants)par Madame Olga Rojniova et publié sur le portail Pravoslavie.ru le 10 novembre 2020. Le texte propose cette introduction : Mes amis, notre cher Père Héliodore s’en est allé. Il est parti le 26 octobre, fête de la Très Sainte Mère de Dieu d’Iviron, alors que retentissent devant le trône de Dieu les paroles d’action de grâce à Celle Qu’il aima et vénéra tant au cours de toute sa vie monastique : Réjouis-Toi, bonne Gardienne de la Porte, Qui ouvre la porte du paradis aux fidèles !
Le neuvième jour est déjà là et tous nous avons l’impression, en arrivant à Optino, que le Père Héliodore est là, qu’il lit l’acathiste, proclame les louanges à la Très Sainte Mère de Dieu, entouré, comme d’habitude par les pèlerins, par ses enfants spirituels… Souvenons-nous de lui.

Au Désert d’Optino

Et George se retrouva à Optino en 1989. En 1990, il reçut la tonsure monastique des mains de l’archimandrite Euloge (Smirnov, futur métropolite de Vladimir et de Souzdal; 1937-2020) et le nom de Théophile, «qui aime Dieu». Sa première obédience fut d’assister l’économe. La même année, lors de l’Entrée au Temple de la Très Sainte Mère de Dieu, il fut ordonné hiérodiacre par le Patriarche Alexis II. En 1994, lors de la fête de l’Annonciation, il reçut le schème en l’honneur du Saint Hiéromartyre Héliodore de Magydos (en Pamphylie) des mains de l’Archimandrite Benedikt (Penkov; 1939-2018), supérieur du Désert d’Optino. Lire la Suite

Le Père hiérodiacre Héliodore : «Vous pouvez me chasser!» (3)

Le texte ci-dessous est la troisième partie de la traduction d’un article original rédigé en mémoire du Père Hiérodiacre Héliodore (Gaïriants)par Madame Olga Rojniova et publié sur le portail Pravoslavie.ru le 10 novembre 2020. Le texte propose cette introduction : Mes amis, notre cher Père Héliodore s’en est allé. Il est parti le 26 octobre, fête de la Très Sainte Mère de Dieu d’Iviron, alors que retentissent devant le trône de Dieu les paroles d’action de grâce à Celle Qu’il aima et vénéra tant au cours de toute sa vie monastique : Réjouis-Toi, bonne Gardienne de la Porte, Qui ouvre la porte du paradis aux fidèles !
Le neuvième jour est déjà là et tous nous avons l’impression, en arrivant à Optino, que le Père Héliodore est là, qu’il lit l’acathiste, proclame les louanges à la Très Sainte Mère de Dieu, entouré, comme d’habitude par les pèlerins, par ses enfants spirituels… Souvenons-nous de lui.

Le Père Héliodore se souvenait:«je m’attachai au starets et restai à ses côtés pendant quatre ans. Avec lui, nous rendions visite à tous les startsy. Je les soignais, leur lavais les genoux, massais leurs plaies».
«Batiouchka Cyrille me bénit pour aller à Optino»
«Quand j’ai choisi la voie monastique, je suis entré à la Laure de la Trinité-Saint-Serge. J’y ai accompli mon obédience auprès du Starets Cyrille (Pavlov) pendant quasiment quatre ans, de 1985 à 1989». Je pensais donc que j’allais rester à la Laure, mais un jour, Batiouchka Cyrille me dit:
– «Attends encore…»
L’année 1989 commença et il me bénit pour aller à au Désert d’Optino. Il m’appela et me dit :
– «Georges, demain, tu iras à Optino»
– «Quel Optino?!», m’inquiétai-je.
Batiouchka me répondit :
– «Le Désert d’Optino, c’est un monastère, dans l’Oblast de Kalouga près de la ville de Kozielsk.»
-«C’est quoi, Kozielsk?», pensai-je. «Il y a là un un bouc [Jeu de mot entre Kozielsk et ‘Koziol’, qui signifie bouc, chèvre. N.d.T.], ou c’est un endroit plein de chèvres? Je n’en ai jamais entendu parler!». «Batiouchka, que le Seigneur soit avec vous! Mais quel Kozielsk? Où dois-je aller? Je n’irai nulle part!»
Le Starets Cyrille sourit:
– «Mais si, tu vas y aller, tu vas y aller! Il y a là un monastère… Pourquoi refuses-tu?»
– «Premièrement, parce que vous n’y serez pas!
Le Starets Cyrille répondit:
– «Il y aura le Père Elian!»
(L’Archimandrite du grand schème Élie était alors le Hiéromoine Elian.)
J’eus de nouveau une pensée pécheresse: «Comme si cet Elian pouvait être comparé au Starets Cyrille?»
Batiouchka Cyrille était mon premier confesseur. Je le fit remarquer au Père Cyrille. Et il sourit de nouveau :
– «Non et non, tu y vas!»
Je suis tombé à genoux devant lui:
– «Batiouchka, si vous voulez, vous pouvez me chasser, mais je n’irai pas!»
Je le regardai. Il baissa la tête et se tut. Il était irrité. Après cette pause, il me dit :
– «Alors bon, tu ne veux pas m’écouter. Eh bien, vas auprès de Saint Serge, dans l’église de la Trinité! Demande-lui ce qu’il a à te dire…» Lire la Suite