Batiouchka Dyonisy. Vivre sous la bénédiction du Starets Elie (2/2)

Le texte russe original de la traduction ci-dessous fut publié le 17 novembre 2017 sur la page VK de l’écrivain russe Olga Rojniova, auteur régulier du site Pravoslavie.ru, et intitulé:«Le miracle principal». Madame Rojniova s’entretient avec le Prêtre Dionysy Kouvaev, recteur de l’église de la Théophanie, à Kozelsk. Cet entretien décrit comment le Seigneur, à travers des événements extraordinaires et providentiels, a appelé toute la famille Kouvaev au service de l’Église, soit dans le sacerdoce, soit dans le monachisme. Il précise également les connaissances que le Starets Elie (Nozdrine) considère les plus importantes dans la vie, il montre en quoi consiste la force du starets, pourquoi la clairvoyance n’est pas un tour de magie permettant de voir, mais aussi, comment par l’intervention de la Providence divine une immense église fut érigée dans un village niché à côté du Monastère d’Optino Poustine, et enfin, pourquoi le starets donna à matouchka sa bénédiction afin qu’elle subisse une opération qui n’était pas planifiée.

– Père Dionysy, la vie de quasiment tous les membres de votre famille est liée au service de l’Église Orthodoxe, dans le monachisme ou dans le sacerdoce pastoral…

Monastère de Chamordino

– Effectivement, ma grand-mère a reçu la tonsure monastique à Chamordino, en l’an 2000. Par la bénédiction de notre starets, Maman Maria, la fille de celle-ci, est moniale et son fils est le Père Dimitri, prêtre au village de Podborki, et deux fois par semaine, à Chamordino, où notre grand-mère a mené son exploit ascétique pendant quinze ans avant de retourner vers le Seigneur. Mon jeune frère est hypodiacre auprès de l’Évêque d’Ostrogojski et Rossochanski. Et on peut encore ajouté que le Starets Élie appelle mon frère ‘moine’ depuis qu’il a sept ans. Quant à moi, le starets m’a parlé de ma voie à l’époque de mon entrée au séminaire. Déjà alors, il savait quel chemin m’attendait, moine ou famille.

– Et vous voici maintenant à la tête d’une famille nombreuse…
– C’est vrai, pendant que nous parlons, ma matouchka est à la maternité. Nous attendons notre cinquième enfant.

Père Dionysy, vous êtes un fils spirituel du starets Élie. Pouvez-vous nous parler un peu de lui ?

Photo : Optina.ru

– Vous savez, je pense que l’essentiel, ce n’est pas qu’il soit clairvoyant, ni que des guérisons s’opèrent par sa prière, ni d’autres miracles. L’essentiel, le miracle principal, c’est que dans notre vie existent des personnes qui aiment tellement Dieu, qui vouent une telle confiance en Dieu, qu’à travers eux, le Seigneur Se découvre aux autres et agit et guérit et montre le chemin. Car il n’est pas donné à chacun, à cause des péchés que nous portons, de pouvoir comprendre la Providence Divine et surtout, de Lui accorder une attention permanente… Batiouchka ne dit rien de particulier aux gens. Si vous aimez l’art oratoire, vous êtes à la mauvaise adresse. La force de notre starets n’est pas dans ses paroles. Sa force est dans sa prière. Au premier abord, il ne dit rien de particulier, il ne parle guère. Il dit par exemple : «Ce n’est rien, ce n’est rien, prie seulement…». C’est en effet le Seigneur qui fait tout. Le Seigneur peut tout. Il est le Tout-puissant.

En quoi le starets se distingue d’un simple vieillard ?
Quand on me demande de parler du starets, j’essaie d’expliquer en quoi il se distingue d’un simple vieillard. Parfois on dit : «Les vieux sont des petits». Effectivement, si l’homme vit une vie dépourvue de spiritualité, s’il ne lutte pas contre ses passions, dans son vieil âge, celles-ci deviennent plus voyantes, et le vieillard se fait capricieux ; il a besoin d’amour.
Mais le starets jouit d’un amour débordant. Il en est saturé au point qu’il lui est nécessaire de le manifester à autrui, à chaque homme ou femme qui en éprouve le besoin. Dieu est amour. Et ceux qui sont en permanence avec Dieu, qui entretiennent une relation continuelle avec Lui, ils sont pareils à Dieu pour ce qui est de l’Amour. Et une des caractéristiques de l’amour, c’est qu’il se répand. Nous, les gens ordinaires, ne pouvons nous empêcher de manifester notre amour à ceux que nous aimons. Mais le cercle de ceux que nous aimons est d’habitude plutôt très étroit. Il se limite aux parents et aux amis. Et notre amour, tout naturellement, est réciproque : nous aimons ceux qui nous aiment, amour contre amour. Mais Dieu nous aime indépendamment de notre relation à Lui. Et de plus, indépendamment aussi de l’intensité du caractère réciproque de cet amour. C’est pourquoi les hommes et femmes qui vivent en Dieu, avec Dieu, éprouvent de l’amour envers tous les gens, sans relation aucune avec les liens de parenté ou d’amitié qui les uniraient à eux. Voilà pourquoi il est donné aux starets et aux personnes spirituelles de nous voir et de nous comprendre et de nous connaître mieux que des amis. Et c’est l’Amour qui leur révèle cela, c’est-à-dire Dieu. Voilà en quoi consiste le principe de la clairvoyance des startsy.

