Succession dans la paternité spirituelle: Valaam – Monastère des Grottes de Pskov. (2)

Si les gens
savaient ce qui les attend,
ils prieraient 
tout le temps.
(Archimandrite Hippolyte)1

Le texte ci-dessous est la traduction d’un article de Madame Nadejda Chepelov. Publié le 26 décembre 2018 sur le site Pravoslavie.ru.
L’Archimandrite Hippolyte (Khaline. 1928 – 2002), moine de la Sainte Montagne, fut l’un des plus grands startsy de la Russie contemporaine. Il mena son podvig au Monastère des Grottes de Pskov pendant 12 ans, et y fut nourri spirituellement par les startsy du Monastère de Grottes de Pskov et de Valaam. Le présent article est basé sur les souvenirs de l’Archimandrite Hippolyte, de l’Archimandrite du grand schème Kensorine (Fiodorov) et de la moniale Maria (Stakhovitch). Les photos de leurs archives personnelles et les notes du journal du Starets de Valaam, le Moine de Grand Schème Nikolai (Monakhov), ont été utilisées. La première partie du texte se trouve ici. Lire la Suite

Le Starets Athonite Jérôme (Solomentsov) (7)

Le texte ci-dessous, propose la première traduction en français de la longue biographie du Saint Starets Jérôme (Solomentsov). En 2012, le Saint Monastère athonite de Saint-Panteleimon a publié un épais «Paterikon des Athonites Russes des XIXe et XXe siècles». Ce texte en est extrait. Le 27/14 novembre 1885, le Starets et Père spirituel de tous les agiorites russes, Jérôme (Solomentsov) s’en est allé auprès du Seigneur. Ce puissant guide spirituel, élu par la bénédiction particulière de la Très Sainte Mère de Dieu, dirigea la communauté russe du Monastère Saint-Panteleimon. Il devint par la suite le père spirituel de tous les moines russes de l’Athos. La Providence divine le chargea d’une obédience particulière et colossale: la restauration du monachisme russe sur le Mont Athos, non pas formellement, mais en profondeur, conformément aux meilleures traditions de la piété monastique. Le début du texte se trouve ici.

Notre examen de la vie monastique du Père Jérôme, visant à mieux évaluer ses œuvres et prendre mesure de la grandeur et de la dignité de ce grand personnage, se limitera à ses activités dans deux sphères fondamentales. Premièrement, le Starets Jérôme fut avant tout confesseur et guide de la fraternité, et deuxièmement, il intervint en qualité de ktitor, gestionnaire et administrateur. Ces deux domaines d’activités se situent dans des dimensions radicalement différentes et exigent des aptitudes capacités et talents particuliers complètement différents. Mais dans la personnalité du père Jérôme, sont tissés ensemble tous les talents et toutes les compétences nécessaires à ce que les composantes économique et spirituelle de son activité se transforment en outils au service d’un grand objectif — la Renaissance du monachisme russe sur le Mont Athos. Il parvint à utiliser ces deux instruments dans sa poursuite exclusive d’objectifs spirituels. Avec l’aide de Dieu, sans porter préjudice ni à la fraternité, ni à l’économie monastique, ni à lui-même, il devint à la fois un excellent administrateur et un confesseur aux vues profondes. Mais cela ne se produisit pas immédiatement, et pas non plus subitement; seulement après qu’il se soit complètement sacrifié et consacré aux affaires du monastère et de la fraternité avec le plus grand dévouement. Telle est la puissance du sacrifice de soi, inspiré par la foi en notre Seigneur Jésus Christ. Avec l’aide de celle-ci, l’homme réalise l’impossible. Son activité en tant que confesseur et chef de la fraternité russe, il l’envisageait tout d’abord dans la préservation et, autant que possible, dans la multiplication des bonnes traditions du monastère, la préservation inflexible des règles de la cénobie, qui avaient porté en cet endroit de si bons fruits, et ensuite dans l’incitation de ses frères russes à rejoindre la fraternité cénobitique, se souvenant que leur réticence à le faire fut responsable de l’anéantissement des œuvres du Père Anikita. Connaissant par expérience personnelle les avantages de la vie cénobitique, il sera le défenseur zélé de celle-ci jusqu’à la fin de ses jours. Lire la Suite

