Geronda Ephrem, Cathigoumène de Vatopedi: «Quand Geronda m’a dit que je serais moine, j’ai pensé : Quel cauchemar!»

Transcription de l’entretien accordé le 8 juin 2015 par Geronda Ephrem, Cathigoumène du Saint et Grand Monastère de Vatopedi, et mis en ligne le 08 août 2015 sur le site russe Pravmir. Geronda Ephrem y évoque divers éléments de son histoire personnelle, offre un éclairage sur la vie spirituelle sur l’Athos et sur les liens avec la Russie.
Geronda, êtes-vous né dans une famille chrétienne? Quand avez-vous rencontré Dieu pour la première fois ?
Je proviens d’une famille pauvre qui vivait dans un village d’une région rurale ; mes parents étaient fermiers. Mon père travaillait dur, mais il n’était pas un homme d’église. Ma mère était une femme de Dieu. Ma première inspiration spirituelle me fut donnée par le prêtre de notre village. J’étais attiré par la vie dans l’Église. Quand j’étais petit, je me mettais un torchon autour du cou et je célébrais la «liturgie». Je comprenais et saisissais tout, et puis je le répétais, jusqu’au renvoi. Lire la Suite

Geronda Joseph de Vatopedi, Disciple de Geronda Joseph l’Hésychaste. 2/2

Geronda Ephrem, le Cathigoumène du Saint et Grand Monastère de Vatopedi, est l’auteur de six textes publiés entre le 12 et le 22 juillet 2016 dans les pages anglaises du site Pemptousia.com. Dans ces six textes, Geronda Ephrem éclaire pour les lecteurs plusieurs facettes du diamant que fut Geronda Joseph de Vatopedi, père spirituel de la communauté et fils spirituel du saint Geronda Joseph l’Hésychaste. L’adaptation en français de ces six textes est proposée en deux parties, dont voici la seconde. La première est ici.

L’obéissance est pour le moine la plus importante des vertus
Nonobstant le fait qu’il ait été un grand hésychaste, Geronda Joseph le béni considérait l’obéissance comme la vertu principale du moine. C’est pour cela qu’il entraînait ses disciples a conquérir l’esprit et les fruits de l’authentique obéissance ; démarche que d’aucuns jugent très dure. Il disait à ses disciples, en s’exclamant : «Oh, obéissance bénie, toujours, l’obéissance. Sans aucun doute, le sceptre te revient. Geronda Arsenios et moi avons répandu beaucoup de notre sang au cours de notre vie ascétique pour parvenir à goûter les bonnes choses du ciel. Si vous vous en tenez à la seule obéissance, vous parviendrez à jouir de la même Grâce que celle qui nous fut donnée. De toute votre âme, attachez-vous à l’obéissance. Il n’existe aucun chemin plus aisé, ou supérieur» 1 . Geronda Joseph considérait que «le mystère de l’obéissance était vraiment et réellement grand». Dans une de ses lettres, il écrivit : «L’obéissance ou la désobéissance ne se limitent pas à l’ancien. A travers celui-ci, c’est Dieu qui est atteint… [un disciple] doit regarder son geronda comme il regarderait le Christ». Lire la Suite

Geronda Joseph de Vatopedi, Disciple de Geronda Joseph l’Hésychaste. 1/2

Geronda Ephrem, le Cathigoumène du Saint et Grand Monastère de Vatopedi, est l’auteur de six textes publiés entre le 12 et le 22 juillet 2016 dans les pages anglaises du site Pemptousia.com. Dans ces six textes, Geronda Ephrem éclaire pour les lecteurs plusieurs facettes du diamant que fut Geronda Joseph de Vatopedi, père spirituel de la communauté et fils spirituel du saint Geronda Joseph l’Hésychaste. L’adaptation en français de ces six textes est proposée en deux parties, dont voici la première.

Geronda Joseph de Vatopedi renonça au monde à l’été 1937, au Monastère de Stavrovouni, à Chypre, alors qu’il était âgé de seize ans. Il prit sa décision suite à l’événement suivant. Après avoir regardé un film, une comédie, il ressentit un immense vide intérieur dans sa vie, comme une nécrose de l’éphémère. Ce soir-là, il se tenait en haut d’une colline surplombant Paphos. Soudain, dans une lumière joyeuse et douce, venue d’un autre monde, la forme réconfortante du Seigneur lui apparut, saturée d’amour et de paix. Le Christ Se manifestait à lui. Il lui dit : «Est-ce pour cela que j’ai créé l’homme? L’homme est immortel». A la suite de cette vision, il décida d’abandonner le monde et de devenir moine. Lors de sa tonsure, il reçut le nom de Sophronios, et vécut ensuite au monastère pendant une dizaine d’années. Il quitta le monastère, extérieurement à cause de la question du calendrier qui avait divisé la communauté en deux camps, mais en réalité, c’était la Providence divine qui le guidait, et, avec la bénédiction du père spirituel du monastère, Papa Kyprianos, il s’en alla à la Sainte Montagne, à la recherche d’une forme supérieure de vie spirituelle. Lire la Suite