– Quelles sont les instructions de votre père spirituel que vous pouvez partager avec nos lecteurs?
– Batiouchka répète souvent : «La connaissance de Dieu, c’est la connaissance la plus importante dans la vie d’un homme». On peut connaître parfaitement la physique, les mathématiques, la chimie, l’économie, le droit, mais quand nous passerons Là-haut, toutes ces connaissances n’auront plus aucun sens. Bien sûr, elles sont utiles dans la vie sur terre, mais si on veut parler du savoir le plus important, c’est celui de Dieu et de la vie spirituelle. Le Starets dit : «Bien, tu as terminé le Séminaire de Théologie et l’Académie de Théologie, mais que peux-tu faire pour en savoir plus encore à propos de Dieu et de la vie spirituelle, car il s’agit de la connaissance la plus importante?».

– Pourriez-vous nous conter une histoire édifiante au sujet du Starets Élie?

L’église de la Théophanie à Mekhzavod

– Tout au début de mon sacerdoce de prêtre, pendant la Semaine Lumineuse, j’avais célébré cinq fois de suite, et voilà que le jour où aucun office n’était programmé, et où j’allais pouvoir me détendre un peu et me reposer, je reçois un appel téléphonique : le Père Élie viendra chez nous, à Mekhzavod. En pleine nuit, je me suis hâté vers l’église pour y allumer le poêle, nettoyer et tout préparer pour un office solennel. Je m’efforce toujours de maintenir tout en ordre, mais vous savez, lorsque vous attendez des invités que vous appréciez, les préparatifs sont particuliers. Le lendemain matin, nous avions commencé à célébrer. Mais je n’avais pas lu la règle de prières avant la communion. Après qu’il eût terminé son homélie, Batiouchka rentra dans le sanctuaire, me regarda et dit ensuite : «Quoiqu’il arrive, la préparation la plus importante pour l’office, c’est la prière. Jamais, il ne faut négliger la règle!» La clairvoyance, ce n’est pas une sorte de magie qui permet de voir. C’est quelque chose qui aide à atteindre le salut. Et ces paroles clairvoyantes qu’il m’adressa produisirent en moi la plus forte des impressions, tellement puissante que, par la suite, jamais je n’ai osé célébrer sans avoir respecté la règle préparatoire de prières. Les préparatifs matériels inachevés ne sont qu’un demi-mal ; l’important, c’est la prière.
Parfois, j’ai entendu des gens dire au Starets Élie : «Batiouchka, parlez-moi de moi-même!». Mais jamais le starets ne dira quelque chose à quelqu’un seulement pour lui montrer qu’il le sait. Ce que dit Batiouchka est toujours utile pour l’âme et doit servir d’instruction.

– Père Dionysy, comment se fait-il que vous célébriez dans l’église de la Théophanie, si près du Monastère d’Optino ?
– Quand j’eus terminé le cycle d’études du Séminaire de Théologie, alors que j’étais déjà ordonné diacre, l’inspecteur du Séminaire, l’Archimandrite Nikita, me téléphona et me dit : «Je viens juste de parler avec le Métropolite de Kalouga et Borovski, Vladika Kliment. Nous trouvons que tu es prêt à devenir prêtre, et servir à Mekhzavod». «D’accord, mais je dois d’abord demander la bénédiction du mon père spirituel!». Pour moi, c’était extraordinaire ; je ne connaissais même pas l’existence de cette église de la Théophanie du Seigneur, avec au sous-sol, l’église des Quarante Martyrs de Sébaste. Je passais toujours à Mekhzavod pour rejoindre Optino, mais je n’étais jamais entré dans le village. Ce soir-là, j’ai commencé à me renseigner, à apprendre que l’église était encore en construction. Je suis allé auprès du Starets Élie, et lui ai expliqué qu’on me proposait l’ordination. Batiouchka répondit : «Bien, bien!». Et il se fait que cette église où j’allais servir, était érigée avec sa bénédiction. Quand j’ai vu mon église pour la première fois, elle était construite jusqu’au second toit, à une dizaine de mètres de hauteur. C’était fin 2007. Aujourd’hui, le clocher de l’église monte à 37 mètres. Il est visible pratiquement de tous les coins de Kozelsk. J’y célèbre depuis dix ans.
– C’est une très grande église…
– Oui, notre église est immense. Quand j’ai commencé à célébrer, des gens trouvaient cela incroyable et me disaient : «La population de Mekhzavod est si petite… et voilà que le Starets fait construire une église tellement grande. De quoi vas-tu t’occuper, du chauffage, des réparations?». Je fus téméraire au point de répercuter la question à Batiouchka. Il regarda l’église. Son visage resplendissait, ses yeux étincelaient de joie, et il souriait : «Ahhh! Quel endroit! Je n’arrive pas à y croire! Le Seigneur arrangera tout!». Et il en fut ainsi. Ce lieu nous est donné par la Divine Providence. D’emblée, il m’a plu et est devenu si cher à mon cœur…