Le Starets Athonite Jérôme (Solomentsov) (6)

Le texte ci-dessous, propose la première traduction en français de la longue biographie du Saint Starets Jérôme (Solomentsov). En 2012, le Saint Monastère athonite de Saint-Panteleimon a publié un épais «Paterikon des Athonites Russes des XIXe et XXe siècles». Ce texte en est extrait. Le 27/14 novembre 1885, le Starets et Père spirituel de tous les agiorites russes, Jérôme (Solomentsov) s’en est allé auprès du Seigneur. Ce puissant guide spirituel, élu par la bénédiction particulière de la Très Sainte Mère de Dieu, dirigea la communauté russe du Monastère Saint-Panteleimon. Il devint par la suite le père spirituel de tous les moines russes de l’Athos. La Providence divine le chargea d’une obédience particulière et colossale: la restauration du monachisme russe sur le Mont Athos, non pas formellement, mais en profondeur, conformément aux meilleures traditions de la piété monastique. Le début du texte se trouve ici.

Le Moine du grand schème Jérôme

Lorsque le Père Joannice et se disciples rentrèrent à leur kelia, ils y arrivèrent en même temps que les envoyés du monastère russe. Ces derniers les invitèrent à se rendre à Karyès où les attendaient une importante délégation du monastère, composée des moines les plus anciens. Voyant arriver le starets que Dieu leur avait envoyé, ils tombèrent à ses pieds, et au nom du Père Higoumène Gérassime et de toute la fraternité en Christ, ils implorèrent le Père Joannice de venir vivre dans leur monastère et d’accepter à tout prix la dignité de confesseur de la fraternité russe. N’ayant pas encore perdu tout espoir d’un avenir érémitique, il fit part aux pères de son souhait de recevoir plus tard la bénédiction de vivre dans le silence. Les anciens moines le promirent, et lui dirent : «Rassemble une communauté de moines russes, établis-la dans la piété, et par la suite, tu pourras te retirer dans le silence». Ayant accepté tous ses souhaits et planifié les événements en conséquence, les émissaires proposèrent au Père Joannice, ainsi qu’à ses disciples, de s’asseoir sur les mules de la communauté et de se rendre au monastère pour y rencontrer le père higoumène et toute la fraternité qui l’attendaient et étaient impatients de le voir. Lire la Suite

La tomate du Père Hermogène. Croquis de Pioukhtitsa (2/2)

L’Archiprêtre Oleg Vrona

Le site Pravoslavie.ru a publié fin 2019 une série de quelques textes portant le sous-titre de ‘Croquis de Pioukhtitsa’, écrits par l’Archiprêtre Oleg Vrona, né en Sibérie orientale et aujourd’hui recteur de l’église Saint Nicolas à Tallinn. Ces textes, à première vue peu spectaculaires, sans doute, proposent quelques pages de la vie spirituelle dans ce célèbre monastère, situé à la frontière de l’Estonie, mais aussi des portraits de certains «justes» qui y séjournèrent. Le présent texte, dont la première partie se trouve ici,  a été publié en russe le 24 décembre 2019.

Père Hermogène (Mourtazov)

Il était facile de célébrer sous la direction du Père Hermogène. Ce n’était pas un homme influencé par les humeurs, et je ne me souviens pas même l’avoir entendu une seule fois faire une remarque à quelqu’un. Mais un jour, je réalisai que je l’avais fortement chagriné par une action irréfléchie. L’époque de mon ordination en qualité de prêtre approchait, et soudain, je décidai qu’il était grand temps d’apprendre à proclamer correctement les homélies. Sans réfléchir, je m’adressai à la matouchka higoumène, qui me donna sa bénédiction pour me charger de l’homélie du dimanche suivant. C’était la semaine de Zachée. Cette fois-là, le Père Hermogène célébrait quelque part dans une paroisse qui lui avait été confiée, et il ne me vint pas à l’esprit, je ne sais pourquoi, qu’il était inconvenant de prononcer une homélie sans en avoir averti le Père Hermogène. Je ne me souviens pas du texte entier de cette première homélie, mais je me rappelle que la fin concernait la lutte contre les passions (comme si, moi, je m’y connaissais en ce domaine!). Lire la Suite

Le Saint Hiéromartyr Hilarion (Troïtski) Huit Lettres d’Occident. (8)

Il ne semble pas que jusqu’à présent, les huit Lettres d’Occident, écrites par le Saint Hiéromartyr Hilarion (Troïtski) aient été traduites en français. Ces huit lettres, éditées pour la première fois en 1915, sont incluses dans les Œuvres en trois volumes du Saint Hiéromartyr, au tome 3, pp 396 à 458. (Священномученик Иларион (Троицкий). Творения в 3 томах. -épuisé-), Moscou, 2004, Éditions du Monastère de la Sainte Rencontre. Le texte de ces huit lettres fut également publié sur le site Pravoslavie.ru, entre le 16 et le 22 mai 2006. Ces écrits, qui ne relèvent pas d’une démarche académique, plongent le lecteur avec animation et profondeur dans l’atmosphère spirituelle, philosophique, culturelle et sociopolitique du début du XXe siècle; c’est en 1912 que l’Archimandrite Hilarion (Troïtski) effectua un périple dans les grandes villes d’Europe. Voici la fin de la quatrième lettre. Le trois précédentes lettres se trouvent ici.

Le Saint Archevêque Hiéromartyr Hilarion (Troïtski)

L’appellation Typikon est elle-même significative, il s’agit du modèle, de l’idéal. Par sa beauté, l’idéal suscite le désir de sa mise en œuvre, bien qu’on puisse rarement réaliser un idéal dans toute sa beauté. Notre Typikon est plus complexe que les règles qui président aux offices occidentaux. Et en cela, mon Ami, je vois notre prééminence. Le Typikon nous apparente à l’Église universelle toute entière, à tous les siècles qu’elle a vécus. Lire la Suite

Métropolite Antoine (Khrapovitski). Les traits distinctifs du caractère du Père Jean de Kronstadt. (2/2)

Le texte ci-dessous est la traduction d’un original russe rédigé par son Éminence le Métropolite Antoine (Khrapovitski), et intitulé: «Les aspects distinctifs du caractère du Père Jean de Kronstadt, par comparaison à d’autres justes», extrait des pages 151 à 166 du livre «Prière de l’âme russe» (Молитва русской души ), rassemblant des textes du Métropolite Antoine, et publié en 2006 par le Monastère de la Sainte Rencontre à Moscou.Voici la seconde partie de la traduction, la première se trouve ici.

Photo: Pravoslavie.ru

Quelle est la vérité que le Père Jean aima plus que toute autre? A propos de quoi aimait-il le plus prêcher? La pensée bien-aimée par le Père Jean, celle qui prime dans ses prédications et ses journaux est cette vérité chère à la conscience orthodoxe : nous tous sommes un en Dieu : les anges, les saints, les chrétiens accomplissant leur salut, vivants et morts. Les moyens les plus proches permettant d’atteindre cette unité sont l’élévation de notre âme vers Dieu dans la prière et l’union la plus intime avec le Christ Dieu dans le Saint Mystère de l’Eucharistie. Et précisément cette vérité, annoncée par les paroles du Christ : « afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé» (Je.17,21) était particulièrement utile à Saint-Pétersbourg où foisonnaient les enseignements mensongers des pachkoviens, qui niaient la communion des saints, soi-disant par amour pour un unique Intercesseur, le Christ. Mais le Christ n’est pas un orgueilleux égoïste, jaloux lorsqu’on glorifie Ses amis. Il a dit : «Et quiconque vous donnera à boire un verre d’eau en mon nom, parce que vous appartenez à Christ, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense» (Mc.9,41). Et encore : «Et quiconque donnera seulement un verre d’eau froide à l’un de ces petits parce qu’il est mon disciple, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense» (Mat.10,42). Pénétré de cette vision de tous en Dieu, le Père Jean accueillait dans son cœur tous les êtres humains, avec Dieu. Et cela explique sa proximité envers tout un chacun, de même que la proximité de tous vis-à-vis de lui, de même que notre proximité entre nous, lorsque nous nous souvenons de lui ou le prions. Nous formons alors un être vivant uni par son esprit tout-aimant. Lire la Suite