«Cette fois, je recommande qu’ils te fassent une césarienne»
Pendant qu’on se préparait à imprimer le présent article, le 31 octobre, naquit le cinquième enfant du Père Dionysy, un fils. Et à ce propos, il m’a conté l’histoire suivante.
Quelques jours avant la naissance de notre fils, le Starets Élie est venu célébrer dans notre église. Après la célébration, ma matouchka est allée vers lui afin de recevoir sa bénédiction pour la naissance. Le Père Élie lui saisit les coudes, les écarta et lui dit : «Bien sûr, je ne suis pas médecin, je ne connais pas ces choses du point de vue médical, mais je recommande que cette fois, ils te fassent une césarienne. Tu ne souffriras pas. C’est déjà ton cinquième enfant. Ils useront d’un anesthésiant et tout se passera bien». Voilà comment il calma et réconforta matouchka, mais elle ne comprenait pas pourquoi une césarienne… Jusqu’alors, elle avait mis nos enfants au monde assez facilement, et chaque fois de plus en plus rapidement. Il avait fallu trois heures au premier depuis le début des contractions, au second, environ deux heures et au dernier, le quatrième, moins de deux heures. Il est vrai que le quatrième accouchement fut suivi par quelques complications. Sa jambe droite s’était raidie et elle ne pouvait la mouvoir. Mais ils avaient branché une perfusion et elle s’était sentie mieux. Les médecins du centre néonatal de l’oblast n’avaient pas laissé entendre qu’une césarienne serait recommandée. Le 30 octobre, elle ressentit les premières contractions, mais elles se prolongèrent pendant un temps particulièrement long : treize heures. Matouchka sentit que le processus de la naissance ne se présentait pas très bien. Elle raconta aux médecins que son mari était prêtre et avait pour père spirituel un starets clairvoyant, et que celui-ci avait annoncé la nécessité d’une naissance par césarienne. Ils écoutèrent très aimablement mais répondirent qu’aucun signe n’indiquait qu’une pareille intervention était nécessaire.

Batiouchka Dyonisy en famille

Au milieu de la nuit, matouchka sentit que l’activité natale ralentissait et elle craignit pour la vie du bébé. Elle réclama, en pensée, l’aide des prières du Starets Élie. Quand les médecins vinrent vérifier la situation, ils remarquèrent que le cœur du bébé battait à deux cents pulsations par minutes. Cela indiquait le début d’une complication dangereuse, le décollement du placenta pendant la naissance et l’hypoxie du bébé. Les médecins pratiquèrent une césarienne d’urgence et le bébé vit le jour sain et sauf, grâce à Dieu. Si les médecins étaient arrivés dans la chambre quelques minutes plus tard, le dénouement eut été tragique.

– Merci Père Dionysy et bonne santé à vous et à toute votre famille.

Traduit du russe

Source

Batiouchka Dyonisy. Vivre sous la bénédiction du Starets Élie (1/2)

Madame Rojniova

Le texte russe original de la traduction ci-dessous fut publié le 17 novembre 2017 sur la page VK de l’écrivain russe Olga Rojniova, auteur régulier du site Pravoslavie.ru, et intitulé:«Le miracle principal». Madame Rojniova s’entretient avec le Prêtre Dionysy Kouvaev, recteur de l’église de la Théophanie, à Kozelsk. Cet entretien décrit comment le Seigneur, à travers des événements extraordinaires et providentiels, a appelé toute la famille Kouvaev au service de l’Église, soit dans le sacerdoce, soit dans le monachisme. Il précise également les connaissances que le Starets Elie (Nozdrine) considère les plus importantes dans la vie, il montre en quoi consiste la force du starets, pourquoi la clairvoyance n’est pas un tour de magie permettant de voir, mais aussi, comment par l’intervention de la Providence divine une immense église fut érigée dans un village niché à côté du Monastère d’Optino Poustin’, et enfin, pourquoi le starets donna à matouchka sa bénédiction afin qu’elle subisse une opération qui n’était pas planifiée.

Père Dionysy, la Providence divine agit dans la vie de chacun, parfois de façon cachée, mais parfois, certains signes se manifestent ouvertement, ou des rencontres significatives, ou à travers des paroles lourdes de sens. Dans votre vie, de tels signes se manifestèrent-ils?

Batiouchka Dyonisy en famille

Oui, incontestablement. Je pense que chaque homme, chaque femme, peut voir et remarquer la Providence divine, pour autant que ces derniers le souhaitent. Le Seigneur nous entoure en permanence de Sa Providence, Il nous guide dans notre vie. Et si on ne s’en rend pas compte, c’est parque qu’on ne veut pas le savoir… Comment ma famille et moi-même avons-nous pris conscience de la Providence divine? Il fut un temps où nous nous tenions loin de la foi… Mais même si l’homme ne connaît pas Dieu, il arrive un moment où le Seigneur Se découvre à lui, Il l’appelle. Ce ne fut pas moi qui choisis, mais moi qui fut choisi (Je.15,16). Car il est possible que nous ne Le connaissions pas, mais il n’est pas un instant où Il ne nous connaisse.
Comment le Seigneur appela-t-il ma famille? Voici l’histoire. Le frère de ma mère, mon oncle, étudiait à ‘Université d’État de Tver. En 1990, il se rendit au Monastère d’Optino. Était-ce un pèlerinage ou simplement du tourisme, aujourd’hui, je ne m’en souviens plus. A cette époque, le monastère venait tout juste d’être rendu à l’Église; il tombait en ruines mais ceux qui participèrent alors à sa restauration se remémorent aujourd’hui ces années comme extraordinaires, imprégnées d’un élan spirituel. Le Seigneur et les Saints Starets d’Optino bénirent abondamment et comblèrent de consolations leur premier appel après les nombreuses décennies de dévastations infligées au monastère. Et mon oncle Viatcheslav (qui devint le moine Gabriel) ressentit de tout son cœur cet appel de la grâce. Il fit connaissance avec le Père Iliodore, devenu entre-temps hiérodiacre, lui ouvrit son âme et lui dévoila combien Optino avait ému son cœur. A la suite d’une pareille puissante expérience spirituelle, le jeune homme ne voulut plus retourner dans le monde. En un seul jour, toutes ses valeurs furent réorientées, tellement puissant avait été l’appel du Seigneur. Vous vous souvenez comment Il appela Ses apôtres? Ceux-ci pêchaient tranquillement, le Seigneur appela et ils lâchèrent tout, barque, filets, maison, possessions, et ils Le suivirent. Et ils le firent, remplaçant leur vie paisible par une migration incessante et dangereuse, au péril des rivières, des brigands, de leurs propres compatriotes, des païens, des déserts, de la mer, de leurs faux-frères, par une vie faite de labeurs, d’épuisement, de pauvreté, souvent, de faim et de soif, de jeûne, de froid glacial et de dénuement (2Cor.11,26-27).
En réponse à l’interpellation du jeune homme, le Père Iliodore répondit : «Rentre à la maison, prends tes affaires et reviens au monastère». Ce que fit mon oncle. Il reçut la tonsure et le nom de Gabriel, et pendant quelques années, il fut le compagnon et serviteur de cellule du Starets Higoumène du grand schème, aujourd’hui Archimandrite du grand schème, Élie (Nozdrine).
En 1991, mon oncle vint à la maison, pour nous baptiser. J’avais sept ans et mon frère quatre ans. Maman n’était pas non plus baptisée. Babouchka, notre grand-mère, croyait en Dieu et se tournait vers Lui dans les moments difficiles, mais n’avait jamais parlé de Dieu aux enfants. Éducation soviétique. Nous n’étions pas athées, mais simplement vides de spiritualité. Grâce à mon oncle, nous fûmes tous baptisés.

Et vous vous êtes tournés vers Dieu?
Pas immédiatement. Ce fut une affaire assez extraordinaire, une affaire de la Providence. Jusqu’en 1993, nous ne fréquentâmes pas l’église. Mais à Optino, mon oncle priait pour nous, et voici ce qu’il advint. En 1993, j’atteignis l’âge de neuf ans, et mon frère, six. Nous passions ensemble l’été au village, chez des parents, et notre mère demeurait à la ville. Elle travaillait dans une usine et depuis quelques mois, aucun travailleur n’avait perçu son salaire. Papa travaillait dans une entreprise, qui elle aussi retenait le salaire de ses travailleurs. Arriva le moment où à la maison, ils n’avaient plus aucune victuaille, plus rien, juste du sel. Un des voisins dans l’immeuble possédait un petit jardin, et quand ils procéda à la récolte suivante, il apporta un bassin entier de cornichons. Mes parents s’en réjouirent évidemment, et décidèrent de les conserver dans la saumure, mais pour cela il faillait y ajouter au moins l’un ou l’autre ingrédient, fut-ce de l’ail. Maman attendit donc quelques jours, en se disant qu’elle parviendrait peut-être à dénicher deux têtes d’ail quelque part. Pendant le week-end, elle décida de procéder à un grand nettoyage, pendant que les enfants étaient au village.. En rangeant les livres dans la bibliothèque, elle aperçut, glissée dans l’un des ouvrages, une reproduction d’une icône de Sainte Xénia de Pétersbourg. Par la suite, elle essaya de comprendre comment cette icône avait pu se retrouver dans un des livres des enfants, mais elle n’y parvint jamais. Et, de façon inhabituelle pour elle, maman commença à prier Sainte Xénia et lui conta toutes les difficultés inhérentes à sa situation: pas d’argent, pas de nourriture, même pas d’ail pour la saumure des cornichons, rien. La nuit suivante, la sonnerie de la porte retentit. Maman alla ouvrir. Sur le seuil se tenait son frère, le Père Gabriel. Il était venu d’Optino, en Volga, et toute la voiture était chargée de nourriture. Un sac de sucre semoule, un sac de blé concassé, etc. Il était impossible de s’attendre à une telle abondance. Le Père Gabriel raconta que lui-même n’avait pas compris pourquoi le starets, le Père Élie, lui avait donné cette bénédiction: «Va chez ta sœur et apporte-lui des victuailles». Mais mon oncle vivait alors depuis plusieurs années déjà au monastère et ne savait pas que dans le monde, le paiement des salaires était interrompu. Il demanda à Maman :
Marguerite, donne quelque nourriture au chauffeur.
Maman répondit :
Aujourd’hui, je n’avais rien que je puisse préparer.
Nous n’avons plus de thé.
Et le Père Gabriel pleura. Il venait seulement de comprendre pourquoi le starets l’avait envoyé chez sa sœur. Le Père Élie l’avait bénit pour qu’il apporte ces victuailles, et la dernière chose qu’il donna, ce fut de l’ail. Le starets avait dit : «Et apporte-lui de l’ail».
Pour maman, c’était la toute première prière de sa vie. Et elle reçut une réponse. Cette expérience spirituelle la bouleversa. Elle les voyait débarquer, les marchandises de la voiture, et pour terminer, le Père Gabriel tendit l’ail à Maman. C’était un véritable miracle : non seulement elle recevait de la nourriture, mais aussi exactement ce qu’elle avait demandé. C’était la première fois qu’elle exprimait des paroles formant une prière. Et un miracle se produisit. Par la suite, mon oncle raconta qu’il ne s’était préparé à aucun déplacement, rien ne permettait de prévoir un voyage, personne n’avait évoqué quoi que ce soit. Mais tout soudainement, après la liturgie, le starets lui avait dit :
Il faut que tu ailles chez ta sœur, chez Marguerite (Mon oncle avait deux sœurs autres que ma mère).
– Quand?
– Vas-y maintenant.
Toute la nuit, maman s’entretint avec son frère. Ils se remémoraient le passé, ils pleuraient. Le Père Gabriel lui proposa d’aller à Optino, lui expliqua où c’était. Et le lendemain matin, ils prirent tous la route du monastère avec le chauffeur.

Le Père Élie

Le Starets Elie, Le P. Iliodore et Batiouchka Dyonisy

C’était la première fois que votre famille allait au Monastère d’Optino? Oui, toute la famille se retrouva à Optino. Mon père se fit baptiser là. Et quand nous rentrâmes à la maison, nous commençâmes à fréquenter l’église. Consciemment, nous menions une vie chrétienne, nous confessant et recevant les Saints Dons. Le Père Élie devint le père spirituel de toute ma famille. Mon frère et moi ne passions plus l’été au village, mais à Optino. On nous donnait du travail adapté aux enfants, on aidait à la préparation des prosphores, on remplissait les bouteilles d’huile. On vivait dans une tourelle. Le Père Gabriel et le Père Iliodore assurèrent notre éducation. De toute la journée, nous ne nous écartions pas, littéralement, d’une semelle, du Père Iliodore. C’est lui qui nous donna notre première règle de prière, nous apprit quels jours il fallait fréquenter l’office dès cinq heures le matin et quels jours on pouvait y aller à sept heures, quand on pouvait aller se baigner dans la source sainte.
On fréquentait aussi le Starets Élie ; il priait pour nous. La chose la plus importante dont je me souvienne, c’est que le Starets disait parfois : «Quand vous habiterez à Kozelsk...». Je ne comprenais pas comment on allait pouvoir vivre à Kozelsk, puisqu’on habitait à Kimry. Mais en 1999, quand j’eus atteint l’âge de quinze ans, nous avons réellement déménagé à Kozelsk, afin de nous rapprocher d’Optino. Et par la suite, notre vie fut toute entière placée sous la guidance et la bénédiction du Père Élie. (A suivre)

Traduit du russe

Source

Starets Élie. La Renaissance d’Optina est due aux prières.

Photo : Ruskline.ru

Le 22 janvier 2018, l’Archimandrite Venedikt (Penkov), Supérieur d’«Optina Poustine»1 depuis 1990, s’en est allé vers le Seigneur. Mémoire éternelle et «Царствие небесное!» (On notera que le Starets Kyrill (Pavlov)2 et le Starets Naum (Baïborodine), tous deux Pères spirituels et confesseurs à la Laure de la Trinité Saint Serge sont décédés respectivement le 20 février 2017 et le 13 octobre 2017, et que le Starets Alexandre, Higoumène du Monastère de la Dormition de Tikhvine, s’en est allé vers la paix éternelle à l’âge de 90 ans, le 26 avril 2017. Et le Starets Adrian (Kirsanov de la Laure des Grottes de Pskov est décédé le 30 avril 2018 à 97 ans. Le peuple orthodoxe de Russie a perdu en moins d’un ans cinq très grands startsy auprès desquels il ne cessait d’affluer, à la recherche de la consolation et de la guérison).  Dans le texte ci-dessous, le Starets Élie (Nozdrine) (aujourd’hui dans sa 87e année), qui fut rappelé de la Sainte Montagne dans les années ’80 pour devenir père spirituel et confesseur de la Communauté du Désert d’Optina, évoque les débuts de la renaissance de ce monastère d’exception. Ce texte fut publié à l’origine dans le Magazine Pokrov, et repris sur le site Pravoslavie.ru le 29 février 2016.

L’Histoire du «Désert d’Optina» est connue de tous; il connut son âge d’or au XIXe siècle, lorsqu’il fut l’arène où les grands starets d’Optina réalisaient leurs exploits ascétiques: Nectaire, Macaire, Ambroise. Ce dernier, tout particulièrement, éleva Optina à un niveau de vie spirituelle et à une puissance d’attraction des âmes des fidèles pareils à ceux des monastères de Saint Serge de Radonège et de Saint Seraphim de Sarov.
Le peuple russe vénère et aime particulièrement le monachisme; il est attiré par ces oasis spirituelles où il puise une expérience marquée par la grâce. D’autant plus aujourd’hui, alors que la vie est saturée de tant d’anxiétés, de tentations et de peines. Où aller, après la Laure de la Trinité Saint Serge? Au XIXe siècle, Optina accueillit de nombreux visiteurs. Les starets de ce siècle n’étaient pas, comme les héros de l’ascèse de jadis, séparés du monde par les murs de la clôture monacale. Et dans l’agitation maussade d’un mode de vie délétère, surtout dans les villes, les âmes aspiraient à un pareil terreau spirituel, afin de confesser leurs péchés et de se remplir de joie et de paix.
Non seulement s’y pressaient des gens du peuple, mais des personnalités du monde d’une haute éducation et formation artistiques, comme Dostoïevski, Gogol et Tolstoï, ne voyaient pas d’objection à venir participer à ce festin spirituel. La sœur de Léon Tolstoï, Maria, menait son combat ascétique à Chamordino, où le Starets Ambroise venait de fonder une communauté monastique de femmes. Quand Tolstoï allait saluer sa sœur, il passait par Optina, mais il n’écouta pas la voix de la confession orthodoxe, il ne se rangea pas aux conseils du Starets Ambroise, qui s’entretenait avec lui et voulait sauver son âme. Le mental arrogant du Comte ne cherchait que le rationnel. Ce fut la maladie de tout le XXe siècle. Plus tard, quand on eût saccagé Optina, dans l’église de Saint Jean le Précurseur, on installa un musée Léon Tolstoï, dont le buste trônait au centre, à la place de l’analoï. L’apostasie, la destruction des communautés et des églises et la profanation des objets sacrés se retourna contre la Russie sous la forme de l’attaque d’Hitler, que le Seigneur choisit d’utiliser comme instrument. Et combien souffrirent et moururent en martyrs dans le berceau de la révolution? Huit cent milles, dont mon père, rien que dans le golodomor.
Tant que les monastères existaient, les starets d’Optina réalisaient leurs exploits ascétiques dans la skite et le désert; ils priaient et protégeaient ceux-ci de tout mal. Mais quand cesse la prière et la vie en Christ, l’existence commence à se figer. Et ainsi, elle se figea, se rétracta. Le communisme sema l’infection athée. Il ne restait plus guère de croyants. Et la vie en Russie s’atrophia. Jadis, on avait des milliers de monastères, les gens priaient, vivaient pieusement. Chaque bonne action, et d’autant plus la prière, a une signification non seulement individuelle, pour toi, mais sociale, et cosmique. Pas seulement la prière du moine ou du starets, celle de tout homme. N’importe quelle grand-mère ignorée de tous peut être si proche de Dieu et sa prière si vivante et puissante que Dieu s’attendrit et vivifie le monde. Optina fut dévasté à l’époque soviétique. Tous ceux entre les mains desquels tombait un livre des starets implorait le Seigneur, avec force soupirs, de faire renaître la communauté. En 1987, le monastère fut rendu à l’Église Orthodoxe de Russie. C’était un tableau effroyable qui occasionna beaucoup de peine à tous ceux qui aiment le Seigneur, et qui vénèrent Ses sanctuaires en leur cœur. Églises détruites, tombes des starets profanées… Le Seigneur Lui-même convia à faire renaître le monastère. Le processus démarra subitement, avec l’arrivée de l’Archimandrite Euloge (Smirnov. En 1988, il fut désigné en qualité de supérieur du Désert d’Optina. Il est maintenant Évêque de Sousdal. N.d.l.Réd.). Plein de ferveur, il releva la vie spirituelle et restaura les bâtiments. Vladika s’employa avec zèle à faire renaître la vie spirituelle du monastère. Les offices étaient très longs. Lui-même ne manquait jamais aucun office, depuis celui du milieu de la nuit jusqu’à celui des complies, sous aucun prétexte. Et il célébrait lui-même la liturgie. Les premiers offices furent célébrés dans l’église de l’icône de la Mère de Dieu de Vladimir, située dans le bâtiment d’entrée. Bien que celui-ci eût été démoli jusqu’aux fondations, on commença à le reconstruire rempli d’un fort espoir, signe de ce que la Très Sainte Mère de Dieu participait à la restauration du monastère. Le 3 juin 1988, jour de la fête de l’icône de la Mère de Dieu de Vladimir, on y célébra la première liturgie. On ne parvint pas à faire entrer tous les participants dans l’église; il y faisait étroit, même pour les frères et novices encore peu nombreux. Beaucoup durent rester dans la cour.

Optina Église de l’Entrée de la Mère de Dieu au Temple

Après commença la restauration de l’église de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu, l’église principale du monastère. Ses murs tenaient encore, mais complètement défigurés, et le sol était jonchés de pièces et morceaux de machines agricoles. De l’église de Kazan, il ne demeurait également que les murs. Elle était dans un était effrayant. Un orifice béait dans le mur Est, celui du sanctuaire. C’est par là que les voitures entraient, quand une manière de toit existait encore. On y avait jeté toutes sortes de fûts dégoûtants et d’autres objets. Avant le transfert de propriété du monastère à l’Église, c’est l’école d’agriculture de Kozelsk qui en disposait. A l’époque du transfert, on voyait encore des élèves dans tous les coins. Des civils vivaient là. Autour du monastère, on avait construit un amoncellement de bâtiments agricoles, des entrepôts et des poulaillers. Ce ne fut pas une mince affaire que de nettoyer tout ça. C’est à grand peine qu’on convainquit les habitants à déménager au-delà des saintes portes du monastère. Une route passait dans le monastère, et le trafic l’empruntait. Un jour, Vladika Euloge ferma le passage à cette succession incessante de véhicules, pour que la communauté dispose de son propre espace fermé. Mais pendant la nuit, les habitants vinrent scier le cadenas. On leur construisit une résidence; certains acceptèrent d’y emménager, d’autres achetèrent un logement, mais certains demeurèrent dans la skite exigeant de pouvoir y occuper un appartement.
De nombreux croyants, pauvres, apportèrent leurs oboles, qui permirent de joindre les deux bouts. Il fallait reconstruire tout le monastère. On trouva des maçons, des artisans; on les paya pour leur travail. Le Seigneur envoya des bienfaiteurs. Toujours, le monastère disposa de ce dont il avait besoin. Pour faire renaître la skite, il fallut racheter la chaumière qu’avait habitée Saint Ambroise d’Optina, et payer la somme réclamée par son nouveau propriétaire, ce qui fut fait. Au bout de deux jours, il a ramené l’argent. Il avait en songe entendu une voix lui dire: «Recompte l’argent». Il compta à nouveau et constata que c’était beaucoup plus que ce qu’il avait réclamé. Le Seigneur est bienveillant; en toutes choses, Il s’empresse d’aider les frères, qui ont pu trouver les gens qui les aideraient, financièrement, et aussi concrètement.
Et la renaissance a eu lieu; ce fut un miracle. Aujourd’hui, des milliers de pèlerins viennent à Optina, y trouvent la consolation et la joie, dans la prière, en se tenant devant Dieu pendant les offices, en vénérant les saintes reliques. Le monastère n’est, peut-être, pas encore idéalement aménager, aujourd’hui. De nombreux travaux sont toujours en cours, et les pères sont en permanence au bord de l’exténuation. Mais les gens affluent. Le Seigneur a dit: «Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux» (Mat.18,20). C’est d’autant plus le cas lorsqu’à Optino, des milliers de pèlerins se rassemblent pour les fêtes ou pour Pâques.
En 1993, à Pâques, trois frères d’Optina moururent en martyrs, le hiéromoine Vassili et les moines Théraponte et Trophime. Voici ce que j’en sais et ce que j’ai vu.
Il est sûr que ce fut un meurtre commandé, et préparé spécifiquement dans le but d’empêcher la renaissance du Désert d’Optina. Ils étaient nombreux pour cette abomination, ils cassaient les éclairages et envoyaient des pierres dans les fenêtres. Ce meurtre était une mission. Quelqu’un doit avoir payé pour qu’il soit commis.
Cette atrocité a été intentionnellement perpétrée à Pâques, afin d’enténébrer la joie de la fête. C’était déjà comme ça avant, particulièrement pendant les premières années qui suivirent la révolution. Avant les grandes fêtes, la voyouterie allait bon train autour des églises. Quand j’étais à Saratov, ils ont lancé des fumigènes dans la Cathédrale de la Trinité. Les jeunes étaient empêchés d’aller à l’église, pour qu’ils perdent la foi. Comme cette fois-là: le meurtre devait servir à détourner de la perfection de la voie monastique ceux qui sont en chemin dans la foi chrétienne. L’office du milieu de la nuit était terminé. On se préparait déjà aux matines et à la liturgie de la fête. Le Hiéromoine Vassili partit confesser à la skite du Saint Précurseur. Les moines Trophime et Théraponte avaient commencé à mettre en branle les cloches du monastère. Le meurtrier était ivre. Il a vivement mené son affaire. D’abord, il a tué au couteau les moines qui sonnaient, ensuite il s’est jeté sur le Père Vassili. Une femme a raconté qu’elle avait vu une bête s’écarter des victimes en courant et franchir le mur de clôture du monastère. Les corps des moines Trophime et Théraponte furent transportés à Kozelsk. Le Père Vassili, mourant, fut amené dans l’église de l’Entrée au Temple, où il gisait sur le sol, se vidant de son sang. Son état n’avait rien à voir avec le tragique effroi d’une fin inattendue. Son visage était très calme. Il ne gémissait pas, faisant tout juste comprendre, comme le font les enfants, qu’il souffrait. Je le vis mourir; son visage rayonnait de paix. Il est évident que le hiéromoine Vassili avait été choisi comme victime par les meurtriers. Mais pour Trophime et Théraponte, la mort n’était pas non plus inattendue; elle ne prit aucun des trois moines au dépourvu. Après la nuit pascale, élevant leur prière, et appelant à prier pour la paix, ils s’en allèrent calmement. Nous avons demandé à la morgue de Kozelsk d’épargner aux corps des moines Trophime et Théraponte, la procédure de l’autopsie. Nous avons ensuite inhumé nos frères. Humainement, ce fut un moment particulièrement pénible dans l’histoire d’Optina. Comment est-il possible d’élever la mains sur un frère? Pourquoi avoir assassiné des moines? Ils n’avaient jamais levé le petit doigt sur qui que ce fût. Ils ne pratiquaient que les bonnes actions. C’est sûr que cette atrocité était dirigée contre tout le monastère, avec comme objectif de faire éclater la famille de la communauté spirituelle: certains ne résisteraient pas, d’autres renonceraient à rejoindre la communauté, d’autres partiraient. C’était cela, le plan de cette attaque démoniaque contre le mode de vie institué par Dieu. Voilà comment se trahit le dessein envieux du diable envers ceux qui cherchent le salut, la haine démoniaque de ceux qui marchent à la suite du Christ. Nous avons érigé une chapelle sur la tombe des victimes de ce triple meurtre; ce sont des martyrs. Les gens viennent à la tombe des frères, ils leur parlent et leur demandent d’intercéder, et ces gens sentent l’aide de la prière des martyrs. Leur âme se tient auprès de Dieu. «Éternelle Mémoire et Royaume des Cieux!» au hiéromoine Vassili et au moine Trophime et au moine Théraponte.
Traduit du russe
Source.

Starets Élie. Le Tsar, les bandits, la foi, le jeûne.

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Le Starets Élie (Nozdrine), Archimandrite du grand schème, est né en 1932. Il commença à prier à l’âge de trois ans. Après avoir terminé l’Académie de Théologie, il entra, en 1966 dans la communauté monastique de la Laure des Grottes de Pskov, à partir de 1976, il séjourna sur la Sainte Montagne, et à la fin des années ’80, il contribua à la renaissance du Monastère d’Optina, et il en encore  le père spirituel et est le confesseur de Sa Sainteté le Patriarche Kyrill.
La version originale russe du texte traduit ci-dessous fut publiée le 16 mars 2017 sur le site de la chaîne de télévision russe «Tsargrad», (et repris ensuite sur le site Pravoslavie.ru). «Le jour du centième anniversaire du renversement de la monarchie en Russie, Tsargrad s’est entretenu de cette date lugubre avec l’Archimandrite du Grand Schème Élie (Nozdrine, l’un des starets les plus vénérés de notre époque, et confesseur du Patriarche de Moscou et de Toutes les Russie».

Aujourd’hui, le 15 mars, c’est le centième anniversaire du jour où Nicolas II «abdiqua» son trône. Que représente cet événement pour vous, et que représente la révolution de février?
Le pays était tellement colossal et si riche, comme les gens qu’il produisit; pendant des siècles, la Terre de Russie donna naissance à ses propres Platons, à ses Newtons à l’esprit vif, à ses grands chefs d’armées, ses grands savants, ses grands inventeurs. Ce qu’il advint finalement de la Russie est évidemment effroyable. Ce fut, on peut le dire, un immense malheur pour la Russie. Il coûta la vie à des millions, non pas des dizaines ou des centaines ou des milliers, mais bien une centaine de millions de victimes, d’hommes dont il priva la Russie. Lire la Suite

Starets Élie. L’Affaiblissement de la Famille

Le Starets Elie (Nozdrine), Archimandrite du grand schème, est aujourd’hui âgé de 84 ans. Il fit partie de la communauté monastique de la Laure des Grottes de Pskov, séjourna sur la Sainte Montagne, et contribua au redressement du Monastère d’Optina, et il est le confesseur de Sa Sainteté le Patriarche Kyrill. Une équipe de Pravoslavie.ru est allée le rencontrer en 2016. Le texte de cet entretien a été publié dans les pages russes du site précité. Voici la seconde partie de la traduction; la première se trouve ici.

Batiouchka, aujourd’hui, de nombreuses jeunes familles sont détruites, mais aussi des couples qui ont vécu vingt ou vingt-cinq ans ensemble. Pourquoi tout cela? Que faudrait-il pour sauver la famille?
Toute l’affaire repose évidemment sur notre moralité. Avant tout, nous devons nous souvenir que Dieu existe et que l’homme a une âme. L’Éternité existe. Cette vérité est confirmée par tant d’arguments qu’il est impossible de les énumérer, plus d’un million! Tout parle de cela. Regarde-toi toi-même, homme! Regarde autour de toi! Regarde la vie et la vérité! Nous avons les Saintes Écritures qui depuis Adam jusqu’à ce jour témoignent de Dieu. Et combien de manifestations de l’autre monde! Nous en avons des milliers d’exemples et tous nous parlent de la Vérité du Divin. Rien ne contredit cela, je ne me tromperai pas en disant qu’il n’existe aucune preuve contre l’existence de Dieu. Il y a juste les tentations du diable, et ces malheureuses gens, dans le sens le plus complet de cette expression, qui renoncent à confesser la Vérité du Divin et l’histoire réelle. Lire la Suite